Tag: Littérature

  • [Festival] À Villeneuve-lez-Avignon, le roman noir met le cap à l’Est

    [Festival] À Villeneuve-lez-Avignon, le roman noir met le cap à l’Est

    À Villeneuve-lez-Avignon, les crimes auront bientôt l’accent de Hambourg, de Varsovie ou des Balkans. Du 4 au 8 novembre, le Festival du Polar investit pour sa 22e édition les salles et les cloîtres de la Chartreuse, mais aussi les rues de la cité gardoise. Cette année, l’invitation au voyage prend la direction de l’Europe de l’Est, terre d’espions, de frontières mouvantes et de secrets enfouis.

    Pour guider les lecteurs dans ces « Mystères de l’Est », deux écrivains sont associés : l’Allemande Simone Buchholz, qui fait arpenter les bas-fonds de Hambourg à son enquêtrice Chastity Riley, et le Polonais Zygmunt Miloszewski, dont les intrigues sondent les blessures de l’Histoire. Le roman noir devient alors une manière d’explorer les sociétés, leurs fractures et leurs mémoires. Vendredi, Miloszewski embarquera sur le bateau Le Mireio avec son traducteur Kamil Barbarski pour une rencontre consacrée à la littérature polonaise. La rencontre « Nouvelles frontières, vieux crimes », dimanche 8 novembre, suivra notamment cette piste avec le Croate Jurica Pavičić et le Serbe Oto Oltvanji.

    Près de trente auteurs viendront à la rencontre du public, parmi lesquels Bernard Minier et Pierre Lemaitre, qui vient de publier Les Belles promesses. Le prix Goncourt 2013 échangera samedi 7 novembre à 14h avec Miloszewski sur la place du passé dans leurs fictions, avant une rencontre qui lui sera consacrée le dimanche à 10h. Les éditions indépendantes Agullo, qui célèbrent leurs dix ans, seront également à l’honneur avec plusieurs auteurs européens de leur catalogue. Tables rondes, discussions et dédicaces feront battre le cœur du festival tout le week-end. Le Prix des lecteurs sera remis samedi à 10h, parmi sept romans en lice.

    Quand le lecteur devient enquêteur

    Mais il serait dommage de garder le nez dans les livres : à Villeneuve, le polar se vit aussi grandeur nature. Dès mercredi 4 novembre, une « reading party » invitera les participants à partager un moment de lecture silencieuse à la Maison Bronzini. Vendredi, direction le planétarium du Parc du Cosmos, aux Angles, pour une lecture immersive de La Station, thriller spatial du Polonais Jakub Szamałek. Et sur le bateau Le Mireio, un bal littéraire mêlera récit noir écrit en vingt-quatre heures, musique live et danse.

    Samedi, les visiteurs pourront jouer les détectives : une « murder party » transformera l’hôtel de la Magnaneraie en scène de crime, tandis que les enquêtes familiales entraîneront petits et grands dans les rues de la ville. Les cinéphiles découvriront le vendredi Un grain de vérité, adapté d’un roman de Miloszewski, puis le samedi Head On de Fatih Akin et La Vie des autres, plongée dans la surveillance en Allemagne de l’Est.

    Le festival expose enfin les photographies du Polonais Hubert Humka sur le devenir des corps après la mort, à la tour Philippe-le-Bel, et retrace à la Chartreuse les débuts de la police scientifique. De quoi rappeler que derrière les énigmes et les frissons, le polar sait aussi raconter le monde. Et parfois mieux que de longs discours.

    Rencontres et dédicaces en accès libre. Certaines animations sont payantes ou sur réservation. Programme sur polar-villeneuvelezavignon.fr.

