Tag: luttes

  • 2000 personnes ont coloré les rues de Toulon pour la Marche des fiertés

    2000 personnes ont coloré les rues de Toulon pour la Marche des fiertés

    Une vague arc-en-ciel a déferlé dans les rues de Toulon samedi après-midi, à l’occasion de la 7e édition de la Marche des fiertés. Près de 2 000 personnes se sont offert un shot de couleur et de bonheur qui a largement dépassé les frontières du cortège. Le point d’orgue d’une après-midi festive et militante, débutée dès 13h place d’Armes, où était installé le Village des fiertés, animé par des associations LGBTQIA+. De quoi faire monter la température avant le départ de la Marche vers 17h.

    Chacun avait une bonne raison d’être là

    Cette année, le mot d’ordre de la Quinzaine des fiertés était « Être soi-même est un droit, pas un privilège ». Un slogan qui fait écho « aux lois votées sans être appliquées et aux discriminations subies par les personnes LGBT », explique Bruno Savian, président du collectif Fiertés Toulon. Chacun en a fait sien et a su trouver sa place en ce moment de communion, à l’image de Johanna, venue, avec sa fille de 10 ans, soutenir son fils, Tony, dans son parcours de transition : « Trop peu de parents le font », déplore-t-elle.

    Pour Élodie, c’était une première : « Je me suis renseignée sur l’événement et le contexte m’a beaucoup plu. » Et l’occasion d’inculquer à son petit garçon « qu’on est tous égaux, peu importe qui on est ». Stéphane et Yann, tous deux Seynois, sont des habitués. Dans une ville où le RN gagne du terrain, « il faut se faire entendre, à Perpignan aussi, par exemple, et dans toute la France ». Et ne plus avoir peur d’être soi : « Sortez du placard ! », s’exclame Yann. « Aujourd’hui, il y a des familles, des personnes handicapées… Cette Marche montre aux gens qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils sont représentés. »

    Eva, elle, tient à rendre hommage « aux personnes qui sont mortes pour nos droits, pour pouvoir s’aimer ». Pour la jeune femme, il n’y a qu’un moyen de le faire : « Aimez-vous et ne le cachez pas. » Un message simple, pour une idée nécessaire.

  • Le radeau des insurgés de la Nouvelle-Calédonie à La Criée

    Le radeau des insurgés de la Nouvelle-Calédonie à La Criée

    Île où furent mis au ban de la société des révolutionnaires de toutes origines, la Nouvelle-Calédonie a été un carrefour des luttes au XIXe siècle. Une épopée racontée dans Kaldûn, théâtre musical qui prend ses quartiers les 12 et 13 juin à La Criée.

    Après l’anéantissement de la Commune en 1871 par les Versaillais, des milliers d’insurgés, parmi lesquels la militante anarchiste Louise Michel, sont déportés au bagne de la Nouvelle. Au même moment, en Algérie, éclate la révolte de Mokrani, soulèvement contre le pouvoir colonial français, lui aussi réprimé dans le sang et soumis à ce lieu de détention.

    Exils et luttes

    Ce récit est centré autour du narrateur Aziz, « qui devient personnage quand son destin rencontre celui de Louise Michel, de Bou Mezrag el Mokrani et d’Ataï », figure de l’insurrection kanak en 1878 contre les colonisateurs français, situe l’auteur et metteur en scène de Kaldûn, Abdelwaheb Sefsaf. « Sur un plancher à la dérive comme un pont de bateau, illustre-t-il, nous évoquerons la longue traversée qui a conduit les insurgés vers leur exil lointain. »

    Croisant « les langues et les luttes » de tous ces peuples vaillants, mais opprimés, cette pièce s’articule autour de trois révoltes venues d’autant de continents. Puisant son nom dans la traduction arabe de Nouvelle-Calédonie, dont elle retrace la colonisation en toile de fond, Kaldûn souffle dans les voiles de l’histoire avec 15 artistes, dont « neuf musiciens, cinq comédiens et le formidable slameur kanak Simanë Wenethem », précise Abdelwaheb Sefsaf. « La musique traversera les hémisphères pour créer un horizon commun. »

    P.A.
  • Plus de 800 personnes dans la rue pour défendre les droits LGBT

    Plus de 800 personnes dans la rue pour défendre les droits LGBT

    Revendiquer la liberté et l’égalité des orientations sexuelles et des identités de genre : tel est le message, simple mais indispensable, porté à l’unisson par les Prides, organisées dans tout le pays en ce mois des fiertés, et ce samedi à Aix-en-Provence, à l’appel de l’association Aix Vanguard.

