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  • [Biographie] Zinédine Zidane, aux sources de la légende

    [Biographie] Zinédine Zidane, aux sources de la légende

    Peut-on encore apprendre quelque chose sur Zinédine Zidane ?

    Dans la biographie qu’il lui consacre, Arnaud Tulipier répond par l’affirmative. « C’est vrai que, sur l’aspect sportif, tout a pratiquement été dit et écrit. Mais grâce à certains de ses intimes, j’ai pu trouver un nouvel éclairage, en partant de son second départ », indique l’ancien grand reporter de France Football.

    Remise en question

    Il s’est attaché à révéler le parcours du Zizou entraîneur, « alors que personne ne le voyait réussir, lui le premier », insiste l’auteur. Grâce à ses contacts, il a pu ainsi obtenir le témoignage de Jean Fernandez, celui qui a lancé sa carrière professionnelle. Alors que Luis Fernandez a été son complice pour la préface. « Luis, c’est un peu le trait d’union. Ils ont joué ensemble à Cannes, avant que l’un devienne l’entraîneur de l’autre. »

    Au fil des chapitres, le lecteur découvre un Zinédine Zidane qui n’hésite pas à se remettre en question. « Il est parti de la base, en allant passer les diplômes les uns après les autres, alors qu’il aurait pu attendre que tout lui tombe tout cuit dans les mains. »

    Ce Zizou là apparaît ainsi sous un jour nouveau. Avec, en fil conducteur, l’amitié qui le lie à David Bettoni.

    Zidane – La légende

    Préface
    de Luis Fernandez

    City Editions
    240 pages, 19
     euros

  • [Beau livre] L’OM, ou le mythe en blanc et bleu

    [Beau livre] L’OM, ou le mythe en blanc et bleu

    Quel est le point commun entre deux champions du Monde Brésiliens, un « Jaguar » gardien de but et tireur de penalties ou encore un « Commandante » Argentin ?

    Ces quatre Sud-Américains ont porté une tunique légendaire. Un maillot blanc aux parements bleus (plus ou moins intense en fonction des saisons) qui est bien plus qu’un morceau de tissu. À Marseille, le maillot de l’OM est un symbole. Celui d’une ville métissée et ouverte sur le monde. À l’image d’un stade, le Vélodrome, melting-pot des cultures.

    Ces cultures que l’on retrouve au film des saisons. Au fil de l’évolution du design. Mais dont la blancheur profonde reste le fil rouge. C’est cette histoire qui est déclinée dans l’ouvrage de Thierry Agnello.

    Chemises et zoo de Marseille

    Au fil des pages, ce sont quarante-et-une de ces tuniques qui sont remises en lumière. « Les maillots symbolisent l’histoire du club. Chaque match, chaque victoire, chaque défaite, chaque trophée, chaque titre, chaque saison, chaque moment est incarné par un maillot » détaille Thierry Agnello.

    Chaque paragraphe est aussi l’occasion de rappeler ceux qui ont contribué à faire la renommée de ce maillot. Des Minots avec leur Zoo de Marseille, aux exploits européens sous le signe de Panasonic, ou du tandem Paolo César – Jaïrzinho arborant « Michel Axel » sur leur poitrine. « Qui mieux que ceux qui les ont portés pour en parler ? », justifie l’auteur pour qui « la plupart des maillots sont le choix de chaque témoin. Les complémentaires sont un peu arbitraires, selon ma sensibilité d’auteur et le mérite dans l’histoire de l’OM de chaque maillot », conclut-il.

    L’amour du maillot

    Thierry Agnello, Editions Hugo sport

    260 pages, 24,95 euros

  • [Le coin BD] Le bouleversant destin de Betty, mise en lumière dans la noirceur

    [Le coin BD] Le bouleversant destin de Betty, mise en lumière dans la noirceur

    De son enfance de sixième enfant sur huit métis autochtones jusqu’à son jeune âge adulte, cette BD poignante permet de suivre Betty Carpenter, adorée par son père, dans sa famille aimante et dysfonctionnelle où le poids du passé alimente les drames du présent. Dans cette Amérique rurale de l’immédiate après-guerre, Betty va être confrontée aux difficultés d’être une femme pauvre à la peau sombre, confrontée à la misogynie et au racisme ordinaire. Largement inspirée de la vie de la mère de l’autrice Tiffany McDaniel tout en restant une fiction, cette histoire s’ancre dans les drames transmis de génération en génération, les décès qui se succèdent, la noirceur de l’âme de certains hommes mais offre aussi une rédemption par l’amour et l’écriture.

