Tag: Place Publique

  • [Entretien] Benoît Belvalette : « Ne pas être une gauche incantatoire mais utile »

    [Entretien] Benoît Belvalette : « Ne pas être une gauche incantatoire mais utile »

    La Marseillaise : Vous avez d’abord été candidat aux municipales puis avez rejoint la liste de David Fournier avant d’en sortir au second tour avec la fusion LFI. Quel bilan tirez-vous de cette campagne ?

    Benoît Belvalette : On a toujours dit que les municipales n’étaient qu’une étape pour Place publique, pas une fin en soi. On a souhaité porter une nouvelle façon de faire de la politique et apporter cette régénération qui manquait tant à cette ville. D’ailleurs, l’élection d’Olivier Galzi est la démonstration qu’il y avait peut-être besoin d’un renouveau sur cette ville. De mon côté, des contraintes professionnelles m’ont amené à être beaucoup moins présent. Au sein du rassemblement, j’ai eu l’impression que le projet n’était pas forcément une priorité, ou du moins on n’a pas assez affirmé que c’était quelque chose d’essentiel, on aurait aimé peser plus fortement sur les choix stratégiques. Derrière, il planait toujours ce doute d’une alliance avec LFI. Le positionnement de David Fournier n’a pas toujours été très clair, on peut comprendre dans sa stratégie, qu’il fallait aller chercher des électeurs LFI. Mais l’absence de clarté n’a pas aidé. On avait fait un choix clair [vis-à-vis de LFI] et on l’a assumé, on ne regrette pas. Plus largement, avec le recul, je pense que si on s’était réunis avec Joël Peyre (PRG) et Paul Roger Gontard (La Convention) on aurait beaucoup plus pesé. On doit tirer les enseignements de notre incapacité à se mettre d’accord pour les prochaines échéances.

    Quelles sont-elles justement ?

    B.B. : Déjà, on continuera d’être présent dans la vie locale, on sera une vraie force de proposition, une vigie exigeante, pour être utile à Avignon. Le prochain scrutin sera les sénatoriales. On va y participer et aider à ce que la gauche soit bien représentée. On a rencontré Lucien Stanzione [sénateur PS sortant] qu’on devrait soutenir. Mais on se projette avant tout sur la présidentielle avec la candidature, certainement en septembre, de Raphaël Glucksmann. Et ensuite les législatives. Les municipales ont montré que l’alliance ambiguë du PS avec LFI a perturbé la lisibilité du discours. Pour d’autres échéances, Place publique peut porter ce leadership d’une gauche sociale ouverte et humaniste, sans considérer que LFI fasse partie de ce périmètre.

    Quel regard portez-vous sur les débuts d’Olivier Galzi ?

    B.B. : Si on veut être crédible, il faut laisser à cette municipalité le temps d’agir, ça serait malhonnête d’être déjà dans une critique exacerbée. Chaque fois qu’il faudra alerter, nous le ferons. Et chaque fois qu’une décision ira dans le bon sens, on la saluera, parce que c’est ça aussi faire de la politique : ne pas être une gauche qui soit incantatoire, simplement à dénoncer, mais être une gauche objective et utile. Je mets en garde Olivier Galzi : quand on veut faire un travail de fond, la politique mérite mieux qu’une communication à outrance. Il faut de l’humilité et du travail, ne pas considérer qu’on peut avoir toutes les réponses aux problématiques et puisqu’on veut représenter l’ensemble des Avignonnais, il faut entendre toutes les forces politiques qui ont des choses à dire.

  • [Tribune] Ne laisser aucun jeune au bord de la route

    [Tribune] Ne laisser aucun jeune au bord de la route

    La mort récente d’un jeune à Avignon, sur fond de narcotrafic, nous percute tous. Elle nous oblige à regarder lucidement une réalité : celle de jeunes happés par des logiques criminelles qui leur promettent reconnaissance, argent rapide et sentiment d’appartenance.

    Mais il faut aussi se poser une question essentielle : quel regard notre société porte-t-elle sur sa jeunesse ?

    Trop souvent, un regard de défiance, parfois même de renoncement.

    Depuis plus de trente ans à la Protection judiciaire de la jeunesse, j’ai accompagné des adolescents et des jeunes majeurs en grande difficulté. J’ai vu des parcours cabossés, des ruptures, des échecs. Mais j’ai surtout vu des potentiels, des intelligences, des capacités à rebondir lorsque quelqu’un croit encore en eux.