  • [Lecture] Quand les objets deviennent porteurs de souvenirs

    [Lecture] Quand les objets deviennent porteurs de souvenirs

    Si quelqu’un que nous aimons nous quitte pour toujours, un chapeau de jardin pendu à une patère, un lorgnon cassé au fond d’un tiroir, nous émeuvent davantage qu’un portrait… Ainsi parlait Daudet, en 1896, à la mort de son ami Edmond de Goncourt. Ces objets que Balzac et Flaubert utilisaient pour révéler la psychologie de leurs personnages. Ces objets en lesquels Marta Caraion voit les réceptacles de notre histoire anecdotique. Ces objets qui, pour François Vigouroux, sont une part de nous-mêmes dont nous avons du mal à nous séparer. Ces objets dont François Bon a écrit l’autobiographie. Ces objets qu’utilise à son tour Michele Ruol dans son roman Inventaire de ce qu’il reste après que la forêt a brûlé, divinement traduit de l’Italien par Paolo Bellomo, avec le concours de Cécile Raulet.

    Mère, Père, Aîné, Cadet

    Tels sont les personnages humains. Noms donnés par l’auteur pour leur désignation universelle, à savoir ce qui est commun à tous. Composé de quatre-vingt-dix-neuf chapitres, plus ou moins courts, le roman se lit comme on regarde une série de diapositives projetées sur l’écran des pages. Du cale-porte en verre au cabas de courses en toile cirée, en passant par le téléviseur à tube cathodique, l’arrosoir, le classeur à anneaux, la gourde Gio’ Style Safari, le pull à losanges, l’atlas routier, la muselière, vous éprouverez la joie, ou la violente douleur (Aîné et Cadet n’étant plus de ce monde), ressenties à la vue de ces objets inanimés qui, comme vous le dirait le peintre Eugène Delacroix, « nous parlent de ce qu’ils ont vu, et de ce qu’ils ont été ». Un nouveau talent littéraire qui s’impose à l’admiration.

    Le Tripode, 21 euros

  • Maurras passe finalement à l’as de la Semaine provençale d’Avignon

    Maurras passe finalement à l’as de la Semaine provençale d’Avignon

    La polémique était trop forte. L’association organisatrice de la Semaine provençale a décidé, mardi, de déprogrammer la lecture d’un texte de Charles Maurras, initialement prévue ce vendredi à la bibliothèque Ceccano. Une décision directement prise à la demande du maire Olivier Galzi (DVD) qui s’est dit « favorable au retrait » de l’auteur, « compte tenu de son profil ». « L’évocation de son seul nom a suscité tant de remous qu’on préfère avoir une conférence sereine », précise Bernard Deschamps, secrétaire de l’Oustau de la culturo provençalo, à Vaucluse Matin.

    Depuis plus d’une semaine, plusieurs associations (LDH, Libre pensée) ou partis politiques de gauche étaient montés au créneau pour s’opposer à cette séquence, en rappelant le parcours antisémite, nationaliste et xénophobe de l’auteur qui a fondé l’Action française. Une pétition soutenue par des universitaires avait aussi été lancée.

    Il y a une semaine, la Ville avait plaidé pour « une contextualisation claire et indispensable de cette lecture ». Précisons que la conférence incriminée n’est pas annulée en soi. Baptisée « Ils ont aussi écrit en provençal, le saviez-vous ? », elle est maintenue ce vendredi (14h), mais sans lecture de Maurras, donc. « On s’en félicite, la voix de la raison a été entendue », réagit Fabienne Haloui, présidente de la section Avignon-Carpentras-Orange de la Ligue des droits de l’homme. Ce qui n’empêche pas l’association, aux côtés du Mrap, de la CGT spectacle et d’Avignon collectif, de maintenir vendredi (19h, place Pie) une célébration populaire alternative pour rappeler qui était Maurras et lire des textes de poètes provençaux progressistes.

