Tag: suppressions de postes

  • Forte mobilisation contre le « plan d’efficience » à l’hôpital d’Aubagne

    Forte mobilisation contre le « plan d’efficience » à l’hôpital d’Aubagne

    Ou plutôt un énième plan d’austérité avec « la suppression de 50 équivalents temps pleins », s’insurgent-ils. En un mot : « inacceptable ».

  • Le service postal recule au détriment de la population

    Le service postal recule au détriment de la population

    Beausoleil à Nîmes, Tamaris à Alès, Bouisson-Bertrand et Sarrail à Montpellier. Les bureaux de poste disparaissent les uns après les autres ces dernières années. Un coup dur pour les populations, qui voient par la même occasion un distributeur de billets et/ou un bureau de banque fermer. Depuis plusieurs années, la direction de La Poste assume cette politique en la justifiant par une baisse de l’envoi de courrier.

    « On ne peut pas nier que le courrier diminue, mais par contre le nombre de colis à distribuer, lui, augmente fortement. Il y a des livreurs privés mais beaucoup délèguent à La Poste surtout dans des coins reculés où ce n’est pas rentable pour eux », explique un postier. La ruralité n’est en effet pas épargnée par la diminution du service postal. C’est par exemple le cas à Mandagout, dans les Cévennes gardoises, où le maire Emmanuel Grieu vient d’alerter la sous-préfète du Vigan, Anne Levasseur, sur les changements opérés par La Poste. « Nous avons lancé une pétition qui a recueilli une centaine de signatures », explique l’édile. « Nous voulons que le service s’améliore donc on va en parler à la sous-préfète qui est référente poste pour le département, parce que la direction de La Poste n’est jamais joignable. Nous voulons recevoir notre courrier. Il n’est parfois pas livré, ou avec du retard, ou chez le voisin. Les facteurs changent tout le temps sauf que chez nous, il y a 36 hameaux et si on ne connaît pas, on est en difficulté. »

    Un postier ayant plus de quinze ans d’ancienneté et souhaitant rester anonyme, confirme : « Tous les deux ans, il y a une réorganisation et on nous rajoute toujours du travail. Sauf qu’on nous a dit qu’on ne pouvait plus faire d’heures supplémentaires. Moi, on m’a allongé ma tournée de l’équivalent de deux heures de charge supplémentaire alors que j’étais déjà en difficulté. La direction me dit que c’est possible, qu’elle a fait ses calculs et que ça passe. Je ne sais pas comment ils font leurs calculs, on essaie de leur expliquer que ce n’est pas possible mais ils ne veulent rien entendre. J’ai signalé tous les jours que je ne pouvais distribuer que l’urgent et les colis. Et même malgré ça, je ramenais des colis et le courrier restait dans le bureau pendant des semaines. »

    Pissevin en sursis, Estanove aussi

    La mobilisation s’organise aussi dans les capitales héraultaises et gardoises. À Nîmes, c’est le bureau de poste dans le quartier Pissevin qui a cristallisé la fronde depuis la fin mai, lorsque la direction de La Poste a informé le maire qu’elle allait fermer le bureau suite aux plaintes des agents obligés de travailler dans des locaux insalubres. Grâce à la mobilisation de la nouvelle municipalité et du préfet du Gard Jérôme Bonet, une solution transitoire a été trouvée. Le bureau restera ouvert au moins tout le mois de juin. En effet, il sera accessible quatre matinées par semaine (lundi, mardi, jeudi et vendredi), en espérant que de nouveaux locaux soient trouvés d’ici là.

    « Nous cherchons à pérenniser le bureau dans le cadre de la rénovation urbaine avec un nouveau site pour accueillir la poste  », indique le cabinet du maire Vincent Bouget, qui appelle la population à poursuivre la contestation. Le centre social des Mille Couleurs a également lancé une pétition pour mobiliser les habitants du quartier.

