Tag: suppressions de postes

  • Les syndicats de Vaucluse mobilisés ce 31 octobre

    Les syndicats de Vaucluse mobilisés ce 31 octobre

    La CGT de Vaucluse, l’Union syndicale Solidaires 84 et FO Enseignement 84 appellent à la mobilisation à 10h devant la préfecture de Vaucluse, à Avignon. Une manifestation déclarée par Solidaires. Le déroulé d’un éventuel parcours est encore en attente.

    Solidaires rappelle que, malgré l’interdiction de rassemblement dans un large périmètre à Avignon, « plus de 700 personnes se sont réunies samedi dernier à Avignon, afin de protester contre la vie chère, de demander de vraies mesures d’augmentation des rémunérations et bien évidemment en soutien aux revendications de la jeunesse ». En plus de ce samedi 31 octobre, l’organisation appelle à « construire une semaine noire et les conditions de la grève générale et reconductible à partir du 5 novembre ! »

    « Alors que le gouvernement s’obstine dans ses choix austéritaires, les travailleur·ses refusent de payer la facture ! D’autres choix sont possibles pour répondre aux urgences sociales, renforcer les solidarités et faire passer les salariés avant les profits », pousse de son côté la CGT de Vaucluse, rappelant également la date du 5 novembre.

    Un appel également partagé par FO Enseignement 84 qui, dans son appel, se mobilise « pour défendre le droit de manifester, contre la violence d’État et la répression judiciaire mises en œuvre pour empêcher l’expression des revendications ».

    Le préfet interdit

    Dans un communiqué émis ce jeudi 29 octobre, l’organisation syndicale regrette notamment que le gouvernement « continue de mépriser les organisations syndicales : nous ne sommes ni des “influenceurs”, ni les extincteurs d’une crise dont seul le gouvernement est responsable ».

    La préfecture annonce, ce jeudi 29 octobre, qu’elle renouvelle l’interdiction de manifester dans le centre-ville d’Avignon et sur les rues et boulevards autour des remparts pour ce samedi. « Ce dispositif, et l’action efficace des forces de police et de gendarmerie, ont permis d’éviter de nouveaux pillages et de nouvelles dégradations le samedi 24 octobre, malgré la présence de groupes déterminés à reproduire ces exactions », assure-t-elle dans le même communiqué.

    Dans le même temps, le couvre-feu pour les mineurs non accompagnés est également renouvelé sur la Cité des Papes, de 18h à 6h du matin.

  • Ce collectif aubagnais refuse l’austérité imposée à l’hôpital public

    Ce collectif aubagnais refuse l’austérité imposée à l’hôpital public

    Le collectif de défense de l’hôpital Edmond-Garcin, qui rassemble du personnel hospitalier, des retraités du secteur de la santé et des citoyens aubagnais mobilisés pour la préservation des services publics, a organisé, lundi soir, une réunion d’information. Deux sujets ont été évoqués : le plan d’efficience qui touche Edmond-Garcin et le projet du nouvel hôpital. L’objectif était d’échanger sur les actions à mener afin de donner de la visibilité à leur combat, appeler à la mobilisation et ainsi provoquer des changements concrets pour l’hôpital public d’Aubagne.

    Le contrat d’efficience signé entre l’Agence régionale de santé (ARS) et la direction de l’hôpital contraint l’établissement de santé à proposer les meilleurs soins possibles tout en minimisant les ressources économiques engagées. Cristel Migliaccio, infirmière anesthésiste et secrétaire générale de la CFDT à l’hôpital, déplore « qu’on privilégie la “productivité médicale” au détriment du bien-être des patients. Le contrat prévoit par exemple le non-remplacement automatique en cas d’absence, c’est-à-dire qu’on préfère attendre le plus possible avant de remplacer un collègue absent. Par exemple, l’ORL, parti à la retraite, ne sera pas remplacé et le poste de l’infirmière addictologue a été supprimé. Le “mode dégradé” est devenu la norme ». Ce mode dégradé force l’établissement à fonctionner en sous-effectif, ce qui inquiète les usagers de l’hôpital, qui dessert un bassin d’environ 300 000 habitants, rappellent les membres du collectif.

