Tag: luttes

  • La CGT fait appel de son éviction de la Bourse

    La CGT fait appel de son éviction de la Bourse

    « Nous refusons de quitter la Bourse du travail que l’union locale CGT occupe depuis 126 ans », assène Nicolas Bourcy, secrétaire général de l’UL CGT d’Arles, lors de la conférence de presse, ce lundi matin. La décision du tribunal administratif de Marseille, rendue la semaine dernière, valide l’expulsion sans délai de l’UL CGT de ses locaux, au motif de l’échéance de la convention d’occupation des lieux, en 2023, que le maire (Horizons) Patrick de Carolis a refusé de renouveler.

    L’Union locale a décidé de faire appel de cette décision. « Nous estimons que la délibération du conseil municipal d’Arles, votée en 1900, nous attribuant ces locaux est toujours valable », expose Nicolas Bourcy. L’appel ne suspend toutefois ni l’expulsion ni l’astreinte financière de 50 euros par jour, qui s’appliquera à compter de la mi-septembre. « Toute la CGT est prête à l’assumer financièrement », oppose le responsable. Car pour héberger l’Office de tourisme, comme le souhaite le maire (lire notre édition de samedi), « sa solution est de nous mettre dans deux bureaux de 11m² chacun », reprend Nicolas Bourcy, dont un sans fenêtre. « Une provocation », insiste-t-il.

    Un moratoire au national

    La CGT porte le combat au niveau national, quand au même moment « le maire RN de Carcassonne veut expulser la CGT » de son local, rappelle Nicolas Bourcy. « Le ministre du Travail [Jean-Pierre Farandou, Ndlr.], interpellé par un sénateur de l’Aude, a dit que les Bourses du travail devaient être sanctuarisées » et a lancé une mission gouvernementale à ce titre, le 13 juillet. « La confédération CGT a saisi le ministre pour demander un moratoire sur la Bourse du travail d’Arles tant que la mission n’a pas rendu ses conclusions », indique le secrétaire de l’UL d’Arles.

    Une urgence à l’heure où se télescopent les luttes. « Une soixantaine de locaux de la CGT sont attaqués en France. C’est tous les salariés qui sont attaqués », tance Natacha Malet, du comité régional CGT. Car comme le souligne le secrétaire général de l’Union départementale, Marc Pietrosino, « ce n’est pas juste un local de la CGT, des milliers de salariés viennent chercher des réponses et des centaines de permanences juridiques y sont tenues ». « L’UL d’Arles doit pouvoir jouer son rôle de défense des travailleurs quand des projets industriels se présentent sur le territoire de Fos et l’axe fluvial du Rhône », abonde Pascal Galéoté, secrétaire de l’UD.

    La CGT peut compter sur le soutien du sénateur Jérémy Bacchi (PCF), qui a annoncé dans un communiqué « appeler à un moratoire immédiat sur ce projet d’expulsion » et saisir personnellement le préfet « afin qu’une issue respectueuse de l’histoire, de la démocratie et du droit syndical soit garantie ».

    Même position du côté de l’opposition de gauche au conseil municipal, réunie au sein de l’Union pour Arles menée par Nicolas Koukas (PCF). Le groupe estime que « Patrick de Carolis tente de transformer une décision de justice administrative en validation de sa politique (…), sa décision est à l’opposé de notre conception de la République, du dialogue social, du respect des corps intermédiaires et de l’histoire ouvrière d’Arles. »

    « La CGT n’a été expulsée de ses locaux que sous Pétain. Dommage pour un maire de renouveler l’Histoire dans ses heures les plus sombres », insiste Natacha Malet. La lutte de l’Union locale CGT pour la Bourse du travail, seule en France frappée d’expulsion sans délai, est un phare pour toutes les autres.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, un festival pour lutter contre les discriminations

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, un festival pour lutter contre les discriminations

    Concert de rap, documentaire sur le racisme, atelier pour sensibiliser les adolescents aux discriminations… Une programmation riche et variée est prévue pour le festival d’éducation populaire Regarde sous tes fenêtres, qui se tiendra aux alentours de la place Pechiney de jeudi à samedi. « C’est important pour nous que ce festival se déroule dans l’espace public et qu’il soit gratuit, accessible à toutes et tous », explique Julie Vuoso, fondatrice et programmatrice du festival.