    À Montpellier, dans le quartier d’Estanove, le bureau de poste garde aussi ses portes closes depuis le 12 novembre. Officiellement, il est fermé pour travaux suite à des dégâts des eaux. Mais la population craint que cette fermeture ne soit définitive. Elle a donc aussi lancé une pétition, qui a récolté plus de 400 signatures. Le 27 mai, elle s’est également rassemblée devant la mairie de Montpellier pour faire entendre son mécontentement et son inquiétude. Un nouveau rassemblement est prévu le samedi 13 juin devant le bureau d’Estanove, même si la direction a promis, suite à la première manifestation, qu’il serait rouvert progressivement à partir de la deuxième quinzaine de juin.

  • Grève massive au centre hospitalier d’Allauch

    Grève massive au centre hospitalier d’Allauch

    « On souhaite une direction à plein temps, on veut continuer à exister pleinement et se développer », le secrétaire général de FO du centre hospitalier d’Allauch, Antony Collu, ne cache pas son énervement, ce mardi. En cause ? Des problématiques de gouvernance à répétition selon lui. « On a subi une direction, qui était commune avec l’hôpital d’Aubagne, pendant 2 ans. Ça s’est très mal passé », entame-t-il. Avant de rentrer dans le vif du sujet : « Cette direction prend fin le 1er juin, mais on a reçu une note, la semaine dernière, nous annonçant une nouvelle direction par intérim puisque le directeur est également dirigeant du centre gérontologique de Montolivet. » De quoi illustrer, pour son organisation, le manque d’attention des autorités de santé pour l’établissement allaudien et « un manque de transparence ». D’où un mouvement de grève « massif », ce mardi. « Il y avait plus de 200 agents mobilisés, c’était inédit », poursuit Antony Collu.

    Son organisation revendique « le développement » du centre, alors qu’ils craignent des baisses de moyens potentiellement à venir du fait de cette direction « commune avec l’AP-HM ». « On redoute des suppressions de postes et des fermetures de lits. Il y a déjà eu un projet de délocalisation de notre service addictologie, on veut pas que ça se reproduise », assure le syndicaliste. Notons que plusieurs élus locaux, dont le maire Lionel De Cala (LR) ou encore l’élu d’opposition communiste Frédéric Dutoit étaient présents en soutien aux grévistes.

  • Dans le secondaire, les collèges payent le prix fort

    Dans le secondaire, les collèges payent le prix fort

    « Jusqu’à présent on avait une hausse des effectifs que les moyens alloués ne suffisaient pas à compenser, et maintenant qu’on a un léger tassement démographique, on nous enlève plus massivement des postes et des moyens », dénonce Stéphane Audebeau, co-secrétaire académique du Snes-FSU Montpellier. Le second degré (collèges et lycées) n’est pas épargné par les suppressions de postes et les fermetures de divisions, conséquences directes « d’une baisse des dotations horaires globalisées dans tous les départements de l’Académie », qui cible plus particulièrement les collèges.

    Ceux du Gard accusent une perte de 868 heures et ceux de l’Hérault, une baisse de plus de 500 heures d’enseignement, qui se traduisent respectivement par la suppression de 26 et 21 postes d’enseignants à la rentrée prochaine. Si on pousse un peu plus dans le détail, les 21 postes supprimés dans l’Hérault sont le résultat de 46 suppressions auxquelles sont soustraites 25 créations, mais des créations quasiment toutes (20) dévolues aux deux nouveaux collèges, à Juvignac et Maraussan, qui ouvrent en septembre. Autrement dit, « si on enlève les deux nouveaux établissements, c’est 41 suppressions. C’est pour ça qu’on parle vraiment de saignée au collège pour cette rentrée 2026 », insiste le représentant du Snes FSU.

