Tag: Force Ouvrière

  • À Cucuron, la fermeture précipitée de l’Ehpad interroge FO

    À Cucuron, la fermeture précipitée de l’Ehpad interroge FO

    « On ne manquera pas de s’étonner qu’un orage, phénomène atmosphérique ordinaire, particulièrement dans notre région, puisse faire fermer un EHPAD », regrette le syndicat Force ouvrière des retraités de Vaucluse dans un communiqué ce mardi 9 juin, en écho à la fermeture en urgence de la maison de retraite « L’Âge d’or » à Cucuron suite à un orage fin mai.

    L’endommagement du système de sécurité incendie a poussé l’ARS à décider d’une fermeture anticipée, alors qu’un arrêt était prévu initialement en 2029. « Plusieurs équipements associés à la sécurité incendie ont été impactés, notamment le déclenchement de l’alarme sonore, les portes coupe-feu et le dispositif de désenfumage », précise l’Agence régionale de santé. Les premiers résidents ont déjà pu déménager.

    « Dépérissement organisé »

    L’ARS précise que 22 des 28 résidents disposent d’une solution d’accueil et que « les recherches se poursuivent activement pour les six autres résidents, avec plusieurs visites d’établissements actuellement en cours ».

    Le syndicat estime de son côté que des « explications s’imposent ». Dans son communiqué, FO refait un historique des décisions de ces dernières années, entre travaux d’extension avortés et refus de nouveaux pensionnaires dans l’optique de fermer le site.

    Une partie de l’activité irait vers l’Ehpad de Cadenet, dont les travaux d’agrandissement sont en cours. Et que cette fermeture, « au-delà des explications techniques, s’inscrit dans le virage domiciliaire que l’ARS, au nom du gouvernement, et le Conseil départemental promeuvent », conclut le syndicat.

  • Au Centre pénitentiaire de la Farlède, une grève pour plus de sécurité après la prise d’otage d’une infirmière

    Au Centre pénitentiaire de la Farlède, une grève pour plus de sécurité après la prise d’otage d’une infirmière

    À l’entrée du Centre pénitentiaire de la Farlède, ce jeudi matin, trône une banderole sur laquelle on peut lire : « Prenez soin de nous comme on prend soin de vous. » Un message qui fait écho à la prise d’otage subie par une infirmière dimanche dernier, ressentie comme « une prise d’otage générale, qui a eu beaucoup de répercussions au niveau des salariés », décrit Ludivine, l’une des infirmières de l’établissement. Celles-ci se sont toutes réunies en blouses blanches, dès 7h, devant le centre pénitentiaire, répondant à l’appel à la grève des syndicats FO du Centre hospitalier Toulon-La Seyne (CHITS) et de l’établissement psychiatrique du Var.

    Un mouvement soutenu par les syndiqués FO Pénitentiaire avant leur prise de poste, la grève ne leur étant pas permise. Et qui pourra être reconduit « pour faire comprendre qu’on a besoin de réponse », affirme Jessica Michel, secrétaire générale FO CHITS, reçue ce vendredi par l’Agence régionale de santé (ARS), en compagnie de membres du personnel. « On va exiger de mettre la pression sur la direction du centre pénitentiaire pour mettre en œuvre les choses qu’on a demandées », promet-elle.

    Car selon la syndicaliste, cette situation aurait pu être évitée si les infirmières avaient été écoutées. Or, « on a toujours eu des réponses négatives de la part de la direction du centre, qui rétorque qu’on ne peut pas tout faire en milieu pénitentiaire. On peut l’entendre, sauf que la sécurité des agents est notre priorité, et que ce qu’on réclame est a priori faisable ».