    Jeudi, le festival commencera avec un apéro d’ouverture, suivi d’un spectacle jeune public, d’un repas de soutien au festival à prix libre, puis d’une soirée de projection de films. Ce sera d’abord un documentaire sur le racisme dans la cité minière qui sera projeté, réalisé spécialement pour le festival par Maya Perusin Mysorekar, artiste en résidence à Château-Arnoux-Saint-Auban. « Le festival est né de l’histoire de la cité ouvrière. à Saint-Auban, tout a été construit par l’usine et pour l’usine. Le passé industriel de la ville fait qu’il y a eu beaucoup d’immigration depuis toujours. Le festival permet de faire de ce passé migratoire une richesse », avance Chloé Droulin, coordinatrice de la Maison commune, qui coorganise chaque année le festival avec la MJC. « En 2006, il y a eu la délocalisation de l’usine, et un abandon de l’espace commun de Saint-Auban. On a voulu proposer un événement dans la rue pour faire revenir la vie collective », explique Julie Vuoso. « Il y avait très peu de commerces, donc l’idée est aussi d’animer la vie locale. C’est un choix, par exemple, de ne pas proposer de nourriture pour le festival, mais que ce soit pour les commerçants, et que l’événement serve à tout le monde sur la cité, que les gens qui travaillent toute l’année puissent s’y retrouver », avancent les deux organisatrices.

    « Un espace inclusif »

    « L’idée du festival, c’est aussi de créer dans notre programmation un espace inclusif où tout le monde est représenté, de ne pas faire une programmation où il n’y a que des personnes blanches, des hommes », ajoute la programmatrice.

    Le film Pédale Rurale, qui raconte l’organisation de la première Pride à la campagne, sera ensuite projeté. « L’idée a toujours été de proposer une programmation pluridisciplinaire, avec de la danse, du théâtre, de la musique, des films », explique Julie Vuoso. Vendredi, Myriam Soulanges proposera « un récit chorégraphique qui interroge les héritages de la domination patriarcale et de l’histoire coloniale guadeloupéenne ».

    Le festival est financé par la mairie, le Département, la Drac et la Dilcra. Le théâtre Durance prête son matériel, essentiel pour mener à bien le projet. Des mineurs étrangers non accompagnés viennent également de Digne pour prêter main forte à titre bénévole.

