Tag: Sécurité sociale

  • Les élus locaux d’Occitanie font bloc pour défendre le thermalisme

    Les élus locaux d’Occitanie font bloc pour défendre le thermalisme

    Plusieurs centaines d’habitants et de curistes se sont retrouvés en fin de matinée devant les thermes de Balaruc-les-Bains. Ils répondaient à l’appel « #DeboutPourNosCures », lancé sur les réseaux sociaux par la Spleth, la société gestionnaire des thermes et dont la commune est actionnaire majoritaire (lire ci-dessus). À la tribune, entouré de son équipe municipale, le maire (PS) de Balaruc, Christophe Rioust, a défendu le bien-fondé des soins délivrés dans les équipements thermaux. Le président (PS) de l’intercommunalité Sète Agglopôle Méditerranée, Loïc Linares, est allé dans son sens : « Quelques millions d’économie, en enlevant les bénéfices du thermalisme, vont handicaper demain la Sécurité sociale. » Les autres maires, conseillers régionaux et parlementaires présents ont tour à tour fustigé une « médecine à deux vitesses » et un « plan social » dans le secteur du thermalisme.

    Le sénateur (PS) Hussein Bourgi a dit vouloir rencontrer la préfète de l’Hérault ainsi que l’Agence régionale de santé (ARS). Il a suggéré que les conseils municipaux votent des motions pour le maintien du remboursement. Il a aussi annoncé une démarche conjointe avec d’autres sénateurs. Le député (LFI) Sylvain Carrière envisage de faire de même à l’Assemblée nationale. Marie Costa, la maire (DVD) de la ville thermale d’Amélie-les-Bains-Palalda (Pyrénées-Orientales), et présidente de la Fédération thermale d’Occitanie, a évoqué la pétition qu’elle a postée sur Change.org et intitulée « Le thermalisme, poumon socio-économique de nos territoires ». Le texte a déjà recueilli plus de 50 000 signatures.

  • Les députés étrillent le gouvernement sur la Sécu

    Les députés étrillent le gouvernement sur la Sécu

    À six mois de l’élection présidentielle, dans un contexte social inflammable après un week-end de forte mobilisation dans la rue et des violences, les débats budgétaires se tiennent dans une atmosphère fort peu propice aux compromis.

    Après avoir interrompu lundi l’examen du budget de l’État, qui doit reprendre la semaine prochaine, les députés se penchent sur le financement de la Sécurité sociale, que le gouvernement souhaite diminuer prétextant faire dégonfler le déficit en 2027 en le divisant presque par deux, à 12,7 milliards, contre 21,8 milliards en 2026. Au menu : faire contribuer les retraités, ou des économies sur les dépenses de santé, dont un milliard sur les arrêts maladie. « La réduction du déficit ne se fera pas sans faire des choix. Et parfois, ces choix ne seront pas simples », a déclaré le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. Mais les critiques ont fusé de presque tous les bancs.

    « Une attaque frontale »

    C’est « une attaque frontale contre la sécurité sociale », a notamment dénoncé Yannick Monnet (communiste) « Ce budget n’est pas un budget d’austérité », a assuré la macroniste Annie Vidal, mettant en garde contre la tentation de laisser le pays sans budget, tandis que Liot et le Modem ont mis en avant leur volonté de compromis, sans épargner le gouvernement. Même les macronistes refusent toutefois la réduction des allègements patronaux censée rapporter 3,7 milliards d’euros à la Sécu, également contestée par Horizons. En face, le ministre des Comptes publics David Amiel a défendu un projet qui ne repose pas uniquement sur des économies, rappelant à la gauche qu’un tiers de l’effort vient des recettes. Les députés ont d’abord examiné une motion de rejet préalable, déposée par LFI, mais facilement repoussée (par 259 voix contre), la gauche, PS compris, étant la seule à voter pour (128 voix). Ils ont ensuite rejeté la première partie du texte, consacrée à l’actualisation des comptes de 2026. Un vote de portée limitée, qui ne revient pas sur les mesures déjà prises par décret et n’empêche pas la poursuite de l’examen du financement de 2027.

