Tag: Hommage

  • Fenouillet : les héros de la Résistance célébrés

    Fenouillet : les héros de la Résistance célébrés

    Il y 82 ans, un convoi nazi arrêtait ses camions dans une clairière juste entre Charleval et la Roque d’Anthéron. C’est dans cet espace isolé, caché par les bois, que 28 résistants seront tirés des véhicules, avant d’être froidement exécutés le 13 juin 1944, au lendemain de l’assaut du maquis de Saint-Anne, lancé par la Wehrmacht et quelques jours seulement après le D-Day.

    Parmi les fusillés dans cette clairière, huit martégaux, arrêtés, eux, le 8 juin par la Gestapo chez un instituteur local, Robert Daugey. Dans le lot, cinq d’entre eux n’ont jamais pu être identifiés, trop mutilés pour être reconnus par leurs proches. « Le symbole de ceux dont l’Histoire a effacé la trace », a rappelé Gaby Charroux (PCF), maire de Martigues, au cours d’un discours solennel. C’est en leur mémoire et en souvenir de leurs actions de résistance que ce samedi 13 juin, élus locaux, associations d’anciens combattants, représentants de la société civile et enfants issus de deux classes locales se sont réunis dans cette même clairière, témoin, il y a plus de quatre-vingts ans, des conséquences des guerres et de la haine.

    Parmi les présents, Jean-Pierre Serrus, maire de la Roque-d’Anthéron, Christophe Hocmard, maire de Charleval, Dimitri Farro, maire de Mallemort, ainsi que les représentants des villes de Lambesc, Salon-de-Provence et Saint-Victoret. Sont aussi présents dans les rangs d’officiels Gérard Frau et Jacky Gérard, conseillers départementaux et Pierre Dharréville, ancien député de la 13e circonscription des Bouches-du-Rhône.

    Résister, mot d’actualité

    Comme chaque année depuis la première manifestation en la mémoire des 28 martyrs, une cérémonie solennelle s’est tenue, sous une chaleur de plomb, ponctuée de chants et lectures des enfants des écoles Louise Michel et Henri Tranchier. « Je trahirai demain, pas aujourd’hui », les vers du poème de Marianne Cohn, résistante juive (1922-1944), sonnent à plusieurs reprises. Les écoliers entonnent aussi le Chant des Partisans, devenu l’hymne de la résistance française. « 82 ans nous séparent désormais de ce drame, 82 ans durant lesquels des générations de femmes et d’hommes se sont relayés pour entretenir ce souvenir, pour faire vivre cette mémoire et transmettre l’histoire de ceux qui ont refusé de plier devant la tyrannie. Aujourd’hui encore, cette responsabilité est la notre, encourage Gaby Charroux, face au parterre de participants. Car si le temps passe, le devoir de mémoire demeure. Parce que les hommes auxquels nous rendons hommage aujourd’hui ne furent pas seulement des victimes, ils furent avant tout des combattants. Qui, dans l’une des périodes les plus sombres de notre histoire, ont fait le choix de l’engagement. Ils ont refusé l’occupation, la soumission, le racisme, l’antisémitisme et toutes les formes de haine qui constituaient le socle idéologique du nazisme ». Il s’agit, aujourd’hui, de se souvenir des noms gravés sur la stèle dressée dans la clairière, pour laquelle les drapeaux sont dépliés aujourd’hui. Ceux d’Abadie et Joseph Barthélémy, Marius Arnaud, Georges Borel, Baptiste et Louis Castaldi, Georges Flandres… Entre autres. Ils venaient des communes alentours, voire de Paris. La cérémonie de dépôt de gerbes a débuté avec Michel Delmasau nom de la fédération communiste des Bouches-du-Rhône. « Ces combats demeurent d’une nécessité absolue, car le monde dans lequel nous vivons connait lui aussi ses tensions, ses fractures, ses drames, ses inquiétudes. Partout, nous voyons progresser les discours de haine. Partout, nous voyons prospérer les tentations du repli. Partout, nous voyons certains remettre en cause des principes qui nous paraissaient pourtant acquis, pose Gaby Charroux, qui appelle à la vigilance et à la transmission. « Face à cela, le souvenir des Résistants du Fenouillet doit nous servir de boussole (…) Il nous rappelle que la démocratie est fragile, que la liberté n’est jamais définitivement acquise, que l’indifférence est souvent le premier allié des ennemis de la République. »

    Eva Bonnet-Gonnet

  • De nouveaux véhicules pour les casernes varoises

    De nouveaux véhicules pour les casernes varoises

    L’occasion de rendre hommage aux pompiers disparus en mission et de remettre des médailles et des grades. Par ailleurs, 25 nouveaux véhicules, pour un montant total de 5,3 millions d’euros, financés par le Sdis, ont été distribués aux casernes du département.