    Programme : rstf.fr/programme.html

  • Vers un front culturel contre l’extrême droite

    Vers un front culturel contre l’extrême droite

    À l’échelle nationale, le mouvement est encore jeune. La Cracs, la coalition des résistances artistiques, culturelles et scientifiques s’est montée en mai 2026, après publication de sa tribune dans le journal Libération, le même mois. Un peu partout en France, des comités locaux émergent, Aix-en-Provence et Marseille inclus. « L’objet de cette association, c’est de rentrer de plain-pied dans la bataille culturelle qu’aujourd’hui, l’extrême droite est en train de gagner », résume simplement Dany Bruet, coordinateur du comité d’Aix. En se réunissant sous cette coalition, artistes intellectuels et scientifiques veulent dépasser ce « fatalisme ». « Autant l’année dernière a été difficile, tout le monde était dans le déni, voire découragé, là on sent qu’il y a des énergies qui émergent de partout », constate Dany Bruet. À une échelle locale, plusieurs mobilisations sont déjà en train de s’organiser. À l’approche, entre autres, d’une programmation de la Dame de Pierre, notamment prévue en septembre au Dôme de Marseille. Pour rappel, sa programmation à Aix, en novembre, avait été dénoncée par les syndicats et associations d’artistes ainsi que les partis de gauche locaux pour sa proximité avec le projet Périclès du milliardaire d’extrême droite Pierre-Edouard Stérin. Même scénario pour la Nuit du bien commun, programmée au 6MIC, en octobre dernier, devant lequel s’était tenue une large mobilisation. Pour la Cracs, d’autres projets sont à prévoir. Un stand lui est d’ores et déjà réservé à la Fête de l’Humanité. « L’objet de notre action ne sera pas de brailler devant les entrées, mais d’informer et de faire de la pédagogie auprès du public qui ne sait pas, qui n’est pas au courant que certains des projets sont financés par l’extrême droite, du projet politique qu’il y a derrière », déroule Danny Bruet, qui précise que ce projet d’association « va au-delà de la présidentielle, on est face à un problème de société ». Si les idées et plusieurs actions sont déjà en place, le statut de l’association est toujours en cours de création. Et veut continuer à fédérer des membres, à l’échelle locale comme nationale. « C’est un projet qui demande beaucoup de temps, beaucoup de pugnacité et de cohérence, précise Catherine Lecoq, artiste et membre de la CGT des Spectacles, en charge de la coordination du comité marseillais. Il y a énormément de choses qui se font en ce moment. Ce qui est intéressant est de réussir à coaliser tout ça, avoir une réelle force de frappe concernant notre liberté d’action et nos possibilités réelles, en dehors des financements de ces milliardaires d’extrême droite. Il faut qu’on fasse en sorte que les gens soient sur le coup (…) ça peut prendre une belle ampleur, devenir une réflexion pour un monde meilleur. Ce peut être un adage vaste et optimiste mais il faut construire quelque chose de différent, être plus solidaires, réfléchi, de trouver des outils de réflexion pour que nos secteurs ne soient pas sabordés d’ici peu ou ne puissent plus raconter le monde comme ils doivent le faire. » Eva Bonnet-Gonnet

  • Ambroise Croizat, une vie sous l’œil de la caméra

    Ambroise Croizat, une vie sous l’œil de la caméra

    « Cest le monument le plus abouti que l’on ait en France. » Autour de cette stèle dédiée à Ambroise Croizat, père de la Sécurité sociale, des ouvriers du bâtiment s’affairent. Mais un homme, aux traits étrangement semblables au buste qui lui fait face, reste pensif devant cette stèle en hommage à l’ancien ministre du Travail (PCF) et secrétaire général de la Fédération de la métallurgie de la CGT. « Le texte a de la gueule », signifie-t-il, avant de désigner « d’un côté le couple de vieux et de l’autre la famille » gravés sur le monument. « Ça symbolise les deux piliers de la Sécu que sont les retraites et les allocations familiales », explique Pierre Caillaud-Croizat, petit-fils de l’architecte de la Sécurité sociale.

    Ce dernier est accompagné du journaliste Emmanuel Defouloy et d’Aubin Hellot, réalisateur, en pleine production d’un film biographique retraçant la vie d’Ambroise Croizat. Le passage à Port-de-Bouc était obligé : « Il est passé en 1947 pour soutenir la grève. Alors la classe ouvrière a voulu lui rendre hommage en érigeant cette stèle », retrace le maire (PCF), Laurent Belsola, devant la caméra, face au monument, lors d’un échange avec Maixent Bitan de l’Union locale CGT, venant en conclusion du film. « Il y a une grande culture ouvrière à Port-de-Bouc, c’était normal de lui rendre hommage, estime le syndicaliste. La Sécu couvre tous les soucis des travailleurs de la naissance à la mort. Ambroise Croizat a érigé une première pierre du système idéal d’émancipation populaire, grâce à la cotisation sociale et la richesse produite par les travailleurs. »

    C’est à la mort du père de la Sécu, en 1951, que la CGT, le PCF et les ouvriers port-de-boucains ont érigé cette stèle, l’année suivante. « La préfecture avait mis son veto », rappelle Pierre Caillaud-Croizat. « Oui, mais la mairie communiste et la CGT ont fortement insisté et le préfet a cédé », relève dans un sourire Laurent Belsola.