    Même si elle se situe dans un temps révolu et sur un autre continent, cette BD se confronte de front avec des thèmes malheureusement terriblement actuels : les abus faits à l’enfance, les dangers que rencontre toute femme du fait de sa seule naissance, les forces nocives des préjugés racistes, les ravages de la pauvreté… Mais elle ouvre aussi malgré tout une voie vers le salut et l’émancipation. De ce récit profondément humain, les deux auteurs ont tiré une adaptation graphique parfaitement maîtrisée, fidèle et respectueuse, dont l’émotion se dégage à chaque page. à découvrir absolument que l’on ait lu le roman ou non.

    ET AUSSI

    Décolonisations

    Sous-titrée « L’histoire au présent », cette BD de Stephen Desberg et Guillaume Blanc avec Mirranda Burton au dessin montre à travers le destin de plusieurs personnages l’impact qu’a encore aujourd’hui sur les vies concrètes la colonisation des XIXe et XXe siècles. Érythrée, Vietnam, Rwanda, Inde, Pakistan ou Algérie ont une histoire marquée au fer rouge par cette domination coloniale dont les conséquences sont encore fondamentales. À lire pour mieux comprendre et ne pas se fermer les yeux sur les débats contemporains car nul ne colonise impunément.

    Dargaud/Seuil, 24,50€

    Land

    Quel est le vrai prix de la colonisation de l’espace en cours qui devient de plus en plus une aventure privée, hochet de multimilliardaires à la Elon Musk ? Olivier Dubuquoy et Philippe Squarzoni apportent une réponse glaçante sur le prix écologique et humain payé pour cette folie qui pourrait même hypothéquer notre avenir commun. Heureusement, dans le monde entier, des juristes, des scientifiques et des astronomes tentent d’alerter le grand public sur ces dangers. Ce livre rappelle que plutôt qu’imaginer quitter la Terre, il faut avant tout la défendre !

    Delcourt, 25,50€

    L’incroyable histoire de l’humanité

    La fantastique série d’éducation populaire L’incroyable histoire de, s’enrichit avec cette « géohistoire des humains sur la Terre » signée Catherine Mory et Philippe Bercovici basée sur le travail de Christian Grataloup. Un livre fluide qui raconte une histoire longue et complexe sur les cinq continents, érudit et malin comme d’habitude alors que parait dans la même collection L’incroyable histoire des mathématiques de Quentin Lazzarotto, Avner Bar-Hen et Tristan Garnier. Le savoir à portée de ceux qui veulent savoir.

    Les Arènes BD, 25€

    Le roman de Jésus

    Dans la lignée de La vie de Jésus d’Ernest Renan, Jean-Charles Kraehn livre un magnifique roman graphique de 360 pages sur la vie de l’homme Jésus. Agnostique, il ignore les miracles, remplit les trous biographiques laissés par les textes sacrés et abandonne le mythe pour revisiter l’existence d’un homme qui marqua l’humanité, fondateur sans doute malgré lui de la religion comptant le plus de fidèles dans le monde aujourd’hui. La postface de l’archevêque de Rouen montre également que l’ouvrage n’est pas iconoclaste.

    Glénat, 35€

    La curieuse histoire des mots

    L’étymocurieux Sébastien Grimaud avec Joseph Falzon au dessin plonge le lecteur dans une joyeuse et jamais barbante exploration de l’étymologie avec cette série de textes illustrés et de pages de bande dessinée. Mêlant culture et pédagogie, l’auteur révélé sur Instagram propose une découverte ludique et marrante de l’origine des mots que l’on utilise tous les jours comme des évidences sans jamais chercher à trop savoir d’où ils viennent. Ce livre accessible et captivant est donc l’occasion de le faire.

