Tag: artiste

  • Gaëlle Privat, l’architecte qui dessine les montagnes alpines

    Gaëlle Privat, l’architecte qui dessine les montagnes alpines

    Elle n’aurait pas parié dessus, et pourtant, les dessins de paysages alpins de la Guillestrine Gaëlle Privat ont depuis quelques mois un petit succès. En parallèle de son travail d’architecte dans son cabinet à Eygliers, la jeune femme de 34 ans dessine, entre autres, les montagnes des Hautes-Alpes qu’elle aime tant. Ses œuvres se vendent sur son site internet et sont régulièrement exposées dans le département et aux alentours. Jusqu’à mi-octobre, elles sont même l’objet d’une exposition à la Librairie des Alpes, à Paris.

    Gaëlle Privat a grandi à Nîmes avant de bouger : son père, militaire, était régulièrement muté. Elle a ensuite passé beaucoup de temps à Paris, où elle a étudié, puis débuté sa carrière en travaillant pour des marques de luxe, notamment Dior. Petite, ses parents l’emmenaient skier à Vars (Hautes-Alpes). Quelques années plus tard, elle prenait le train de nuit, chaque semaine, pour rejoindre son ex-compagnon : « Je ne sais pas si c’était lui, ou bien le territoire que j’aimais tant ! » Elle a ensuite redécouvert Guillestre avec son regard d’architecte et s’y est installée, persuadée d’avoir trouvé sa place.

    30 à 80 heures de travail

    « Le dessin, ça a toujours été mon truc, j’étais douée. C’est héréditaire, mon père dessinait bien. Même si petite, je n’aimais pas ça ! » Au début, ses dessins étaient personnels, dans des carnets de voyage. Elle s’est lancée il y a deux ans dans le dessin de montagne, après qu’on lui a proposé par hasard de monter une exposition : « Ces dessins de montagne n’existaient pas encore ! J’ai monté l’expo en trois jours et on a eu que des retours positifs. Enfant, j’avais un monde intérieur très riche, je me sentais très proche de la nature. Le paysage montagnard représente un peu ça. »

    Depuis, elle dessine les sommets du département à partir de ses photos. Passion qui lui permet de retrouver une part de créativité qui lui manquait un peu en architecture, bien qu’elle adore son métier. Pour ses grands dessins en noir et blanc, il faut compter 30 à 80 heures de travail. « Je suis à la recherche de véracité : c’est comme un portrait, si on se loupe sur un trait, ça ne fonctionne pas. » La série plaît particulièrement « aux guides, aux anciens, aux alpinistes ». Elle réalise aussi une autre série en crayons de couleur, plus « freestyle » et à la mode. « Je n’aurais jamais pensé que ça marcherait autant, confie-t-elle. J’ai perdu mon petit frère dans un accident de surf, l’année dernière, et je suis certaine qu’il est derrière toute cette chance. »

    Agathe Di Lenardo

  • Ni Tanjung, « pauvre reine de Bali » aux mille visages

    Ni Tanjung, « pauvre reine de Bali » aux mille visages

    Dans la petite salle du musée d’art brut de Montpellier, les regards sont partout. Des visages tracés à la craie grasse, des silhouettes découpées, des poupées hérissées de papiers colorés : l’univers de Ni Tanjung déborde du cadre. Jusqu’au 31 décembre, le musée consacre une exposition à cette artiste balinaise autodidacte, morte en 2020, dont l’œuvre s’est construit loin des écoles et des circuits traditionnels de l’art.

    Son histoire commence presque au bord de la route. En 2004, l’anthropologue suisse Georges Breguet la découvre à Bali, chantant et dansant devant un mur de pierres volcaniques décorées de visages. « C’était un temple dédié aux ancêtres », racontait-il lors de la présentation de l’exposition. Deux ans plus tard, l’installation compte plusieurs centaines de pierres avant d’être démantelée par une collectionneuse.

    Une nécessité de créer

    La disparition de ce premier ensemble ne freine pourtant rien. Après la mort de son mari, Ni Tanjung se met à dessiner, découper et assembler avec frénésie. Depuis sa chambre, puis son lit lorsque sa santé décline, elle fait surgir des ancêtres, des femmes, des créatures fantastiques et tout un théâtre intime. Plus de 1 200 assemblages auraient ainsi été réalisés en moins de dix ans.