    « Un outil d’éducation populaire »

    « La Sécu vient d’un projet de société basé sur la solidarité et l’émancipation, reprend Pierre Caillaud-Croizat. Les Français sont 86% à manifester leur attachement à la Sécu. Je rêve de remettre les complémentaires dans le giron de la Sécu, car le système assurantiel coûtera toujours plus cher que le solidaire. Il faut faire comprendre aux jeunes que le libéralisme et la loi du plus fort ne servent que quelques-uns. »

    C’est justement l’enjeu de formation syndicale que soulève Maixent Bitan, après la séquence. « Quand on fait une formation à la lecture de fiche de paye pour des minots de 18 ans, ce n’est pas toujours simple. Utiliser des extraits de votre film pourra nous servir en interne », suggère le responsable CGT. C’est l’esprit de l’auteur. « On fait du cinéma d’éducation populaire », assume Emmanuel Defouloy. Aubin Hellot détaille : « On retrace la vie d’Ambroise Croizat à partir de l’ouvrier syndicaliste jusqu’au ministère où il construira le système social français. » Mais aussi « comment s’est construite la victoire à partir de la grande répétition de 1936 et du système social des métallos, qu’il a ensuite étendu à tout le pays », précise-t-il.

    Pierre Caillaud-Croizat va plus loin : « Le film apporte un éclairage à l’histoire officielle, qui laisse penser que la Sécu est née de la bonne volonté d’un gouvernement bourgeois. » Alors que « c’est le résultat de très longues luttes et de la mobilisation du monde du travail. Quand Croizat est arrivé au ministère, il y avait les ordonnances, mais il fallait les concrétiser. Les travailleurs ont rénové les bâtiments des futures caisses puis formé les administrateurs, c’est comme ça que ça a vu le jour, en un an », conclut-il.

    Le tournage se poursuit jusqu’en septembre, avec pour ambition une première diffusion à l’Assemblée nationale, lors de la pose d’une plaque dédiée au député Croizat, à sa place historique.

    Un « instrument de combat politique » présenté à l’Union locale CGT

    L’auteur et le réalisateur étaient à l’Union locale CGT, jeudi en fin de journée, pour un échange avec des syndicalistes et élus de la Ville. « C’est un documentaire d’une durée de 1h10 sur la vie de Croizat, pas sur la Sécu. C’est le mouvement ouvrier, des millions de personnes en lutte qui ont bâti notre modèle social avec le seul ministre du Travail ouvrier depuis 1906 », explique Emmanuel Defouloy. « Un instrument de combat politique qui sortira début 2027, c’est pas anodin », pour Aubin Hellot. « On s’inscrit dans la tradition d’éducation populaire de la CGT », complète Pierre Caillaud-Croizat.

  • Une intersyndicale bien décidée à résister aux politiques antisociales

    Une intersyndicale bien décidée à résister aux politiques antisociales

    « On a décidé, avec les organisations syndicales progressistes, celles qui ont conscience du moment dans lequel on se trouve, de nous mobiliser aujourd’hui devant l’UPV », commence le secrétaire général de la CGT, Richard Roméo-Giberti. Et de poursuivre : « On a des adversaires de classe aussi bien dans la classe politique que dans le patronat visiblement, puisqu’ils s’acoquinent les uns avec les autres. »

    D’où la nécessité de se rassembler et de construire un rapport de force pour refuser cette connivence antisociale et leurs offensives. « La majorité gouvernementale, bien aidée par l’extrême droite, veut voler le 1er Mai aux salariés qui sont en première ligne, c’est-à-dire les salariés du commerce », reprend le patron de la CGT dans le Var.

