La mort récente d’un jeune à Avignon, sur fond de narcotrafic, nous percute tous. Elle nous oblige à regarder lucidement une réalité : celle de jeunes happés par des logiques criminelles qui leur promettent reconnaissance, argent rapide et sentiment d’appartenance.
Mais il faut aussi se poser une question essentielle : quel regard notre société porte-t-elle sur sa jeunesse ?
Trop souvent, un regard de défiance, parfois même de renoncement.
Depuis plus de trente ans à la Protection judiciaire de la jeunesse, j’ai accompagné des adolescents et des jeunes majeurs en grande difficulté. J’ai vu des parcours cabossés, des ruptures, des échecs. Mais j’ai surtout vu des potentiels, des intelligences, des capacités à rebondir lorsque quelqu’un croit encore en eux.
Aucun jeune ne se résume à ses erreurs.
Oui, la sécurité est une mission régalienne. Oui, la coordination entre police nationale, police municipale, préfet et autorité judiciaire est indispensable pour lutter contre les trafics et restaurer l’autorité de la loi. Mais nous savons aussi que la seule réponse sécuritaire ne suffira pas.
Si nous voulons assécher durablement le vivier de la délinquance, il faut agir bien plus tôt et bien plus largement.
Cela passe par la lutte contre le décrochage scolaire, le développement des activités périscolaires, l’accès au sport, à la culture, à l’apprentissage, à l’insertion professionnelle et au logement des jeunes. Cela suppose de construire des perspectives concrètes pour les 16-25 ans et de remettre en mouvement ceux qui ont décroché.
Ne laisser aucun jeune sur le bord de la route doit devenir une priorité collective.
Cela implique aussi d’apprendre à mieux travailler ensemble. Trop souvent, les politiques publiques fonctionnent en silos : sécurité, éducation, prévention, insertion. Pourtant, sur le terrain, tout est lié. Nous avons besoin d’une approche globale et transversale mobilisant associations, centres de formation, collectivités, acteurs économiques et services de l’État autour d’un objectif commun : redonner des horizons à notre jeunesse.
C’est le sens de l’engagement que je porte avec Place publique, un mouvement qui a toujours fait de la jeunesse une priorité politique majeure.
La jeunesse ne peut plus être une variable d’ajustement budgétaire. Elle doit devenir une priorité majeure de l’élection présidentielle et des politiques publiques à venir.
Car derrière chaque drame, une question demeure : qu’avons-nous proposé à ces jeunes pour qu’ils aient envie de choisir un autre chemin ?
Faire le choix de la jeunesse, c’est refuser le fatalisme. C’est tenir ensemble l’exigence et l’accompagnement. C’est croire que notre société a encore quelque chose à transmettre et des perspectives à offrir.
Il faut à nouveau faire rêver, faire naître des horizons, permettre à chacun de trouver sa place et rouvrir le champ des possibles. Nous n’éviterons pas ces drames sans une véritable ambition collective pour notre jeunesse.
Croire en la jeunesse, c’est croire en notre avenir.

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