    Aucun jeune ne se résume à ses erreurs.

    Oui, la sécurité est une mission régalienne. Oui, la coordination entre police nationale, police municipale, préfet et autorité judiciaire est indispensable pour lutter contre les trafics et restaurer l’autorité de la loi. Mais nous savons aussi que la seule réponse sécuritaire ne suffira pas.

    Si nous voulons assécher durablement le vivier de la délinquance, il faut agir bien plus tôt et bien plus largement.

    Cela passe par la lutte contre le décrochage scolaire, le développement des activités périscolaires, l’accès au sport, à la culture, à l’apprentissage, à l’insertion professionnelle et au logement des jeunes. Cela suppose de construire des perspectives concrètes pour les 16-25 ans et de remettre en mouvement ceux qui ont décroché.

    Ne laisser aucun jeune sur le bord de la route doit devenir une priorité collective.

    Cela implique aussi d’apprendre à mieux travailler ensemble. Trop souvent, les politiques publiques fonctionnent en silos : sécurité, éducation, prévention, insertion. Pourtant, sur le terrain, tout est lié. Nous avons besoin d’une approche globale et transversale mobilisant associations, centres de formation, collectivités, acteurs économiques et services de l’État autour d’un objectif commun : redonner des horizons à notre jeunesse.

    C’est le sens de l’engagement que je porte avec Place publique, un mouvement qui a toujours fait de la jeunesse une priorité politique majeure.

    La jeunesse ne peut plus être une variable d’ajustement budgétaire. Elle doit devenir une priorité majeure de l’élection présidentielle et des politiques publiques à venir.

    Car derrière chaque drame, une question demeure : qu’avons-nous proposé à ces jeunes pour qu’ils aient envie de choisir un autre chemin ?

    Faire le choix de la jeunesse, c’est refuser le fatalisme. C’est tenir ensemble l’exigence et l’accompagnement. C’est croire que notre société a encore quelque chose à transmettre et des perspectives à offrir.

    Il faut à nouveau faire rêver, faire naître des horizons, permettre à chacun de trouver sa place et rouvrir le champ des possibles. Nous n’éviterons pas ces drames sans une véritable ambition collective pour notre jeunesse.

    Croire en la jeunesse, c’est croire en notre avenir.

  • Un conseil municipal renouvelé de moitié à Montpellier

    Un conseil municipal renouvelé de moitié à Montpellier

    Il y a ceux qui siégeaient depuis longtemps (Philippe Saurel, Max Lévita, Jacques Domergue, Mustapha Majdoul…) et qu’on ne verra plus. Et il y a ceux qui vont connaître leur baptême du feu.

    Si les électeurs montpelliérains ont joué la continuité avec Michaël Delafosse, le conseil municipal va changer de visages. Sur les 69 nouveaux élus qui siégeront pendant au moins 6 ans (probablement 7), 33 vont faire leurs premiers pas. 22 sont issus de la liste Delafosse, 7 de chez Oziol et 4 de la liste Altrad.

    Dans la majorité municipale, on connaissait déjà Muriel Ressiguier pour avoir été députée LFI avant de se fâcher avec Jean-Luc Mélenchon. À ses côtés, siégeront le doyen de la fac de droit Guylain Clamour, la médecin biologiste Tal Anahory, l’ancienne candidate PS aux législatives Fatima Bellaredj, l’ex-Verte Jacqueline Markovic (Place Publique) ou Stéphane Hernandez, voix de la communauté gitane. On peut ajouter la jeune Émilie Biondi (PRG), la militante du collectif de la 5e ligne Éliane Urtado ou l’écolo Grégoire Delforge. À noter que Jean-Louis Gély, l’ex-adjoint d’Hélène Mandroux ainsi que la directrice de la SPA, Annie Benezech, font leur retour. Et que Serge Guiseppin était jusqu’ici élu dans l’opposition.

    Côté LFI, seule Alenka Doulain siégeait déjà. Font leur entrée : Nathalie Oziol, Antoine Bertrand, l’ex-chef de cabinet de René Revol, l’ex-écolo Julia Mignacca, l’enfant de Saint-Martin Rhany Slimane, Livia Jampy, suppléante du député Sylvain Carrière, Kamel Moufid et Nicolas Hillaire. Enfin, chez Mohed Altrad, vont faire leurs gammes Marie-France Boisbault, Lilit Aghajanyan, David Nocca et Jérémy Orzechowski. Stéphanie Jannin et Patricia Mirallès étaient jusque-là élues sur la liste de Philippe Saurel.