  • [Chronique des invisibles] Un de mes héros s’en est allé…

    [Chronique des invisibles] Un de mes héros s’en est allé…

    Il faut que je vous parle de quelqu’un qui a énormément compté pour moi. Pour tous celles et ceux qu’il a aidés au cours de son existence. Il s’appelait Guy Diaz. Ce fut mon camarade, mon ami et mon frère. Tu as lutté avec acharnement et dignité, dans ce dernier combat que nul ne choisit. Toi, l’immense militant, le syndicaliste, le mutualiste, l’homme debout. Toi qui portais le prénom de mon écrivain préféré, comme un signe discret, presque une promesse.

    Hier j’écrivais encore sur la lâcheté ordinaire. Aujourd’hui je perds l’un de mes héros. Je regrette aujourd’hui les mots tus, les silences trop lourds, les visites remises à plus tard.

    Je nous revois avec Renée, ton épouse, dans ces moments suspendus où la ville de Marseille devenait récit sous ta voix. Ta connaissance de la fascinante cité phocéenne était charnelle, précise, presque amoureuse.

    Tu en connaissais l’histoire comme on connaît un visage aimé. Chaque rue, chaque pierre, chaque porte chargée de mémoire, notamment dans ce Vieux Panier où tu avais usé tes fonds de culotte, devenait prétexte à raconter, transmettre, faire vivre.

    Je me souviens de mon coup de cœur pour le Vallon des Auffes. C’est à cet endroit où enfant, toi le fils d’immigrés espagnols, tu as appris à nager. C’est sur ce bord de quai où tu as conté fleurette à cette charmante jeune fille qui allait devenir ta femme pour la vie.

    Dans tes veines coulait le sang des républicains espagnols, cette noblesse de ceux qui ne baissent les yeux que pour faire leurs lacets, cette fierté de défendre les opprimés. Avec toi, je marchais aussi dans les pas de Pagnol. Et j’aime à croire qu’aujourd’hui, de l’autre côté du miroir, Marcel t’accueille pour une de ces discussions passionnées dont tu avais le secret. Ce monde donne trop souvent des noms indignes à ses places et à ses rues : anciens présidents douteux, esclavagistes, figures troubles que l’histoire n’a pas su juger à la hauteur de leurs fautes.

    Toi, Guy, tu méritais mieux que ces pierres sans mémoire. Tu méritais les Vivants. Tu es, et tu resteras, cette étoile au-dessus de nos vies. Celle qui continue de briller, même lorsque nous fermons les yeux.

    La maladie aura beau essayer de tout dévorer jusqu’à digérer ton dernier souffle, on ne peut avaler le feu sacré, dissoudre la mémoire de ceux qui t’ont aimé, enlever toutes ces luttes pour lesquelles tu as donné sans compter.

    Je t’embrasse fraternellement. Et je te pleure. Adesias mon ami, mon frère.

    À Monsieur Guy Diaz, un Grand Homme pour l’éternité.

  • Ils réclament justice pour toutes les Lyhanna

    Ils réclament justice pour toutes les Lyhanna

    Marseille

    Lundi soir, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le palais de Justice pour rendre hommage à Lyhanna et dénoncer ce que beaucoup perçoivent comme une « impunité » face aux violences « à répétition ». Banderoles et panneaux : plusieurs structures telles que le Collectif enfantiste, Femmes solidaires ou Sud Éducation manifestent à l’unisson. Sur la place, les cris de « Justice pour Lyhanna ! » ont rythmé le rassemblement.

    « J’ai peur pour mes enfants », confie Rosanna pour qui ces actes ne sont « ni une erreur, ni un manque de moyens, c’est juste un manque de considération de la part des politiques actuels ». Élodie Boussarie, enseignante à Marseille et militante au syndicat Sud Éducation, partage, elle aussi, ce sentiment d’écœurement : « Je suis présente pour témoigner de ma colère envers le gouvernement qui détruit les services publics et qui aujourd’hui a l’air de s’offusquer qu’il y ait des dysfonctionnements au sein de l’Éducation nationale et de la Justice. » Cette enseignante souhaite que les financements de ces services soient optimisés afin de former tous les professionnels à ces sujets. Pascaline Lécorché, adjointe au maire de Marseille et déléguée à l’Éducation, rappelle que « nous sommes là pour Lyhanna, mais aussi pour toutes les Lyhanna. Car le sujet des violences sexistes et sexuelles est fondamental ». C’est pourquoi, « la Justice devrait se saisir rapidement des faits et instaurer une relation avec les autres corps de métiers, afin qu’une liste noire existe et que les personnes suspectées ne soient pas réembauchées dans d’autres établissements, au contact des enfants », avance l’adjointe au maire. « Ce n’est pas l’histoire d’un homme mais bien celle d’une société qui peine à écouter ses enfants », rappelle la représentante de Sud éducation lors de sa prise de parole.