    Les députés ont en revanche approuvé des exonérations de cotisations sociales pour les entreprises et exploitants agricoles victimes des incendies de cet été, ainsi que des aides aux entreprises mahoraises frappées par le cyclone Chido. Mais le gouvernement a défendu le maintien à la charge de la Sécurité sociale du coût de ces exonérations, suscitant de vives critiques.

    3 000 amendements

    Les débats devaient reprend mercredi, avec notamment en perspective des propositions de taxes sur les produits sucrés. Quelque 3 000 amendements ont été déposés, dont environ 1 280 pour arriver au bout de la partie portant sur les « recettes » de la Sécu. Le rejet de cette partie, jugé probable, pourrait interrompre les débats dès la fin de semaine, alors que les séances sont prévues jusqu’à lundi soir, week-end compris. Le texte serait transmis au Sénat sans examen des dépenses.

    Et donc sans aborder l’un des sujets les plus explosifs : une revalorisation des pensions inférieure à l’inflation pour deux tiers des retraités, censée économiser jusqu’à 4 milliards d’euros. Alors que le budget de la Sécu avait pu être adopté l’an dernier avec les voix du Parti socialiste, en échange notamment de la suspension de la réforme des retraites, un accord similaire semble cette année improbable.

  • Inauguration de la crèche du Phare Lamalgue à Toulon

    Inauguration de la crèche du Phare Lamalgue à Toulon

    Un projet qui témoigne, explique-t-elle, d’une confiance entre partenaires : la Caisse nationale militaire de Sécurité sociale, la CAF du Var et la Ville de Toulon.

    Avec l’Îlot Lamalgue, 104 places pour les enfants de 3 mois à 3 ans sont mises à disposition des familles civiles et militaires, pour profiter de l’ensemble des aménagements réalisés. L’occasion pour la première magistrate de saluer le travail des équipes de la petite enfance.

  • [Entretien] Peter Mertens, PTB : « Porter une grille d’analyse marxiste qui n’est plus enseignée »

    [Entretien] Peter Mertens, PTB : « Porter une grille d’analyse marxiste qui n’est plus enseignée »

    La Marseillaise : Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à écrire ce livre ?

    Peter Mertens : Il y a tellement de choses qui changent dans le monde, on est dans une ère très violente avec l’extrême droite qui monte ainsi que la répression. Pour beaucoup de gens, il est difficile de voir le fil rouge dans tous les événements. Je voulais avoir un outil à donner, pour comprendre quelles sont les forces économiques et les intérêts derrière. Porter une grille d’analyse critique marxiste qui n’est plus enseignée ni à l’école ni dans les syndicats. La question n’est pas de savoir si Donald Trump est fou ou non mais de voir ce qui se passe réellement avec l’empire américain et pourquoi il se trouve au début du déclin. Comprendre le monde, c’est le premier pas pour le changer.

    Qu’est-ce que vous définissez par « l’ère trumpienne » ?

    P.M. : L’ère trumpienne, c’est surtout un accélérateur du nationalisme économique, de la guerre commerciale, la guerre des tarifs, des guerres impérialistes et dans la destruction du droit international. On a déjà vu que sous Obama, il y avait le « pivot vers l’Asie », en définissant la Chine comme l’ennemi principal. Dans mon précédent livre Mutinerie, j’avais écrit que c’était la fin d’un pan du néolibéralisme et qu’on entrait dans une nouvelle ère qui n’avait pas encore de nom.

    C’est ce qui est théorisé dans le Projet 2025 ?