    Au travers des critiques du contrat d’efficience et de ses suppressions de postes, le collectif dénonce la démolition de la santé publique. « Quand on met plus d’infirmières dans les différents services, les gens meurent moins, cela a été démontré. On a besoin de personnel pour du soin de qualité. On est en train de priver l’hôpital des ressources dont il a besoin. Il faut agir pour défendre le service public hospitalier et son personnel », se lamente David Almosnino, médecin anesthésiste-réanimateur à Aubagne.

    Le nouvel établissement toujours d’actualité

    Pour lutter contre le manque de capacité d’accueil et de soin d’Edmond-Garcin et renforcer sa présence sur le terrain, le collectif de défense de l’hôpital envisage de partager une pétition et d’écrire une lettre ouverte aux élus locaux. Le projet du nouvel hôpital apparaît aussi comme une solution au vu de l’état présent du centre hospitalier d’Aubagne. « La nécessité l’impose, on ne peut plus rester dans l’hôpital actuel. Il a plu dans les locaux la semaine dernière », s’alarme Cristel Migliaccio.

    Le collectif exprime par ailleurs sa volonté de s’inscrire dans un mouvement plus large. « Il existe une cohorte nationale qui regroupe différentes associations et collectifs comme le nôtre et qui se réunit prochainement à Remiremont, dans les Vosges. Il s’agit d’être mieux organisé. Cette coordination au plan national permettrait d’avoir un impact plus profond », explique Yves Perrin-Toinin, médecin retraité et ancien conseiller municipal (PCF) à Aubagne.

  • Les précisions du directeur de l’hôpital de Manosque

    Les précisions du directeur de l’hôpital de Manosque

    Directeur du centre hospitalier, Gilles Duffour avait confirmé dans nos colonnes le report de la présentation du plan d’efficience, mais refusé de détailler les réductions ou suppressions de postes de ce qu’il appelle « un plan de redressement », préférant attendre la présentation officielle.

    Suite à la publication de l’article mentionnant également le point de vue d’un médecin chef de service, de la CGT et de Camille Galtier, président du conseil de surveillance, il tient à préciser que le plan d’efficience « n’est pas une initiative isolée de la direction », mais une réponse « à une demande des autorités de tutelle » et qu’il a « pour seul objectif de garantir la pérennité de l’hôpital et la qualité des soins dispensés à la population du territoire ».

    Rebondissant sur le terme « chantage » utilisé par Vincent Roumieu, chef du service médecine interne et infectieuse pour qualifier la demande qu’il leur a été faite de contre-propositions d’économie, Gilles Duffour affirme que cette sollicitation relève « du fonctionnement normal de la gouvernance hospitalière » et que « y voir une forme de pression revient à travestir une démarche de concertation que la direction a voulu et assume pleinement ».

    Il tient enfin à préciser que « contrairement à ce qui est laissé entendre, aucune mesure du plan d’efficience n’a été mise en œuvre avant sa présentation ». Dans l’article, Vincent Roumieu et la CGT disent : « On a peur que quand ils présentent le plan, toutes les suppressions de poste aient déjà eu lieu ». Et de justifier leurs craintes par le non-remplacement des départs à la retraite et du non-renouvellement des personnes en CDD depuis des années. Ce à quoi Gilles Duffour rétorque que c’est un sujet « relevant de la gestion courante des effectifs », examiné « au cas par cas, en fonction des besoins des services ».

  • [Entretien] Marion Chopinet, Snes-FSU : « La jeunesse démontre qu’il va falloir compter avec elle »

    [Entretien] Marion Chopinet, Snes-FSU : « La jeunesse démontre qu’il va falloir compter avec elle »

    Dans les salles des professeurs comme dans les classes, le malaise était palpable depuis longtemps. Tous dénoncent une dégradation du système éducatif. Alors qu’une nouvelle mobilisation est annoncée pour le mardi 13 octobre, Marion Chopinet revient sur les ressorts d’un ras-le-bol parti pour durer.

    La Marseillaise : Ce mouvement lycéen s’annonce durable, avec un nouveau rendez-vous le 13 octobre, porté par une intersyndicale lycéenne, étudiante et enseignante, ainsi qu’un appel interprofessionnel de la CGT. Est-ce quelque chose à quoi vous vous attendiez ?