    Une nouvelle tentative d’enfoncer aujourd’hui un coin dans les acquis sociaux, après deux premières charges infructueuses en janvier et en avril, avec le passage au Sénat « d’une proposition de loi qui ouvre en grand les possibilités de déroger au 1er Mai avec le travail des boulangeries et des fleuristes ».

    Un attrape-nigaud, prévient-il, puisque derrière la rhétorique de défense du petit commerce, c’est encore au profit des grands groupes, comme Interflora et Carrefour, que la majorité veut légiférer. « Et si on laisse passer ça, on s’expose à d’autres coups bas, met en garde Richard Roméo-Giberti. On voit très bien que leur intention, c’est de s’attaquer in fine, notamment à la cinquième semaine de congés payés ». Et de poursuivre : « Le 1er Mai, on n’y touche pas. C’est le seul jour chômé pour tout le monde et c’est le fruit de décennies et de décennies de luttes sociales. »

    Pas de justice sociale

    sans solidarité

    Pas question en tout cas, « après s’être fait voler deux ans de vie avec la retraite à 64 ans », d’accepter de laisser banaliser le travail le 1er mai, « au nom du profit et des lobbies économiques ».

    « Nous refusons cette attaque symbolique et sociale ! Le 1er Mai est un jour de solidarité, de lutte et de conquêtes sociales. Il appartient au monde du travail, pas aux actionnaires », affirme avec force Zoé Desmoulins (Solidaires), lors de la prise de parole de l’intersyndicale.

    Géraldine Compain (Unsa) met en évidence, elle, que « faire travailler davantage celles et ceux qui peinent déjà à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix de l’alimentation, à l’augmentation des loyers et des factures d’énergie, aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain ». D’autant plus une aberration, dénoncent les syndicats, que pendant que « la vie chère étouffe la population, les grandes entreprises accumulent les profits ».

    L’intersyndicale exige donc l’augmentation immédiate des salaires, pensions et minima sociaux ; l’indexation des salaires sur les prix ; ainsi que le blocage des prix des produits de première nécessité et de l’énergie.

    Julie Birebent (FSU) a rappelé comment, pendant ce temps, comme toujours, « l’extrême droite tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat ». Et vote, impunément pour l’instant, contre les intérêts des salariés, contre les droits syndicaux et contre les solidarités.

    « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division », a martelé Anaïs Pascual (CGT). De l’unité, il va en effet en falloir pour défendre efficacement les droits et les libertés menacés. « Il n’y a pas de justice sociale sans démocratie et sans solidarité », insiste-t-elle. Et de poursuivre : « Nous exigeons des salaires pour vivre, pas survivre ! »

    Une aspiration largement partagée qui devra se traduire par de grandes mobilisations politiques et sociales pour aboutir.

  • 2000 personnes ont coloré les rues de Toulon pour la Marche des fiertés

    2000 personnes ont coloré les rues de Toulon pour la Marche des fiertés

    Une vague arc-en-ciel a déferlé dans les rues de Toulon samedi après-midi, à l’occasion de la 7e édition de la Marche des fiertés. Près de 2 000 personnes se sont offert un shot de couleur et de bonheur qui a largement dépassé les frontières du cortège. Le point d’orgue d’une après-midi festive et militante, débutée dès 13h place d’Armes, où était installé le Village des fiertés, animé par des associations LGBTQIA+. De quoi faire monter la température avant le départ de la Marche vers 17h.

    Chacun avait une bonne raison d’être là

    Cette année, le mot d’ordre de la Quinzaine des fiertés était « Être soi-même est un droit, pas un privilège ». Un slogan qui fait écho « aux lois votées sans être appliquées et aux discriminations subies par les personnes LGBT », explique Bruno Savian, président du collectif Fiertés Toulon. Chacun en a fait sien et a su trouver sa place en ce moment de communion, à l’image de Johanna, venue, avec sa fille de 10 ans, soutenir son fils, Tony, dans son parcours de transition : « Trop peu de parents le font », déplore-t-elle.