  • Une triangulaire à haut risque se profile à Fos-sur-Mer

    Une triangulaire à haut risque se profile à Fos-sur-Mer

    Ce dimanche, la tendance a changé à Fos-sur-Mer, habituée à voir un maire de gauche élu dès le premier tour. Philippe Maurizot (EXD) est arrivé en tête avec 34,71% des suffrages exprimés, suivi de Rémi Esnault (DVG) avec 30,70% et de Jean-Michel Leroy (DVG) avec 26,49%. Pour rappel, le candidat en tête est soutenu par le label d’extrême droite de Franck Allisio La Provence qu’on aime.

    Une union contre nature

    Jean-Michel Leroy, a fait le choix de fusionner avec Jean Fayolle (DVC), arrivé à la 4e place avec 8,10%. Rémi Esnault, confie qu’il lui a proposé une alliance : « Hier [dimanche] soir, je lui ai tendu la main, ouvrant une discussion et prêt à mettre les égos de côté face à la menace de l’extrême droite, mais il a préféré partir de son côté. » Il poursuit : « En général, ce genre d’alliance contre nature est une fausse bonne idée puisque les deux perdent en fin de compte. » Jean-Michel Leroy affirme vouloir dépasser les étiquettes partisanes pour rassembler autour d’un projet local. Pour rappel, il est secrétaire local du PS mais n’a pas reçu l’investiture de son propre parti, qui a préféré soutenir le successeur de René Raimondi, le maire sortant, face à la menace de l’extrême droite. Pour Rémi Esnault, l’alliance est maintenant impossible : « On ne va pas s’allier avec quelqu’un qui veut sacrifier une partie des agents de la Ville et donc le service public », dénonce-t-il. Rémi Esnault reste toutefois optimiste et explique : « Le réservoir de voix est de notre côté. Je pense que nos électeurs n’ont pas pris la mesure du risque potentiel et se sont certainement moins mobilisés que les autres. »

  • La gauche marignanaise montre un front uni

    La gauche marignanaise montre un front uni

    « Quand la gauche est unie, elle peut changer la vie des gens. Quand la gauche se divise, elle laisse le champ libre à ses adversaires. » C’est ce qu’a affirmé Katia Yakoubi, représentante du mouvement l’Après, ce mardi soir à Marignane. La candidate du Printemps marseillais, tout comme Amine Kessaci et Pascaline Lécorché (Place Publique), mais aussi le maire de Vitrolles Loïc Gachon (PS), son adjoint Malik Mersali (PCF), Jean-Luc Cosme (Génération Écologie) ou encore René Tassy (Les Écologistes), étaient présents pour apporter leur soutien à la liste portée par Ariane Lombardi. Une liste d’union, loin de n’être qu’un amoncellement de logos.

    « Le champ de la République »

    Les forces progressistes qui la composent ont un même « projet de conquête face, notamment, à toute une idéologie d’extrême droite contre laquelle nous luttons », assène Pascaline Lécorché. L’édile de la ville voisine appelle à ce que « Marignane revienne dans le champ de la République ». « Nous sommes le cœur économique battant de la Métropole, nous avons tant d’enjeux en commun : Airbus, l’aéroport, affirme-t-il. Et pourtant, impossible de rentrer dans un réel partenariat pour défendre l’intérêt de ce territoire, son développement. (…) Plus de relation. Marignane est devenue une principauté recroquevillée sur elle-même, qui fait comme si le monde autour d’elle n’existait plus. »

    Face au maire sortant, élu en 2008 sur la promesse de tourner la page du FN incarné par Daniel Simonpieri pour finalement adhérer à ses valeurs, la liste emmenée par Ariane Lombardi n’est pas favorite. « Mais quel combat peut-on gagner qu’on ne mène pas ? », interroge Loïc Gachon.

  • Bagnols-sur-Cèze : qui peut faire obstacle à l’extrême droite ?

    Bagnols-sur-Cèze : qui peut faire obstacle à l’extrême droite ?