    Quand le papier vient à manquer, elle cherche ailleurs : mousse de son matelas, matériaux de récupération, jusqu’à ses propres cheveux. « Elle avait un véritable besoin de créer », insiste G. Breguet. Et pourtant, « elle-même ne se prenait pas pour une artiste et s’exprimait simplement ».

    Derrière l’explosion de couleurs et les grands yeux qui fixent le visiteur, l’exposition raconte aussi une femme longtemps marginalisée dans son village, mais reconnue bien au-delà de Bali. Ses œuvres ont rejoint la Collection de l’Art Brut à Lausanne, le LaM de Villeneuve-d’Ascq ou encore la Biennale de Jakarta. À Montpellier, dessins sur carton, assemblages et sculptures ouvrent une fenêtre sur ce monde foisonnant, fragile et profondément libre. Une exposition où l’on vient d’abord pour les couleurs, avant de rester pour l’histoire d’une femme qui, jusque depuis son lit, n’a jamais cessé de peupler le monde.

  • Quand Ernest Pignon-Ernest inondait les rues de Martigues tous azimuts

    Quand Ernest Pignon-Ernest inondait les rues de Martigues tous azimuts

    Quand on déambule dans les rues de Martigues, le nom d’Ernest Pignon-Ernest défile régulièrement sous nos pas. Accolées, des flèches indiquent la direction du musée Ziem. C’est là que le 21 mai dernier, l’artiste pionnier du street-art est venu dévoiler une carte blanche. Ou plutôt revenu, puisqu’il y avait déjà signé une fresque en 1982, toujours visible dans les escaliers de l’établissement. « C’était une demande de la conservatrice de l’époque, Joëlle Pijaudier, raconte Gaëlle Culiolu, médiatrice culturelle pour la municipalité. C’est assez exceptionnel d’avoir une œuvre pérenne d’Ernest Pignon-Ernest, il n’y en a que deux ou trois en France. »

    Inspiré par Martigues, petite commune de pêcheurs alors en plein développement industriel, l’artiste en tire quatre éléments qu’il peint sur le mur du musée et qu’il décline grâce au procédé de la sérigraphie. « Ce sont toujours des dessins à l’échelle 1, donc à taille réelle », détaille Gaëlle Culiolu. En 1982, quasiment du jour au lendemain et sans communication, la ville est inondée de ces collages : environ 600 d’entre eux sont placardés dans tous les quartiers, mais aussi du côté des usines de Lavéra.

    Attirer le regard

    Un portrait de Florence, l’une des modèles phare d’Ernest Pignon-Ernest, enceinte et assise, symbolise le renouveau. « Depuis les années 1970, la population de Martigues augmente énormément grâce au développement de l’industrie, contextualise Charlotte Aurientis, chargée des publics au service art histoire et archéologie de la Ville. On assiste à un étalement urbain, et le centre-ville ancien est un peu moins attrayant. Les logements sont resserrés, vieillots… En 1977, la municipalité lance un grand plan de résorption de l’habitat insalubre. Il y a énormément de travaux, c’est 16 ans où la ville est en pleine mutation. » Ernest Pignon-Ernest appose la réinterprétation de Florence dans ces espaces en pleine renaissance.

    Il affiche également une grand-mère provençale archétypale, appelée la Martégale, directement inspirée de L’Arlésienne, un portrait réaliste du XIXe siècle peint par Pierre Jean. Elle incarne l’aspect « traditionnel » de Martigues. Sur des photos d’époque, on la voit sur les quais de l’Île, derrière des pêcheurs ou des femmes, comme si elle faisait partie du décor. Un retraité témoigne : « À l’époque, ma femme allait de Ferrières à Jonquières pour travailler. Elle passait devant 5 ou 6 collages. Régulièrement, elle entendait des passants saluer les œuvres. Par inadvertance, parce qu’on aurait dit que les personnages existaient ». C’était bien le but de l’artiste. « Selon ses propres termes, il va positionner ses images là où elles se glissent comme des évidences, relate Charlotte Orientis. Il pousse les gens à regarder différemment des paysages du quotidien. »

    Parfois, Ernest Pignon-Ernest cherche plutôt à marquer un contraste. Il place souvent son troisième élément, Prométhée, sur des ouvrages innovants et massifs du paysage martégal : au pied du viaduc, sur les cheminées du complexe pétro-chimique…

    « Il représente Prométhée loin de l’imagerie antique habituelle, souligne la chargée de public. Son interprétation, plus moderne, est tirée de la photo de Philippe Halsman, où l’on voit Oppenheimer en train de sauter. Pignon-Ernest l’interprète soit comme un envol, soit comme une chute. » Chacun y voit ce qu’il veut, le tout reste de s’interroger.