    P.M. : Derrière Trump, il y a tous genres de cercles de réflexion, de puissances économiques, théoriques, parmi lesquels la Heritage Foundation. Cette organisation d’extrême droite estimait qu’elle n’avait pas pu opérer autant de changements qu’espérés durant le premier mandat de Donald Trump. Ils en ont tiré des leçons et écrit Mandate for Leadership (ou Mandat pour le leadership) un document de 900 pages, aussi connu sous le nom de Projet 2025, pour le second mandat. Leur objectif premier est d’assainir l’État, d’écarter les démocrates, les syndicalistes, les gens critiques de toutes fonctions de l’État et de la justice. Deuxièmement, c’est de donner de plus en plus de pouvoir au président seul. Troisièmement, c’est d’entamer une bataille économique et politique vis-à-vis des contre-pouvoirs dont les syndicats et en particulier ceux de l’enseignement. Enfin, la quatrième partie est de renforcer la militarisation de la police. Tout ce qui se passe en ce moment était déjà préparé scientifiquement : le déploiement de l’ICE, la militarisation des blue cities, les villes qui sont contrôlées par le Parti démocrate [dont la couleur officielle est le bleu, Ndlr.]. C’est un manuel de l’extrême droite dont le but est la concentration de tout le pouvoir aux mains du président et l’écartement de tout contre-pouvoir. Je crois que les macronistes du monde sont un peu jaloux sur ce plan.

    Ce que vous pointez en tant que guerre culturelle comme alternative à la lutte des classes ?

    P.M. : Il y a une volonté qui est écrite dans le Projet 2025 de Heritage Foundation, de nommer tout ce qu’on n’aime pas comme une infiltration marxiste dans l’État, comme antifasciste. En juillet dernier, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a rassemblé 77 pays sous le drapeau de la lutte contre le terrorisme d’extrême gauche, en présence de pays européens dont la Belgique et le gouvernement de Benjamin Netanyahu. Ils préparent l’interdiction des forces de gauche, des syndicats et leur criminalisation sous le nom de terrorisme d’extrême gauche ou d’antisémitisme. On l’avait vu déjà contre Corbyn en Angleterre, Die Linke à Berlin et contre nous. Ils utilisent tous ces grands mots pour instaurer un genre d’autoritarisme et des lois d’exception en Europe. Un des mécanismes, c’est de criminaliser la résistance des écoliers, des lycéens, de la CGT, des manifestations, etc. Si on prend un petit peu de recul, ce qui se passe à Bruxelles, à Paris ou à Dublin, cette volonté de criminaliser la contestation sociale parce qu’on n’a plus la volonté de négocier, ça vient immédiatement du manuel de la Heritage Foundation. Ce n’est pas encore le fascisme mais un processus de fascisation qui est en cours.

    Cette criminalisation vise
    les jeunes qui manifestent
    en Belgique et en France
     ?

    P.M. : Dans les années à venir, il y aura des mobilisations partout. On le voit déjà maintenant, une grève générale se prépare en Italie, il y a un grand mouvement de contestation, en Irlande et même aux Pays-Bas et en Allemagne où les syndicats étaient un peu endormis. Et ce, parce qu’il y aura de la casse sociale partout. Au début de mon livre, je parle du ministre belge de la Défense Theo Francken qui dit clairement vouloir aller vers un modèle américain où il y a beaucoup plus d’argent qui est injecté dans le militaire et moins dans la sécurité sociale. C’est la même chose en France avec un budget qui prévoit l’austérité pour tous les ministères sauf pour celui des Armées. Le livre commence avec l’école allemande de Domschule où l’eau s’infiltre dans les salles de classe, c’est ce qui se passe ici en Belgique ainsi qu’en France. On ne part pas d’une situation neutre : après trois décennies de néolibéralisme, de sous-investissement dans l’enseignement et les soins de santé, les services publics se sont détériorés. Ce choc-là a déjà lieu en Europe. Je suis super content que la jeunesse en France soit dans la rue. Les exigences, les revendications, que ces lycéens portent, ce sont celles de toute la jeunesse de l’Europe. Les jeunes allemands les écoutent et s’en inspirent. Il y aura de la révolte contre la casse sociale, des questions autour de l’enseignement, des retraites, des soins de santé, que l’on doit lier à l’antimilitarisme. On n’est plus dans la même logique néolibérale. On est en train d’aller vers une logique de militarisation de l’État, de pensée par bloc, de guerre commerciale. Lier la lutte contre la militarisation et contre l’austérité, c’est un enjeu majeur dans les années à venir. C’est à cela que sert ce livre.