    Marion Chopinet : À la fois, on ne l’a pas vu venir et en même temps, ce n’est pas étonnant du tout. Il y a eu le démarrage en région parisienne et des mouvements ponctuels déjà, avant la rentrée, dans les outre-mer. Cette colère lycéenne gronde depuis pas mal de temps. Elle s’est étendue à toutes les académies après la mobilisation de la fonction publique du 29 septembre. Dans l’académie d’Aix-Marseille, les mobilisations lycéennes commencent autour de cette date, qui a marqué le début des premiers blocus de lycées ici.

    En tant que syndicat enseignant, comment accompagnez-vous les lycéens ? Peut-on parler de convergence des luttes ?

    M.C. : D’une certaine manière oui, car leurs revendications rejoignent les nôtres. Quand on se mobilise, nous, contre les réformes, le choc des savoirs, la réforme Blanquer en fait à l’origine de tout le bazar dans les lycées aujourd’hui, on se mobilise pour nous. Mais nos conditions de travail, ce sont les conditions d’études des élèves. Là, c’est le mouvement lycéen qui a pris le plus d’ampleur et qui continue à grandir et on se rejoint complètement. Après, c’est un équilibre assez difficile à tenir. Car si on a des revendications communes, en dehors des moments où on a nos casquettes syndicales, on est aussi leurs profs. Il ne s’agit pas de confondre les deux et de se servir d’une manière ou d’une autre de l’« autorité » qu’on peut avoir sur eux pour influer sur le mouvement. Cela doit rester le leur, ils doivent pouvoir s’organiser et décider. À nous, éventuellement, de répondre plutôt à leurs sollicitations et à leurs besoins pour avoir un service d’ordre, du matériel pour faire des pancartes, l’accès à un local… Toutes ces manifestations qui associent depuis plusieurs jours personnels de l’Éducation nationale, lycéens, étudiants, d’autres corps de métier et les parents marchent très bien et font la démonstration que le cœur du sujet, ce sont les revendications des lycéens et pas les violences.

    Du côté des enseignants, vous alertez depuis longtemps sur une véritable souffrance…

    M.C. : Nous avons effectivement des enseignants qui sont submergés de tâches annexes, dont les salaires n’ont pas été revalorisés depuis extrêmement longtemps. Ce qui participe aussi de la crise de recrutement et du manque d’enseignants, au-delà des suppressions de postes. Les jeunes ont compris aussi que s’ils veulent avoir plus de profs et plus de candidats au concours, il faut revaloriser le métier. Les revendications autour du statut de la fonction publique pour les AESH sont aussi un enjeu pour nous et les élèves d’avoir des accompagnants pour ceux en situation de handicap. Des personnes recrutées par concours, formées, rémunérées correctement et qui soient présentes dans les établissements pour eux.

    La répression du mouvement lycéen est-elle, selon vous,
    une manière de l’étouffer
     ?

    M.C. : Oui, il y a forcément des consignes pour faire peur le plus possible aux élèves et aux parents. Ces violences policières sont complètement disproportionnées, absolument délirantes. Nous les avons dénoncées dans de nombreux communiqués.

    La réponse apportée par le gouvernement, entre les annonces du Premier ministre sur les prix à la pompe et le déblocage de 3 000 postes d’enseignants, est-elle à la hauteur ?

    M.C. : Ça ne correspond pas du tout à ce qu’on demande, même si pour les enseignants aussi, la question du prix de l’essence et de ce que coûtent les trajets pour se rendre sur leur lieu de travail, ça compte. Pour les 3 000 postes qui seraient débloqués, on attend de voir la réalité. Nous réclamons surtout des postes au concours, une revalorisation, une réflexion aussi sur le bâti scolaire. Rien n’est dit du tout sur ce qui est essentiel pour les élèves : Parcoursup. Et au-delà, la réforme Blanquer, mise en place en 2018, qui touche au lycée et au bac sans laquelle Parcoursup ne peut fonctionner. C’est elle qui permet cette sélection terrible dans l’accès au supérieur et qui accompagne de façon extrêmement efficace les suppressions postes. Après, il y a eu le « choc des savoirs » avec Gabriel Attal. Tout ça, c’est la déclinaison de la même chose : dire que ça coûte trop cher et qu’il faut trier les élèves le plus tôt possible. Ce qui va à l’encontre du projet du Snes et de la FSU entre autres, qui avait cours depuis les années 80, de démocratisation scolaire, de faire en sorte que la majorité des jeunes arrivent jusqu’à un niveau bac.