    À 14h30, alors qu’une foule colorée et joyeuse envahit la place de la mairie, une dame s’installe derrière les organisateurs et brandit sa pancarte : « Française, hétéro et fière. » La preuve que les messages simples ne le sont pas pour tous. Les marcheurs ont rappelé à qui veut bien l’entendre : la communauté LGBT est encore aujourd’hui victime de lourdes discriminations. À l’étranger, où l’on compte 64 pays qui criminalisent encore l’homosexualité, et où les droits des personnes transgenres font l’objet de reculs ou restrictions dans plusieurs régions, notamment aux États-Unis, avec l’administration Trump. Mais aussi en France, où l’on continue de mourir sous les coups de la haine homophobe. Le 2 juin, Noahm, un jeune homme gay de 19 ans, est décédé des suites d’une violente agression à Metz. Il aurait, d’après SOS homophobie, été ciblé en raison d’une « expression de genre plutôt féminine ».

    Lutte en fête

    Mais c’est bien sûr, comme le veut la tradition, dans une ambiance festive que les marcheurs aixois ont revendiqué leurs droits. Plus de 800 personnes, d’après les chiffres de la préfecture, ont suivi pendant deux heures un char musical animé par « Momi ». « C’est un moment de partage important. C’est l’occasion de faire communauté et de montrer qu’à Aix aussi, nous sommes nombreux », a-t-elle souligné. Et l’assemblée de rappeler, en chœur, que toutes les luttes se rejoignent : « Aix, queer, antifa ! », s’est exclamée la foule à de multiples reprises.

    Les prochaines dates

    Les Prides se succèdent tout au long de ce mois des fiertés. Si celles d’Avignon, Gap ou Aix-en-Provence sont déjà passées, restent encore des rendez-vous dans la région : le samedi 13 juin à Toulon, au départ de la Place d’Armes, et le samedi 4 juillet à Marseille, au départ de la place Castellane (6e).

    M.M.

  • La Ciotat célèbre aussi le mois des fiertés

    La Ciotat célèbre aussi le mois des fiertés

    Cette année, le mois des fiertés à La Ciotat est organisé par le nouveau collectif La Ciotat LGBTQIA+ aussi connu sous le nom de l’Éventail, en collaboration avec la Collective féministe de La Ciotat, la Culture ça urge !, Amnesty International Aubagne, et le club Jazz Convergences.

    L’événement le plus attendu du mois est la Marche des fiertés : départ prévu à 19h à la Chaudronnerie, samedi 6 juin. « L’année dernière la Marche avait une texture particulière, elle reflétait comment on aimerait que la vie sonne, avec cette joie, cette intensité d’être et cet engagement », raconte Sarah Cassenti, membre du collectif. Le mois des fiertés n’a pas pour seul but de revendiquer l’égalité complète des droits et la protection contre les discriminations et violences pour les personnes LGBTQIA+, elle sert aussi « à ce qu’on se rencontre et qu’on commence à se soutenir », confie-t-elle. Les organisateurs mettent l’accent sur le côté humain du rendez-vous, entièrement porté par des associations et des acteurs ciotadens. « Dans certaines prides, qui sont subventionnées par plusieurs marques, on tend à perdre cette singularité au profit du capitalisme et d’une unique représentation de notre combat », estime Freddy De Angelis, membre du collectif Éventail. Et ce côté humain, il ne s’arrête pas au mois de juin, Michèle Philibert, membre du collectif et propriétaire du bar associatif Le Chaperon Rouge à Marseille, anciennement ouvert aux personnes atteintes du VIH, a initié, à La Ciotat, un dépôt de gerbes pour les personnes homosexuelles déportées, lors de la Seconde guerre mondiale. « Elle a fait le lien avec l’institutionnel », ajoute Freddy De Angelis, une histoire trop souvent oubliée. Ce lien il est aussi particulièrement présent avec la cause féministe, car « comme les femmes, on doit pas être nous, on doit pas être bruyants. Et puis 80% des participants sont des femmes… La convergence des luttes, c’est ça qui permet de faire avancer les pensées », conclut-il.