    Casterman, 19€

    Le démon de la colline aux loups

    Dimitri Rouchon-Borie adapte avec Gaët’s et le dessinateur italien Vincenzo Baldano son terrible roman sur le mal et sa transmission. En prison, aux portes de la mort, Duke décide d’écrire ses confessions d’enfant martyr devenu assassin et sa dernière bataille contre le démon de la colline aux loups qui a précipité sa chute. Une BD à la fois magnifique et très dure tant par le scénario que par le dessin, où la noirceur est sauvée par la poésie et quelques rencontres lumineuses. À lire toutefois le cœur bien accroché comme le rappelle l’incipit.

    Aire Libre Dupuis, 27€

  • Marseille : le pouvoir du charisme passé au crible

    Marseille : le pouvoir du charisme passé au crible

    Julie Pagis, chercheuse en sociologie politique au CNRS, a présenté son enquête consacrée au pouvoir d’une figure charismatique, à travers l’étude de cas de Fernando, un ouvrier espagnol exerçant une emprise sur une communauté maoïste dans les années 1970. Julie Pagis dissèque les mécanismes de domination rendus possibles par le charisme. La rencontre s’est poursuivie par un débat animé par Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise.

    Lancelot Soumache.

    « Le prophète rouge », édition La Découverte; 350 pages, 21 euros

  • « Dreamland » fête ses 20 ans à Montpellier

    « Dreamland » fête ses 20 ans à Montpellier

    C’est l’histoire d’un gamin montpelliérain qui dévore mangas japonais, comics et jeux vidéo, rêvant de dessiner à son tour. Par la suite lycéen au Mas-de-Tesse (Jules-Guesde) puis étudiant à l’université Paul-Valéry, Reno Lemaire « observe tout autour de lui et se met à l’écoute de sa ville ». Ce décor nourrira Dreamland, manga dont le premier volume paraîtra en 2006. « Les rues, les places, les rames du tramway servent de cadre quotidien à la vie diurne de Terrence », lycéen timide en terminale à Montpellier qui vit une adolescence banale tout en essayant de séduire Lydia, la fille qu’il aime. Mais la nuit, dès qu’il s’endort, il bascule dans Dreamland, le monde des rêves.

    À l’Espace Bagouet, illustrations, planches manuscrites et documents de travail racontent cette aventure graphique qui déploie son univers foisonnant au fil des tomes. L’exposition permet de suivre l’évolution du trait de Reno Lemaire, mais aussi sa manière de construire un monde peuplé de créatures fantastiques, de pouvoirs et de personnages hauts en couleur. Elle s’attarde notamment sur le « remaster » des dix premiers volumes, entrepris à partir de 2022. Reno Lemaire y redessine ses débuts, faisant dialoguer le trait du jeune auteur avec celui acquis depuis.

    Près de 800 000 exemplaires vendus

    Vingt ans après ses débuts, Dreamland a changé d’échelle. La série compte désormais 24 tomes et approche les 800 000 exemplaires vendus. Elle s’est aussi exportée au Japon en 2024, tandis qu’un artbook de 400 pages et de nombreuses déclinaisons entretiennent l’univers auprès des lecteurs et collectionneurs. Cette année anniversaire marque une nouvelle étape, avec l’adaptation animée de Dreamland, diffusée à partir du 17 octobre sur ADN et Crunchyroll. Du papier à l’écran, du français au japonais, l’univers imaginé à Montpellier poursuit ainsi son voyage.

    L’exposition s’inscrit au cœur de cette aventure. Dreamland témoigne d’une appropriation française des codes du manga, devenue une histoire internationale sans renier son ancrage montpelliérain.

    * Entrée libre. Fermé les lundis.

  • Une plongée en apnée dans la French Connection

    Une plongée en apnée dans la French Connection

    Les lecteurs assidus du quotidien L’Équipe connaissent la plume de Bernard Lions.

    Celui qui a plus l’habitude de raconter les faits et gestes des joueurs de football, et qui attend désespérément de revoir l’AS Saint-Étienne se mesurer à l’OM, a changé de registre. Dans Ma vie au cœur de la French, il met en lumière celle qui lui a confié ses souvenirs les plus secrets, Arlette Vidal. Au fil des 304 pages, la fille de flic lève le voile sur une vie qui aurait pu être bien tranquille du côté de Toulon. Mais qui l’a conduite à vivre dans le marigot d’un grand banditisme marseillais, aux côtés des Tany Zampa, Riri, qui fut son époux, ou encore du Mat.