    Nous sommes aussi dans un contexte d’austérité budgétaire…

    M.C. : C’est catastrophique, pour l’Éducation nationale comme l’ensemble des services publics. C’est à eux que l’on fait payer le prix de l’austérité et de la dette. Il y a aussi un enjeu autour des budgets des collectivités territoriales et du bâti scolaire. Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est que ces jeunes ont passé des examens sous canicule, l’an passé. Des élèves qui font leur rentrée dans des salles à plus de 30-35 degrés, des journées de cours épuisantes… Toute une réflexion est à mener sur l’adaptation au changement climatique et les budgets qui devaient y être consacrés ne sont pas à la hauteur ou ont été supprimés.

    D’aucuns tournent la mobilisation lycéenne en dérision, s’offusquent des débordements… Comment voyez-vous la suite ?

    M.C. : Je pense que les élèves ont comme perspective de tenir au moins jusqu’aux vacances. Nous, on annonce déjà une nouvelle date à la rentrée, le 5 novembre, avec l’intersyndicale de la fonction publique, sur les salaires, conditions de travail, etc. La consultation inventée par Sébastien Lecornu est aussi une manière d’étouffer ce mouvement. On a vu comment les gouvernements Macron ont fonctionné avec les Gilets jaunes, les cahiers de doléances qui n’aboutissent à rien. Les jeunes l’ont bien compris. Sur la prise en considération, je fais le lien avec les débats sur la loi intégrale, tout ce travail fait par les associations féministes et enfantistes. Cela dit, vu comment notre société regarde les enfants et les jeunes, se méfie d’eux, considère qu’ils n’ont pas droit à la parole… Ils font la démonstration que la jeunesse, c’est autre chose que de rester collé sur son téléphone et qu’il va falloir compter avec eux. Le monde qu’on est en train de construire, c’est le leur. Ils ont droit au chapitre.

  • [Exclusif] Le plan d’économies de l’hôpital de Manosque bute sur la colère de médecins

    [Exclusif] Le plan d’économies de l’hôpital de Manosque bute sur la colère de médecins

    Alors que le plan d’efficience devait être présenté vendredi dernier en conseil de surveillance, il a été reporté au 4 décembre, face à l’opposition de certains médecins qui disent ne plus faire « confiance » à la direction pour mettre en place ce plan d’économies et de « réductions de postes ».

    « Cette année m’a appris à ne pas avoir confiance. On s’est pris des coups de couteau dans le dos. On ne peut pas construire ensemble, c’est un conflit », avance Vincent Roumieu, chef du service médecine interne et infectieuse. « C’est très vertical, c’est un fonctionnement clairement autoritaire. On est prêts à réfléchir, à voir comment on peut faire des économies sur nos pratiques médicales, changer certaines habitudes. Mais eux, leur seule logique, c’est supprimer des postes, des soignants », affirme le médecin.

    La décision du report aurait été prise le 21 septembre, lors de la commission médicale d’établissement, pendant laquelle des médecins auraient exprimé leur opposition. « Quand ils nous ont présenté ça, ça a gueulé, je me suis énervé », se rappelle Vincent Roumieu. « On a peur que, quand ils présentent le plan, toutes les suppressions de postes aient déjà eu lieu », craignent le chef de service et la CGT, alors que des départs à la retraite ne sont déjà pas remplacés et des personnes en CDD depuis des années non renouvelées.

    « Un chantage »

    Vincent Roumieu dénonce un « chantage » de la direction, qui aurait demandé aux médecins insatisfaits de faire leurs propres contre-propositions d’économies, selon lui et la CGT. « On doit s’occuper de leur boulot. Ils nous ont dit de nous débrouiller pour proposer autre chose. Le plan a été reporté pour laisser les médecins faire leurs contre-propositions », explique le soignant. Ils auraient jusqu’au 1er novembre pour le faire, selon la CGT.

    « Dans mon service, on est tous d’accord sur le fait que c’est délirant de faire ça », avance le chef de service. « Ils ont prévu d’enlever du personnel exactement dans les deux seuls services rentables, qui rapportent plus d’argent que ce qu’ils en coûtent, le mien et celui de médecine polyvalente », déplore-t-il.