    La surpopulation, facteur d’insécurité pour tous

    Les mesures demandées, dès lors : la création d’un troisième poste d’infirmière le week-end – elles n’étaient que deux au moment de l’incident -, et le renforcement du dispositif de sécurité. Cela, au moyen de portiques de sécurité positionnés devant l’infirmerie, d’un système d’alarme silencieuse déclenchable à tout moment contrairement aux alarmes sonores pouvant faire davantage dégénérer les situations. Mais aussi par un réaménagement des bureaux, avec l’installation d’alarmes, et un positionnement dos à la porte pour que les soignants puissent s’enfuir plus rapidement, chose qui a déjà commencé à être mise en place cette semaine.

    Derrière ces demandes, une réalité : celle d’un système carcéral à bout de souffle, où la surpopulation (130% à la Farlède, 850 détenus pour 660 places) « met en jeu la sécurité de tous, des détenus comme des personnels pénitentiaires et génère des pertes de qualité, bien évidemment », déplore Marion, l’une des infirmières. Pour autant, elle et ses collègues n’ont jamais pensé à exercer ailleurs, elles qui évoluent dans ce milieu par vocation et humanisme au nom de « l’accessibilité aux soins pour tous, à ces personnes-là qui sont au ban de la société ». Des détenus sur lesquels elles refusent de jeter l’opprobre : « Ils sont à nos côtés et sont généralement les premiers à nous protéger », appuie Ludivine.

    Au-delà de ces revendications, le manque de reconnaissance financière est également déploré par les soignants, à qui l’on octroie seulement une famélique prime de risque de 90 euros bruts mensuels : « Une revalorisation nationale du salaire infirmier est attendue depuis des années. Est-ce que la vie d’un soignant en détention vaut 90 euros, pour soigner des gens qui, comme on a pu le voir, peuvent nous prendre en otage ? », demande Ludivine.

    Des questions adressées aux pouvoirs publics à travers une lettre ouverte, alors que les syndicats ont sollicité une entrevue avec le préfet (jusqu’ici restée sans réponse), et que des échanges auront lieu entre les directions des établissements de santé et du centre pénitentiaire, les 24 et 25 juin.

  • Appel à la grève à l’hôpital de Toulon-La Seyne le 18 juin

    Appel à la grève à l’hôpital de Toulon-La Seyne le 18 juin

    L’hôpital public est en souffrance, et le centre hospitalier de Toulon-La Seyne (CHITS) ne déroge pas à ce triste constat. Alors que la mobilisation, menée depuis de longs mois, reste importante au sein du pôle psychiatrie face à la perspective imminente d’une perte de moyens (notamment celle de trois de ses quatre médecins), c’est cette fois l’ensemble de l’établissement qui est appelé à se mobiliser pour défendre son droit à exercer dans des conditions dignes.

    Soumis à une « activité qui ne cesse de croître » et « des conditions de travail qui s’effondrent », l’ensemble des personnels sont appelés à faire grève, le 18 juin. Un mouvement initié par Force ouvrière, syndicat majoritaire de l’établissement, pour qui « le point de non-retour a été atteint ». L’organisation dénonce ainsi « une réalité de terrain devenue insoutenable : difficultés d’accès aux remplacements et aux heures supplémentaires, manque criant de matériel, lits fermés par manque d’effectifs, services d’urgences saturés, sous-effectif, épuisement des équipes et perte de sens au travail ». En particulier dans certains services, marqués par la « fermeture d’unités cruciales faute de médecins : les soins palliatifs, l’hôpital de jour pour enfants en pédopsychiatrie et des services sous contrainte en psychiatrie adulte ».

    Le projet social « instrumentalisé »

    Malgré cette situation, « l’information aux agents est réduite au minimum et l’accompagnement fait cruellement défaut, plongeant les personnels dans une profonde insécurité professionnelle », appuie le syndicat, qui déplore le choix de la direction « de passer en force, multipliant les décisions unilatérales et ne prenant pas en compte systématiquement les revendications ». À cet égard, FO pointe notamment le nouveau « plan de formation et les nouvelles modalités d’accès au financement des études promotionnelles », « l’instauration de quotas arbitraires sur l’évaluation de la valeur professionnelle des agents », « un dispositif de mobilité des agents mis en place sans aucune évaluation » et, plus généralement, « un déni des instances démocratiques ».

