Ruissellement zéro

Des représentants de nombreuses corporations se sont retrouvés à l’appel de la CGT, ce jeudi à Marseille, pour signifier leur inquiétude quant à l’avenir de plusieurs filières économiques majeures de notre région, mais aussi leur exigence de justice sociale.

Après 10 ans de mandat d’Emmanuel Macron fondé sur la théorie du ruissellement, le bilan est en effet sans appel. En 2025, l’Insee a annoncé un taux de pauvreté record en France depuis près de trente ans : 15,4%, soit près de 10 millions de personnes concernées.

À l’autre bout de l’échelle sociale, les quarante plus grands groupes français ont versé 107,5 milliards d’euros à leurs actionnaires en 2025, soit une hausse de près de 55% en quatre ans.

Ceux qui produisent la richesse

Si le chômage a baissé, la hausse de la précarité a banalisé la figure du travailleur pauvre dans notre pays.

Dans de nombreux secteurs, les aides publiques – estimées à 211 milliards d’euros par une mission sénatoriale – n’ont pas été soumises à des critères d’utilité sociale et de renouveau économique. Les exonérations massives de cotisations sociales patronales ont, dans le même temps, fragilisé la Sécurité sociale sans influer sur le niveau de rémunération.

Bref, le mirage du ruissellement s’est mué en une forme bien réelle de retenue d’argent au sommet de la société.

Ce n’est pas seulement moralement critiquable, c’est économiquement mortifère. Cette recherche du profit immédiat met en danger des filières toutes entières et obère les perspectives de développement durable, comme en témoigne l’abandon du projet Carbon à Fos-sur-Mer.

Le monde du travail a de quoi demander des comptes. Il a aussi des propositions pour l’avenir. Il doit être entendu. C’est lui qui produit la richesse ici comme partout.

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