  • Sophie Binet à l’offensive pour le 54e congrès de la CGT

    Sophie Binet à l’offensive pour le 54e congrès de la CGT

    De notre envoyé spécial Amaury Baqué

    « Un congrès de la CGT, c’est 1 000 luttes en puissance. » C’est devant plus de 1 000 délégués et avec un discours enflammé que Sophie Binet a officiellement ouvert le 54e congrès de la CGT, ce lundi. Lequel se déroule « dans un contexte inédit ». « Les bruits des bottes s’amplifient. Jamais l’extrême droite n’a été au pouvoir dans autant de pays », s’inquiète-t-elle. Une situation qu’elle lie avec la crise du capitalisme. « Pour le capital, la démocratie est maintenant un problème, c’est la raison pour laquelle l’alliée indispensable du capital, c’est l’extrême droite », analyse Sophie Binet. Elle prend pour exemple concret « le Medef qui, pour la première fois depuis 1945, traite le RN comme un parti comme les autres ». Et martèle : « L’extrême droite est la pire ennemie du monde du travail. Face à elle, l’antidote c’est le syndicalisme CGT. »

    Des messages pas anodins puisqu’ils sont en lien avec les échéances électorales françaises à venir : « Nous allons nous mêler du débat présidentiel pour remettre les travailleurs et travailleuses au centre du jeu. » Elle s’adresse d’ailleurs à Fabien Roussel (PCF), Marine Tondelier (EELV), Manuel Bompard (LFI) et Olivier Faure (PS), tous présents ce jour : « Je note que la CGT fait l’unité, pourvu que ça dure ! ». Et de lancer un « appel de Tours » : « aucun candidat n’aura les voix de la CGT, des travailleurs, sans s’engager à abroger la réforme des retraites ».

    Mais ce discours est aussi, et surtout, le moment pour elle de faire le bilan de son mandat. « Faisons les comptes, depuis 2023, quatre Premiers ministres contraints à la démission, cinq réformes enterrées, deux budgets d’austérité en partie vidés de leur contenu », énumère-t-elle. La secrétaire générale revient sur l’exemple de la réforme des retraites. « Nous avons refusé de tourner la page, nous avons fait échouer le conclave et décalé l’application de la réforme des retraites », se félicite-t-elle. Elle réalise aussi un bilan plus critique : « Il y avait plus de manifestants que de grévistes. Nous n’avons pas réussi à étendre la grève le jour où l’intersyndicale avait appelé à mettre le pays à l’arrêt […] Tous les syndicats CGT n’ont pas appelé à la grève. »

    FSU et Ictam comme dossiers chauds

    Le lien est tout trouvé avec les propositions émises par la direction sortante : « Nous sommes rassemblés pour adopter notre plan de bataille pour les trois prochaines années. Pour cela, tirons les leçons de la mobilisation contre la réforme des retraites. » Outre les orientations générales sur lesquelles les congressistes doivent se prononcer comme « socialiser les richesses pour mieux protéger » ou tendre vers une « planification industrielle et écologique », Sophie Binet évoque sans détour les propositions qui peuvent provoquer le plus de remous. Comme le rapprochement avec la FSU : « Il ne s’agit ni d’une fusion, ni de la création d’une superstructure, mais d’un cadre de coopération permanent. » Ou le développement de la CGT auprès des Ictam (ingénieurs, cadres, techniciens, agents de maîtrise) : « La mission des Ictam n’est pas de mener les luttes à la place des ouvriers, c’est de développer les luttes chez les cadres et professions intermédiaires. »

    De quoi occuper les congressistes pour les prochains jours.

    AU PROGRAMME

    Mardi. Les congressistes entrent dans le dur des débats avec le vote du rapport d’activité, qui permet de juger l’appréciation du bilan de la direction sortante. Vient ensuite une initiative autour de la Palestine en présence d’Hala Abou Hassira, ambassadrice de la Palestine en France, de Yousef Habache, du syndicat des journalistes palestiniens, et de Luc Triangle, secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI). Avant un meeting « international » contre l’extrême droite en présence de nombreux syndicalistes venus du monde entier.

  • Ciné-Palestine célèbre la convergence des luttes

    Ciné-Palestine célèbre la convergence des luttes

    Cette année, le festival porte le focus sur la « Solidarité des luttes ». Une membre de l’association Ciné-Palestine explique : « Chaque année, on consacre une partie de la programmation à un focus spécifique. En 2026, l’idée est de montrer que les luttes anticapitalistes, antiracistes, anti-impérialistes et antifascistes sont connectées. » C’est aussi une manière, pour le festival, d’expliquer « comment les pratiques de production ou de diffusion participent à mettre les gens en action ».