    « Cette baisse démographique est instrumentalisée »

    L’Académie justifie ses choix par une baisse des effectifs scolaires, que Stéphane Audebeau préfère qualifier de « tassement ». « Sur les lycées de l’Académie, cette baisse est de – 0,6%. Dans les collèges de l’Hérault, on est à
     0,8%… C’est très faible. Cette baisse démographique est complètement instrumentalisée. Elle est vraiment à relativiser. Ensuite, pour nous, c’est une chance historique qu’on attend depuis longtemps de pouvoir améliorer le fonctionnement du système éducatif, alors que depuis plus de 10 ans les moyens par élève ont considérablement baissé et les effectifs par classe, augmentés. Là, on s’en éloigne complètement », déplore le syndicaliste.

    Bien que moins impactés, les lycées ne sont pas pour autant épargnés. « S’ils ont reçu, au niveau académique, une dotation équivalant à zéro, c’est-à-dire pas de baisse ni de moyens supplémentaires, au final on assiste quand même à 14 suppressions de postes dans l’Académie, sachant qu’un nouvel établissement ouvre à Cournonterral, dans l’Hérault, qui absorbe 22 créations », détaille Stéphane Audebeau.

    Au-delà des postes d’enseignants, certains dispositifs sont également sacrifiés, notamment dans les collèges, en lien avec la baisse des dotations horaires globales. « Il y a tout un ensemble de dédoublements, en sciences et langues vivantes notamment, qui ne sont plus possibles parce que les collèges n’ont pas de marge suffisante pour les mettre en place. On est aussi parfois obligés, sur certaines options, je pense notamment à l’allemand, l’italien ou l’occitan, de regrouper plusieurs niveaux (5e, 4e, 3e…) dans un même groupe », regrette le co-secrétaire académique du Snes-FSU Montpellier. Qui pointe également « le manque de personnels de vie scolaire et de santé » dans les établissements.

  • Le rectorat se défend en opposant la « raison » à « l’émotion »

    Le rectorat se défend en opposant la « raison » à « l’émotion »

    Les concertations concernant la carte scolaire 2026 dans l’Académie de Montpellier n’ont pas créé de consensus, loin s’en faut. Dans le Gard comme dans l’Hérault, des CSA (Comités sociaux d’administration) de repli ont dû être convoqués après que les représentants du personnel ont voté à l’unanimité « contre » les propositions d’arbitrages présentées par l’Académie, prévoyant la suppression de 27 postes dans le Gard et 20 postes dans l’Hérault, et se traduisant par la suppression de dizaines de classes dans chacun des départements.

    Les décisions de fermetures sont cependant assumées pleinement par les responsables des services de l’éducation, qui mettent en avant l’argument de la « raison », compte tenu de la baisse démographique qui s’est enclenchée partout sur le territoire. Une étude inédite du ministère de l’Éducation publiée le 8 avril prévoit que les écoles, collèges et lycées français vont perdre 1,7 million d’élèves d’ici une dizaine d’années. Christophe Mauny, directeur académique des services de l’éducation (Dasen) du Gard, affirme : « Nous avons perdu un peu plus de 6 000 élèves entre 2015 et 2025 dans le département et la tendance ne fait que s’accélérer. Je pense donc que nous sommes au début d’un nouveau cycle. De plus en plus d’ajustements seront nécessaires dans les années à venir. » Même constat dans l’Hérault, qui prévoit une baisse de 1 818 élèves dans les établissements publics du premier degré à la rentrée 2026. « Avec ces chiffres, il faut bien comprendre qu’on aurait pu supprimer 80 postes et nous ne l’avons pas fait, parce qu’il ne s’agit pas d’une gestion comptable, se défend Aymeric Meiss, Dasen de l’Hérault. D’ailleurs, le nombre d’élèves par classe va quand même diminuer dans le département, puisqu’il est en moyenne de 21,8 cette année et qu’il sera de 21,6 l’année prochaine », dit-il.

    Quels critères

    pris en compte ?