    Si aucun sondage n’a été effectué à Bagnols-sur-Cèze, tous s’attendent à retrouver la députée RN en tête le soir du premier tour tant les scores du parti lepéniste y culminent à des sommets à chaque élection nationale. D’ailleurs, la conseillère municipale d’opposition qui est complètement absente des réunions plénières, accueillera Marine Le Pen à Bagnols-sur-Cèze vendredi 6 mars.

    Avec un discours axé sur la sécurité, Pascale Bordes espère prospérer dans une ville de 18 000 habitants gangrenée par le narcotrafic. Le trafic de drogues est d’ailleurs le sujet qui a le plus affaibli le maire sortant Jean-Yves Chapelet, notamment après la diffusion d’un épisode d’Envoyé spécial désastreux pour l’image de Bagnols. Mais l’édile, ancien socialiste aujourd’hui soutenu par des partis allant d’Horizons à Place Publique, espère tout de même être reconduit.

    Philippe Broche, la surprise ?

    Opposant pendant tout le mandat, Jérôme Jackel (Debout!, le parti de François Ruffin) mène une campagne active sur les réseaux sociaux et sur le terrain en étant très présent dans les quartiers populaires. S’il se présente comme « l’unique candidat de gauche », l’ancien insoumis semble tout de même manquer de soutiens locaux. Pour Michel Cegielski, ancien adjoint de Chapelet, c’est l’espace politique qui lui manque. Rejoint par quelques socialistes locaux (le PS n’a adoubé aucun candidat), il est loin d’incarner le changement attendu par une partie des Bagnolais.

    Reste donc l’alliance derrière Philippe Broche. Cet entrepreneur qui s’était présenté à la tête de la Chambre de commerce et d’industrie du Gard est un visage connu du milieu associatif bagnolais. Soutenu par le Parti communiste qui a pleinement intégré sa liste et souhaite incarner un programme de rupture, Philippe Broche a créé une dynamique qui lui permet de rassembler 200 personnes à chaque réunion publique. Le candidat d’« Ensemble changeons Bagnols » s’est fixé quatre priorités : la santé, la jeunesse, la sécurité (voir page 8) et le dynamisme économique.

    « On ne peut pas parler de relance de Bagnols-sur-Cèze si on ne parle pas de changement d’image de marque. Il faut donner de l’élan au centre-ville en mettant en place un grand marché de manière à créer un parcours commercial. Pour la santé, nous voulons créer un pôle santé avec des logements pour les étudiants. J’ai aussi sur ma liste l’ancien directeur des urgences de l’hôpital de Nîmes qui sera président du conseil de surveillance à ma place si je suis maire. Pour la jeunesse, j’ai des investisseurs avec moi qui vont venir créer un bowling avec un pôle d’animations jeunes comme les jeunes l’ont demandé », détaille Philippe Broche.

    Un bastion industriel

    Si l’histoire de Bagnols-sur-Cèze remonte à l’antiquité, elle est aujourd’hui surtout marquée par l’industrie. De 5 500 habitants en 1950, sa population dépasse les 16 000 dix ans plus tard avec l’implantation du Centre de recherche nucléaire de Marcoule. Elle devient ainsi la capitale du Gard rhodanien qui est le deuxième pôle industriel d’Occitanie.

    Fief du Parti socialiste, Bagnols a été dirigée depuis 2008 par le duo Jean-Christian Rey (aujourd’hui président de la communauté d’agglo du Gard rhodanien) et Jean-Yves Chapelet (qui a quitté le PS en 2018).

  • [Entretien] Karim Ghendouf : « Airbnb sans régulation est un fléau pour La Ciotat »

    [Entretien] Karim Ghendouf : « Airbnb sans régulation est un fléau pour La Ciotat »

    La Marseillaise : Quelles sont vos perspectives dans cette dernière ligne droite ?

    Karim Ghendouf : On va consacrer notre semaine à aller à la rencontre des habitants sur les marchés, dans les grands quartiers de la ville et à la sortie des écoles. Ce lundi, on va distribuer notre programme dans les quartiers de l’Abeille et des Matagots. On incarne le vote utile à gauche dès le premier tour. Parce qu’on a le risque que la gauche ne soit pas au second tour. L’extrême droite, aujourd’hui, est dans la rue à La Ciotat et ils sont très mobilisés. Nos propositions sont des oppositions à la droite et à l’extrême droite. L’objectif, cette semaine est d’informer sur toutes les propositions qu’on formule, aller à la rencontre des habitants et échanger avec eux. Vendredi, on aura un temps fort avec un grand pot de fin de campagne à notre siège.