    Aix-en-Provence

    Colère dans la foule. « Il aura fallu quoi, qu’une petite meure, dans des conditions que j’imagine atroces, pour qu’on réalise que ce gars-là était dangereux. Il faut que nos enfants meurent ? » s’indigne Laura. Cette mère de deux enfants, belle-mère de deux autres, vient faire entendre sa colère, comme les centaines d’autres personnes rassemblées sur le parvis du palais de Justice. L’appel a été lancé par l’association Mouv’Enfants. Ils sont pères, mères, sœurs, grands-parents. « Je suis contente de voir qu’il y a des hommes ce soir. J’avais peur que le combat ne soit que féminin. Ça manquait cruellement. » Pendant près d’une heure, la foule compacte s’est rassemblée pour rendre hommage à Lyhanna, 11 ans, dont le corps a été retrouvé à Fleurance, dans le Gers. Son assassin présumé, est désormais visé par neuf affaires. De quoi cristalliser l’indignation de la foule. « C’est à se demander pourquoi il faut autant de cas de plaintes. Pourquoi la justice ne met rien en action ? Ce n’est pas possible de ne pas protéger les enfants, qui sont l’avenir. On veut briser l’avenir ? » demande Julien. Pour Amandine, c’est une première manifestation, motivée par le « on n’en peut plus. Ma fille a 11 ans. Je n’ai pas besoin d’en dire plus ». À côté d’elle, Nelly regrette que la mobilisation ne soit pas plus forte. « Notre société n’a pas conscience de l’enjeu de protéger nos enfants. » La mobilisation, silencieuse, jusqu’à une minute de silence, a rapidement laissé place à l’indignation générale. « Darmanin, dehors ! », se lance la foule. Et entonne, en huant : « Victime, on te croit. Violeur, on te voit ! »

    Martigues

    « Pour celles qui prennent la plus lourde des peines, pour les victimes de ton système, je t’accuse et j’assume. » Les paroles de Suzanne entonnées par la chorale du collectif féministe l’Émeute rieuse prend tout son sens à Martigues ce lundi soir, où un féminicide a eu lieu quelques jours plus tôt.

    Plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées devant le tribunal. Plusieurs pancartes ont été réalisées pour l’occasion. Des politiques, comme « Lyhanna ne serait pas morte si la protection de l’enfance avait de vrais moyens », « protégez les enfants et les femmes, écoutez, subventionnez, formez, abritez… » ou plus confus, comme « l’inaction judiciaire tue », ou encore « justice complice ».

    « Ces horribles féminicides de Lyhanna nous ramènent toujours à la réalité de cette société patriarcale qui excuse les violences sexistes et sexuelles et ne protège pas ses enfants » recentre le conseiller départemental (PCF) Gérard Frau, arrivé en avance. « Je ne supporte pas que Macron et Darmanin disent que ce n’est pas une question de moyens. Mais forcément qu’il y a des erreurs quand les services publics sont pressurisés ! » tance l’élu, assurant que « la solution est de faire voter la loi-cadre portée par les associations féministes, réclamant 2,6 milliards d’euros pour des tribunaux dédiés et la formation des agents au contact ».

    Le maire (PCF) Gaby Charroux, venu avec son équipe municipale, demande cette « loi qui protège ». Mais aussi de « démarrer l’éducation des petits garçons dès la maternelle, le plus tôt possible, pour arrêter cette domination de l’homme sur la femme ».

    Avignon

    Un peu plus de 200 personnes étaient mobilisées ce lundi 8 juin devant le tribunal d’Avignon pour rendre hommage à Lyhanna.