    Vous citez une étude menée aux Pays-Bas qui révèle que les trois quarts des jeunes interrogés sont hermétiques à la propagande belliciste. Ils rejettent cette vision de la société qu’on veut leur imposer ?

    P.M. : Les États Européens vont dépenser 8 000 milliards d’euros dans le militaire. On a déjà investi trois fois plus en Europe que la Russie. On dispose déjà de quatre fois plus de navires de combat que les Russes, de trois fois plus d’artillerie, deux fois plus de chars, d’avions de combat, etc. Mais on nous dit que non, ça ne suffit pas, il faut huit fois plus ! Il faut la casse sociale pour payer tout ça. On est en train de construire pas seulement une armée de défense européenne mais aussi une armée impérialiste. Il y a beaucoup de gens qui sentent ça et disent « notre futur ce n’est pas de crever dans un pays que je ne connais pas pour les intérêts de dirigeants, qu’ils aillent combattre eux-mêmes ». Trois fois déjà il y a eu des grèves écolières en Allemagne et en Belgique, ce qui impressionnant parce que la culture de lutte des classes n’est pas grande comme en France. Ces jeunes sont de plus en plus conscients que dans une guerre, ce n’est pas les enfants des riches qui crèvent, mais ceux de la classe ouvrière. Au niveau de la gauche, des communistes, notre tâche c’est porter de l’espoir, pas de manière naïve mais en montrant le fait que les gens ne se laissent pas faire, qu’ils se mobilisent et s’organisent.

    Aux Éditions Agone, 22 euros

  • Jeunes et anciens, des liens par les luttes

    Jeunes et anciens, des liens par les luttes

    Le gouvernement veut tondre les retraités avec un projet de budget aussi injuste que socialement mortifère. Le gouvernement ne répond pas aux aspirations des lycéens. Aux deux extrémités des générations, les plus anciens et les plus jeunes, ce n’est que mépris et maltraitance de la part de la macronie, de la droite et de l’extrême droite.

    Lycéens et retraités disent stop ! Leurs colères convergent alors que les politiques austéritaires ont détricoté les services publics, ces biens communs de tous et singulièrement des classes populaires. Aujourd’hui, les colères grondent et les revendications s’agrègent.

    Vivre dignement

    Vivre bien et dignement. Étudier dans des conditions décentes. Vieillir dans la sérénité et que la retraite ne soit pas cette « antichambre » de la mort, comme le disait le ministre du travail communiste, Ambroise Croizat, au moment de la création de la Sécurité sociale, en 1946. Voilà des aspirations raisonnables, légitimes, toujours neuves, comme le progrès social, arraché, sans exception, par la lutte.

    C’est parce qu’ils ne se résolvent pas à être sacrifiés pour des objectifs comptables que les lycéens battent le pavé. Leurs actions participent pleinement du mouvement social. Leurs revendications sont claires, aiguillonnées par l’aspiration à l’égalité républicaine. À court terme, les jeunes, les anciens, les salariés s’emparent de l’échéance du samedi 17 octobre contre la vie chère. Sophie Binet l’a rappelé mercredi soir à Toulon, la convergence des luttes sociales est nécessaire face à des choix politiques qui tournent le dos à l’intérêt général.

  • [Entretien] Olivier Faure : « Pour la droite, la question salariale n’existe pas »

    [Entretien] Olivier Faure : « Pour la droite, la question salariale n’existe pas »

    La Marseillaise : Quels enseignements tirez-vous de ce premier débat ?

    Olivier Faure : La primaire est lancée, il y aura deux autres débats, et l’audience de près de 4,6 millions de spectateurs en cumulé, montre un intérêt pour le choix du candidat socialiste. J’attends les prochains rendez-vous avec impatience pour continuer à dérouler mes propositions.

    Les échanges ont révélé des divergences sur LFI, l’Ukraine, la Palestine… Elles sont compatibles avec cette candidature commune ?

    O. F. : Je ne désespère pas de convaincre ceux qui ne partagent pas encore mon point de vue. Mais les perdants se sont engagés à se retirer et se ranger derrière celui qui l’a emporté.