    La sélection du festival inclut Palestine vaincra, le premier documentaire français réalisé en soutien au mouvement de libération palestinien et diffusé pour la première fois depuis 50 ans en France, ce vendredi (19h), à Vidéodrome 2. à la Baleine, la soirée se poursuivra avec « une séance de courts-métrages expérimentaux. Dans ce programme, il y a trois films qui parlent directement de Gaza, dont deux de Mahmoud Alhaj, arrivé en France dans le cadre du Programme Pause. »

    Des luttes internationalistes

    En clôture, ce dimanche à l’Alhambra et en présence de la réalisatrice Amal Ramsis, le festival diffuse You come from far away, film qui traverse les frontières de l’Espagne au Liban. Un moment musical conclura cette édition marseillaise, dimanche soir au Denis bar, « pour se retrouver, se donner la force et continuer la lutte », précise l’adhérente. Ciné-Palestine est à retrouver du 5 au 14 juin, en Île-de-France.

  • À Martigues, une histoire populaire qui redonne des repères

    À Martigues, une histoire populaire qui redonne des repères

    « L’histoire est à nous », dans le sens populaire du terme. C’est en tout cas ce que l’adjoint Pierre Dharréville (PCF) défend à l’heure d’annoncer la troisième édition du festival d’histoire populaire de Martigues, baptisé Pop’Histoire, lors d’une conférence de presse, lundi, au cinéma La Cascade.

    Un festival qui « manifeste une volonté d’appropriation collective de l’histoire, cette science qui permet de comprendre les mouvements du monde et de la société », poursuit l’élu, en la mettant à disposition sur l’espace public. C’est sur cet aspect public qu’insiste l’adjoint (PCF) Florian Salazar-Martin : « On a la chance, à Martigues, que les espaces soient ouverts, lorsqu’ailleurs, beaucoup d’espaces libres se rétrécissent. » « Pop’Histoire est imaginé comme un printemps populaire de l’histoire, un moment de fête pour réfléchir et s’amuser », complète Jean-François Szymanski, de la librairie l’Alinéa, également co-organisateur de la manifestation.

    Cette troisième édition passe un cap partenarial, notamment avec Aix-Marseille université (AMU), dont le président, Éric Berton, signe l’édito du programme avec le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux et dont plusieurs chercheurs participent à l’initiative. Mais aussi avec l’Éducation nationale, à travers plusieurs rendez-vous dédiés aux collégiens et lycéens martégaux.

    De 1936 à 2026,

    une histoire de luttes

    « Le va-et-vient entre le présent et l’histoire est essentiel quand les repères se perdent avec le déroulement permanent de l’actualité », présente Florian Salazar-Martin. C’est ce qui caractérise cette troisième édition qui, d’un côté, consacre l’essentiel de sa programmation à l’étude du Front populaire et des conquêtes sociales de 1936, avec parfois un angle féministe et, de l’autre côté, répond – indirectement – à l’actualité brûlante du contrôle des médias et de la culture par des personnalités d’extrême droite.

    Particulièrement à l’heure de la censure annoncée par Canal+, piloté par Vincent Bolloré, à l’encontre des artistes signataires d’une tribune dénonçant l’influence du milliardaire dans le cinéma. « On ne peut pas accepter de mainmise sur les artistes et les idées pour faire triompher un agenda antiféministe, raciste », tranche Florian Salazar-Martin. Pierre Dharréville souligne à cet effet le rôle de Jean Renoir, « figure du Front populaire à sa manière ». « Ce qui se passe avec le cinéma s’est passé récemment avec le livre, avec Bolloré et les éditions Grasset », rappelle Jean-François Szymanski, renvoyant à l’historien « Yohann Chapoutot, qui a pointé cette volonté des oligarques de disposer des outils qui façonnent l’opinion publique ».

    Pop’Histoire promet une riposte à sa manière. « Une réponse en actes, une résistance avec ses contradictions, une alerte importante », conclut le libraire. « Le Front populaire s’est construit dans l’adversité face au fascisme depuis les émeutes de 1934 jusqu’aux grandes conquêtes sociales », développe Pierre Dharréville, qui n’oublie pas de souligner la place des femmes dans cette histoire, également au cœur du programme. Comme pour rappeler la nécessaire convergence de ces luttes.

    La conférence d’ouverture de Pop’Histoire, dédiée à la lutte des femmes pour leur liberté, aura lieu jeudi 28 mai à 18h, au cinéma La Cascade.