    À l’ombre des remparts de la cité des Papes, les pancartes avec des messages de « ras-le-bol » ou « un enfant n’est jamais consentant » se mêlaient à d’autres plus provocatrices telles que « la justice est du côté des violeurs » ou « moins de Darmanin, plus de moyens ». C’est avec émotion que Sara et Darla, responsables du Collectif Enfantiste de Vaucluse, ont pris la parole conjointement pour dénoncer les « défaillances de la société » tout en pointant du doigt l’enceinte du tribunal. « L’enfant devrait représenter l’avenir. Nous refusons que l’émotion et l’action s’arrêtent là. Chaque enfant mérite protection et que son intégrité soit reconnue », poursuivent-elles. Ce, juste après que Muriel Trichet, du collectif féministe Nous Toutes 84, a tenu à préciser que les organisations présentes « sont contre la peine de mort » et que « les appels à tuer les gens ne seront pas acceptés ».

    Dans la foulée de ces prises de parole, les participants se sont empressés de traverser la route afin de se rassembler devant les portes du tribunal dans la fumée de quelques fumigènes. « Comment accepter un tel bide, un tel abandon. Il n’y a aucun mot pour décrire un tel deuil » pointe les responsables associatives. « Il faut vraiment que le gouvernement prenne compte l’ampleur de ce qu’il faut faire. Plus de 100 000 cas de violences sexuelles par an. Il faut qu’il s’en empare comme cela a été fait avec le terrorisme » pointe Julien Gélas, venu manifester avec ses enfants.

    Toulon

    « Lyhanna, où que tu sois on t’aime ! Tu n’es pas morte pour rien ! » Le cri du cœur de cette maman, saisie d’un admirable courage pour témoigner des violences subies par sa fille et qui attendent encore une réponse pénale trop longue à venir, embue les yeux des quelque 500 Toulonnais et Toulonnaises venus dire leur colère devant le tribunal judiciaire lundi soir. Ce sont aussi eux qui ont donné la force, dans un élan de solidarité trop rare en cette période de désunion, à celles et ceux qui ont, comme elle, dans un mégaphone, osé se libérer d’un fardeau si lourd à porter. « Car comme l’a dit le maire de Fleurance, ce n’est pas la goutte d’eau qui fait déborder le vase, mais celle qui le renverse ! », clame Marie Giudicelli, du collectif féministe toulonnais la Raje.

    Chacun avait une bonne raison d’être là. Sur le t-shirt de Maéva, il est écrit « 1 enfant sur 5 ». Comme l’effroyable proportion de victimes d’inceste, un crime qu’elle a elle-même subi. « Je me mobilise pour mes enfants comme pour les autres. » Flore, elle, n’est pas une habituée des rassemblements populaires. « Mais la vie se charge de savoir nous abandonner. Ma conscience m’a portée jusqu’ici », affirme-t-elle.

    Les couleurs politiques, elles, n’existaient plus. Pendant 1h30, le consensus les a effacées. Celui qui appelle à « exiger une justice qui a les moyens de faire son travail et une loi qui nous protège », s’époumone Marie Guidicelli. Car « ce que les responsables politiques appellent dysfonctionnement, c’est un système de domination patriarcale ! » Un système qui a laissé périr une victime de trop.

    Digne-les-Bains

    Près de 200 personnes se sont rassemblées lundi soir devant le tribunal de Digne pour exprimer leur soutien à la famille de Lyhanna et demander que le gouvernement prenne ses responsabilités et promulgue une loi intégrale sur les violences.

    La présidente de l’association des élues des Alpes-de-Haute-Provence s’est interrogée sur « comment détecter et venir au secours de ce système qui s’essouffle par manque de moyens financiers ». « Les dossiers sont mis dans des armoires, classés sans suite pendant que des enfants meurent et sont violés », a déploré Audrey, professeure.

    « Nous n’acceptons plus que les noms de ces enfants deviennent de simples faits divers et que l’on oublie jusqu’au prénom suivant. Nous refusons le cycle de larmes, de déclarations et d’inaction », a lancé Philippe Bekalarek, militant venu de Château-Arnoux-Saint-Auban. « Combien d’enfants ont souffert pendant que les adultes détournaient le regard ? », s’est-il interrogé, exigeant « des peines réellement exécutées » et « un suivi strict des délinquants sexuels ». « L’État doit agir avant le drame et pas après les obsèques », a-t-il conclu.

    Plusieurs élus de Digne et de Sisteron étaient présents. Interrogé par une manifestante à ce sujet, le maire de Digne a répondu que la ville avait conventionné avec l’association les Papillons pour prévenir les violences sur les enfants.