    Autant de constats qui mettent en branle « le projet social de l’hôpital », établi à l’horizon 2027, censé « sécuriser les organisations pour améliorer l’équilibre vie privée-vie professionnelle avec la mise en place des cycles de travail ».

    Un « accord local garant de l’équilibre social de l’établissement, seul levier d’attractivité et de fidélisation pour des agents hospitaliers touchés de plein fouet par une smicardisation rampante », sans avantages sociaux. Mais que « la direction instrumentalise pour déconstruire le référentiel du temps de travail en place depuis 25 ans », estime le syndicat, qui appelle, en conséquence, à se réunir devant l’hôpital Sainte-Musse, le 18 juin, à 12h.

  • Les travailleurs hospitaliers de Digne-les-Bains mobilisés contre l’austérité

    Les travailleurs hospitaliers de Digne-les-Bains mobilisés contre l’austérité

    On dégrade complètement l’offre de soins et l’hôpital public pour nous faire payer la dette qu’ils ont causée eux-mêmes » : plusieurs dizaines d’agents hospitaliers se sont retrouvées vendredi pour rassembler leurs revendications et les envoyer à la direction de l’hôpital lundi. « Ce n’est pas aux agents de l’hôpital et aux patients de le payer. Ce n’est pas parce qu’on est une zone rurale qu’on doit être laissés à l’abandon », revendique Kevin Martin, secrétaire général de FO santé 04.

    « On angoisse beaucoup pour cet été qui arrive sous la menace de suppression de postes, de nous enlever encore des moyens », regrette Julien Pignol, infirmier aux urgences de Digne. « Cela fait maintenant deux étés que les urgences de Digne sont les seules à rester ouvertes 24 heures sur 24 dans le département. On angoisse de passer à nouveau un été compliqué avec l’affluence touristique », explique-t-il. « Nos urgences ne sont pas dimensionnées pour répondre à l’urgence, notamment nocturne, de tout le département. »

    Selon les travailleurs mobilisés avec FO, un véhicule de secours SMUR a été en panne, à l’arrêt pendant un mois car la direction n’avait pas payé les pièces nécessaires et « n’honore plus ses factures ». « L’effectif n’y est plus, on a eu un départ en retraite et un congé maternité non remplacés », affirme Julien Pignol. « Cet été, si l’un de nous tombe malade ou se blesse, on sera en sous-effectif. »

    « Médecine au rabais »

    « Est-ce que le 04 mérite d’être le seul département mal soigné de France ? », a interrogé Guillaume Carré, ambulancier. « Un patient du 04 ne vaut pas moins qu’un patient du 83 ou du 13 », a-t-il lancé. Les urgences de Digne doivent combler les fermetures de celles d’autres hôpitaux du département, comme celles de Manosque. « Les autres hôpitaux annoncent des ouvertures de deux nuits par mois », selon Guillaume Carré.

    « On a peur pour la population, nos collègues et nos équipes. Un jour, vous arriverez aux urgences et il n’y aura pas de médecin ni d’infirmier », s’inquiète Julien Pignol. » Est-ce qu’on veut de cette médecine au rabais ? Est-ce qu’on veut continuer de faire plus avec moins ? », a-t-il demandé aux agents hospitaliers présents autour de lui. « Au premier arrêt maladie, blessure ou burn-out, le service va plonger alors qu’on est les seuls ouverts. »

    « Il faut arrêter de bricoler pour pallier un manque de moyens fabriqué », a conclu Julien Pignol.