    Quel bilan dressez-vous d’ores et déjà de ces rencontres avec les habitants et de la campagne ?

    K.G. : Ça s’est bien déroulé. On a fait notre grand meeting la semaine dernière, dévoilant notre programme et la liste. On a fait plusieurs quartiers de la ville et on a un très bon accueil auprès des habitants sur leurs lieux de vie et de travail. Notre liste reflète la diversité sociale de notre commune et des quartiers. C’est une fierté d’avoir réussi à unir les forces de gauche. C’est un travail qu’on a entamé avec conviction et humilité. Ça a été compliqué par moments de convaincre de former une grande union, mais on a réussi. Nous avons reçu le soutien de L’Après et même de Place publique ce matin. Donc on continue notre dynamique de rassemblement des forces citoyennes, écologistes et de gauche à l’échelle du département et de notre commune.

    À travers vos mesures phares, vous voulez donner un nouveau cap de gauche à la ville, en la changeant en profondeur ?

    K.G. : On veut un nouveau cap pour La Ciotat. Concrètement, le logement est notre priorité numéro 1. On a plusieurs objectifs. Le premier est d’atteindre 30% de logements sociaux à l’issue de notre mandat. On aura une attention particulière pour les plus modestes. Le second est la régulation des Airbnb, en passant de 120 jours de location à 90 jours maximum et en se donnant les moyens d’y parvenir en renforçant les contrôles sur les déclarations. Il faut savoir que Monsieur Doriol a refusé la limitation de 120 jours à 90 jours en expliquant qu’il n’y avait pas de problème d’Airbnb sur la ville. On a lancé une pétition l’année dernière, on a fait des questions écrites, il est resté sourd à notre demande en considérant qu’il n’y avait pas de problème.

    Notre priorité numéro 2, c’est l’école. On souhaite construire une école à l’Est de la ville, là où l’urbanisation a été très importante. Plus de 750 logements ont été construits dans ces quartiers, mais il n’y a aucune infrastructure publique. Ça a saturé les écoles de trois grands quartiers de la ville : l’Abeille, Saint-Jean et les Séveriers. Résultat : on surcharge les écoles qui sont plus loin, les parents amènent leurs enfants en voiture, donc ça sature la circulation le matin et à la sortie d’école. C’est un non-sens. D’un point de vue du budget, on veut donner des moyens importants à l’école, sur la rénovation et la prise en compte des aspects climatiques puisqu’on a des écoles qui ferment l’été à cause de la chaleur dans les salles de classe… Aussi, on veut revenir à la gratuité des animations sur le temps périscolaire entre 11h30 et 13h30 et redonner des moyens pour les fournitures scolaires.

    Que faire face à la gentrification de la ville et à la flambée des prix de l’immobilier ?

    K.G. : La libéralisation du permis de construire est le grand responsable. C’est la non-maîtrise de l’urbanisme qui a conduit à cela. Le coût du foncier a exclu une grande partie des Ciotadens. Les gens ne peuvent plus vivre dans la ville et partent dans les communes voisines. La Ciotat est devenue la ville la plus chère en termes de logement et de coût du foncier du département. C’est dramatique. La conséquence d’une politique d’urbanisation sans contrôle. Il faut construire, mais maîtriser. Sans régulation, Airbnb est un fléau pour la ville. Ça retire énormément de logements accessibles pour les habitants. Aujourd’hui, on a une population qui se gentrifie et vieillit. Selon l’Insee, nos jeunes ne peuvent pas se loger, donc partent de notre commune.

    Ça accélère le vieillissement de la population et ça a des conséquences directes sur un certain nombre de services publics, comme les écoles. On est confronté à des fermetures de classes et, à terme, d’écoles sur le centre-ville. C’est un péril. On n’est pas encore à une vitrine touristique totale, mais il y a une tendance forte à ce risque. C’est pour ça qu’on doit agir. La loi nous donne des outils : nous sommes une commune en zone tendue. On doit absolument réguler. Ça contribue à maîtriser le coût des prix de location et du foncier.

    Il faut maintenir une population jeune et une population qui travaille. Beaucoup, aujourd’hui, travaillent sur la commune mais ne peuvent pas s’y loger. J’en ai discuté avec l’Union Pour les Entreprise 13, qui partage ce constat. 95% des gens que je reçois en rendez-vous ont une demande de logement ou une famille qui s’agrandit.

