Les territoriaux FO de Marseille dans la bataille

Écoles, crèches, propreté, musées, police municipale… le 18 septembre, les agents territoriaux FO de Marseille seront en grève. À l’aune de cette mobilisation, dans son bureau du boulevard d’Athènes, Patrick Rué, leur secrétaire général, affiche sa détermination. Calme et ferme : « Le 18 va aller dans ce sens : ou vous nous entendez ou la mobilisation va se durcir. Ce doit être un vrai avertissement », glisse l’homme de 70 ans, dont la figure reste encore incontournable dans le paysage syndical marseillais.

Cette mobilisation du 18 septembre s’inscrit logiquement selon lui dans une colère sociale plus large, nourrie par les inégalités et le sentiment de décisions politiques injustes. « Tout le monde a l’impression d’une forte iniquité. Les 2% les plus fortunés ont une fortune équivalente au reste de la France, et qu’à eux, on ne demande rien », souffle-t-il. Et d’appeler les responsables politiques à « donner l’exemple », notamment en réduisant les privilèges des anciens présidents et ministres : « Ce n’est pas ça qui va changer le budget mais par contre c’est quand même très ancré dans l’esprit des gens. »

La réforme des retraites pourrait être « le déclencheur » d’un signe d’inflexion de ces politiques, poursuit Patrick Rué. Malgré quatorze mobilisations en 2023, « les Français ont été ignorés ». Pour lui, ce mépris alimente la radicalisation : « À partir du moment où vous ne tenez pas compte des mouvements ordonnés, vous laissez la place au désordre. » Revenir sur cette réforme serait « le vrai signe d’ouverture à une négociation réaliste ». Et ce n’est pas le renoncement aux deux jours fériés qui change grand-chose à l’affaire : « C’est la pratique de négociation avec les syndicats : on met la barre très haut puis on redescend… Quand on ne recule pas, je ne sais pas si c’est une avancée, du surplace peut-être, mais c’est un signe… attendu. »

Pour Patrick Rué, la stratégie syndicale aussi doit évoluer. Lui défend une mobilisation plus structurée, capable de peser réellement en s’inspirant du mouvement du 10 septembre : « Il faut arriver à des blocages organisés, qui ne partent dans tous les sens. Le jour où il n’y a plus de négociation, c’est la révolution. » Il insiste sur la nécessité d’une « révolte réfléchie » : « Le but, ce n’est pas de mettre le pays à l’asphyxie, mais de bloquer pour débloquer. »

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