    Aymeric Meiss, comme son homologue du Gard, affirme que la prise en compte de la justice sociale et des équilibres territoriaux est au cœur de chaque décision. « Les critères retenus font toujours appel à l’équité, assure-t-il. Nous veillons à ce qu’un territoire plus fragile ait plus de moyens, c’est d’ailleurs le principe même de l’éducation prioritaire. Nous veillons aussi à ce qu’il y ait un équilibre entre chaque territoire, notamment pour la création de dispositifs inclusifs. Le tout, en nous assurant que le nombre d’élèves par classe soit comparable sur des territoires comparables. » De son côté, Christophe Mauny garantit que le bien-être des élèves est la priorité : « Les Dasen connaissent le métier parce qu’ils ont souvent été enseignants ou chefs d’établissements et c’est la raison pour laquelle nous sommes précautionneux pour garder un équilibre décisionnel. Chaque année, c’est un rendez-vous qui provoque des réactions très vives. Nous l’entendons évidemment et c’est aussi la raison pour laquelle j’ai proposé quatre réunions aux élus dans le département, pour communiquer en toute transparence sur la manière dont la carte scolaire est élaborée. »

    Toujours selon le Dasen du Gard, les moyens mis à disposition par le gouvernement ne se traduisent pas seulement par des ouvertures ou des fermetures de classes, mais aussi par des outils d’accompagnement des équipes, notamment à travers la mise en place de Pôles d’appui à la scolarité (PAS), qui remplacent progressivement les anciens pôles inclusifs d’accompagnement localisés (Pial). « Dans l’Hérault, je constate que les moyens de l’enseignement sont préservés et permettent de déployer les PAS et d’ouvrir aussi deux classes Ulis », argumente Aymeric Meiss dans le même sens. Il conclut : « Nous sommes un service public de proximité et nous cherchons à l’être de manière efficace, c’est-à-dire à ne pas subir la démographie, mais plutôt à l’anticiper et à y répondre de manière dynamique. »

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Avignon, « On veut que le gouvernement assume »

    [Grève dans l’éducation nationale] À Avignon, « On veut que le gouvernement assume »

    « On nous avance sans arrêt le prétexte de la baisse démographique. Mais, en réalité, l’austérité vise l’Éducation nationale. La situation ne cesse de se dégrader », lâche Sylvain Bartet, secrétaire départemental de la FSU en Vaucluse, ce mardi 31 mars, en amont d’un rassemblement devant la direction académique de Vaucluse, à Avignon.

    Une cinquantaine de manifestants ont bravé le mistral pour répondre à l’appel national d’une intersyndicale « pour plus de moyens dans l’éducation ». À Avignon, étaient présents des membres de la FSU, de la CGT, de Solidaires et de l’Unsa. « Nous dénonçons des choix politiques, budgétaires d’abord, synonymes de dégradations des conditions de travail, de poursuite du déclassement salarial de nos professions et d’abandon des ambitions émancipatrices du service public », appuie Sylvain Barthet.

    Le bateau coule

    Dans le premier degré, 46 fermetures de classes et 13 suppressions de postes sont envisagées dans le département. Pour le second degré, un comité social d’administration (CSA) est prévu, ce jeudi 2 avril, à la direction académique de Vaucluse. Le syndicat Force ouvrière a annoncé la tenue d’une manifestation en amont de cette réunion. « On voit le bateau couler d’année en année », ajoute Xavier Cerna, co-secrétaire CGT Éduc’action 84 et enseignant au lycée de l’Arc, à Orange. Les deux responsables syndicaux insistent sur le fait que la baisse démographique, argument utilisé par la direction académique pour justifier les fermetures de classes et les suppressions de postes d’enseignants, « devrait permettre un enseignement de meilleure qualité ». « Il y a dix ans, j’avais 22 élèves par classe. J’en ai aujourd’hui plus de 30 et ça devient très compliqué », illustre le représentant de la CGT. « La départementalisation des remplaçants n’amène rien de bon et ne résoudra aucun problème », ajoute Mélanie Saïsse, autre co-secrétaire du syndicat. « On veut que le gouvernement assume qu’il s’agit de choix politiques, et qu’il privilégie, par exemple, l’armée plutôt que l’éducation », conclut Xavier Cerna.