    « De toute façon, au conseil de surveillance, il n’y a pas de vote, ce n’est qu’une information », précise Gilles Duffour, directeur du centre hospitalier, qui parle de « plan de redressement ». Il confirme que la présentation du plan a été reportée car les médecins opposés au projet « souhaitaient plus de temps pour proposer d’autres choses ». Questionné au sujet des « réductions » ou « suppressions » de postes, il refuse pour l’instant de s’exprimer à ce sujet, préférant attendre la présentation officielle du plan.

    Le plan est reporté à décembre « parce que les chefs de service et les syndicats doivent continuer à se mettre d’accord et qu’il y a des contre-propositions qui ont été faites qui méritent d’être étudiées », abonde le président du conseil de surveillance, Camille Galtier. « Il y a 75% de l’effort sur la hausse d’activité et 25% sur les économies », avance le maire de Manosque (DVD). Interrogé sur la façon de faire des économies tout en augmentant l’activité, il renvoie vers le directeur de l’hôpital. Il votera dans tous les cas le plan, car « si on n’optimise pas tout ça, on ne pourra plus payer les salaires des employés ».

    « Chaque fois qu’il y a de la résistance, ils repoussent, affirme de son côté la CGT de l’hôpital. Les médecins ont râlé, et c’est pour ça qu’ils leur laissent un peu plus de temps, pour essayer de mieux faire passer la pilule. »

  • Robin Prétot dénonce la stratégie des petits pas de l’Afpa

    Robin Prétot dénonce la stratégie des petits pas de l’Afpa

    La Ville d’Istres enchaîne les bras de fer. Après avoir obtenu l’abandon du projet d’incinérateur porté par Suez, la majorité se mobilise à propos de La Poste. Le maire Robin Prétot (LR) l’a annoncé lors du conseil municipal : le bureau ne fermera pas. « Ses horaires sont adaptés en raison de la fréquentation et du besoin de recentrer les moyens », explique-t-il après avoir échangé avec la responsable locale. Une maigre victoire pour l’élu, qui y voit la même « stratégie des petits pas » à l’œuvre que du côté de l’Afpa, qui a annoncé un plan de restructuration.

    En Paca, 67 suppressions de postes pour 36 créations, adossées à un plan de départs volontaires, sont envisagées. À Istres, la totalité des formations qualifiantes dispensées par le centre serait rapatriée vers Marseille. « On nous explique que les plateaux techniques vont déménager d’ici deux ou trois ans, mais qu’il y aura toujours de l’accompagnement, s’agace le maire. On a l’impression que c’est la stratégie des petits pas, qui conduit petit à petit à fermer les différents locaux pour des économies d’échelle. » Et de prévenir : « Qu’ils ne s’imaginent pas qu’ils vendront ce dernier lot à un promoteur pour y faire des immeubles. Je m’y opposerai fortement ».

    Une petite victoire à noter : la majorité a voté un avenant au bail passé avec la société chargée d’implanter une station radio-électrique chemin du Bord de voie ouest. L’antenne relais, qui devait faire 24 m de haut, inquiétait les riverains. Le programme a donc été révisé : la hauteur est réduite à 16 m et le pylône en forme d’arbre est abandonné « en raison de son empreinte carbone », annonce Jocelyn Planelles, adjoint délégué à l’urbanisme.

  • Dans le Gard, l’École fait sa rentrée à moyens comptés

    Dans le Gard, l’École fait sa rentrée à moyens comptés

    La rentrée est passée, mais les difficultés, elles, restent bien installées. Classes fermées, postes vacants, AESH en nombre insuffisant, bâtiments surchauffés : dans le Gard, la FSU décrit une école publique sommée de faire toujours plus avec des moyens qui, eux, ne suivent pas.

    « Du point de vue de l’administration, la rentrée peut sembler réussie. Sur le terrain, le constat est beaucoup plus inquiétant », résume Pascale Thoirey, secrétaire de la FSU 30. Dans le premier degré, le syndicat dénonce notamment les fermetures de classes décidées à la rentrée, une fois les équipes et les familles déjà organisées. Enseignants déplacés après avoir préparé leur année, matériel commandé, élèves redistribués : « Derrière une ligne supprimée sur la carte scolaire, c’est toute la vie d’une école qui doit être réorganisée en urgence. »

    Pour la FSU, la baisse démographique devrait pourtant être l’occasion de faire respirer les classes. Moins d’élèves pourraient permettre de réduire les effectifs, de mieux accompagner. « Cette baisse du nombre d’élèves devrait être une opportunité pédagogique, pas un prétexte à de nouvelles suppressions de postes », insiste Pascale Thoirey. Le syndicat redoute au contraire de voir s’imposer une nouvelle fois la logique comptable.