  • L’hommage à Lyhanna et la colère face aux défaillances

    L’hommage à Lyhanna et la colère face aux défaillances

    « Lyhanna doit être tellement émue de voir depuis là-haut, tout ce monde rassemblé pour elle », a déclaré une tante de la petite fille de 11 ans, depuis une estrade sur laquelle se tenaient les parents de l’enfant et le maire de la ville. « Notre petit monde tout entier s’est effondré », a-t-elle poursuivi, demandant « pardon » à sa nièce. Derrière, les parents de la collégienne se tiennent dans les bras, effondrés.

    Sous un soleil écrasant, la marche a parcouru les rues de la commune rurale de Fleurance (Gers) avec les parents et le petit frère de Lyhanna en tête d’un cortège très dense, aux visages graves. La famille a fait corps derrière une banderole sur laquelle est écrit : « Plus jamais ça ! On t’aime. Tu nous manques ».

    Les participants, vêtus de blanc, certains tenant des fleurs blanches, se sont rassemblés devant la base de loisirs de Fleurance. Le cortège s’est arrêté à plusieurs reprises pour des moments de recueillement, notamment devant le collège de la ville où était scolarisée Lyhanna. Des participants y ont déposé leurs fleurs. Rassemblés sur une place, à l’issue de la marche, la famille a remercié les milliers de personnes venues la soutenir.

    Karine Camus, 41 ans, vêtue de blanc, une rose à la main, est très émue : « Je me sens concernée, j’ai deux enfants, une fille de 12 ans et un fils de 13 ans. Ça aurait pu arriver à ma famille, à mon fils, ma fille. » À Montestruc-sur-Gers, où réside le principal suspect, le panneau du village a été recouvert d’un drap blanc sur lequel a été tagué « PDM [peine de mort, Ndlr] pour les pédos ».

    Quatre plaintes pour viols sur mineurs et deux signalements, dont un pour « comportement inapproprié » envers une lycéenne, visent le principal suspect, Jérôme B., 41 ans, mis en examen lundi pour enlèvement et séquestration avant d’être incarcéré. Malgré des soupçons de pédocriminalité, il n’avait jamais été entendu par les enquêteurs. Selon la procureure de la République d’Auch, il avait fait l’objet de plaintes pour viols sur mineures en 2022 et 2025. La première classée sans suite, enquête en cours pour la seconde.

    70 000 dossiers

    Cette seconde plainte suscite la colère : déposée en août 2025, le parquet de Toulouse l’a ensuite transmise au parquet d’Auch, les faits s’étant produits à Montestruc-sur-Gers, où habitait Jérôme B. Selon la procureure d’Auch, elle n’a été reçue qu’en décembre 2025, puis transmise à la gendarmerie en janvier 2026. Jérôme B. n’a jamais été entendu dans cette affaire.

    Ces dysfonctionnements ont été pointés du doigt jusqu’au plus haut sommet de l’État, qui accable l’institution judiciaire. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé dimanche qu’il allait demander aux procureurs généraux de reprendre « l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants », soit environ 70 000 dossiers, d’ici au 14 juillet.

    Je ne partirai pas en vacances » et « il n’y a pas un haut magistrat qui va partir en vacances » tant qu’il n’aura pas reçu « un par un les procureurs généraux » pour faire le bilan, a encore prévenu sur LCI le garde des Sceaux, qui réunit ce lundi, à la Chancellerie, les procureurs généraux. « Il y a eu des défaillances graves », a affirmé Gérald Darmanin, citant les remontées de ses procureurs généraux. Il a assuré qu’il rendra public le rapport de l’inspection qui, « sous quinze jours, dira qui sont les responsables de ces défaillances ».

    Des sanctions sont « possibles » a mis en garde le garde des Sceaux, précisant qu’en tant que ministre, il avait « le droit de proposer des sanctions » contre les magistrats du parquet, jusqu’à la révocation.

    L’Union syndicale des magistrats (majoritaire) a « compté 42 circulaires et 72 dépêches depuis 2025 », sur des thématiques tour à tour prioritaires « sans se poser la question de savoir si les services ont la capacité de les intégrer », fait valoir l’USM.

  • Un brillant hommage à Patricia Jeanjean

    Un brillant hommage à Patricia Jeanjean

    Il y a trente-cinq ans, elle faisait partie de ce groupe d’amis qui portaient sur les fonts baptismaux cette association bouliste, la Boule des Amis de Saint-Julien. Quelques années plus tard, Patricia se retrouvait à la présidence du groupe. En 2008 c’est au sommet de l’instance départementale qu’elle est élue. Elle y restera jusqu’en 2024. Depuis quelques années, Patricia luttait contre la maladie. Elle sera enlevée à l’affection des siens en novembre dernier.