  • Le « ras-le-bol général » des enseignants face aux suppressions de postes

    Le « ras-le-bol général » des enseignants face aux suppressions de postes

    « Le directeur académique des services de l’éducation nationale (Dasen) a mis sur la table, mercredi, 168 suppressions de postes pour seulement 94 ouvertures, dans les Bouches-du-Rhône pour le 1er degré », explique, mécontent, Franck Neff, professeur des écoles et membre de la FSU-SNUipp 13. Il poursuit : « On se mobilise aussi avec le second degré, il y a un ras-le-bol général et des classes surchargées. Ils vont nous imposer une carte scolaire, le 2 avril, mais nous n’en voulons pas. » La carte scolaire désigne à la fois l’affectation des élèves dans les établissements, selon leur lieu de résidence, et la répartition des moyens, comme les ouvertures ou fermetures de classes. Elle doit favoriser la mixité sociale en répartissant les élèves d’un même territoire.

    Moins de moyens pour les REP

    Une professeure d’anglais du lycée Victor-Hugo, membre de Solidaires, décrit une réalité bien différente : « Victor-Hugo est situé dans un quartier défavorisé où la mixité sociale est quasi inexistante. Les élèves viennent de collèges classés Réseau d’éducation prioritaire (REP). » Depuis la réforme de l’éducation prioritaire menée en 2014-2015 par Vincent Peillon, alors ministre de l’Éducation nationale, les lycées ont été exclus du dispositif REP et REP+. « Nous allons avoir des classes plus chargées et moins de moyens, alors que nous devrions être prioritaires pour accompagner nos élèves et leur offrir les mêmes chances que ceux des quartiers plus favorisés », déplore l’enseignante.

    Monia Haddaoui, membre de la CGT Éduc’action 13, dénonce les critères utilisés par l’administration : « La direction académique se base désormais davantage sur l’indice de positionnement social et délaisse les dispositifs REP et REP+. » La CGT Éduc’action revendique des classes limitées à 20 élèves, et à 15 dans les zones prioritaires. « On se retrouve avec des fermetures de postes essentiels, des classes dédoublées en REP+, tandis que des postes sont créés dans les services administratifs », conclut-elle.

  • La réorganisation au sein de l’hôpital de Digne-les-Bains alarme la CGT

    La réorganisation au sein de l’hôpital de Digne-les-Bains alarme la CGT

    « La CGT du centre hospitalier de Digne dénonce la mise en danger des patients et la dégradation des conditions de travail des salariés. » À quelques jours d’une potentielle décision de la direction de supprimer douze postes, de fermer le service de pneumologie et de réorganiser le pôle de médecine, la CGT alerte sur les risques psychosociaux que cela pourrait engendrer. « Les diminutions de personnel dans les services peuvent réduire les dépenses, mais ils n’améliorent certainement pas la qualité et la sécurité des soins », écrit le syndicat dans un communiqué.

    « Alors que les personnels sont déjà à bout de souffle, que la tension est palpable partout et que nous ne cessons d’interpeller la direction sur les troubles psychosociaux prégnants au sein de l’établissement, ce passage en force de mesures drastiques et peu compréhensibles sans prise en compte de la qualité des soins apportée aux usagers, ne fait que renforcer le mal-être et la perte de sens au travail », alerte la CGT de l’hôpital de Digne.

    De son côté, la direction de l’hôpital souligne que cette réorganisation se fait dans un contexte « contraint », « de pénurie médicale », obligeant à adapter les services. Une proposition de réorganisation sera présentée « par un directoire, convoqué les 27 mars et 3 avril prochains », précise-t-elle. Afin d’accompagner les agents « des pistes de réaffectation leur seront proposées (…) au sein de l’établissement (…) en parallèle, l’hypothèse de fin de contrat est à ce stade à l’étude », mentionne la direction. Et d’exprimer ses « regrets », de devoir mettre en place une telle réorganisation.