  • Les Amis de la Marseillaise récoltent 406 euros à Terres de résistance

    Les Amis de la Marseillaise récoltent 406 euros à Terres de résistance

    Notre lectrice martégale Farida Lahouas a gagné le gros lot : une peinture évocatrice du centre-ville de la Venise Provençale réalisée durant le festival par l’artiste Thierry Chauvelot. « C’est ma ville ! ça y ressemble tout à fait », observe notre lectrice ayant grandi dans le quartier de l’Île. « Il va maintenant falloir lui trouver une place pour le mettre en valeur à la maison », promet-elle. « Je suis lectrice et ravie d’avoir pu aider La Marseillaise », conclut Farida Lahouas. Frédéric Boffi, membre des Amis de la Marseillaise, indique vouloir « faire vivre le titre à chaque initiative, à chacun sa mesure ». Avec cette tombola, « les gens sont heureux et entendent parler de ce journal qui est irremplaçable », considère le militant, pour qui les 406 euros récoltés sont autant de « petits ruisseaux qui font de grandes rivières ». Et merci à tous !

    En cette rentrée, « La Marseillaise » a plus que jamais besoin de vous pour atteindre ses objectifs et aborder de manière offensive 2027, année essentielle pour l’avenir de notre pays.

    D’importantes tensions de trésorerie, notamment liées à nos activités événementielles, nécessitent un soutien immédiat pour que nous puissions continuer à aller de l’avant

    « La Marseillaise » est à vous, elle compte sur vous !

    Les dons à La Marseillaise sont défiscalisés à hauteur de 66%, vous pouvez les réaliser en ligne ou en adressant un chèque libellé à l’ordre de « Presse et pluralisme – La Marseillaise » à La Marseillaise 15, cours d’Estienne d’Orves 13001 Marseille.

  • [Kallisté] Matisse, d’Ajaccio à la révolution de la couleur (2/3)

    [Kallisté] Matisse, d’Ajaccio à la révolution de la couleur (2/3)

    À partir de l’interview réalisée par l’Association des amis de Matisse à Ajaccio avec Alix Agret, chargée de recherches au Musée national d’art moderne du Centre Pompidou et membre de l’équipe scientifique de l’exposition « Matisse 1941-1954 », Kallisté propose une série de trois articles consacrés au peintre. De son séjour fondateur en Corse en 1898 à la liberté de ses dernières œuvres, retour sur un parcours profondément marqué par la lumière et la couleur.

    En 1941, Henri Matisse a 71 ans. Il vient de subir une lourde opération qui le laisse très affaibli et l’oblige à vivre avec une colostomie. À cette souffrance quotidienne s’ajoutent les insomnies et la Seconde Guerre mondiale. Tout aurait pu conduire le peintre au repli. Pourtant, les treize dernières années de sa vie seront parmi les plus fécondes et les plus inventives de son parcours.

    L’exposition « Matisse 1941-1954 », présentée au Grand Palais, a permis de porter un nouveau regard sur cette période. Alix Agret rappelle que l’artiste ne pouvait être réduit à l’image d’un bourgeois hédoniste vivant sous le ciel bleu de la Côte d’Azur.

    Matisse était pleinement conscient de la guerre. Sans prendre publiquement position, il estimait avoir le devoir de continuer à peindre en France : c’était sa manière de résister.

    Créer malgré la guerre et la maladie

    Ses œuvres ne traduisent pourtant ni ses angoisses ni ses souffrances. Elles semblent au contraire toujours plus lumineuses, aériennes et libres. Dans les tentures « Polynésie, le ciel » et « Polynésie, la mer », les formes blanches flottent sans que l’on distingue vraiment le haut du bas, le ciel de l’océan. La faune et la flore rappellent les lagons de Tahiti, mais aussi sa fascination pour la lumière du Sud éprouvée bien plus tôt à Ajaccio.

    Cette apparente simplicité est le fruit d’un travail considérable. Matisse faisait photographier ses tableaux aux différentes étapes de leur réalisation, puis effaçait, reprenait et transformait. La Blouse roumaine nécessita ainsi quatre mois de travail. Dix photographies successives permettent d’en suivre les métamorphoses et de comprendre ce qui se cache derrière son évidence finale.