    Ce samedi, le club qui a été le seul de sa vie bouliste, a tenu au travers d’un concours en binômes féminin, à lui rendre un bel hommage. Un concours où vont participer une cinquantaine de doublettes.

    À la table de marque, deux garçons qui ont été ses proches collaborateurs quand Patricia a été présidente du Comité des Bouches-du-Rhône : Jauffrey et Éric. À l’arbitrage : Michel Borghino.

    Dans son discours d’ouverture, le président Jean-François Piroille souhaitait la bienvenue et remerciait les joueuses présentes. Ce fut ensuite Frédéric Jeanjean, le frère de Patricia dans une prise de paroles empreinte d’émotion qui exprimait le souhait que cette journée en souvenir de Patricia soit bien conviviale et chaleureuse.

    À la conclusion de cette joute oratoire, Maryan Barthelemy, le « new boss » du Mondial La Marseillaise, devait donner une information à sensation. « En ouverture du GP Féminin Paprec La Marseillaise, la place au centre du village des partenaires portera le nom de Patricia Jeanjean, une plaque symbolique sera dévoilée à cet effet. » Il devait ensuite annoncer quelques innovations, pour le plus grand bien des joueuses. Des décisions prises dans l’intérêt des participantes. Ces dames vont apprécier et saluer le message par une salve d’applaudissements.

    C’est Mimi Réginensi, l’époux de Patricia, qui ouvrait la compétition en jetant le but qui lançait ce 1er Souvenir. Pour les 54 binômes engagés, c’est parti pour plus de 12 heures de compétition.

    À Cathy Lopez et Michèle Ivaldi le premier Graal

    Sur le plan sportif, la compétition démarre par la phase des poules. Quelques belles oppositions du style Florence Bazin contre Muriel Ben-Hocine, Charlotte Ferrara face à Séverine Roche. On peut constater qu’il y a de solides doublettes qui affichent de fortes ambitions.

    À l’heure du cadrage, en prenant le meilleur sur les récentes championnes de Ligue Sabine Fara et Stéphanie Fournier, on voit que les « vertes » Lopez et Ivaldi émettent des prétentions et commencent à mûrir.

    Belle victoire à ce stade d’Evelyne Llobregat et Maryline Rouzaud face aux joueuses d’Eyguières, mais surtout aux championnes de France dans leur profession, Stéphanie Arnaud et Estelle Cros.

    Un succès qui, hélas, restera sans lendemain, les sociétaires de la Boule Plate vont s’incliner face au double de la Boule Doria.

    Léa Navarro -qui n’est autre que la nièce de Patricia Jeanjean- et sa partenaire Mélissa Mordenti vont, d’un coup d’un seul, retourner une situation et s’imposer en signant cinq points.

    Josiane Profizi et Nicole Gregori vont s’incliner sur le fil face à Lisa Cardoso-Barbosa et Carole Dauenhauer. Dans une partie où chacune des actrices ne voudra rien lâcher.

    L’heure est bien avancée quand on aborde le dernier carré. Là, avec ces dames, on joue les coups à fond, point question de partage. Si les deux formations de Beaudinard s’évitent, elles vont connaître des fortunes diverses.

    Celle de Léa Navarro va s’imposer face aux joueuses de Doria quant à Cardoso et Barbosa elles vont voir passer les « vertes ».

    Ces joueuses de la Boule Verte de Biver à leur façon et avec un léger coup de pouce d’un certain facteur… vont décrocher ce 1er Graal, du souvenir Patricia-Jeanjean. Il est 22h40, et on peut dire que l’hommage aura été brillant.

    Quarts de finale : 1) Tognetti bat Evelyne Llobregat – Maryline Rouzaud à 9

    2) Cardoso-Barbosa bat Josiane Profizi – Nicole Grégori à 12

    3) Lopez bat Lucette Espinas -Emilienne Del Socorro à 3

    4) Navarro bat Axelle Bernard – Séverine Roche à 11

    Demi-finales : 1) Navarro bat Françoise Tognetti – Joëlle Mérabtene à 10

    2) Lopez bat Lisa Cardoso-Barbosa – Carole Dauenhauer à 7

    Finale : Cathy Lopez -Michèle Ivaldi battent Léa Navarro – Mélissa Mordenti
    13 à 8

  • Marc Bloch, historien bientôt panthéonisé, mis à l’honneur

    Marc Bloch, historien bientôt panthéonisé, mis à l’honneur

    Ils sont rares, les grands intellectuels qui furent pleinement résistants. Aux côtés de figures remarquables comme René Char, Jean Paulhan ou Jean-Pierre Vernant – un poète, un directeur de revue, un historien de la Grèce antique – on peut mentionner ceux qui furent fusillés : le philosophe Jean Cavaillès, l’ethnologue Boris Vildé ou, plus oublié encore, l’homme de théâtre Sylvain Itkine, lui aussi massacré dans les geôles de la Gestapo lyonnaise.