  • Grève tournante au lycée Paul-Langevin à Martigues

    Grève tournante au lycée Paul-Langevin à Martigues

    Alors que la sonnerie retentit, des dizaines de parents, de professeurs et d’élèves inquiets se rassemblent devant le lycée Paul-Langevin. En cause : les manques de moyens qui s’accentuent année après année, dégradant les conditions d’enseignement et de travail.

    À la rentrée scolaire 2026, 4 000 postes seront supprimés dans les collèges et les lycées. « Sur la France, ça paraît pas tant que ça, commence le professeur de mathématiques Akrem M’Hamdi. Pourtant si. Ce sont des groupes en moins, donc la fin d’une pédagogie différenciée, individualisée. Ce sont des classes de 35, alors qu’on s’est battus pendant des années pour que les élèves de seconde soient 24 par classe. C’est aussi moins d’accompagnants des élèves en situation de handicap, moins de surveillants. C’est une nouvelle attaque portée à l’école publique. C’est dangereux pour la France de demain. »

    Devant l’établissement, les enseignants distribuent un graphique montrant l’évolution du nombre d’heures par élève entre 2013 et 2026. En 13 ans, la baisse s’établit à 17,08%. « Avant la réforme du lycée, les élèves avaient 32 heures par semaine, rappelle Akrem M’Hamdi. Après, c’est 28 heures par semaine, c’est-à-dire deux mois de cours en moins par an. »

    À Paul-Langevin, les effets de cette « austérité budgétaire » se font déjà ressentir. Élèves en terminale, Lou et Léna témoignent. « On est 36 dans notre classe, donc il y a facilement du bruit, c’est dur d’étudier. On prend du retard sur le programme. Les heures en moins obligent à supprimer des options. L’an dernier c’était l’anglais. L’année prochaine ce sera probablement le latin. On pourra bientôt plus faire de demi-groupe pour les langues, donc on n’aura plus d’oral, alors que c’est nécessaire pour apprendre. Bref, on fait les frais de cette politique et c’est plus vivable. »

    Présents sur place, le maire communiste Gaby Charroux et ses élus annoncent leur intention d’intervenir auprès du rectorat. L’équipe pédagogique annonce quant à elle un mouvement où « deux fois par semaine, des collègues feront grève et se mettront devant le lycée », détaille Akrem M’Hamdi.

  • [Entretien] Frédéric Specque : « C’est le rôle de l’État de défendre notre industrie »

    [Entretien] Frédéric Specque : « C’est le rôle de l’État de défendre notre industrie »

    Ce jeudi s’ouvrent à Pont-de-Claix les assises CGT du Made in France. Une journée de travail durant laquelle le syndicat mettra en avant des solutions pour faire face à la vague de fermetures d’entreprises. À 14h sera organisé un débat avec Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, Sébastien Martin, ministre de l’Industrie, Gisèle Rossat-Mignod, directrice du Réseau de la Banque des Territoires, ainsi qu’un représentant du patronat. Il sera question de l’avenir industriel du pays, à l’heure où les suppressions d’emplois se succèdent. Le cas de la verrerie Arc en est l’un des exemples les plus récents.

    La Marseillaise : Le repreneur de la verrerie Arc, Timothée Durand, a annoncé 250 licenciements secs sur les 700 suppressions de postes. De quoi s’agit-il ?

    Frédéric Specque : Ce que dit M. Durand, c’est que 250 personnes seraient licenciées de force, le reste partirait volontairement. Je ne sais pas d’où il tient ce chiffre. On essaye de limiter au maximum les départs forcés afin de mener ce PSE avec seulement des volontaires, mais ce n’est pas ce qui se passe actuellement. Les personnes qui souhaiteraient partir ne le peuvent pas car elles ne sont pas dans les catégories professionnelles concernées. La difficulté vient du fait qu’on est en redressement, donc on traite avec l’administrateur judiciaire. Son rôle est évidemment de sécuriser au maximum la reprise. Ceci étant dit, on sait très bien qu’on peut trouver des personnes pour remplacer ces départs volontaires.

    Comment les salariés ont-ils vécu l’annonce de la reprise ?

