Chaque rentrée littéraire compte désormais son lot d’ouvrages d’écrivains-journalistes ou de journalistes-écrivains, primés pour certains. Depuis plusieurs années, le paysage éditorial est marqué non seulement par l’essor de la non-fiction, mais aussi par celui de formes hybrides mêlant littérature et information : récits d’enquête, bandes dessinées documentaires, mooks, journalisme narratif…
Intégré depuis maintenant 4 ans au programme officiel de la Comédie du livre – 10 jours en mai, le festival Plumes de presse s’interroge « sur ces nouvelles écritures de presse dans un contexte de crise de la presse, de rachat des journaux et d’uniformisation des écritures », explique Marie-Eve Thérenty, professeure à l’Université Paul-Valéry – Montpellier 3, spécialiste de l’histoire de la presse et de la littérature médiatique.
Cette nouvelle édition s’ouvrira mercredi 20 mai sur une journée consacrée aux liens entre polar et journalisme, avec un dialogue entre Michèle Pedinielli, romancière, ancienne journaliste et Valerio Varesi, qui fut journaliste à La Repubblica avant de devenir l’un des grands noms du polar italien (14h30). Auteur de polars politiques, dont une ambitieuse trilogie sur les années de plomb à la française située entre 1978 et 1984 (Bleus, blancs, rouges, L’Etendard sanglant est levé et 14 juillet), Benjamin Dierstein « montrera comment le roman noir peut éclairer à la fois l’histoire et l’actualité » (16h). Enfin David Dufresne, romancier et grand journaliste d’investigation, reviendra sur son parcours et évoquera son dernier roman, Remember Fessenheim (Grasset), « enquête intime » consacrée à sa grand-mère Françoise d’Eaubonne, révolutionnaire, féministe et écrivaine.
Fabrice Arfi, Julie Brafman, Annick Cojean…
Jeudi 21 mai, place à un focus sur la BD de non-fiction autour des 40 ans des éditions Delcourt, « avec une programmation qui réunit des journalistes, des auteurs, des dessinateurs autour des nouvelles formes du reportage dessiné et des grandes enquêtes d’investigation qui passent aujourd’hui par la BD », détaille Marie-Eve Thérenty. Parmi les auteurs invités, le journaliste d’investigation à Mediapart Fabrice Arfi reviendra notamment sur la BD-reportage réalisée autour de son enquête sur l’affaire Sarkozy-Kadhafi (14h15), laquelle a également fait l’objet d’un documentaire qui sera projeté salle Rabelais (20h30).
Le dernier jour du festival, vendredi 23 mai, s’ouvrira sur un « Café nostalgie » (11h30) qui se penchera sur la disparition – ou presque – du journal, en présence de Guillaume Pinson, auteur d’un essai sur le sujet : L’adieu au journal (CNRS Éditions). Plusieurs échanges seront ensuite proposés autour de grandes enquêtes contemporaines, avec des journalistes de renom comme Julie Brafman (14h), qui a obtenu le prix Albert-Londres 2025 pour son traitement, dans Libération, de plusieurs affaires judiciaires (braquage de Kim Kardashian, condamnation pour pédophilie de Joël Le Scouarnec…) ou encore Annick Cojean (18h), grande reporter au Monde engagée pour la cause des femmes, qui sort une BD avec l’historienne Michelle Perrot intitulée La Marche des femmes (Albin Michel). À ne pas manquer également, en écho à la venue de Gisèle Pelicot, une table ronde sur le procès des viols de Mazan (15h30) avec la romancière Valérie Manteau et la chroniqueuse judiciaire Marion Dubreuil, qui ont rendu compte l’une et l’autre de ce procès historique.

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