Un sondage donne le RN en tête du second tour à Marseille

L’extrême droite a-t-elle encore un plafond de verre ? Une enquête d’opinion réalisée par OpinionWay pour les médias de la sphère Bolloré CNews, Europe 1 et le Journal du dimanche donne, pour la première fois, le candidat du RN Franck Allisio vainqueur au second tour des municipales à Marseille, dans l’hypothèse d’une quadrangulaire, au coude à coude cependant avec le maire sortant (DVG) Benoît Payan.

Ce sondage, sur la base de 735 personnes sondées entre le 16 et le 23 février ayant la certitude d’aller voter, donne les deux premiers candidats, Benoît Payan et Franck Allisio, à égalité au premier tour avec 34% des suffrages. Le maire sortant obtiendrait trois points de plus que dans l’enquête d’opinion Elabe pour La Provence et BFMTV publiée le 18 février, le député RN de Marignane bondirait quant à lui de cinq points. La candidate de la droite et du centre, Martine Vassal ,est quant à elle sondée à 14%, un effondrement de sept points dans un contexte marqué par sa sortie de route lors du débat organisé par BFMTV, le 19 février, où elle a énuméré la devise pétainiste à l’antenne. Elle fait jeu égal avec le député LFI Sébastien Delogu (+2 points). Malgré son retrait annoncé le 18 février, Victor Hugo Espinosa (Écologie au centre) est sondé à 2%, autant que l’ex-directeur des relations internationales au Département, Erwan Davoux (DVD). Rémy Bazzali (LO) ferait moins de 1%.

Unir les voix de gauche

Avec quatre personnes passant la barre des 10% se profile une fois de plus la possibilité d’une quadrangulaire. Or, pour la première fois, le candidat RN en sortirait vainqueur avec 37% des suffrages, devant Benoît Payan (36%). Martine Vassal conserverait 14% des voix, Sébastien Delogu, 13%. En cas de retrait des insoumis, c’est cependant bien le maire sortant qui l’emporterait haut la main, crédité de 47% d’intentions de votes, loin devant Franck Allisio (38%) et Martine Vassal (15%).

Face à cette rupture dans les pronostics sondagiers, le Printemps marseillais a appelé une fois de plus au rassemblement des électeurs de gauche par communiqué de presse. « Les aventures personnelles et les tentatives de divisions, notamment à gauche, font le jeu des extrêmes, réitère la majorité sortante. Face au risque réel de voir l’extrême droite raciste diriger notre ville, Marseille ne peut pas se permettre les divisions. » Une ligne tenue depuis le mois de janvier. « Tous les Marseillais d’où qu’ils viennent, attachés aux valeurs de notre ville et au vivre-ensemble doivent se mobiliser pour Marseille dès le premier tour autour de Benoît Payan », répète donc, encore une fois, le Printemps marseillais.

« Décalage des sondages »

« Les sondages se sont toujours trompés pour Marseille », élude le directeur de campagne de Sébastien Delogu, Hedi Bounouar. Mais, après les scores élevés du RN lors des derniers scrutins, il reconnaît : « On peut avoir des désaccords très profonds à gauche, l’adversaire fondamental, c’est l’extrême droite. S’il y a un risque, il faudra se réunir à gauche. » En rejetant la responsabilité sur le candidat qui, à gauche, sortira en tête. « Nous serons présents d’une manière ou d’une autre au second tour », annonce-t-il.

En chute libre, la droite est plus circonspecte sur un sondage qui varie énormément des précédentes enquêtes d’opinion. « Lors des régionales, la dynamique était sans cesse contre, chaque sondage était pire que le précédent, rappelle le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano. Avoir vécu une telle expérience de décalage entre les sondages et la réalité des urnes permet d’avoir beaucoup de distance. » Alors que la campagne va entrer dans sa dernière ligne droite, il reste convaincu que la droite réussira à faire entendre ses propositions. « Tant pis s’il y a un cloud de polémiques, de disputes, de scandales : on n’est pas dans le cloud, on est les pieds sur terre », assure-t-il.

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