    Selon l’issue ce sera compliqué de réunir les gauches aux législatives ?

    O. F. : Le Parti socialiste décidera seul de ce qu’il fait aux législatives. Aucun point de vue extérieur ne s’impose à nous. Personne ne connaît le contexte des législatives après la présidentielle. La question sera tranchée le moment venu. Moi je me bats pour la victoire.

    Vous défendez le rassemblement des gauches tout en prenant vos distances avec Jean-Luc Mélenchon. Où placez-vous cette ligne rouge ?

    O. F. : Je suis candidat à la présidence de la République. Je suis en concurrence avec Jean-Luc Mélenchon. Mais contrairement à Raphaël Glucksmann ou Jérôme Guedj je ne passe pas ma vie à me définir par rapport à lui. Il n’est pas candidat à notre primaire. Le moment venu lorsque j’aurai gagné la primaire j’assumerai les désaccords de fond qui justifient une candidature distincte de la sienne. Sur son deux poids deux mesures, quand il est un soutien du peuple palestinien – et je partage cette nécessité par rapport à l’obligation morale de prévention des génocides – mais soutient du bout des lèvres la résistance ukrainienne, le peuple Ouïghour ou Taïwanais. Je pourrais multiplier les exemples comme lorsqu’il rentre dans des logiques complotistes et antisémites en prétendant que le gouvernement est sous l’emprise du Crif, lorsqu’il évoque une nécessaire bifurcation écologique mais veut rouvrir le gazoduc Nord Stream avec la Russie…

    Ces divergences ont remplacé les questions économiques qui opposent les candidats de la primaire ?

    O. F. : Non, il y a d’autres sujets qui n’ont pas pu être évoqués. Je ne comprends pas que lorsqu’on parle de pouvoir d’achat, un homme de gauche se confonde avec ce que propose la droite. Pour la droite, la question salariale n’existe pas : si le pouvoir d’achat baisse, il faut se tourner exclusivement vers l’État, soit en baissant les impôts de ceux qui en payent, soit en rapprochant le net du brut. Mais c’est la retraite du salarié, sa protection contre la maladie ou le chômage qu’on atrophie. C’est aux entreprises d’augmenter les salaires et je plaide pour un salaire anti-inflation garanti, indexé sur l’inflation jusqu’au salaire médian.

    L’État, lui, doit agir sur le reste à vivre. C’est les politiques en faveur du logement notamment. Nous devons redonner un souffle au mouvement HLM et protéger les locataires en mettant en place un bouclier logement qui permette de ne jamais consacrer plus de 30% de ses revenus à son loyer. Ça suppose d’encadrer les loyers et le foncier. Et puis, sur le plan de l’alimentation, je plaide pour une Sécurité sociale alimentaire.

    Quelle mesure vous distingue le mieux de Raphaël Glucksmann ?

    O. F. : Je ne cherche pas à me distinguer mais à affirmer des positions et être un repère fiable et clair. Sur l’abrogation de la réforme Borne, je suis clair. Sur le Smic je dis qu’il faut le porter à 1 700 euros net. Je refuse la TVA sociale. Je ne pratique pas les doubles standards. Sur Gaza, il y a une faute morale à ne pas nommer un génocide alors que nous avons ensemble plaidé la reconnaissance du génocide des Ouïghours.

    Un dernier mot sur votre déplacement à Marseille ?

    O. F. : Je viens participer à un débat présidentiel au Vélodrome sur l’intelligence artificielle. C’est un des plus grands défis – avec la lutte contre le dérèglement climatique – que l’humanité doit affronter depuis Adam et Ève. Nous avons besoin de l’encadrer. Elle a des conséquences sur nos vies, notre travail, la création et la destruction d’emplois, notre démocratie, notre environnement. Puisque le pape Léon XIV est en France, il faut lire son encyclique, Magnifica Humanitas, où il dénonce la concentration des pouvoirs entre les mains d’acteurs privés transnationaux qui redéfinissent seuls les conditions d’accès à la vie publique. Il a lui-même appelé à désarmer l’intelligence artificielle, à la soustraire du monopole et à l’empêcher de dominer l’humain. Nous en sommes là. Ne laissons pas à quelques démiurges le choix de notre destin.