    Dans le secondaire, les manques sont déjà visibles. Dans le Gard, 16 postes d’enseignants d’EPS sont vacants et 225 heures de cours restent non attribuées, soit l’équivalent de 13 temps pleins. Dix postes d’assistants d’éducation ont également été supprimés. Quant aux moyens de remplacement, ils servent déjà en partie à combler les postes laissés vacants, réduisant la capacité à répondre aux arrêts maladie ou aux congés maternité.

    Une école inclusive… sans les moyens

    « On demande aux équipes de rendre l’école inclusive sans leur donner les moyens de l’être réellement », résume Pascale Thoirey. Les AESH en sont l’un des exemples les plus criants : souvent recrutées sur des temps partiels imposés autour de 62%, certaines débutent avec seulement 800 à 900 euros par mois. De plus, des élèves censés être accompagnés toute la semaine ne le sont parfois qu’à temps partiel, les heures étant réparties entre plusieurs enfants. Et le manque de moyens ne s’arrête pas aux effectifs. La syndicaliste raconte le cas d’une collègue AESH qui a dû financer elle-même une formation en langue des signes pour accompagner une élève sourde, l’Éducation nationale ayant refusé de la prendre en charge.

    Comme si les tensions n’étaient pas suffisantes, la chaleur s’est aussi invitée dans les classes dès les premiers jours de septembre. Jusqu’à 38°C ont été relevés dans un atelier du lycée Hemingway à Nîmes. Plusieurs établissements nîmois ont même dû suspendre des cours. « Ma propre classe est à 30°C quand j’arrive le matin, à 7h », témoigne Pascale Thoirey. Ventilateurs, volets fermés, changement de salle : dans bien des établissements, l’adaptation repose encore sur le système D. « On ne peut plus considérer ces épisodes comme exceptionnels. Le bâti scolaire n’est pas adapté aux chaleurs que nous connaissons désormais, surtout dans certains quartiers », alerte-t-elle.

    À l’usure matérielle s’ajoute celle des personnels. Injonctions administratives, manque de médecins du travail, difficultés à accompagner les élèves, sentiment de ne plus pouvoir exercer correctement son métier : la secrétaire de la FSU décrit une fatigue qui dépasse largement le coup de mou de rentrée. « Des collègues très investis finissent par douter de leur utilité et de leur capacité à faire correctement leur travail. »

    La FSU entend porter ces revendications lors de la mobilisation interprofessionnelle du 29 septembre. Mais pour Pascale Thoirey, la question dépasse la seule journée de grève : c’est celle d’un service public d’éducation qui continue d’afficher de grandes ambitions tout en rognant, année après année, sur les moyens nécessaires pour les tenir.

  • La CGT sonne la riposte contre le plan social de Sodexo

    La CGT sonne la riposte contre le plan social de Sodexo

    Le groupe français de restauration collective et de services Sodexo a annoncé, le 26 août, prévoir la suppression de près de 1 100 postes en France pour rester compétitif, un nouveau plan social vécu comme un « tremblement de terre » par les syndicats. C’est le deuxième plan de sauvegarde de l’emploi annoncé par ce groupe, après un premier en 2020 dans le contexte de crise sanitaire du Covid-19. À l’époque, plus de 2 000 postes avaient été supprimés. En France, Sodexo emploie 25 000 personnes et exploite 4 000 sites.

    C’est dans ce contexte que plusieurs centaines de personnes en grève se sont rassemblées devant le siège de l’entreprise Sodexo, mardi à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), pour dénoncer le plan de licenciement financier orchestré par la direction de l’entreprise. Une action organisée à l’appel de la Fédération CGT commerce et services.

    Sophie Binet offensive

    « On a vécu un premier PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) après le Covid, qu’on pouvait accepter parce qu’il y avait eu la pandémie, mais là, on est pas du tout sur le même schéma, c’est un licenciement boursier », déplore auprès de l’AFP Gilles Sevilla, délégué syndical CGT du groupe. Sodexo prévoit la suppression de 963 postes en France, soit 4% des effectifs, dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi précédé d’une phase de départs volontaires. En plus de ces 963 postes, 134 salariés du siège du groupe sont concernés par le plan social. Une partie de ces postes administratifs devraient partir au Portugal, où les charges sont moindres, précise Gilles Sevilla.