    Chez Matisse, créer n’est jamais reproduire une formule acquise. C’est chercher, recommencer et transformer. Dans la guerre comme dans la maladie, cette exigence demeure intacte. La lumière entrée dans son œuvre à Ajaccio ne cessera plus de l’accompagner.

    À suivre…

  • Le peintre Gilbert Ganteaume honoré aujourd’hui à La Ciotat

    Le peintre Gilbert Ganteaume honoré aujourd’hui à La Ciotat

    Figure emblématique de La Ciotat, l’artiste Gilbert Ganteaume, décédé dans la nuit de vendredi à samedi dernier, est honoré ce jeudi par la Ville. « Il laisse derrière lui une œuvre d’une grande richesse, qui continuera de témoigner durablement de son talent et de son attachement à La Ciotat. Son triptyque, réalisé pour l’église Notre-Dame de l’Assomption, comme son monument dédié aux victimes de l’amiante, constituent autant d’œuvres majeures qui s’inscrivent désormais dans le patrimoine et la mémoire de notre ville », souligne la mairie de La Ciotat.

    L’hommage se tient ce soir à 19h à la Chapelle des Pénitents Bleus, le lieu de sa dernière exposition organisée par l’association Ganteaume, Artiste de la Matière (GAM). Ses obsèques auront lieu vendredi 4 septembre à 10h en l’église Notre-Dame de La Ciotat, devant son célèbre triptyque.

    Apprenti à 14 ans

    Gilbert Ganteaume est né dans la cité ouvrière de La Ciotat en 1932. Il entre au chantier naval comme apprenti, à 14 ans, en 1946. « À cette époque, quand l’école était finie, les garçons allaient à l’école des chantiers. Leur chemin était tracé. En trois ans, on essayait de voir leurs capacités et dans quelle section on les mettait », racontait à La Marseillaise, le 14 août, la fille du peintre, Christiane Ganteaume. « Il est profondément épris de sa ville. C’est une des sources d’inspiration de ses peintures. Son œuvre est imprégnée de l’histoire de La Ciotat, sous l’angle des luttes sociales des habitants », expliquait Marc Le Chartier, secrétaire de l’association GAM.

  • [Kallisté] Matisse, d’Ajaccio à la révolution de la couleur (1/3)

    [Kallisté] Matisse, d’Ajaccio à la révolution de la couleur (1/3)

    Le 5 février 1898, Henri Matisse arrive à Ajaccio avec son épouse Amélie pour leur voyage de noces. Le jeune couple s’installe à la Villa de la Rocca, à l’angle de l’actuel boulevard Sylvestre-Marcaggi et de la rue Gabriel-Péri, et y demeure jusqu’au mois de juillet. Pour le peintre, âgé de 28 ans, ce séjour de six mois constitue une véritable révélation.

    Matisse, qui jusque-là avait surtout connu les lumières plus grises du Nord, découvre en Corse l’éclat du monde méditerranéen. « Tout brille, tout est couleur, tout est lumière », écrira-t-il. Il dira également avoir senti croître en lui « une passion pour la couleur ». À Ajaccio, sa palette se transforme : les tons deviennent plus francs, plus lumineux et plus libres. Les 55 tableaux qu’il y réalise annoncent déjà les prémices du fauvisme, ce mouvement qui, quelques années plus tard, bouleversera la peinture par l’intensité de ses couleurs.

    Une forme de liberté

    Ce passage décisif de la vie de Matisse demeure encore trop peu connu. Il permet pourtant de comprendre que la Corse ne fut pas seulement pour lui un décor ou une destination de voyage. Elle représenta une étape fondatrice, celle d’un nouveau regard porté sur la lumière, les paysages et la couleur.

    Plus d’un siècle après, l’Association des amis de Matisse à Ajaccio entretient cette mémoire et poursuit son travail autour des liens entre l’artiste et la cité impériale. Elle s’est récemment entretenue avec Alix Agret au sujet de l’exposition « Matisse1941-1954 », présentée au Grand Palais à Paris du 24 mars au 26 juillet 2026.

    Cette exposition consacrée aux treize dernières années de l’artiste montre combien la passion née à Ajaccio a traversé toute son œuvre. De la lumière corse aux grandes gouaches découpées, Matisse n’aura cessé de chercher, par la couleur, une forme toujours nouvelle de liberté.