  • Les métiers de la sécurité sociale recrutent

    Les métiers de la sécurité sociale recrutent

    « La Sécurité sociale est un employeur majeur sur le territoire ». C’est le message que veulent faire passer les directions des organismes sociaux pour le lancement de la 4e « semaine de l’emploi » dans la région.

    Une semaine où les différentes entreprises qui composent la Sécurité sociale, comme la CAF (Caisse d’allocations familiales), la CPAM (caisse primaire d’assurance maladie), l’Urssaf (Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale) ou encore la Carsat (Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail) proposent une série de rendez-vous pour une vaste opération de recrutement. « On a des missions à la fois complémentaires et différentes. La branche retraite accompagne les futurs retraités et le suivi des droits des retraités. La branche maladie garantit l’accès aux soins et aide les usagers dans les parcours de santé… Cela permet d’avoir une multitude de métiers », explique Pascale Trucy directrice régionale adjointe de l’Urssaf Paca.

    Rappelons que ces organismes, bien qu’ils soient des maillons essentiels de l’état social, sont des employeurs de droit privé. Avec 6 branches (famille, retraite, autonomie, maladie, recouvrement, risques professionnels) et plus de 300 organismes, autant dire que l’offre proposée par la Sécu’ est large avec 80 métiers proposés. « Nous recrutons sur des métiers variés et parfois méconnus. Pour l’Urssaf Paca, depuis janvier 2026 on a publié 99 vacances de poste et on a recruté 60 personnes en CDI », développe Pascale Trucy. Concrètement, les organismes recrutent dans des domaines comme la relation client, gestion de dossiers, juridique, action sociale, analyse de données, communication, marketing, ou encore sur les fonctions supports comme avec de la comptabilité, finance ou ressources humaines…

    « Garantir l’accès

    aux droits »

    « On propose des métiers vivants, avec de l’autonomie ou de l’itinérance, avec des personnes qui vont voir les professionnels de santé ou des entreprises au quotidien », insiste Lavinie Maleuvre, directrice adjointe de l’Assurance maladie PACA. Elle précise d’ailleurs que les offres s’adressent aux travailleurs âgés comme aux plus jeunes : « On recrute beaucoup de jeunes sans expérience, qu’on forme nous-même ».

    De quoi remettre en avant le sens des métiers de la Sécu. « On est présents à chaque étape de la vie des citoyens, nos organismes remplissent des missions de service public. On est là pour garantir l’accès aux droits et faire vivre la solidarité entre tous », conclut Pascale Trucy.

  • En campagne à Vitrolles, pour Fabien Roussel face à la précarité

    En campagne à Vitrolles, pour Fabien Roussel face à la précarité

    Ce matin, nous avons parlé du Front populaire, de conquêtes sociales et d’espoir. Nous en avons besoin aujourd’hui » lance Ariane Lombardi à la rentrée de la section de Vitrolles-Marignane du PCF, à la ferme de Croze samedi. Le matin a vu un débat sur le Front populaire de 1936 à Vitrolles et Marignane.

    Une période à rapprocher d’aujourd’hui. « On entend souvent la même chose : ‘‘je travaille, mais à la fin du mois, c’est de plus en plus difficile’’. Les courses, le logement, les factures… et puis l’essence. Ici, la voiture est souvent indispensable pour aller travailler. Quand le plein augmente, ça se voit tout de suite dans le budget. Nous refusons cette nouvelle forme de précarité », affirme la dirigeante communiste.

    Une « candidature utile »

    « C’est cette réalité que nous devons remettre au cœur du débat politique, c’est précisément pour ça qu’une candidature communiste est indispensable à l’élection présidentielle », affirme Ariane Lombardi. « Augmenter les salaires et les pensions, relever le point d’indice gelé depuis 10 ans, défendre notre sécurité sociale et nos services publics, réindustrialiser le pays, maîtriser notre énergie et faire contribuer le capital et les revenus financiers », liste la responsable, « Cela pose la question de fond de qui décide de comment sont réparties les richesses que nous produisons ».