    Fils d’un historien de la Sorbonne, républicain d’origine juive alsacienne, athée et patriote, Marc Bloch, chercheur convaincu de la nécessité de l’interdisciplinarité, de la sociologie et de l’économie, inventeur aux côtés de son aîné Lucien Febvre de la revue Annales et de l’histoire des mentalités, (1886-1944), ne fut pas uniquement un immense médiéviste et un enseignant soucieux de clarté. Les problématiques de ses contemporains renouvelèrent son questionnement ; deux guerres mondiales aiguisèrent son regard.

    Un martyr

    de la République

    En 1914-1918, une blessure et les combats dans les tranchées lui permirent d’appréhender l’importance des fausses nouvelles et de la propagande, ainsi que le rôle de la paysannerie dans la société française du XXe siècle comme dans le monde féodal. La « drôle de guerre » l’amena à poser un diagnostic sans concession sur l’effondrement de son pays en 1940. Au fil des ans, son essai posthume, L’Étrange défaite, préfacé en 1990 par l’Américain Stanley Hoffmann, devint son livre le plus lu : citoyens et historiens du temps présent en avaient besoin pour élucider les abandons et la férocité du régime de Vichy.

    Après sa démobilisation, Marc Bloch renonça à partir pour les États-Unis, où un poste lui était réservé. Il avait charge de famille et son statut de juif lui interdisait d’enseigner en France. Son entrée dans la clandestinité de la Résistance ne fut pas immédiate : les hommes de l’ombre crurent un moment ne pas devoir recruter ce personnage d’aspect sévère, porteur d’une canne, déjà vieilli. À Lyon, son courage et ses talents d’analyste lui permirent de devenir un infatigable dirigeant du MUR, le mouvement d’Alban Vistel.

    Marc Bloch fut arrêté le 8 mars 1944. La Gestapo l’emprisonna au fort de Montluc. Il fut interrogé, torturé pendant plusieurs jours, subit coups de poing, fouets et tentatives de noyade à l’eau froide, contracta une pneumonie et revint dans sa cellule avec le visage ensanglanté et des côtes cassées. Pour survivre, il parla un peu, livrant des renseignements sans importance. Le 16 juin 1944, on l’extrait de sa cellule. Son corps sera identifié parmi 28 cadavres, ceux d’ouvriers et de résistants communistes.

    Le tournant

    d’une seconde vie

    C’est donc une double figure qu’il ne faut pas dissocier qui sera évoquée, ce jeudi, à l’initiative de l’association marseillaise Coudes-à-Coudes de Michel Potoudis : Marc Bloch fut un enseignant et chercheur qui révolutionna sa discipline, ainsi qu’un chef de réseau torturé et fusillé en 1944 par les sbires de Klaus Barbie.

    Codirecteur avec Florian Mazel, enseignant formé à Aix-en-Provence, d’un remarquable et très complet ouvrage collectif intitulé Marc Bloch, l’histoire en résistance (Éditions du Seuil), et commissaire d’une exposition qui s’ouvrira pendant les cérémonies du Panthéon, Yann Potin évoquera ce jeudi, dans l’ancienne salle des rotatives de notre journal, avec deux universitaires aixois, Julien Loiseau et Laure Verdon, la trajectoire de Marc Bloch.

    Longtemps éclipsée par Fernand Braudel ou Georges Duby, qui furent lus durant une période plus favorable au marché du livre, la figure de ce grand comparatiste, fondateur de la nouvelle histoire des mentalités, s’est soudain rapprochée. Elle avait été pleinement réévaluée par la communauté des historiens, notamment par Jacques Le Goff, Bronisław Geremek et Carlo Ginzburg, qui placent très haut Les Rois thaumaturges et Apologie pour l’histoire.

    Après Jean Moulin en 1964, Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillon et Jean Zay en 2015, puis Simone Veil, Joséphine Baker, Missak Manouchian et Robert Badinter, un historien entrera, ce 23 juin, pour la première fois au Panthéon.

