« Le directeur académique des services de l’éducation nationale (Dasen) a mis sur la table, mercredi, 168 suppressions de postes pour seulement 94 ouvertures, dans les Bouches-du-Rhône pour le 1er degré », explique, mécontent, Franck Neff, professeur des écoles et membre de la FSU-SNUipp 13. Il poursuit : « On se mobilise aussi avec le second degré, il y a un ras-le-bol général et des classes surchargées. Ils vont nous imposer une carte scolaire, le 2 avril, mais nous n’en voulons pas. » La carte scolaire désigne à la fois l’affectation des élèves dans les établissements, selon leur lieu de résidence, et la répartition des moyens, comme les ouvertures ou fermetures de classes. Elle doit favoriser la mixité sociale en répartissant les élèves d’un même territoire.
Une professeure d’anglais du lycée Victor-Hugo, membre de Solidaires, décrit une réalité bien différente : « Victor-Hugo est situé dans un quartier défavorisé où la mixité sociale est quasi inexistante. Les élèves viennent de collèges classés Réseau d’éducation prioritaire (REP). » Depuis la réforme de l’éducation prioritaire menée en 2014-2015 par Vincent Peillon, alors ministre de l’Éducation nationale, les lycées ont été exclus du dispositif REP et REP+. « Nous allons avoir des classes plus chargées et moins de moyens, alors que nous devrions être prioritaires pour accompagner nos élèves et leur offrir les mêmes chances que ceux des quartiers plus favorisés », déplore l’enseignante.
Monia Haddaoui, membre de la CGT Éduc’action 13, dénonce les critères utilisés par l’administration : « La direction académique se base désormais davantage sur l’indice de positionnement social et délaisse les dispositifs REP et REP+. » La CGT Éduc’action revendique des classes limitées à 20 élèves, et à 15 dans les zones prioritaires. « On se retrouve avec des fermetures de postes essentiels, des classes dédoublées en REP+, tandis que des postes sont créés dans les services administratifs », conclut-elle.

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