  • Place publique soutient la liste « Hyères Avenir »

    Place publique soutient la liste « Hyères Avenir »

    À Hyères, la gauche unie ne l’est finalement pas complètement, du moins si l’on étend l’alliance jusqu’au centre gauche. Après avoir quitté en juillet 2025 la liste « Hyères, unie à gauche », conduite par Caroline Moulin (Les écologistes), Place publique Var s’est en effet rangée derrière Nicolas Massuco et la liste citoyenne (SE) « Hyères Avenir ». Ses responsables s’en expliquent : « Nous partageons le respect des institutions, l’attachement aux valeurs de la République et le rejet des extrémistes. Nous appelons les sociaux-démocrates à nous rejoindre pour un projet juste et tourné vers l’avenir. »

    LFI dans le collimateur

    Avec cette position, les représentants du parti de Raphaël Glucksmann souhaitent se démarquer de « Hyères, unie à gauche », qu’ils considèrent comme « essentiellement portée par LFI. Le PS s’étant retiré, nous sommes la seule liste qui porte les valeurs sociales-démocrates ». Quand bien même la tête de liste en face est écologiste et que les colistiers proviennent de différents horizons (PCF, l’Après, Génération.s, Debout !, REV). « Certes, mais LFI est largement représentée, avec un numéro 2 REV [Rachid Setouty, Ndlr.] affilié », soutient Pascal Colin, co-chef de file PP à Hyères. Des propos auxquels Caroline Moulin a répliqué : « M. Massuco se dit PRG, mais s’affiche sans étiquette, ratisse au centre droit, et dit “ni droite ni gauche” dans ses discours. Et puis, est-ce que la social-démocratie a porté ses fruits par le passé ? On est la liste de gauche et écologique hyéroise, et là-dessus, on reste ferme. »

    De son côté, « Hyères Avenir » entend néanmoins porter des orientations écologiques, dont « une réduction des constructions et l’accélération de l’opération Grand Site de Giens », ainsi que la promotion de « l’agroécologie et les circuits courts ». Sur le volet social, Place publique affirme que la liste défendra « des actions fortes auprès des mineurs pour réduire les inégalités sociales », en instaurant « l’égalité réelle hommes-femmes dans tous les domaines de la vie locale » et en « favorisant le vivre-ensemble et les liens intergénérationnels ».

  • À Aix, Marc Pena dévoile son équipe « de rupture »

    À Aix, Marc Pena dévoile son équipe « de rupture »

    Marc Pena (PS), tête de liste d’Aix Avenir, qui rassemble le Parti socialiste, le Parti communiste, les écologistes, Génération écologie, Place Publique et le Partit occitan, le reconnaît volontiers : « Sur les tous premiers [noms de la liste, Ndlr], il y a eu du temps passé, avec l’affirmation de chacun pour trouver une place. » Et les conclusions des débats sont tombées ce mardi, dans le petit jardin de la Villa Acantha, où ont été révélés les 54 colistiers de l’actuel député socialiste.

    à ses côtés, pour défendre son programme de « rupture, par le concret et le sérieux de [ses] propositions » figure en deuxième position Magali Bailleul, coordinatrice de Place Publique à Aix, suppléante de Marc Pena à l’Assemblée et professeure d’histoire-géographie. En troisième position, ce sont les écologistes et « la jeunesse » qui sont mis en avant avec Clément Frel-Cazenave, chef de file du parti en terres aixoises. « La dernière fois [élections municipales de 2020, Ndlr], les écologistes avaient voulu être indépendants et nous ont énormément manqué […], a tenu à souligner le candidat au fauteuil de maire. L’écologie est fondamentale. » En quatrième place vient Agnès Daures (DVG), aujourd’hui conseillère municipale d’opposition aux côtés de Marc Pena et un temps à la tête de l’Union locale de la CGT. David Tessier, chef de file du PCF pour les municipales à Aix, occupe pour sa part la cinquième position.