    C’est dans cette idée que les communistes de Vitrolles et Marignane « n’attendront pas 2027 pour agir. Nous étions déjà avec les Gilets jaunes sur le Vieux-Port et nous serons avec les agents de la fonction publique le 29 septembre » indique Ariane Lombardi. La campagne de Fabien Roussel est lancée.

  • Santé et action sociale mobilisées contre l’austérité à Montpellier

    Santé et action sociale mobilisées contre l’austérité à Montpellier

    « Nous pensons que c’est important de peser sur la rentrée », explique Nathalie Argenson. Alors que se profile la discussion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), cette représentante de la CGT du CHU de Nîmes dénonce les économies annoncées (l’Assurance maladie propose de réaliser 3,9 milliards d’économies pour l’année 2027) sur « un budget qui a déjà été contraint les précédentes années. (…) Alors que nos hôpitaux, nos Ehpad, le secteur du handicap, le social et le médico-social sont déjà à bout, on nous demande encore de faire des économies », dénonce-t-elle.

    « Le gouvernement veut faire payer davantage les patients, augmenter les franchises médicales et les participations forfaitaires, remettre en cause les droits liés aux affections de longue durée, limiter les arrêts maladie, réduire les droits des personnes en situation de handicap et supprimer des postes dans la fonction publique. Toujours la même logique : faire payer ceux qui ont le moins et demander toujours plus d’efforts aux salariés et aux patients », s’indigne la cégétiste sous les applaudissements. « Nous refusons cette logique et nous refusons l’idée selon laquelle il n’y aurait pas d’argent. L’année dernière, quand Madame Vautrin a changé de ministère, bizarrement elle a trouvé 7 milliards pour aller faire la guerre », ironise-t-elle.

    Au CHU de Montpellier, Philippe Engelmann, infirmier aux urgences psychiatriques et militant CGT, témoigne d’un « été caniculaire et catastrophique, avec des conditions de travail affreuses pour les collègues et des conditions de prise en charge terribles pour les patients. On a mis des couvertures de survie dans certaines chambres pour essayer de gratter un ou deux degrés », rapporte-t-il. L’installation électrique ne permettant pas d’utiliser suffisamment de climatiseurs mobiles, « pour un service de 20 lits, on devait choisir les 8 chambres où on pouvait en installer, donc trier les patients ». Comme Nathalie Argenson, il dénonce l’obsession du gouvernement de faire toujours plus d’économies sur la santé, « alors que le travail nous casse de plus en plus : syndromes du canal carpien, hernies discales, cervicalgies, burnouts : on en entend tous les jours. Et que fait le gouvernement ? Il plafonne les arrêts maladie à un mois, il dérembourse certains médicaments, il diminue le taux de remboursement des transports sanitaires… »

    Antoine Feletti, de SUD Santé sociaux, évoque, lui, « 15% de baisse de budget annoncée pour 2026 » dans le secteur social, à Montpellier. Avec des conséquences qui se font déjà sentir : fermeture du service de Gammes destiné aux moins de 25 ans à la rue, fermeture, au 30 septembre, du centre d’hébergement d’urgence à la nuitée de Coallia, menace sur le Planning familial de l’Hérault…

    Pour les syndicats, ce rassemblement constituait une étape avant la mobilisation du 29 septembre dans la fonction publique. « La question est la suivante : quelles sont nos priorités ? Nous faisons le choix de la santé, de la solidarité et des services publics », résume Nathalie Argenson.

  • Marseille, carrefour des luttes pour la santé

    Marseille, carrefour des luttes pour la santé

    À l’appel de la CGT Santé et Action sociale et de la Fédération CGT des services publics, les salariés des secteurs de la santé, du social et du médico-social se mobilisent ce 15 septembre. Une journée de grève et de manifestation pour dénoncer le manque chronique de moyens, aggravé par les politiques d’austérité et les restrictions budgétaires. à Marseille, une manifestation régionale est prévue à 11 heures, au départ de la porte d’Aix.