    « Il y a eu des efforts qui ont été faits du côté de Manosque pour ouvrir les urgences la nuit davantage, évidemment pas 24 heures sur 24 comme Digne, mais on espère que ça permettra de soulager les équipes par rapport à l’année dernière », répond la direction. « Les fermetures de lits en psychiatrie ont été pensées avec les médecins et l’encadrement depuis plusieurs semaines », affirme-t-elle.

  • Fronde contre le licenciement d’un syndicaliste CGT d’Eurenco

    Fronde contre le licenciement d’un syndicaliste CGT d’Eurenco

    « La direction d’Eurenco franchit une nouvelle étape : elle frappe nos camarades », lâche la CGT sur sa page Facebook. Le syndicat réagit ainsi au licenciement, le mois dernier, d’un de ses membres au sein de l’entreprise de poudres explosives.

    Selon la CGT, cet employé travaille depuis quinze ans sur le site de Sorgues. « On lui reproche des faits mineurs, notamment dans les relations avec un membre de la direction, avec un désaccord sur la confidentialité d’échanges de travail, car il y avait un intérimaire présent », indique Jérémy Caillé, délégué syndical CGT d’Eurenco. Deux autres salariés syndiqués ont également reçu des sanctions disciplinaires ces dernières semaines.

    La CGT annonce qu’elle va demander l’annulation de ce licenciement. Si celui-ci est maintenu, elle accompagnera le salarié concerné dans ses démarches auprès du conseil des prud’hommes.

    Contactée par La Marseillaise, la direction ne souhaite pas commenter publiquement les procédures disciplinaires. Elle précise toutefois que « la nature particulièrement sensible de nos métiers exige une rigueur absolue : le strict respect des consignes de sécurité et de comportement est donc une obligation qui s’impose à l’ensemble de nos collaborateurs, sans exception. »

    En réaction, un rassemblement est prévu devant les grilles de l’entreprise à partir de 7 heures du matin, ce mercredi 20 mai, ainsi que sur l’autre site d’Eurenco, à Bergerac. Un comité social et économique (CSE) doit également se tenir dans la matinée sur le site vauclusien. « Stop à la répression syndicale. Quand on touche à un camarade de la CGT, on touche à tous », tonne le syndicat dans son appel à la grève.

    En conflit

    La CGT établit un lien entre ce licenciement et le conflit social en cours depuis janvier. Avec Force ouvrière, les organisations syndicales demandent notamment une augmentation générale de 130 euros pour tous, ainsi que le passage immédiat de la prime d’ancienneté à 20%. Elles justifient ces revendications par des « bénéfices records pour 2025 » et « un carnet de commandes valorisé à 3 milliards d’euros ». Mais ce lien est contesté par la direction d’Eurenco, qui assure que « les mesures de sanction mentionnées visent uniquement à faire respecter notre règlement intérieur » et « qu’elles n’ont aucun lien avec d’autres sujets contextuels ».

    Des tensions qui ne datent pas d’hier. En 2020, Jérémy Caillé avait été poursuivi par l’un des cadres de l’entreprise pour diffamation au sujet d’un tract syndical d’octobre, intitulé « Eurenco Sorgues, foyer de contamination, de précarité et d’imbécillités ». Reconnu dans un premier temps coupable par le tribunal correctionnel d’Avignon en 2023, il avait ensuite été relaxé par la cour d’appel de Nîmes, en mai 2024.

  • À Orange, une mobilisation pour des remplaçants au collège Giono

    À Orange, une mobilisation pour des remplaçants au collège Giono

    Peu après 8h, ce mercredi 6 mai, une cinquantaine d’enseignants et de parents d’élèves du collège Jean-Giono d’Orange se sont rassemblés « pour dénoncer l’absence de professeurs remplaçants dans plusieurs disciplines », explique le syndicat national Force ouvrière des lycées et collèges de Vaucluse (SNFOLC).

    « Il manque deux professeurs de français et un prof d’espagnol », liste Olivia Deitman, présidente de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE). Elle regrette que les réponses de la direction académique sur le sujet « restent floues », alors que « les enfants ont besoin de ces cours ».