    « La seule liste à pouvoir battre Sophie Joissains »

    « Je suis content qu’il existe une liste qui rassemble de façon extrêmement large le périmètre le plus vaste possible de toutes les forces écologistes, sociales, démocrates et citoyennes, fait valoir David Tessier. Je pense que devant l’urgence de la situation nationale, mais aussi et surtout pour une élection municipale, il y a une nécessité absolue à marquer une rupture. Et la liste qui rassemble les forces de gauche, écologistes et citoyennes à Aix est la seule capable de marquer cette rupture, parce que c’est la seule capable de gagner. » Une opinion partagée par Marc Pena, certain que sa liste est « la seule à pouvoir battre Sophie Joissains ».

    L’actuelle maire (UDI) d’Aix-en-Provence est à la tête de la Ville depuis la démission de sa mère, Maryse Joissains (LR), en 2021, pour raisons de santé. Cette dernière avait été condamnée fin 2020 à huit mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêts et détournement de fonds, peine confirmée définitivement par la Cour de cassation en novembre 2021. Sophie Joissains est créditée, dans le dernier sondage Ifop-Fiducial publié dans La Provence, de 34% des voix au premier tour, devançant de 13 points la liste de Marc Pena. « Je pense qu’aujourd’hui, nous avons une usure du pouvoir, depuis 25 ans [que les Joissains sont à la tête de la Ville, Ndlr], note-t-il. Nous avons une responsabilité très importante car nous représenterons la rupture. » Le même sondage projette un score de 20% pour la liste de Jean-Louis Geiger, en lice pour le Rassemblement national, contre 5,4% en 2020 (liste de Nathalie Chevillard). Un important et inquiétant gain de terrain pour l’extrême droite dans la deuxième ville des Bouches-du-Rhône.

    Quid du second tour ?

    « Dans les sondages, [le RN] fait un score inédit, très très haut, s’alarme Marc Pena. Il arrive à Aix ce qu’il se passe un peu partout, nous ne sommes pas miraculeusement préservés. Maintenant, je continue de croire que notre ennemi fondamental, au vu de nos valeurs, c’est l’extrême droite. » Au sujet d’un potentiel remaniement de la liste au second tour, avec l’éventuelle perspective d’une alliance avec la liste insoumise menée par Julie Boronad et crédité de 10% dans le même sondage, Marc Pena ne donne pas de réponse définitive. « Les résultats électoraux détermineront un certain nombre de choses, confie-t-il. Si LFI fait 10%, je me pose la question de savoir s’ils se maintiendront ou pas, avec, à ce moment-là, beaucoup plus de difficultés pour nous, puisqu’on ne pourra pas aller chercher les réserves de voix qu’ils peuvent représenter. »

  • Julien Toulgoat dans la course à Solliès-Toucas

    Julien Toulgoat dans la course à Solliès-Toucas

    Il ne voulait pas laisser le champ libre à son ex-partenaire politique. Colistier de Jérémie Fabre (SE) en 2020, Julien Toulgoat, encarté Place publique, présente sa propre liste – Toucas Com’1, collectif citoyen sans étiquette, « car on est de divers courants, certains ne nous rejoignant que par amour du village », précise-t-il –, après avoir quitté la majorité en 2021, lors des élections départementales, auxquelles il s’est présenté avec une étiquette Écologiste. « Je voulais poursuivre le projet de 2020 : amener de la jeunesse, une autre vision de la politique. J’en ai parlé au maire, ça a été la furie. Il a refusé ma candidature contre le conseiller départemental sortant, au prétexte qu’on perdrait toute subvention de la communauté de communes et du département », détaille ce militant anti-discrimination de 41 ans.

    Un « mal-être » illustré par « le turnover des agents »

    Le conseiller municipal se lance ainsi « pour la démocratie, car on doit laisser aux citoyens le choix entre plusieurs visions. Je n’ai plus du tout la même que le groupe majoritaire », justifie-t-il. Il demeure en effet le seul à se présenter face au maire sortant. « Nous ne voulons pas laisser faire ce qui se fait actuellement, explique Julien Toulgoat. Nous œuvrons pour le vivre-ensemble, l’écoute, et surtout garder notre âme de village, amenée à disparaître avec certains projets. »

    Le candidat pointe « un mal-être grandissant » au sein de la commune, notamment marqué par « le grand turnover des agents municipaux. Dans le privé, il y aurait des remaniements pour stopper l’hémorragie ». En réponse, Toucas’1 défend quatre axes : la défense du service public, la participation citoyenne, l’amélioration du quotidien, mais aussi des commodités. Un projet construit à travers des « échanges avec les Toucassins ».