  • Avignon : la lecture de Maurras finalement déprogrammée de la Semaine provençale

    Avignon : la lecture de Maurras finalement déprogrammée de la Semaine provençale

    La polémique était trop forte. Selon nos informations, l’association organisatrice de la Semaine provençale a décidé, mardi, de déprogrammer la lecture d’un texte de Charles Maurras, initialement prévue ce vendredi à la bibliothèque Ceccano. Une décision directement prise à la demande du maire Olivier Galzi (DVD) qui s’est dit « favorable au retrait » de l’auteur, « compte tenu de son profil ».

    Depuis plus d’une semaine, plusieurs associations (LDH, Libre pensée) ou partis politiques de gauche étaient montés au créneau pour s’opposer à cette séquence, en rappelant le parcours antisémite, nationaliste et xénophobe de Maurras, qui a fondé l’Action française. Une pétition soutenue par des universitaires avait aussi été lancée.

    Il y a une semaine, la Ville avait plaidé pour « une contextualisation claire et indispensable de cette lecture ». Avant donc finalement de demander le retrait de cette initiative, alors que la manifestation se poursuit jusqu’à ce dimanche. La conférence en question reste, elle bien maintenue.

  • L’histoire de Sadako Sasaki racontée à Manosque

    L’histoire de Sadako Sasaki racontée à Manosque

    « À l’époque, personne ne savait encore que la bombe continuerait son œuvre en silence pendant des années, à l’intérieur des corps » : la présidente du Mouvement de la paix 04, Estelle Suner, a raconté jeudi l’histoire de Sadako Sasaki, fillette morte d’une leucémie liée à Hiroshima, en marge du festival littéraire. « Rien ne laissait deviner ce que la bombe avait déposé 11 ans plus tôt dans son sang », a-t-elle regretté en animant un théâtre japonais, faisant défiler des images devant une dizaine de personnes venues à cette présentation, au programme du OFF des Correspondances. Sadako Sasaki est « morte, à 12 ans, d’une maladie provoquée par une arme conçue par des adultes dans une guerre décidée par des adultes », a lancé la présidente du Mouvement de la paix.

    Des survivants pour raconter

    Estelle Suner a également évoqué le tabou et la discrimination subie par les survivants d’Hiroshima, qui « cachent leur histoire par peur du rejet ».

    « Aujourd’hui, 1 500 survivants et descendants de survivants de la bombe atomique témoignent encore, chaque année », a rappelé la militante. Trois d’entre eux sont venus raconter leur histoire à Château-Arnoux-Saint-Auban l’année dernière, et ont offert au Mouvement de la paix des photographies d’archive d’Hiroshima, qui étaient exposées pendant la présentation de jeudi.

    La présentation était inspirée du livre L’histoire authentique de Sadako Sasaki et des mille grues, également exposé pour les visiteurs jeudi. Un atelier d’origami a permis au public de réaliser des grues en papier, comme l’avait fait Sadako Sasaki avant sa disparition, inspirée de la légende selon laquelle la réalisation de mille grues permet de voir son vœu exaucé. Le Mouvement de la paix avait également préparé un diaporama de photographies d’Hiroshima, mais a préféré ne pas le montrer devant l’émotion déjà importante des spectateurs après la lecture-théâtre.

    Le Mouvement de la paix réitérera l’expérience, samedi à 15h30 à la salle annexe du café du coin.

  • Le Las, une histoire toulonnaise à redécouvrir de la source à la mer

    Le Las, une histoire toulonnaise à redécouvrir de la source à la mer

    Comme son plus proche voisin l’Eygouthier – la rivière des amoureux, pour les Toulonnais –, le Las est bel et bien un fleuve côtier indissociable de l’histoire de la ville et comme lui détourné de son embouchure naturelle en raison de ses apports trop riches en limon lors de ses crues. Pour remédier à ces envasements et permettre le développement d’un port militaire de Toulon, Vauban va ordonner le détournement de son cours au XVIIe siècle et qu’il se déverse plus à l’ouest, aujourd’hui dans la base navale.