    C’est notamment le non-remplacement de l’une des deux professeures de français, en congé maternité depuis la mi-janvier, qui inquiète. « C’est une absence prévue, mais il n’y a tout simplement plus personne qui veut ou peut venir. L’exemple le plus criant est que la dernière contractuelle était carrément arrivée de Belgique. Qu’ils n’aient pas cours dans cette matière très importante est problématique », explique Stéphane Pradal, enseignant et représentant du SNFOLC.

    Préparation tronquée

    Des cours un temps remplacés par des visioconférences ou par d’autres professeurs de l’établissement. Ce qui demeure toujours insuffisant aux yeux du corps enseignant et des parents. « Certains d’entre nous s’improvisent professeurs à la maison, mais c’est compliqué. On sait qu’aujourd’hui, il y a des lacunes en grammaire et en orthographe. Et la différence de niveau est injuste alors que le brevet arrive », regrette Olivia Deitman.

    « La confiance en l’institution en a pris un coup. C’est difficile quand celle-ci ne répond pas présent », souligne Stéphane Pradal. Contactée par La Marseillaise, la direction académique de Vaucluse assure que « la situation est bien identifiée par les services », qu’une « procédure de recrutement est actuellement en cours » et que « les mesures nécessaires sont mises en œuvre afin d’assurer la continuité des enseignements pour les élèves ». Un lien vers le site de recrutement gouvernemental, où il est possible de postuler « avec ou sans concours », a également été diffusé, notamment pour un poste à temps plein en lettres modernes à Orange.

  • [1er-Mai] À Avignon, les prix de l’énergie qui flambent attisent la colère de tous les travailleurs

    [1er-Mai] À Avignon, les prix de l’énergie qui flambent attisent la colère de tous les travailleurs

    Les 1 500 manifestants qui ont défilé dans les rues d’Avignon pour cette journée internationale des travailleurs n’ont pas manqué de revendications. Et dans un contexte d’inflation prégnant, l’un des messages qui ressort dans ce département en partie rural, c’est notamment les prix de l’énergie et de l’essence qui flambent sans que grand-chose ne soit réellement fait pour maîtriser ces augmentations.

    Une situation qui touche particulièrement les plus précaires. Comme l’évoque Mathis, représentant de l’Union étudiante à l’université d’Avignon, qui pointe « des loyers qui augmentent mais pas les bourses ». « Certaines résidences étudiantes n’incluent pas l’électricité et, l’hiver, on doit y payer de grosses sommes pour se chauffer. Et dans le même temps, des initiatives disparaissent faute de moyens, comme la réduction à un seul repas à un euro par jour. Il faut se serrer la ceinture », regrette-t-il. Ce que pointe également, dans un discours, une intersyndicale de Vaucluse, composée de la CGT, la FSU, l’Unsa et SUD Solidaires. Déclamé par Laurence De Villèle, secrétaire départementale de la CGT, ils y dénoncent des « prix de l’énergie qui explosent » alors que les « salaires n’ont toujours pas retrouvé leur niveau de 2020 » et que « les inégalités entre les femmes et les hommes sont toujours aussi importantes ». Et pointent aussi une « pauvreté qui ne cesse de progresser chez les jeunes qui subissent un véritable bizutage social : CDD, stages, intérim, bas salaires, chômage ». Tout en rappelant que « les dividendes atteignent des records » tandis que « les entreprises touchent chaque année 211 milliards d’aides sans conditions ni contrepartie ». Et plaident pour que « dans le privé comme dans le public, les salaires, les pensions et les aides sociales doivent être augmentés et indexés sur les prix ».