    « La bataille ne fait que commencer. En matière d’annulation de plan de licenciement, la CGT a de l’expérience : c’est Auchan, quasiment 3 000 licenciements annulés en justice avec une victoire retentissante », a rappelé de son côté Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT venue soutenir la manifestation. « Aujourd’hui, le message est clair : annuler un plan de licenciements on sait faire, on va s’y attaquer et c’est pour ça qu’on conseille à la direction de Sodexo d’y renoncer », a-t-elle poursuivi.

    Plusieurs personnalités politiques sont venues soutenir la manifestation, à l’instar du secrétaire national du PCF et candidat à l’élection présidentielle Fabien Roussel, de la députée PCF Elsa Faucillon, la candidate Lutte ouvrière à la présidentielle Nathalie Artaud, ou encore Aurélie Trouvé, députée LFI de Seine-Saint-Denis.

    « Licenciement boursier » pour Fabien Roussel

    « Je fais le lien entre le combat que nous menons tous ensemble contre ces hausses des prix de l’énergie et de l’essence, et celui que vous menez ici, a souligné Fabien Roussel au micro. Il y a cette guerre de l’énergie qui se joue et que les Français paient cher aujourd’hui. Mais il y a aussi ces licenciements dont on ne parle pas. (…) Chez Sodexo, 1 000 suppressions d’emplois présentées comme un PSE. Il n’y a rien de social lorsqu’un licenciement concerne 1 000 personnes. Vous avez raison de vous mobiliser pour dénoncer ce licenciement boursier de la part d’un groupe qui a cumulé des milliards de bénéfices ces dernières années et qui fait le choix d’une réorganisation en en faisant supporter le coût aux salariés. Ce groupe fait le choix de maintenir des marges élevées pour ses actionnaires. Je demande que, dans les conseils d’administration, les salariés soient représentés autant que les actionnaires. »

  • Une rentrée sociale sous tension du côté de la gare d’Orange

    Une rentrée sociale sous tension du côté de la gare d’Orange

    « Les choses se tendent », résume posément Eric Arnaud, de l’union locale CGT d’Orange. Vendredi soir, le syndicat tenait un point presse pour dresser « un état des lieux social ». Ce contexte de tension vaut aussi bien au national que localement. « Les salariés isolés sont confrontés de plus en plus à des situations difficiles, dans les secteurs de la restauration, l’hôtellerie ou le nettoyage, on reçoit une dizaine d’appels par jour », poursuit le responsable syndical. « Heureusement que nous sommes là, sinon les salariés n’auraient aucune solution de proximité », abonde Monia Galvez, du bureau de l’UL. La CGT organise ainsi des permanences tous les mardis (17h-19h30).

    Les problématiques concernent l’éducation, avec des préoccupations similaires dans le privé ou le public. « On manque de moyens, beaucoup de postes sont pourvus par non titulaires, à cela s’ajoute la canicule fortement ressentie au collège Saint-Louis assez vétuste », fait valoir Marc Charnoz, délégué CGT de l’enseignement privé. « Au collège Barbara-Hendricks, deux après-midi de cours ont été annulés depuis la rentrée car il faisait jusqu’à 39 degrés dans les classes », dévoile Florian Sauvet. Le responsable CGT Educ’action note aussi qu’en « dix ans on est passé de 24 à 29 élèves par classes au lycée de l’Arc ».

    Mais c’est du côté de la gare d’Orange que la colère se cristallise. « D’ici à la fin du premier semestre 2027, les six postes d’agents d’escale ferroviaire vont être supprimés », annonce Philippe Riba, contrôleur SNCF. La CGT cheminots a lancé une pétition contre la disparition de ce service. Ces agents assurent une présence continue en gare lors de son ouverture, 7 jours sur 7 de 5h30 à 22h. Accueil et relais d’information sur les quais, aide au bon départ des trains mais surtout « ce sont eux qui interviennent auprès des personnes en situation de handicap ou à mobilité réduite », expose Philippe Riba. Soit quelque 400 interventions par an. « Cette mission devrait être confiée à la seule personne qui reste au guichet, qui devra donc fermer à ce moment-là et qui n’est pas présente en permanence à la gare », dénonce le cheminot. Une désertion humaine « qui laisse les usagers sur le quai », conclut-il. Contactée, SNCF Réseau confirme que « des réflexions sont actuellement en cours sur l’organisation de la gare d’Orange » mais au stade « d’échanges internes, ainsi qu’avec les représentants du personnel ». Et souhaite donc « laisser ces échanges se poursuivre » avant de « s’exprimer davantage ».