    Pour Élodie, c’était une première : « Je me suis renseignée sur l’événement et le contexte m’a beaucoup plu. » Et l’occasion d’inculquer à son petit garçon « qu’on est tous égaux, peu importe qui on est ». Stéphane et Yann, tous deux Seynois, sont des habitués. Dans une ville où le RN gagne du terrain, « il faut se faire entendre, à Perpignan aussi, par exemple, et dans toute la France ». Et ne plus avoir peur d’être soi : « Sortez du placard ! », s’exclame Yann. « Aujourd’hui, il y a des familles, des personnes handicapées… Cette Marche montre aux gens qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils sont représentés. »

    Eva, elle, tient à rendre hommage « aux personnes qui sont mortes pour nos droits, pour pouvoir s’aimer ». Pour la jeune femme, il n’y a qu’un moyen de le faire : « Aimez-vous et ne le cachez pas. » Un message simple, pour une idée nécessaire.

  • Le radeau des insurgés de la Nouvelle-Calédonie à La Criée

    Le radeau des insurgés de la Nouvelle-Calédonie à La Criée

    Île où furent mis au ban de la société des révolutionnaires de toutes origines, la Nouvelle-Calédonie a été un carrefour des luttes au XIXe siècle. Une épopée racontée dans Kaldûn, théâtre musical qui prend ses quartiers les 12 et 13 juin à La Criée.

    Après l’anéantissement de la Commune en 1871 par les Versaillais, des milliers d’insurgés, parmi lesquels la militante anarchiste Louise Michel, sont déportés au bagne de la Nouvelle. Au même moment, en Algérie, éclate la révolte de Mokrani, soulèvement contre le pouvoir colonial français, lui aussi réprimé dans le sang et soumis à ce lieu de détention.

    Exils et luttes

    Ce récit est centré autour du narrateur Aziz, « qui devient personnage quand son destin rencontre celui de Louise Michel, de Bou Mezrag el Mokrani et d’Ataï », figure de l’insurrection kanak en 1878 contre les colonisateurs français, situe l’auteur et metteur en scène de Kaldûn, Abdelwaheb Sefsaf. « Sur un plancher à la dérive comme un pont de bateau, illustre-t-il, nous évoquerons la longue traversée qui a conduit les insurgés vers leur exil lointain. »

    Croisant « les langues et les luttes » de tous ces peuples vaillants, mais opprimés, cette pièce s’articule autour de trois révoltes venues d’autant de continents. Puisant son nom dans la traduction arabe de Nouvelle-Calédonie, dont elle retrace la colonisation en toile de fond, Kaldûn souffle dans les voiles de l’histoire avec 15 artistes, dont « neuf musiciens, cinq comédiens et le formidable slameur kanak Simanë Wenethem », précise Abdelwaheb Sefsaf. « La musique traversera les hémisphères pour créer un horizon commun. »

    P.A.
  • Plus de 800 personnes dans la rue pour défendre les droits LGBT

    Plus de 800 personnes dans la rue pour défendre les droits LGBT

    Revendiquer la liberté et l’égalité des orientations sexuelles et des identités de genre : tel est le message, simple mais indispensable, porté à l’unisson par les Prides, organisées dans tout le pays en ce mois des fiertés, et ce samedi à Aix-en-Provence, à l’appel de l’association Aix Vanguard.