    « Langue de bois »

    Chez Force ouvrière, dont le secrétaire départemental Étienne Raoul a prononcé un discours à part, en fin de cortège, après celui des autres organisations syndicales, Il dénonce notamment les « profits colossaux » de « certains groupes industriels ou financiers » alors que « l’on demande des sacrifices aux salariés, aux demandeurs d’emploi, aux retraités, à la jeunesse ». Un message que la plupart partagent, comme Lucas, la trentaine, qui a récemment emménagé dans les environs d’Apt pour travailler à l’hôpital. « Pas assez d’efforts sont faits pour la baisse et le maintien des prix. Il y a beaucoup de paroles et beaucoup de langue de bois de la part des responsables politiques alors que la plupart des gens galèrent à faire un plein », lâche-t-il.

    Une situation que dénonce également le député de la circonscription, Raphaël Arnault (LFI). Il s’était notamment déplacé dans la semaine dans différentes stations-service de la Cité des Papes pour échanger avec les Avignonnais sur le sujet. « Les seuls qui n’étaient pas spécialement partisans pour une action contre les prix, c’était un couple qui roulait en Porsche Cayenne », confie-t-il après avoir évoqué « qu’à chaque crise, on essaie de nous faire croire qu’il n’y a aucun levier d’action, que ce n’est pas possible de faire bouger les choses, que c’est la logique libérale, qu’on ne pourrait rien faire, c’est ce que dit le gouvernement ». Et soutient « qu’il faut bloquer les marges et bloquer les prix de l’énergie pour revenir à des prix raisonnables pour les gens ».

  • Zeeman : une grève pour des mesures salariales

    Zeeman : une grève pour des mesures salariales

    C’est la deuxième grève de l’histoire du groupe en France, c’est historique ! » Devant le magasin de vêtements Zeeman, sur le boulevard d’Athènes à Marseille (1er), une petite vingtaine de salariés tiennent le piquet. L’enseigne d’habillement à bas coût a ses grilles fermées ce samedi, tout comme la plupart des autres boutiques marseillaises de la marque.

    En cause ? Un mouvement de grève national, à l’appel notamment de Force ouvrière, sur fond de négociations annuelles obligatoires (NAO). « La direction a proposé une enveloppe bidon. L’an dernier, on n’avait déjà presque rien eu et on avait été pris pour des imbéciles ! Pour obtenir quelque chose cette fois, on s’est dit qu’il allait falloir bloquer », expose Stéphane, délégué syndical FO et travailleur du magasin situé à l’avenue Jean-Lombard (11e).

    Dans le détail, le montant prévu pour ces NAO serait, pour l’heure, de 570 000 euros pour les 1 800 salariés du groupe. FO met en avant un montant correspondant à seulement « 0,3% du chiffre d’affaires ». Pas de quoi sauter au plafond. « C’est presque rien ! Sachant qu’on n’a pas de tickets-restaurants, pas de chèque vacance, peu de primes et pas de treizième mois », abonde Anis, élu Unsa, du magasin du Cours Julien. « On demande à ce que l’enveloppe soit dédiée à un treizième mois, c’est notre combat », développe Stéphane, alors que la prochaine réunion sur le sujet est prévue pour ce mardi 14 avril.

    Une petite famille

    qui ne connaît pas la crise

    Preuve du mécontentement des salariés, ils avaient déjà mené un premier jour de grève, le 8 avril dernier. Ils haussent le ton depuis : « Le magasin des Cinq avenues est fermé, celui du Merlan, celui de rue d’Italie aussi… Sur Marseille, ils sont presque tous fermés. » Rien d’anodin pour le secteur du commerce et encore moins alors que « la zone de Marseille est l’une des plus importantes de l’entreprise en France » selon les travailleurs présents. « Fermer un samedi, c’est pas de gaieté de cœur, mais on n’a pas d’autres choix que de mettre la pression pour obtenir quelque chose », abonde Jérôme, du magasin rue d’Italie. Il insiste : « On demande une reconnaissance, une motivation… Ça fait des années qu’on demande un geste et qu’il n’y a que des refus. »

    Comme le discounter Action, Zeeman est un groupe néerlandais qui ne lésine pas sur l’import de produits asiatiques pour pratiquer des prix défiant toute concurrence. Mais c’est surtout un capital détenu à 100% par les descendants de son fondateur Jan Zeeman, décédé en 2020 qui avait lancé le premier magasin en 1967 et l’une des plus grandes fortunes des Pays-Bas. Depuis, la croissance est exponentielle : 300 magasins en France, 1 300 au total sur plusieurs pays européens.