  • Une Quinzaine des Fiertés très engagée

    Une Quinzaine des Fiertés très engagée

    Si le Collectif Fiertés Toulon se dit « apartisan », ses « luttes restent politiques », martèle Elsa Nardini, sa porte-parole. Un constat particulièrement d’actualité au sortir d’élections municipales durant lesquelles il s’est ouvertement engagé et mobilisé. « On a eu peur pour l’avenir des marches. Mais on a encore beaucoup de droits à défendre », clame-t-elle.

    Car la montée en puissance de l’extrême droite, désormais à la tête de deux des cinq plus grandes villes varoises, et plus généralement des idées réactionnaires, est un état de fait. Ce qui fait craindre au Collectif un recul de ses libertés, comme en ont récemment témoigné l’annulation d’une exposition photo par la mairie de La Garde, ou encore les craintes de structures culturelles seynoises qui n’accueilleront pas certains événements par peur de se voir retirer leurs subventions. « On perd une visibilité importante », constate Elsa Nardini. Car si « la communauté est sous-représentée dans l’espace public, les jeunes LGBT viennent à manquer de modèles. »

    Un collectif de commerçants en soutien

    C’est pourquoi pour cette Quinzaine des Fiertés 2026, un mot d’ordre clair a été choisi : « Être soi-même est un droit, pas un privilège ». « Cette année, encore plus que les autres, nous voulons dire qu’on est là, pour que nos jeunes aient les possibilités culturelles de s’exprimer », appuie la porte-parole du collectif LGBT. Cette volonté de rappeler que « la marche des fiertés reste une révolte, une marche militante, même si on défile dans une ambiance festive » sera appuyée dès le 29 mai, pour le début de la quinzaine, par une exposition photo à l’Atelier l’Impression, retraçant les origines de la Pride. Ce même jour aura lieu la soirée d’ouverture, avec un grand concert place de l’Équerre. De nombreux événements rythmeront la quinzaine, entre soirées thématiques, drag shows, concerts, projections, spectacles, pièces de théâtre ou encore dépistages de MST gratuits.

    Cette année, pour la première fois, un collectif de 28 commerçants s’est formé pour soutenir l’événement. « Grâce à eux, on pouvait organiser la marche sans subvention, car on n’était pas sûr d’en avoir en début d’année selon les résultats des élections », salue Elsa Nardini. Ainsi, la librairie Charlemagne organisera, jusqu’au 11 juin, une vente de livres LGBT « que les gens pourront acheter et laisser en dons pour créer la bibliothèque du centre LGBT de Toulon », explique la militante.

    Enfin, le 13 juin marquera le point d’orgue de ces deux semaines, avec la traditionnelle Marche des Fiertés. Une quarantaine de partenaires, dont 22 stands associatifs, animeront le village des fiertés, installé place d’Armes. C’est d’ici que partira, à 17h, la marche, avec plus de 4 000 participants attendus. « C’est la plus grosse manifestation du département », se félicite Elsa Nardini. « Des personnes viennent de loin, dont des familles hétérosexuelles avec enfants. » Car, dans ce cortège, il est important « d’accueillir aussi nos alliés », souligne la porte-parole du collectif, qui espère que la maire Josée Massi sera présente pour répondre à l’engagement du collectif, en sa faveur, durant les élections.

    Programme : fiertés-toulon.fr

  • [Mort au travail] La Mède : à Total, la lutte contre l’amiante et le benzène

    [Mort au travail] La Mède : à Total, la lutte contre l’amiante et le benzène

    « Vous êtes exposés à du benzène rien qu’en étant venu à ce rassemblement », lance Fabien Cros, secrétaire du syndicat CGT de la plateforme Total de La Mède, devant ses auditeurs massés devant l’entrée de l’ancienne raffinerie mardi matin. Le rassemblement organisé par l’union locale CGT, le syndicat de la plateforme et la branche régionale de la fédération des industries chimiques CGT (Fnic) vise à partager les différentes luttes pour la sécurité et la santé au travail en cette journée internationale dédiée. Les syndicats de Kem One Saint-Auban (04), d’Arkema Marseille et de Sanofi Sisteron (04), entre autres, ont répondu présent.

    C’est la présence du benzène, un composé réputé cancérigène, mutagène et reprotoxique (CMR) lié à la production du site qui a conduit le syndicat à attaquer son employeur par deux moyens : au pénal pour mise en danger de la vie d’autrui, et aux Prud’hommes pour le préjudice d’anxiété lié à l’exposition des travailleurs de la plateforme. « La limite à laquelle les travailleurs pouvaient être exposés en 2000 à mon début de carrière était de 1 ppm », resitue Fabien Cros. « Aujourd’hui on est à 0,2 ppm grâce à la pression mise par nos syndicats et nos avocats. Pourtant le benzène n’a pas d’effet de seuil, en respirer une ou 100 fois ne fait pas de différence », dans les risques d’après le syndicaliste. « Cela démontre que ce seuil est politique et non médical (…) Nous voulons que le benzène soit reconnu au même titre que l’amiante », insiste-t-il.