    À 14h30, alors qu’une foule colorée et joyeuse envahit la place de la mairie, une dame s’installe derrière les organisateurs et brandit sa pancarte : « Française, hétéro et fière. » La preuve que les messages simples ne le sont pas pour tous. Les marcheurs ont rappelé à qui veut bien l’entendre : la communauté LGBT est encore aujourd’hui victime de lourdes discriminations. À l’étranger, où l’on compte 64 pays qui criminalisent encore l’homosexualité, et où les droits des personnes transgenres font l’objet de reculs ou restrictions dans plusieurs régions, notamment aux États-Unis, avec l’administration Trump. Mais aussi en France, où l’on continue de mourir sous les coups de la haine homophobe. Le 2 juin, Noahm, un jeune homme gay de 19 ans, est décédé des suites d’une violente agression à Metz. Il aurait, d’après SOS homophobie, été ciblé en raison d’une « expression de genre plutôt féminine ».

    Lutte en fête

    Mais c’est bien sûr, comme le veut la tradition, dans une ambiance festive que les marcheurs aixois ont revendiqué leurs droits. Plus de 800 personnes, d’après les chiffres de la préfecture, ont suivi pendant deux heures un char musical animé par « Momi ». « C’est un moment de partage important. C’est l’occasion de faire communauté et de montrer qu’à Aix aussi, nous sommes nombreux », a-t-elle souligné. Et l’assemblée de rappeler, en chœur, que toutes les luttes se rejoignent : « Aix, queer, antifa ! », s’est exclamée la foule à de multiples reprises.

    Les prochaines dates

    Les Prides se succèdent tout au long de ce mois des fiertés. Si celles d’Avignon, Gap ou Aix-en-Provence sont déjà passées, restent encore des rendez-vous dans la région : le samedi 13 juin à Toulon, au départ de la Place d’Armes, et le samedi 4 juillet à Marseille, au départ de la place Castellane (6e).

    M.M.

  • La Ciotat célèbre aussi le mois des fiertés

    La Ciotat célèbre aussi le mois des fiertés

    Cette année, le mois des fiertés à La Ciotat est organisé par le nouveau collectif La Ciotat LGBTQIA+ aussi connu sous le nom de l’Éventail, en collaboration avec la Collective féministe de La Ciotat, la Culture ça urge !, Amnesty International Aubagne, et le club Jazz Convergences.

    L’événement le plus attendu du mois est la Marche des fiertés : départ prévu à 19h à la Chaudronnerie, samedi 6 juin. « L’année dernière la Marche avait une texture particulière, elle reflétait comment on aimerait que la vie sonne, avec cette joie, cette intensité d’être et cet engagement », raconte Sarah Cassenti, membre du collectif. Le mois des fiertés n’a pas pour seul but de revendiquer l’égalité complète des droits et la protection contre les discriminations et violences pour les personnes LGBTQIA+, elle sert aussi « à ce qu’on se rencontre et qu’on commence à se soutenir », confie-t-elle. Les organisateurs mettent l’accent sur le côté humain du rendez-vous, entièrement porté par des associations et des acteurs ciotadens. « Dans certaines prides, qui sont subventionnées par plusieurs marques, on tend à perdre cette singularité au profit du capitalisme et d’une unique représentation de notre combat », estime Freddy De Angelis, membre du collectif Éventail. Et ce côté humain, il ne s’arrête pas au mois de juin, Michèle Philibert, membre du collectif et propriétaire du bar associatif Le Chaperon Rouge à Marseille, anciennement ouvert aux personnes atteintes du VIH, a initié, à La Ciotat, un dépôt de gerbes pour les personnes homosexuelles déportées, lors de la Seconde guerre mondiale. « Elle a fait le lien avec l’institutionnel », ajoute Freddy De Angelis, une histoire trop souvent oubliée. Ce lien il est aussi particulièrement présent avec la cause féministe, car « comme les femmes, on doit pas être nous, on doit pas être bruyants. Et puis 80% des participants sont des femmes… La convergence des luttes, c’est ça qui permet de faire avancer les pensées », conclut-il.