    D’une fuite d’Oran, jusqu’à une confrontation avec le juge Michel, c’est toute une histoire de la French Connection, lorsque Marseille était la plaque tournante du trafic de drogue, qui se déroule au fil de six grands chapitres. Arlette rêvait d’un destin à la France Gall. Mais si elle a gagné quelque chose, ce n’est pas l’Eurovision.

    Sa proximité avec Riri lui a valu un long séjour dans les geôles de l’État. Et d’être vue comme un Zampa au féminin. Longtemps, elle a gardé pour elle ce qu’elle a vécu. Ce qu’elle a subi. Sa rencontre avec Bernard Lions l’a amenée à vivre une seconde libération. Couchant sur le papier des souvenirs qu’elle ne pouvait pas garder uniquement pour elle.

    La plume du journaliste de sports a fait le reste. Parti à la recherche d’archives, afin d’illustrer un témoignage de première main, Bernard Lions a su trouver les termes justes pour une véritable plongée en apnée dans la French Connection.

    Éditions Michel Lafon.

    304 pages, 19,50 euros

  • [Le coin BD] Quand la Russie et Poutine attaqueront les pays Baltes

    [Le coin BD] Quand la Russie et Poutine attaqueront les pays Baltes

    Sous-titrée « Juin 2029, la Russie attaque les pays Baltes », cette BD signée du journaliste spécialisée Olivier Truc et de Nicolas Otero qui utilise un graphisme et des couleurs totalement adaptés au propos prend aux tripes dès les premières pages et ne lâche plus son lecteur jusqu’à la fin. Ce récit surinformé d’anticipation, très proche, raconte comment la Russie pourrait utiliser tous les moyens de la guerre hybride pour récupérer les trois pays Baltes devenus indépendants à la chute de l’URSS, puis devenus membre de l’Union européenne et de l’Otan, organismes paralysés par leurs lourdes procédures. L’hypothèse de départ est un cessez-le-feu en Ukraine sous la surveillance de l’UE et de la Chine. La Russie va prendre parti d’un attentat qu’elle a sans doute commis elle-même et l’attribue aux « nazis ukrainiens » qu’elle va accuser de s’entraîner sur des bases de l’Otan dans les pays baltes. à partir de là, en quelques semaines, le régime poutinien va déstabiliser tous les alliés des Baltes avec des manipulations via les réseaux sociaux, des démonstrations de force militaire, l’utilisation de la « maskirovka », ce brouillard de guerre qui empêche de savoir si des troupes se massent ou s’il s’agit de leurres… Avant une invasion éclair « justifiée » par le droit international et soutenue par les Brics et les alliés africains de la Russie. Découpée en courts chapitres, cette fiction ressemble à un reportage d’anticipation tant elle apparaît crédible.

    ET AUSSI…

    La fabrique de la pauvreté

    « De la lutte contre la pauvreté à la guerre aux pauvres » … L’ancien rapporteur de l’ONU sur les droits de l’Homme et l’extrême pauvreté Olivier de Schutter et Juan Mendez font œuvre extrêmement utile en rappelant que si 23% des 415 millions d’Européens sont à risque de pauvreté alors que la précarité s’installe partout, il ne s’agit pas d’une fatalité. Même si nos yeux s’y sont habitués, il ne s’agit pas d’une catastrophe naturelle mais du résultat de choix de société et d’orientations économiques. Un rappel salutaire.

    Chez Futuropolis, 20€

    Le problème à trois corps

    Après une adaptation en série moyenne, cette BD tirée de l’œuvre phénoménale du maître de la science-fiction chinoise Liu Cixin est au contraire une excellente surprise. Il reste deux tomes à venir mais le travail du dessinateur chinois Wu Qingsong et du mystérieux Three-body universe est fantastique, tant dans la fidélité à l’œuvre originale, et à sa complexité, qu’à travers son graphisme. Difficile à résumer, mais la Terre se retrouve sous la menace d’une invasion extraterrestre d’ici 400 ans alors que des physiciens chinois se suicident les uns après les autres…

    Chez Glénat, 20€

    Jusqu’à la tombe

    Vincenzo Bizzarri et Stefano Nardella livrent un excellent western spaghetti situé en 1863, juste après l’unification italienne, dans un Mezzogiorno encore moyenâgeux et qui refuse « l’invasion piémontaise ». Là, des bandes de brigands s’opposent à la loi du nord, dont Carmine qui, revenu d’entre les morts, affronte un potentat local qui lui a volé sa fiancée. Mais un soldat piémontais, lui aussi survivant de l’enfer, est à ses trousses alors que sa compagne vient de donner naissance à leur fils. Une BD en noir et blanc aussi âpre que réussie sur une période peu connue ici.