  • Les agents hospitaliers de Manosque font face à l’austérité

    Les agents hospitaliers de Manosque font face à l’austérité

    « Il y a déjà eu des suppressions de postes depuis le début de l’année, mais le plan funeste n’est pas fini » : les syndicats sont montés au créneau mardi, mobilisés devant l’hôpital de Manosque contre le plan d’efficience annoncé par la direction « face à une situation financière durablement dégradée ». Ce plan, qui devrait permettre d’économiser 3,83 millions d’euros, prévoit « la réduction de 20 postes », selon la direction. Cette dernière nie toute suppression de poste à proprement parler, mais confirme des « réductions d’effectifs, des fins de contrats de remplacement, des départs à la retraite non remplacés et des diminutions d’heures supplémentaires ». « Pas de licenciements, mais des suppressions sèches, avec la mise à la porte de CDD qui sont là depuis deux, trois, voire quatre ans, des départs en retraite forcés, des règles RH qui poussent à la démission », déplore la secrétaire générale de la CGT de l’hôpital, Nadège Bonanno. Cette dernière parle de « plan social » et redoute que des agents soient « sacrifiés au nom de la rentabilité ». « Ce n’est pas un projet de sauvegarde de l’hôpital public, mais bel et bien sa casse. L’objectif de la direction et de l’ARS est de faire des économies en réduisant l’offre et l’accès aux soins », a-t-elle lancé au micro devant une soixantaine de personnes, majoritairement des agents et quelques citoyens venus en soutien.

    « L’humain avant

    les économies »

    Même son de cloche du côté de la CFDT, qui s’est dite « opposée à toute suppression de poste ». « Les professionnels doivent constamment compenser les manques d’effectifs. Nous ne voulons pas d’un hôpital où l’on demande à chacun de faire le travail de deux. Les personnels hospitaliers ne sont pas une variable d’ajustement », a déclaré Catherine Riguet, la secrétaire de la CFDT du centre hospitalier, demandant un hôpital « qui mette l’humain avant les économies ».

    « Nous refusons que l’avenir de notre établissement soit construit sur une logique exclusivement comptable », a abondé Patrice Richaud, secrétaire de FO à Manosque et technicien biomédical. Son syndicat exige « une réflexion sur certaines fonctions directionnelles, dont les missions peuvent parfois apparaître redondantes ». « Il faut regarder partout où des économies sont possibles. Chacun sait que la rémunération d’un seul poste de directeur peut représenter l’équivalent de plusieurs postes de soignants. Ce sont pourtant eux qui sont au chevet des patients jour et nuit », a expliqué Patrice Richaud.

    Les trois syndicats ont donné rendez-vous au prochain conseil de surveillance, début octobre, pendant lequel le plan d’efficience sera mis au vote. La secrétaire de la CGT de l’hôpital a appelé à « mettre la pression aux élus et aux représentants des usagers pour qu’ils votent contre ».

    Interrogé au sujet de la mobilisation, le maire DVD de Manosque Camille Galtier a regretté que les syndicats se mobilisent sans attendre la réunion de jeudi, pendant laquelle la direction présentera le plan d’efficience à l’édile et aux syndicats. « Ce n’est pas respectueux du dialogue social que de faire des manifestations avant qu’il n’y ait eu présentation », a-t-il lancé.

    Si la direction a envoyé un mail aux agents mardi midi expliquant qu’une heure de salaire serait déduite pour une heure de grève, la secrétaire de la CGT de l’hôpital affirme que des membres de l’encadrement ont déclaré à des agents qu’une « demi-journée de travail serait déduite de leur salaire alors que le préavis était d’une heure », et auraient « menacé des agents de sanctions s’ils descendaient ». La CGT dénonce une « entrave manifeste au droit syndical et au droit de grève ».