    À suivre…

  • [C’est l’été] Rencontre culturelle à Saint-Paul-sur-Ubaye

    [C’est l’été] Rencontre culturelle à Saint-Paul-sur-Ubaye

    Le documentaire réalisé par Cara Holmes présente le quotidien de Orla Barry, éleveuse et artiste irlandaise.

    G.C.

    Film en VO sous-titré français.

    Réservation sur le site ubaye-tourisme

  • Une nouvelle rétrospective de Gilbert Ganteaume

    Une nouvelle rétrospective de Gilbert Ganteaume

    Des bateaux, des grues, des falaises… Une trentaine de tableaux de l’artiste ciotaden Gilbert Ganteaume habillent les murs de la Chapelle des pénitents bleus à La Ciotat. L’exposition « Né de l’acier », programmée depuis le 7 août et jusqu’au 5 septembre, a été pensée par l’association Ganteaume, Artiste de la Matière (GAM). Elle raconte l’œuvre du peintre de 94 ans, à travers une rétrospective découpée en quatre volets. Le premier porte sur sa naissance dans les chantiers navals, le second sur son engagement syndical, le troisième sur la singularité de son œuvre artistique et le dernier sur son attachement à La Ciotat. « Il est profondément épris de sa ville. C’est une des sources d’inspiration de ses peintures. Son œuvre est imprégnée de l’histoire de La Ciotat, sous l’angle des luttes sociales des habitants », explique Marc Le Chartier, secrétaire de l’association GAM. Dès le plus jeune âge, l’artiste apprend des techniques de traitement de l’acier sur les chantiers navals. « Il utilise son savoir initial pour le réinjecter dans la production artistique de ses œuvres », poursuit-il.

    Du chantier à la peinture

    Gilbert Ganteaume est né à la cité ouvrière de La Ciotat en 1932. Il entre au chantier naval comme apprenti, à 14 ans, en 1946. « À cette époque, quand l’école était finie, les garçons allaient à l’école des chantiers. Leur chemin était tracé. En trois ans, on essayait de voir leurs capacités et dans quelle section on les mettait », raconte la fille du peintre, Christiane Ganteaume. Il devient traceur, ayant déjà des dispositions pour la géométrie et l’espace. Puis, il se syndicalise. « Les injustices l’ont poussé à devenir syndicaliste pour défendre ses collègues », relate celle qui est aussi la présidente de l’association GAM. La peinture, elle, viendra plus tard, dans les années 60. « Il n’osait pas, il avait peur qu’on se moque de lui, surtout au chantier. Selon la légende, et elle est vraie, ma mère lui a offert deux pinceaux et trois tubes de peinture pour Noël, pour qu’il commence à peindre. Elle ne se doutait pas qu’il ne s’arrêterait plus après », confie Christiane Ganteaume. Fondée il y a deux ans, l’association GAM a pour objectif de promouvoir l’œuvre de Gilbert Ganteaume. « Le but c’est de faire connaître son œuvre et son rôle dans l’histoire de La Ciotat, c’est un travail important », soutient la présidente de l’association.

  • L’artisanat à l’honneur sur le marché des créateurs à Marseille

    L’artisanat à l’honneur sur le marché des créateurs à Marseille

    La place Général de Gaulle (1er) devient une vitrine de la création ce week-end. Samedi 15 et dimanche 16 août, de 10h à 19h, 45 exposants sont attendus pour le marché de créateurs organisé par l’association Marquage.

    Créée en 1994, l’association organise depuis plusieurs décennies de tels marchés à Marseille. Un rendez-vous important pour les artisans. « Ça leur permet de rencontrer leur clientèle donc de pérenniser leur activité. C’est aussi l’occasion de rencontrer leurs pairs et de créer une bonne émulation », explique Age, artiste et fondateur de Marquage.

    Du textile à la céramique

    Côté stands, l’offre est pléthorique : « Il y a aussi bien des créations contemporaines autour du textile, des bijoux que des créations plus traditionnelles avec des savons, des bougies et de la céramique », souligne Age. Les matériaux travaillés sont, eux aussi, variés, « du bois au verre, en passant le métal ».

    Les créateurs viennent de Marseille et de la région, mais aussi de plus loin : un artiste italien et un allemand seront présents. L’association sélectionne les exposants en privilégiant « la direction personnelle et l’originalité » des créations.

    Les prix se veulent, eux aussi, accessibles. « On choisit volontairement les artistes exposés pour que toutes les bourses y trouvent leur compte », précise Age.

    De 10h à 19h, place Général de Gaulle (Marseille 1er)