    Chez Sarbacane, 25€

    Billy the kid

    Dans cet imposant pavé de 232 pages en couleur, Alexandre Chenet et Loïc Sécheresse vont au-delà du mythe d’un des hors-la-loi les plus célèbres du Far-West. Et ils le font même sauter, rappelant que « L’histoire est écrite par les vainqueurs » et que sa saga n’est qu’une fable journalistique. Ce qui se rapproche de la vérité est plutôt l’histoire d’un jeune gars paumé broyé par un capitalisme naissant et qui ne sera désigné comme outlaw que lorsque ses patrons n’auront plus besoin de lui. Une relecture aussi vivifiante qu’actuelle et humoristique.

    Chez Casterman, 28€

    13 jours, 13 nuits

    Après le film, la BD. Jean-Claude Bartoll et Renato Arlem adaptent le témoignage de Mohamed Bida, policier en charge de la sécurité de l’ambassade de France à Kaboul en août 2021 lors de la prise de la capitale afghane par les Talibans. Dans « l’enfer de Kaboul », il va tout mettre en œuvre pour sauver et évacuer Français mais aussi Afghans condamnés à mort par les nouveaux maîtres du pays. Une histoire vraie et un récit rythmé au cœur du chaos et du chacun pour soi durant 13 jours et 13 nuits sans sommeil ni repos, et sans soutien des alliés non plus.

    Chez Delcourt, 22,50€

    La femme au portrait

    Nicolas Tellop au scénario et l’italien Antonio Lapone au dessin offrent un polar rétro comme on les aime. Dans le Hollywood des années 1940, un tableau disparaît sur un plateau de tournage. Le réalisateur Ernst Spieler, sorte de Fritz Lang, ne peut tourner son film sans et les studios vont faire appel à la détective privée Miss X, ancienne actrice aussi caustique que séduisante. Intrigue à la Agatha Christie et dessin stylisé font le reste dans cette histoire où « plus on avance, moins on y voit clair ». Un vrai plaisir de lecture.

    Chez Dargaud, 21,50€

  • Des ateliers et spectacles pour découvrir les œuvres du Prix des lecteurs du Var

    Des ateliers et spectacles pour découvrir les œuvres du Prix des lecteurs du Var

    Crayons de couleurs, feutres, ciseaux, papier. Autour d’une table disposée dans l’espace scénique de la médiathèque Albert-Camus, enfants et parents fabriquent de petits personnages articulés. « On a des principes à respecter, mais on peut laisser libre cours à notre créativité », apprécie Chloé, venue avec sa petite sœur Olivia et leur grand-mère. Leurs créations, réalisées non sans minutie, sont destinées à s’intégrer dans un décor réalisé par l’artiste plasticienne Sandrine Guthmuller, animatrice de l’atelier. Celui-ci a été pensé à partir des trois livres en lice pour le Prix du lecteur du Var – qui célèbre cette année sa 21e édition – en catégorie jeunesse (lire encadré). Avec un objectif : « Donner vie aux éléments des livres, que ce soient les personnages principaux mais aussi des éléments secondaires », détaille Sandrine Guthmuller. Et en jouant, notamment, sur les aspects visuels : « J’ai créé des papiers avec des motifs qu’on retrouve dans les livres, j’essaie aussi de transmettre les techniques de crayon de couleur de l’un d’entre eux… L’idée est de donner envie d’aller chercher les éléments dans chacun des livres, à travers un petit jeu pour y retrouver les éléments après l’atelier. »

    Théâtres et rencontres d’auteurs au programme

    L’idée est avant tout « de prendre du plaisir dans la création, avec à chaque fois un résultat complètement unique et beaucoup de satisfaction in fine car on aboutit sur quelque chose de construit et sympathique », poursuit l’artiste. Et par la même occasion « d’apprendre de nouvelles techniques artistiques », ajoute Dorothée, habituée, avec sa fille Théa, des ateliers créatifs proposés au sein de la médiathèque. Et si ce ne fut pas le cas l’année dernière, elle le promet : « Cette année, on va essayer de participer au Prix des lecteurs », sourit-elle.