    Reste à mesurer ce qu’il adviendra, dans un tel contexte, de cette seconde vie de Marc Bloch, introduit au Panthéon par un président de la République désireux de capter, pour son image personnelle, une partie du capital symbolique de la Résistance. On sera solidaire de la volonté de la famille de Marc Bloch, qui exige que « l’extrême droite, dans toutes ses formes, soit exclue de toute participation à la cérémonie ».

    Conférence ce jeudi 4 juin à partir de 18h30. Les Rotatives, 19 Cours d’Estienne d’Orves, Marseille (1er). Entrée libre.

  • Au Camp des Milles, une cérémonie pour honorer la résistance

    Au Camp des Milles, une cérémonie pour honorer la résistance

    Jour, aussi, du 83e anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance (CNR), fondé en 1943. À cette occasion, Alain Chouraqui, président de la Fondation du Camp des Milles rappelle : « Les héros sont aussi ceux qui font tout pour ne pas avoir à le devenir. »

  • Hommage à Victor Jara : le PCF contre-attaque à Béziers

    Hommage à Victor Jara : le PCF contre-attaque à Béziers

    Mais quelle mouche a donc piqué Robert Ménard ? En annonçant, via les réseaux sociaux de la Ville de Béziers et dans le Journal du Biterrois, canard municipal, qu’un hommage serait rendu à Victor Jara, chanteur et militant communiste chilien assassiné sous la dictature de Pinochet, l’édile d’extrême droite en a laissé plus d’un pantois.

    Le 27 mai, la Ville s’apprête donc à inaugurer une statue du Chilien, place du 14-Juillet, dans le cadre de la journée nationale de la Résistance. Le maire est coutumier du fait : chaque année, un buste est inauguré : en 2025, Laure Moulin, la sœur de Jean Moulin ainsi qu’un autre de la journaliste russe Anna Politkovskaïa, en 2023, celui du soldat israélien Aner Shapiro, etc. Mais cette année, au vu des valeurs prônées par Victor Jara, que tout oppose à Robert Ménard, ce choix a de quoi surprendre.

    À commencer par la section biterroise du PCF, qui a annoncé organiser son propre hommage, le même jour, à 12h30
    – les forces progressistes, associations, syndicats sont conviés par les communistes. « Quand nous avons appris la nouvelle, nous avons été surpris. Il n’y a rien de mentionné sur son passé de communiste. Cela nous a paru un peu fort de café et il y a peut-être une tentative de réécrire l’Histoire », fait valoir Jean-Marc Biau, secrétaire de la section PCF de Béziers et conseiller de la Région Occitanie. En effet, l’hommage est destiné à « honorer la mémoire et l’engagement du poète et chanteur chilien Victor Jara, assassiné en 1973 sous la dictature [de Pinochet] », peut-on lire sur les réseaux sociaux de la Ville. Sauf que Victor Jara, certes chanteur, est avant tout un militant communiste.

    Torturé par l’extrême droite

    Véritable chantre de la révolution chilienne, ce dernier défendait des valeurs de solidarité, de partage des terres et dénonçait la répression militaire. « Il était également directeur de théâtre, il a dirigé plusieurs pièces où il mettait en scène le peuple », reprend Jean-Marc Biau. Autant de valeurs prônées du fait de son engagement politique. C’est d’ailleurs cet engagement qui lui a valu d’être sauvagement assassiné et torturé par les hommes de Pinochet, ses doigts avaient été brisés. Sauf que tout cet engagement disparaît comme par magie quand on lit la présentation faite par la Ville dans le Journal du Biterrois. Seul est mentionné le fait que Victor Jara est « révolté contre l’injustice. » « Quels sont les objectifs de Robert Ménard ? », s’inquiète Jean-Marc Biau. En tentant de dépolitiser un pan entier de l’Histoire, Robert Ménard veut gommer les véritables valeurs portées par la gauche, opposées aux siennes. D’où l’importance, pour les communistes, de mener ce genre d’hommage.

  • Vibrant hommage à Roger Martin

    Vibrant hommage à Roger Martin

    Prof de français à Pernes, militant communiste
    et écrivain, il est brutalement décédé en janvier
    . « Une perte énorme loin d’être cicatrisée », s’émeut Antoine Blocier, lui aussi auteur, tout comme Philippe Pivion
    et Philippe Paternolli, témoins de cet hommage. « Nous poursuivrons
    aussi son combat contre l’extrême droite
     », promet Philippe Pivion.