    Son camarade Ludovic Veyret, délégué CGT Sanofi Sisteron, illustre le problème : « On met des casquettes des chaussures de sécurité, mais on nous laisse respirer des trucs et se démerder pour laver nos vêtements. »

    L’avocate du cabinet TTLA Julie Andreu suit ces sujets. « Les expositions perdurent et la prévention n’est pas là : pas de repérage avant travaux ni diagnostics » pour l’amiante. Les procédures judiciaires visent « une juste réparation et reconnaissance des conditions de travail » selon l’avocate. « Les pathologies se déclarant 20 à 40 ans après exposition, l’employeur ne sera peut-être plus là ou pourra dire que c’est faute d’hygiène de vie », relate-t-elle, « c’est pour ça qu’il faut agir avant d’être malade pour prouver qu’il y a eu exposition si demain vous l’êtes ».

    C’est le combat mené avec la CGT dans les industries de la région.

  • À Marseille, luttes projetées à l’écran et sur le terrain

    À Marseille, luttes projetées à l’écran et sur le terrain

    « Un court, un film, un débat. » C’est un refrain printanier qui résonne désormais depuis 10 ans à Marseille, faisant bourgeonner les œuvres cinématographiques comme autant de luttes à prolonger. Une petite longévité qui s’explique, selon Stéphane Rio, enseignant et membre de l’équipe du Printemps du film engagé, qui se tient du 27 mars au 3 avril, par « un besoin de débat. Notre programmation intéresse, mais les gens ont aussi besoin d’échanger ».

    Son credo ? Ne pas céder au fatalisme, comme l’indique le thème de la mouture 2026, La vie est à nous, empruntée au film réalisé en 1936 – et sorti 33 ans plus tard – par Jean Renoir et Jean-Paul Le Chanois, qui sera projeté le 2 avril au Vidéodrome2 (entrée libre). Une plongée au cœur de la campagne électorale et des victoires du Front populaire, destinée à rappeler « comment se remobiliser pour lutter contre la pensée réactionnaire et raciste. Avec l’idée de ne pas se soumettre, comme l’a montré le peuple en 1936, alors que les années 1930 étaient propices aux fascistes », explique-t-il. Des échos avec notre époque attestant que « la pensée critique et le mouvement social a encore toute sa place ».

    Global et local

    De la cause palestinienne, il sera aussi beaucoup question avec l’avant-première, vendredi 27 mars au Gyptis, du documentaire de Pierre Carles, L’affaire Abdallah, autour de Georges Ibrahim Abdallah, ce militant communiste libanais emprisonné pendant 41 ans. « Une enquête très fouillée montrant que ce prisonnier politique a été accusé à tort. Et, en même temps, un film qui retrace le combat pour les droits du peuple palestinien depuis les années 1960 », résume Stéphane Rio. S’ensuivra un débat intitulé « Pourquoi un tel acharnement contre les combattants palestiniens », en présence du politiste au CNRS Vincent Geisser et du militant de longue date pour la libération d’Abdallah, Charles Hoareau. Le lendemain, le Gyptis accueillera « une grosse soirée pour dénoncer les massacres » d’Israël, avec une sélection de courts-métrages réalisés par des Gazaouis, avant la diffusion d’Occupations, film sorti en 2025 qui documente le mouvement des étudiants de Columbia, aux États-Unis, pour « faire pression sur leur université liée à des entreprises d’armement américaines et israéliennes ». Des représentants de la flottille « qui partira les 4 et 5 avril pour Gaza » seront présents.

    Parmi la vingtaine de propositions du festival, les luttes locales ne seront pas non plus oubliées, comme pourront l’illustrer La réalité est là…, « lecture théâtralisée » de six mineurs non accompagnés, qui portent sur scène « leur ressenti en France et leur invisibilisation », ou encore Je suis la nuit en plein midi, en clôture du festival à La Baleine. Un documentaire performé politico-poétique qui suit un Don Quichotte et son Sancho Panza des temps modernes venant pourfendre les murs des ensembles résidentiels fermés qui pullulent à Marseille.