    Des ateliers comme celui-ci, le Département en organise 40, chapeautés par quatre artistes locaux depuis juin, et jusqu’à novembre, dans le cadre du projet « Var, lire en territoire », porteur du Prix des lecteurs du Var. « L’objectif est de mettre en valeur le Prix des lecteurs, et donner envie aux gens de lire les œuvres », appuie Isabelle Louis, référente de territoire à la médiathèque départementale du Var.

    À ce titre, d’autres manifestations sont organisées pour les deux autres catégories du prix, que sont la bande dessinée et les romans adultes, avec des rencontres d’auteurs et des spectacles théâtraux. « Cette année, on a autant de livres – six – que de compagnies, toutes locales, pour jouer et créer les spectacles », précise Isabelle Louis. Ils sont à découvrir jusqu’au 22 novembre, date de la remise des prix pendant la Fête du livre, au Palais Neptune de Toulon.

    Livres, spectacles et ateliers au programme

    Jeunesse : La chasse aux rainettes – Antonin Faure ; Le jeu du plus qu’un jour – Audrey Poussier ; Le grand large – Mathilde Bédouet. BD : Nepka – Séverine Vidal et Nina Ramsey ; L’envers de nos décors – Thomas Scotto et Carole Chaix ; Le temps des pivoines – Aucha et Maxime Belloche. Romans : On l’appelait Bennie Diamond – Michaël Dichter ; Les courants d’arrachement – Élise Lépine ; Le ciel l’a mauvaise – Éléa Marini. Votes jusqu’au 7/11.

    Activités : rencontres auteurs les 9 (St-Cyr) et 10 (La Farlède) octobre avec Elise Lépine ; les 16 (Callian) et 17 (Cuers) octobre avec Eléa Marini. Spectacles, ateliers et rencontres à la fête du livre au Palais Neptune les 21 et 22 novembre et dans de nombreuses villes varoises jusqu’au 7 novembre.

    Infos sur mediatheque.var.fr

  • Les Correspondances de Manosque inaugurées sur fond de débat sur l’IA

    Les Correspondances de Manosque inaugurées sur fond de débat sur l’IA

    Mercredi, au moment de l’inauguration du festival littéraire des Correspondances de Manosque, l’opinion et le public étaient divisés entre choc et doutes concernant les accusations d’utilisation de l’intelligence artificielle visant Thélyson Orélien, auteur invité qui présentera son roman au public lors d’une rencontre ce jeudi. L’écrivain est accusé par un compte X d’avoir écrit cet ouvrage à l’aide de l’intelligence artificielle. Alors que le maire de Manosque Camille Galtier (DVD) évoquait cette polémique dans son discours inaugural mercredi soir, des voix s’exclamaient : « C’est faux ! » dans le public. Après s’être prêté à un exercice littéraire d’imagination du futur de la ville de Manosque et avoir évoqué la libération de l’écrivain Boualem Sansal, l’édile a lancé : « Cette histoire, je ne l’ai pas inventée, je n’ai pas eu besoin de l’intelligence artificielle. A priori, cela pose quelques soucis dans l’attribution des Prix Goncourt de cette année. » « Ce n’est pas totalement étonnant, puisque tout le monde utilise l’intelligence artificielle. Chacun sera à même de préférer l’imagination et la créativité humaine plutôt que l’intelligence d’un ordinateur », a-t-il estimé, interrogé après son discours.