    Si moult enseignes de vêtements françaises sont en difficulté, comme Jott (lire notre article du 11/04), ce n’est pas le cas de Zeeman France qui a remonté la bagatelle de « 5 millions d’euros versés en dividendes au groupe en 2024 » selon les calculs de FO. « Le prévisionnel est bon, la croissance est là », assure Stéphane. En parallèle, les salariés ont de quoi revendiquer : « L’inflation, les loyers, l’essence… Tout augmente, mais notre Smic n’augmente pas ! »

    D’où l’attitude jugée « méprisante » de la direction à l’égard des demandes des représentants syndicaux. « La dernière fois, on est venu négocier et ils nous ont dit cash : “on parle pas du 13e mois” », s’indigne Anis. Comme un symbole, le rassemblement des salariés avait lieu devant un magasin « qui va bientôt fermer ». Contactée, Zeeman n’a pas répondu à notre sollicitation à l’heure où nous écrivons ces lignes.

    « 5 millions d’euros ont été versés en dividendes »

  • En Vaucluse, les fermetures en école primaire ulcèrent

    En Vaucluse, les fermetures en école primaire ulcèrent

    Le soleil de plomb a fait briller les dizaines de casseroles en inox sorties ce mercredi 8 avril devant la direction académique de Vaucluse, à Avignon. Un peu plus d’une soixantaine de personnes s’étaient réunies pour manifester contre la fermeture prévue de 44 classes sur le département contre 19 ouvertures.

    Comme il y a une semaine tout pile, ce sont surtout des mères de famille qui étaient mobilisées aux côtés des syndicats. Et cette fois-ci, certaines sont venues avec leurs enfants, qui se sont donnés un malin plaisir à faire du bruit avec des ustensiles de cuisine. « La situation est déjà complexe et une fermeture est envisagée. Ils ne pensent pas à nos enfants », confie un parent d’élève de l’école Pierre de Coubertin, en extra-muros à Avignon. Situation similaire du côté de l’école Roland Scheppler, dans le quartier des Courtines, où est prévue la suppression d’une classe de grande section maternelle. « De nombreux enfants que l’on accueille sont des primo-arrivants avec des besoins spécifiques et pas forcément prévus dans les effectifs en avance. On accueille également des jeunes du foyer Pierre Valdo. On est totalement pris de court », glisse une enseignante dont le poste est potentiellement menacé par la mesure. « Les manifestations s’amplifient. Il ne faut rien lâcher. Nos écoles ne doivent pas être une variable d’ajustement pour toutes les finances publiques », lance, quelques mètres derrière, Blaise Laurent, membre du Snudi FO Vaucluse, tandis que des représentants du syndicat sont allés à la rencontre du directeur académique.

    « Travail rigoureux »

    Si une rencontre avec le préfet avait initialement été demandée par les représentants syndicaux de Force ouvrière, c’est donc finalement par le Dasen, Philippe Koszyk, qu’ils ont été reçus. Et ce, alors que la carte scolaire sera à nouveau votée ce jeudi 9 avril en CSA et une le soir avec les représentants de l’État et des différentes communes concernées par les mesures.

    Du côté du rectorat, on assure que la carte scolaire « fait l’objet d’un travail rigoureux, mené en concertation avec les collectivités locales ». Et que « les dotations sont fixées en fonction du contexte marqué par la baisse démographique ». Et que malgré cette baisse, « l’objectif reste bien d’améliorer l’encadrement, de renforcer l’inclusion et de réduire les inégalités territoriales ».