    Cette branche artificielle qui part du Jonquet et continue sous la voie rapide pour ressortir au bord du cimetière de Lagoubran prend alors le nom de Rivière neuve.

    Plus que familier puisqu’il a donné son nom à un quartier de la ville et plus précisément à l’édifice qui permettait de l’enjamber (le Pont du Las), ses méandres et l’histoire qu’il raconte tout au long de sa descente vers la mer sont encore trop largement méconnus. Trois jours d’animations, de balades, de rencontres et de découvertes lui sont donc consacrés pour lui redonner toute sa place, dans le cadre du Contrat de Baie de la Rade de Toulon et des Îles d’Or.

    Et cela commence dès ce vendredi soir, tout naturellement au Revest où le fleuve prend sa source. Avec pour commencer, de 18h à 20h à la Maison des Comoni, la projection du film Le Las, une Rivière dans la Ville, de Philippe Maurel. Pour mémoire L’hydrologue et documentariste, qui sera présent pour répondre aux questions de la salle, a su par ses coups de gueule et son engagement associatif attirer l’attention des politiques et du grand public sur les richesses naturelles de ce milieu naturel et sur l’urgence qu’il y avait à le protéger.

    Un combat de 20 ans

    L’occasion de rappeler par exemple le combat mené pendant vingt ans pour que soit mis en place – il le sera en 2019, à peine – un débit réservé qui contraint le barrage en amont qui fournit, avec le lac de Carcès, les besoins en eau potable de la ville, de maintenir suffisamment d’eau pour assurer la permanence la vie, la circulation et la reproduction des espèces. Il a été établi pour le Las à 45 litres par seconde. Des conditions bien sûr qu’il était loin de bénéficier auparavant et ceux alors qu’il abrite des espèces protégées.

    Plusieurs randonnées sont programmées tout au long du week-end pour découvrir les « 1 000 visages » du fleuve et de ses rives qui ont été des sources d’inspiration pour George Sand et Vincent Courdouan. La traversée de la vallée des moulins étant l’occasion de revenir sur son rôle dans l’économie locale lorsque son courant transformé en force motrice permettait d’entraîner les lourdes meules de pierre pour moudre les grains de blé et fournir en farine la cité.

    Cette fête entend également rappeler que le Las demeure un cours d’eau vivant, avec ses chevesnes, anguilles, barbeaux méridionaux, ses libellules, ses grenouilles, ses oiseaux… Bref, toute une biodiversité souvent insoupçonnée par les citadins qui y vivent à quelques pas. Avec au programme des ateliers les pieds dans l’eau pour petits et grands, découverte des poissons du lac de Dardennes, exploration de la rivière souterraine de la Baume ou encore balade contée. De quoi au final mieux connaître son environnement.

    Les questions plus contemporaines de prévention des inondations et de préservation de l’eau seront également abordées samedi. Le week-end fera enfin une place importante à la mémoire et aux regards portés sur le Las. Une exposition photographique, Le Las, un fleuve et des hommes, rappellera les liens tissés entre le cours d’eau et les populations qui vivent sur ses rives.

    Programme complet ici :

  • À Manosque, Thélyson Orélien tente de passer au-delà de la polémique

    À Manosque, Thélyson Orélien tente de passer au-delà de la polémique

    Le public n’a pu questionner ou faire dédicacer ses livres, comme il en est d’ordinaire coutume au festival littéraire des Correspondances de Manosque, lors de la rencontre organisée avec l’auteur Thélyson Orélien, en plein cœur d’une polémique, accusé d’avoir utilisé l’intelligence artificielle et d’avoir plagié d’autres textes. Cela a été le premier sujet abordé et expédié par la modératrice, Maya Michalon : « Toute l’équipe du festival est informée de la polémique qui agite les médias concernant le livre de Thélyson Orélien et l’IA. On va mettre cette polémique dans un sac plastique, la laisser sur le côté, et parler de littérature avec notre intelligence naturelle », a-t-elle annoncé d’office. À sa sortie de scène, l’écrivain a été très rapidement exfiltré, refusant toute dédicace ou discussion avec les lecteurs pour éviter toute polémique, malgré l’insistance et la déception des spectateurs. Son équipe faisait signe aux journalistes de ne pas le prendre en photo à son arrivée.