    Le co-directeur du festival, Olivier Chaudenson, s’est lui gardé d’évoquer cette polémique liée à l’usage de l’intelligence artificielle pendant sa prise de parole sur scène. « C’est très difficile, parce que j’ai envie de croire que c’est Thélyson Orélien qui a écrit son livre, et je n’ai aucun moyen d’avoir un avis personnel et technique qui dirait le contraire. Je me mets à sa place : cela doit être quand même terriblement difficile de répondre à des accusations pareilles. Je suis triste qu’il ait à subir cela », a-t-il déclaré à La Marseillaise. « Soit on lui a fait un mauvais procès, et c’est triste et injuste ; soit il y a quelque chose et là ce serait vertigineux, parce que pour la première fois, l’IA aurait réussi à créer un bon texte de littérature lu comme tel par les lecteurs et les professionnels », a-t-il ajouté.

    « La campagne en ligne lancée contre Thélyson Orélien commence à prendre l’allure d’une chasse aux sorcières », s’apparentant à du « harcèlement », a défendu sur Facebook Dorcy Rugamba, metteur en scène qui sera sur scène aux côtés de l’auteur, ce jeudi lors de la rencontre organisée dans le cadre des Correspondances de Manosque.

    Un public « partagé »

    Dans le public, mercredi soir, Jeanne, retraitée venue d’Avignon pour le festival littéraire, se dit « choquée » par ces accusations, alors qu’elle a vu Thélyson Orélien à la Grande Librairie quelques jours auparavant. Selon elle, ces imputations pourraient s’apparenter à du « racisme ». « J’en ai marre d’entendre parler que de ça ! », lance de son côté Brigitte Dauberte, venue assister au festival, interrogée sur ces débats sur l’utilisation de l’intelligence artificielle. « Il ne faut pas que l’on se fasse complètement assister par l’IA, on n’a plus aucun esprit d’analyse », regrette-t-elle.

    Françoise, une animatrice d’ateliers d’écriture, se dit tiraillée par ces questions d’actualité. « J’ai été confrontée à cela : je suis dans des commissions où on me demande si je veux être formée pour apprendre à faire des comptes rendus générés par l’IA. Cela m’indispose beaucoup, cela crée des biais », a confié celle qui organise le Labo de l’édition, qui invite les lycéens à débattre autour de manuscrits dans le cadre des Correspondances. « Je suis très partagée, parce que j’avais entendu beaucoup de bien de cet auteur. »

    L’éditeur avec lequel elle travaille pour organiser ce Labo de l’édition, Benoît Verhille, se pose lui aussi des questions concernant ces accusations, dénonçant « une sale polémique ». « Il y a un vrai questionnement concernant l’utilisation de l’IA dans la création », constate-t-il, évoquant « une campagne de destruction massive » par l’intelligence artificielle dans la musique et le cinéma.

    « L’accès à la culture ne doit jamais dépendre de l’endroit où l’on habite. Les Correspondances répondent parfaitement à cette ambition », a par ailleurs lancé pendant son discours inaugural Alain Delsaux, conseiller départemental délégué à la culture.

  • Un salon culturel pour créer du lien à Figuerolles

    Un salon culturel pour créer du lien à Figuerolles

    Grâce à la pugnacité de la Carmagnole et au soutien d’associations telles que Ademass ou l’Atelier d’écriture, une nouvelle édition (gratuite) aura lieu dimanche 13 septembre. De 10h à 17h, plusieurs dizaines d’auteurs, la plupart locaux, présenteront leurs ouvrages place Salengro.

    « Faire vivre Salengro »

    À l’origine littéraire, le rendez-vous s’étend désormais à plusieurs pans de la culture afin d’élargir son public. Certains stands seront tenus par des photographes, peintres, conteurs tandis que des musiciens se chargeront de l’animation musicale. « On s’est posé la question et on a voulu poursuivre le festival de Thierry Arcaix en lui donnant une ambiance de festival de quartier, avec des animations de rue et de quoi se restaurer », résume Jean-Philippe Martin.

    Militant de la Carmagnole, située à deux pas, rue de la Palissade, il insiste aussi sur la nécessité de faire vivre un quartier gangrené comme tant d’autres par le trafic de stupéfiants. « La place Salengro est un peu en déshérence, des commerces ont fermé, des points de deal se sont installés. Il nous semble important de recréer du lien, donner envie aux gens de sortir, d’échanger, se cultiver ». Avant la brocante de mai ou le rendez-vous jazz du printemps, la Maison pour tous organisera un autre événement musical et culturel samedi 19 septembre.