    F.S. : Il n’y avait qu’une seule offre de reprise, donc le fait que le tribunal la valide, ce n’était pas une surprise, le projet avait le soutien à tous les niveaux politiques. Mais ça reste une reprise sous couvert d’un PSE très lourd, avec 704 suppressions de postes, même si on parlait de 900 initialement. C’est l’équivalent d’un quart de l’ensemble de l’effectif aujourd’hui : on passe de 3 500 à 2 700 salariés. Il faut qu’on réfléchisse à comment réorganiser l’usine. C’est quand même une masse de travail qui sera répartie sur les salariés qui restent. Si on fait la même chose que ces trois dernières années avec plus de 1 000 personnes en moins, ça ne fonctionnera pas.

    Sur les vingt dernières années, l’effectif a drastiquement diminué. Comment l’expliquer ?

    F.S. : On était 12 000 au tournant des années 2000. On a eu une première vague de suppression d’emplois entre 2004 et 2006, avec des départs volontaires aidés et des pré-retraites. Ce plan a été prolongé de 2006 à 2008, puis jusqu’en 2010 où on a continué à supprimer des postes. Ensuite, il y a eu la reprise en 2015 et on a réembauché. Pendant quelques années, on a réaugmenté le volume produit sur l’usine et ça nous a permis aussi d’avoir un effectif en partie renouvelé. C’est le bon point de ces dix dernières années. Et puis, on est retombé à 130 000 tonnes de production alors que notre rythme de croisière, il y a 5-6 ans en arrière, c’était 250 000 tonnes. Dick Cashin, l’actionnaire qui était là jusqu’à la validation de la reprise, avait de la volonté et il y a eu une remontée du tonnage. Notre usine a un outil de production qui est construit pour faire des volumes. Malheureusement, la conjoncture actuelle ne s’y prête pas. La nouvelle flambée des prix de l’énergie, ce n’est pas très bon pour nous.

    L’État a-t-il été au rendez-vous ?

    F.S. : L’État a toujours accompagné parce qu’il y avait un actionnaire qui était présent, quoi qu’on en dise. Il est resté là de 2015 à aujourd’hui et n’a pas fait défaut. Néanmoins, je pense que l’État aurait pu aller plus loin, en entrant, par exemple, au capital avec la BPI et organiser des missions de contrôle quant à l’objet des dépenses.

    Comment sauver la production ?

    F.S. : Il reste le problème de la concurrence chinoise, on est envahi par les produits à bas coût, qui, en plus sont des copies de nos modèles, mais trois voire quatre fois moins chers. C’est une catastrophe. L’idée du fabriqué en France n’est pas valorisée. C’est le rôle de l’État et donc du ministère d’organiser la défense de l’industrie. Car, évidemment, le consommateur, quand il a payé son chauffage au prix où il se situe aujourd’hui, l’alimentation et la maison, il ne reste plus grand-chose. Donc forcément, la vaisselle, ça vient après et même si on en a besoin, on va se rabattre sur le moins cher. C’est désolant, mais c’est comme ça.

    Le Pas-de-Calais subit-il de plein fouet une nouvelle vague de désindustrialisation ?

    F.S. : Demain, on arrête Arc, c’est une véritable catastrophe. Notre usine fait vivre la ville, nos sous-traitants, les commerces, les artisans etc. Mais pour qu’il y ait une industrie, il faut un marché. Et pour qu’il y ait un marché, il faut le protéger. Ce n’est pas du tout ce que fait la politique européenne. Il y a un dumping économique et social partout ailleurs. On accepte tout. Et puis là, on vient nous dire en fanfaronnant qu’Arc est sauvé. Oui, Arc est sauvé, il y a un repreneur, certes. Mais à 130 000 tonnes de production quand on en faisait 237 000 il y a trois ans, avec 700 à 800 salariés en moins. S’il n’y a pas de mesures fortes qui sont prises dans les mois ou les années à venir, l’industrie va encore diminuer à un point tel qu’elle deviendra obsolète.