    De nouvelles accusations de plagiat

    Jeudi, avant de monter sur scène, Thélyson Orélien a dénoncé auprès de l’AFP une « volonté de le faire taire ». Il est apparu très fatigué et affecté par le scandale, « dévasté » face à « une telle violence », selon le co-directeur du festival, Olivier Chaudenson. « Il n’a pas réussi à prononcer un mot pendant un quart d’heure en arrivant. Il était sur le point d’annuler et de rentrer car il n’avait plus la force », relate-t-il. En réaction aux nouvelles accusations de plagiat visant l’écrivain depuis mercredi soir, le codirecteur a dénoncé un « amalgame facile ». « Peut-être a-t-il déconné quand il était jeune en faisant des emprunts », a-t-il supposé. Mais, « si c’était quand il avait 24 ans, cela mérite d’être pardonné ».

    Ces allégations de plagiat au Canada pour des textes publiés il y a plus de dix ans se sont ajoutées mercredi soir aux accusations d’utilisation de l’IA. Le quotidien québécois La Presse a indiqué avoir constaté qu’une des chroniques de Thélyson Orélien publiée en 2013 était dans sa « quasi-totalité » une « traduction légèrement remaniée » d’un article diffusé quelques jours plus tôt par le journal philippin The Philippine Star. Avec le groupe audiovisuel public Radio-Canada, ils évoquent aussi d’autres textes contenant des passages plagiés, publiés par l’écrivain notamment dans le HuffPost Québec ou sur des blogs. Radio-Canada indique par ailleurs qu’une nouvelle de Thélyson Orélien, ayant remporté un prix décerné par le groupe public dans les années 2010, contient des phrases tirées du livre Le matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier, publié en 1960.

    Concernant les accusations d’utilisation de l’intelligence artificielle, Olivier Chaudenson maintient son « envie de penser que c’est faux ». « Peut-être a-t-il utilisé l’IA comme outil », mais « je ne crois pas que le livre soit une production globale de l’IA », a-t-il avancé.

    Auteur de l’un des best-sellers de la rentrée, le romancier de 38 ans a remporté lundi le prix du roman Fnac et figure dans les sélections de plusieurs autres récompenses comme le Goncourt. « Par rapport à tout ce qui se passe dans l’actualité, je suis prêt à m’exprimer quand tout sera calme », a-t-il expliqué à l’AFP avant de monter sur scène, dénonçant une « volonté, non seulement d’attaquer le livre, mais surtout ma voix (…), de me faire taire ». « Je préfère donc prendre un peu de recul et attendre que tout se calme », a-t-il conclu. Mardi, auprès de Libération, il avait rejeté les accusations et indiqué être « en train de constituer un dossier » avec ses éditeurs « pour prouver » qu’il a écrit l’ouvrage de sa main.

  • Le festival Allez Savoir met l’argent au centre des débats

    Le festival Allez Savoir met l’argent au centre des débats

    L’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) poursuit sa collaboration avec la Ville de Marseille en organisant, pour la septième année consécutive, le festival Allez Savoir. Cette année, le sujet qui orientera les événements programmés est : « L’argent : c’est-à-dire ? » Universitaires, artistes et écrivains animerons le festival de jeudi à dimanche.

    Le festival a pour objectif de « questionner les grands défis du monde contemporain » autour d’un « thème convoquant des questions de société », rappellent les organisateurs du festival.