  • Sophie Binet à l’offensive pour le 54e congrès de la CGT

    Sophie Binet à l’offensive pour le 54e congrès de la CGT

    De notre envoyé spécial Amaury Baqué

    « Un congrès de la CGT, c’est 1 000 luttes en puissance. » C’est devant plus de 1 000 délégués et avec un discours enflammé que Sophie Binet a officiellement ouvert le 54e congrès de la CGT, ce lundi. Lequel se déroule « dans un contexte inédit ». « Les bruits des bottes s’amplifient. Jamais l’extrême droite n’a été au pouvoir dans autant de pays », s’inquiète-t-elle. Une situation qu’elle lie avec la crise du capitalisme. « Pour le capital, la démocratie est maintenant un problème, c’est la raison pour laquelle l’alliée indispensable du capital, c’est l’extrême droite », analyse Sophie Binet. Elle prend pour exemple concret « le Medef qui, pour la première fois depuis 1945, traite le RN comme un parti comme les autres ». Et martèle : « L’extrême droite est la pire ennemie du monde du travail. Face à elle, l’antidote c’est le syndicalisme CGT. »

    Des messages pas anodins puisqu’ils sont en lien avec les échéances électorales françaises à venir : « Nous allons nous mêler du débat présidentiel pour remettre les travailleurs et travailleuses au centre du jeu. » Elle s’adresse d’ailleurs à Fabien Roussel (PCF), Marine Tondelier (EELV), Manuel Bompard (LFI) et Olivier Faure (PS), tous présents ce jour : « Je note que la CGT fait l’unité, pourvu que ça dure ! ». Et de lancer un « appel de Tours » : « aucun candidat n’aura les voix de la CGT, des travailleurs, sans s’engager à abroger la réforme des retraites ».

    Mais ce discours est aussi, et surtout, le moment pour elle de faire le bilan de son mandat. « Faisons les comptes, depuis 2023, quatre Premiers ministres contraints à la démission, cinq réformes enterrées, deux budgets d’austérité en partie vidés de leur contenu », énumère-t-elle. La secrétaire générale revient sur l’exemple de la réforme des retraites. « Nous avons refusé de tourner la page, nous avons fait échouer le conclave et décalé l’application de la réforme des retraites », se félicite-t-elle. Elle réalise aussi un bilan plus critique : « Il y avait plus de manifestants que de grévistes. Nous n’avons pas réussi à étendre la grève le jour où l’intersyndicale avait appelé à mettre le pays à l’arrêt […] Tous les syndicats CGT n’ont pas appelé à la grève. »

    FSU et Ictam comme dossiers chauds

    Le lien est tout trouvé avec les propositions émises par la direction sortante : « Nous sommes rassemblés pour adopter notre plan de bataille pour les trois prochaines années. Pour cela, tirons les leçons de la mobilisation contre la réforme des retraites. » Outre les orientations générales sur lesquelles les congressistes doivent se prononcer comme « socialiser les richesses pour mieux protéger » ou tendre vers une « planification industrielle et écologique », Sophie Binet évoque sans détour les propositions qui peuvent provoquer le plus de remous. Comme le rapprochement avec la FSU : « Il ne s’agit ni d’une fusion, ni de la création d’une superstructure, mais d’un cadre de coopération permanent. » Ou le développement de la CGT auprès des Ictam (ingénieurs, cadres, techniciens, agents de maîtrise) : « La mission des Ictam n’est pas de mener les luttes à la place des ouvriers, c’est de développer les luttes chez les cadres et professions intermédiaires. »

    De quoi occuper les congressistes pour les prochains jours.

    AU PROGRAMME

    Mardi. Les congressistes entrent dans le dur des débats avec le vote du rapport d’activité, qui permet de juger l’appréciation du bilan de la direction sortante. Vient ensuite une initiative autour de la Palestine en présence d’Hala Abou Hassira, ambassadrice de la Palestine en France, de Yousef Habache, du syndicat des journalistes palestiniens, et de Luc Triangle, secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI). Avant un meeting « international » contre l’extrême droite en présence de nombreux syndicalistes venus du monde entier.