    Mobilisation dans le 04

    Les Mées. L’école maternelle sera fermée ce jeudi en raison d’un mouvement de grève contre la fermeture d’une classe. Une manifestation est prévue à 8h.

    Sisteron. Les parents d’élèves, les enseignants et le groupe d’union de la gauche Demain Sisteron appellent à un rassemblement ce jeudi à 16h30 contre le projet de fermeture de classe à l’école maternelle Delaplane.

    Digne. Les décisions finales de fermetures de classes seront prises ce jeudi en CDEN (conseil départemental de l’Education nationale). La carte scolaire sera alors actée. Un rassemblement est prévu devant la DSDEN.

    Lisa Défossez

  • Grève maintenue à la cuisine centrale d’Avignon malgré des discussions

    Grève maintenue à la cuisine centrale d’Avignon malgré des discussions

    « Ça a chauffé », glisse Etienne Raoul, secrétaire départemental Force ouvrière, en sortant d’une réunion avec des représentants des services de la mairie d’Avignon, des représentants syndicaux et des employés de la cuisine centrale ce jeudi 19 mars. Celle-ci traitait de l’enquête administrative sur une affaire de soupçons de vol de plusieurs centaines de kilos de viande de bœuf au sein même du service par certains employés.

    Et « on reste en grève », confirme un salarié. Un préavis a été déposé jusqu’au 31 mars par les syndicats, à savoir la CGT et FO. Cette enquête a été lancée, d’après plusieurs d’entre eux, en décembre dernier, après un premier signalement en novembre. Des entretiens ont été mis en place avec chaque salarié, à la production comme pour les chauffeurs-livreurs qui amènent les repas dans les cantines des écoles ou encore du CCAS d’Avignon. « Chacun d’entre eux devait en théorie répondre à 17 questions identiques. Mais on s’est rendu compte que c’était faux, avec notamment des questions à charge sur les lanceurs d’alerte et très peu sur le vol en lui-même », explique en sortie de réunion Nicolas Garcia, secrétaire général FO des territoriaux d’Avignon.

    Il ajoute aussi, ce que confirme également Dalida Djoudi, secrétaire CGT des territoriaux avignonnais, qu’il n’a pas été écouté par ceux qui menaient cette enquête. Et ce, alors que tous deux assurent avoir « reçu des aveux écrits » des supposés coupables. Un dossier aurait été déposé par les responsables syndicaux auprès de la procureure d’Avignon pour que la justice se saisisse de l’affaire.

    Quelques minutes plus tard, ce sont les lanceurs d’alerte, chauffeurs-livreurs et employés de production, qui sortent. Ceux-ci regrettent que les négociations « ne vont pas dans le bon sens » et en appellent à la mairie d’Avignon, Cécile Helle (PS).

    « Pas dans le bon sens »

    « On a parlé pour ne pas être accusés et c’est l’inverse qui se passe. C’est une question de dignité. Il faut respecter les agents. Quand on sait que c’est de la nourriture destinée aux enfants, c’est un geste absolument répugnant », clame l’un d’eux. Ceux-ci assurent maintenir un service minimum, notamment en livrant toujours le CCAS. Quelques minutes plus tôt, c’étaient les représentants des services municipaux qui sortaient du bâtiment de production, situé au MIN d’Avignon, sans répondre aux questions des quelques journalistes sur place. « Il faut solliciter les services de communication », balaye l’un d’eux. Contactée par La Marseillaise, la municipalité assure dans un communqiué que « cette enquête, portée par l’Administration, de manière objective et impartiale, va s’achever prochainement. Elle donnera lieu à l’audition des organisations syndicales qui le souhaitent » et que « les conclusions définitives seront présentées au prochain maire puis à l’encadrement de la cuisine centrale, aux organisations syndicales et aux agents de la cuisine centrale ».