    « Les réponses du gouvernement sont cyniques et inacceptables », pose la CGT Santé et Action sociale dans un communiqué, estimant que les besoins explosent tandis que les financements diminuent au détriment des patients, des personnes âgées ou en situation de handicap, des enfants et des familles.

    Alors que les organisations syndicales alertent sur la dégradation des conditions de travail, le manque de personnel et l’insuffisance des financements pour répondre aux besoins croissants, des délégations venues des six départements de la région sont attendues. Une cinquantaine de membres de l’union santé action sociale CGT 83 seront présents à Marseille pour la manifestation, avec un départ à 9h30 en bus depuis la gare routière de Toulon.

    L’UD CGT 04 a affrété un bus. Le convoi partira de Digne, passera par Mallemoisson, Peyruis et Manosque pour prendre la direction de la Porte d’Aix. « Des bus se préparent dans chaque département avec différents appels et des mots d’ordre qui dépassent le cadre de la santé. Le cortège partira de la Porte d’Aix en direction de la préfecture pour rejoindre les électriciens et converger sur les questions communes », explique Cédric Volait, coordinateur régional CGT santé et action sociale.

    L’enjeu du budget

    Parmi les revendications figurent une hausse générale des salaires, la revalorisation des carrières et l’attribution du Complément de traitement indiciaire à tous les agents. « La question des salaires est transversale. De plus en plus de personnels n’arrivent plus à vivre de leur travail. Je parlais avec une infirmière qui travaille douze heures par jour et doit faire des ménages à côté pour faire vivre ses enfants », raconte Cédric Volait.

    « La durée moyenne d’une infirmière dans un hôpital public, c’est trois ans. Alors qu’il y a encore une dizaine d’années, c’était cinq ou sept ans », abonde Greg Fontaine, co-secrétaire général de l’USCGT AP-HM. « Ils transforment nos grands hôpitaux en véritables usines à soins : les patients sont pris comme des numéros et se font soigner à la chaîne, avec des cadences absolument infernales et les collègues rentrent à l’hôpital comme à l’usine, avec le même stress et le même épuisement… »

    La CGT exige la reconnaissance des qualifications et de la pénibilité des métiers avec un retour de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, ainsi que des embauches massives. « On en est là en France en 2026 : il y a de plus en plus de millionnaires, on commande des porte-avions, des rafales, mais il n’y a plus rien pour la santé et l’éducation », reprend Cédric Volait, qui travaille dans le CHI de Manosque où le service des urgences a été contraint de fermer ses portes de manière récurrente, la nuit, faute d’urgentistes.

    La CGT réclame donc davantage de moyens pour la Sécurité sociale et le financement de la santé, l’arrêt des fermetures de lits et de services, leur réouverture, ainsi que le développement d’un grand service public de santé et d’action sociale.

    « L’enjeu du budget de la Sécurité sociale revient évidemment avec le PLFSS qui arrive. Le budget 2026 a été un des pires depuis 1996, et là, on nous annonce encore pire en 2027. Les personnels sont très inquiets et la population l’est aussi vis-à-vis d’une prise en charge qui se dégrade. Ce mode dégradé que de plus en plus d’établissements subissent impacte les personnels, mais aussi la prise en charge des patients : on ne peut plus soigner tout le monde. C’est donc un des gros enjeux de cette manif, obtenir un budget à la hauteur des besoins, arrêter de supprimer des lits et des personnels », conclut Cédric Volait.

    La recherche publique aussi dans la bataille

    Le SNTRS-CGT appelle les personnels de la recherche à se rassembler, mardi 15 septembre à 10 heures, devant la faculté Saint-Charles, à Marseille. Le syndicat dénonce des budgets jugés insuffisants pour les organismes de recherche, le gel des salaires dans la fonction publique, ainsi que le projet de rapprochement entre l’Institut recherche et développement et le CNRS, qu’il considère comme une menace pour l’avenir des établissements publics scientifiques. Cette mobilisation est organisée à l’occasion de la rentrée du Cneser. Ch.C.