    Tables-rondes et débats

    Au total, plus de soixante tables-rondes, débats ou projections, animées par une centaine d’invités, sont prévues dans différents lieux comme le Musée d’Histoire, le centre de la Vieille Charité et bien d’autres. Le programme débute ce jeudi à 14h30, à la bibliothèque Alcazar, avec une table-ronde où sera questionné l’impact de l’argent sur le milieu de la littérature.

    Programme complet : allez-savoir.fr

  • Maurras enflamme la Semaine provençale d’Avignon

    Maurras enflamme la Semaine provençale d’Avignon

    Pour la 11e édition de la Semaine provençale, l’association qui l’organise, l’Oustau de la Cultura Prouvançalo, aura connu des préparations moins agitées. La programmation de la lecture d’un texte de Charles Maurras, auteur d’extrême droite nationaliste, xénophobe et antisémite du XXe siècle, lors d’une conférence organisée ce vendredi 2 octobre à la bibliothèque municipale Ceccano d’Avignon a mis le feu aux poudres. Une lecture qui sera « contextualisée », assure-t-on du côté de la municipalité, co-organisatrice.

    « Le but n’est pas de le mettre en évidence ni de le porter aux nues », affirme Bernard Deschamps, membre de l’association qui a participé à la programmation. La lecture de quelques lignes d’un « texte de jeunesse » qui aurait été écrit en provençal en 1890 « en quelque sorte pour l’office de tourisme de Martigues » à l’occasion d’une exposition autour d’Henri Bosco, servirait simplement à rappeler le rôle qu’a tenu Charles Maurras au sein du Félibrige, organe de promotion et de la sauvegarde de la langue d’oc « dans lequel il a mis la panique et dont on veut informer les gens », poursuit-il. Et assure « qu’il y a de tout » dans ces lectures, citant en exemple trois textes d’André Chamson « qui fut un grand résistant et académicien ».

    Tandis que la section locale de la France insoumise avait déjà exprimé son incompréhension à propos de cette programmation, la Ligue des droits de l’Homme s’est également empressée de lancer un appel à « l’ensemble de la société civile, les intellectuels, les universitaires et les écrivains à se mobiliser fermement pour faire barrage à la légitimation publique d’une pensée haineuse, antisémite et antirépublicaine ».

    Expos et concerts

    Une polémique que les organisateurs tentent de faire oublier avec une programmation fournie pour la dizaine de jours de l’événement. Avec tout d’abord une inauguration musicale le samedi 26 septembre entre la place Pie et le Palais du Roure avec estrassaires et distributions de programmes. Puis un concert d’orgues le soir à la métropole de Notre-Dame des Doms. Ou encore une initiation aux histoires et contes de Vaucluse le mercredi 30 septembre à 15h30 à la bibliothèque municipale du Puzzle. Où seront présentées les légendes de la Tarasque, le Drac ou la Coulobre de Fontaine-de-Vaucluse. L’occasion également de faire des initiations aux plus jeunes, notamment avec les écoles de Montfavet.

    Un événement qui est appelé à se développer sous la nouvelle municipalité, assure Eric Peytié, adjoint au maire d’Avignon délégué à Montfavet et à la culture provençale. « Nous avons envisagé plusieurs manifestations afin de mettre la culture provençale à sa place à Avignon », explique-t-il. En évoquant la création d’un autre week-end annuel « pour la faire rayonner encore plus ».

