Ousmane, figure de la CGT Énergie Marseille en quête de papiers

« Je n’ai plus de droits, j’ai tout perdu. » Ousmane Ly a l’habitude d’afficher un grand sourire quand il écume le pavé marseillais derrière la banderole de la CGT Énergie Marseille, mais l’administration française et les démarches pour renouveler son titre de séjour le lui ont enlevé momentanément. « Plus d’un an de procédure ! Je n’ai jamais vu ça », dénonce-t-il, ce lundi, devant la préfecture des Bouches-du-Rhône, à Marseille.

Avant d’expliquer l’origine de sa situation : « J’ai un titre de séjour, une carte de résidence de 10 ans. J’ai fait ma demande de renouvellement le 20 octobre 2024 pour une expiration le 8 décembre, j’étais en avance… ». Jusqu’ici, tout va bien pour le Sénégalais d’origine, né à Dakar et présent en France depuis 1997. Il obtient dans la foulée un certificat de dépôt, « mais qui ne me donne aucun droit ». S’ensuivent des envois de mails et des allers-retours en préfecture pendant des mois. Jusqu’en juillet 2025, où il obtient une attestation « de prolongation d’instruction ». Un sursis bienvenu qui le couvre jusqu’au 2 octobre dernier. Mais qui ne résout rien puisqu’à ce jour, il est toujours en attente de recevoir ses papiers et donc hors des clous. « Je n’arrête pas d’écrire à la préfecture, je regarde tous les jours sur l’Anef [administration numérique pour les étrangers en France, Ndlr]. Je suis venu sur place, on m’a tout juste donné un mail. »

En bref, un vrai calvaire administratif qui le place dans une situation plus que tendue : « Je sortais d’un PSE [plan de sauvegarde de l’emploi], j’étais en train de créer une entreprise, mais là, je n’arrive même plus à payer mon loyer, je suis au bout… ». Un comble alors que ses quatre enfants sont nés en France et qu’il était justement en train de demander la nationalité française. « Je travaille, je paie mes impôts, je n’ai jamais eu de soucis avec la police ou la justice… Je ne comprends pas pourquoi ça prend autant de temps », martèle-t-il. Et d’ajouter : « Je suis Français, je fais tout ce qu’un Français fait dans ce pays ! ».

Marcel Paul comme modèle

Dans son combat, Ousmane reçoit un « soutien permanent » de ses « camarades » de la CGT Énergie Marseille, auprès desquels il lutte depuis des dizaines d’années. Un engagement qui vient de loin. Après son arrivée en France à Toulon, il met le cap sur Bayonne, en 2008, où il devient agent de l’énergie. Dès son embauche dans les cantines de la CCAS, la caisse centrale d’activités sociales d’EDF-GDF, il « se syndique de suite ». « J’avais des copains syndiqués, c’était naturel, lutter pour les autres est dans ma nature », assure-t-il. Avant de faire référence à Marcel Paul, ministre communiste de l’après-guerre et moteur de la création d’un service public de l’énergie : « Je me suis retrouvé en lui, son histoire m’a touché. » Et de conclure : « Tant que je serai là, je continuerai toujours de lutter pour les droits des travailleurs. »

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