  • Les Correspondances de Manosque inaugurées sur fond de débat sur l’IA

    Les Correspondances de Manosque inaugurées sur fond de débat sur l’IA

    Mercredi, au moment de l’inauguration du festival littéraire des Correspondances de Manosque, l’opinion et le public étaient divisés entre choc et doutes concernant les accusations d’utilisation de l’intelligence artificielle visant Thélyson Orélien, auteur invité qui présentera son roman au public lors d’une rencontre ce jeudi. L’écrivain est accusé par un compte X d’avoir écrit cet ouvrage à l’aide de l’intelligence artificielle. Alors que le maire de Manosque Camille Galtier (DVD) évoquait cette polémique dans son discours inaugural mercredi soir, des voix s’exclamaient : « C’est faux ! » dans le public. Après s’être prêté à un exercice littéraire d’imagination du futur de la ville de Manosque et avoir évoqué la libération de l’écrivain Boualem Sansal, l’édile a lancé : « Cette histoire, je ne l’ai pas inventée, je n’ai pas eu besoin de l’intelligence artificielle. A priori, cela pose quelques soucis dans l’attribution des Prix Goncourt de cette année. » « Ce n’est pas totalement étonnant, puisque tout le monde utilise l’intelligence artificielle. Chacun sera à même de préférer l’imagination et la créativité humaine plutôt que l’intelligence d’un ordinateur », a-t-il estimé, interrogé après son discours.

    Le co-directeur du festival, Olivier Chaudenson, s’est lui gardé d’évoquer cette polémique liée à l’usage de l’intelligence artificielle pendant sa prise de parole sur scène. « C’est très difficile, parce que j’ai envie de croire que c’est Thélyson Orélien qui a écrit son livre, et je n’ai aucun moyen d’avoir un avis personnel et technique qui dirait le contraire. Je me mets à sa place : cela doit être quand même terriblement difficile de répondre à des accusations pareilles. Je suis triste qu’il ait à subir cela », a-t-il déclaré à La Marseillaise. « Soit on lui a fait un mauvais procès, et c’est triste et injuste ; soit il y a quelque chose et là ce serait vertigineux, parce que pour la première fois, l’IA aurait réussi à créer un bon texte de littérature lu comme tel par les lecteurs et les professionnels », a-t-il ajouté.

    « La campagne en ligne lancée contre Thélyson Orélien commence à prendre l’allure d’une chasse aux sorcières », s’apparentant à du « harcèlement », a défendu sur Facebook Dorcy Rugamba, metteur en scène qui sera sur scène aux côtés de l’auteur, ce jeudi lors de la rencontre organisée dans le cadre des Correspondances de Manosque.

    Un public « partagé »

    Dans le public, mercredi soir, Jeanne, retraitée venue d’Avignon pour le festival littéraire, se dit « choquée » par ces accusations, alors qu’elle a vu Thélyson Orélien à la Grande Librairie quelques jours auparavant. Selon elle, ces imputations pourraient s’apparenter à du « racisme ». « J’en ai marre d’entendre parler que de ça ! », lance de son côté Brigitte Dauberte, venue assister au festival, interrogée sur ces débats sur l’utilisation de l’intelligence artificielle. « Il ne faut pas que l’on se fasse complètement assister par l’IA, on n’a plus aucun esprit d’analyse », regrette-t-elle.

    Françoise, une animatrice d’ateliers d’écriture, se dit tiraillée par ces questions d’actualité. « J’ai été confrontée à cela : je suis dans des commissions où on me demande si je veux être formée pour apprendre à faire des comptes rendus générés par l’IA. Cela m’indispose beaucoup, cela crée des biais », a confié celle qui organise le Labo de l’édition, qui invite les lycéens à débattre autour de manuscrits dans le cadre des Correspondances. « Je suis très partagée, parce que j’avais entendu beaucoup de bien de cet auteur. »

    L’éditeur avec lequel elle travaille pour organiser ce Labo de l’édition, Benoît Verhille, se pose lui aussi des questions concernant ces accusations, dénonçant « une sale polémique ». « Il y a un vrai questionnement concernant l’utilisation de l’IA dans la création », constate-t-il, évoquant « une campagne de destruction massive » par l’intelligence artificielle dans la musique et le cinéma.

    « L’accès à la culture ne doit jamais dépendre de l’endroit où l’on habite. Les Correspondances répondent parfaitement à cette ambition », a par ailleurs lancé pendant son discours inaugural Alain Delsaux, conseiller départemental délégué à la culture.