Tag: Patrick Rué

  • Inquiétude syndicale pour les agents de la Métropole

    Inquiétude syndicale pour les agents de la Métropole

    Le blocage du budget de la Métropole AMP a de quoi inquiéter les petites mains des services publics métropolitains.

    Alors que le préfet Jacques Witkowski devrait saisir la chambre régionale des comptes (CRC), ce mardi, suite à la décision des élus métropolitains de ne pas voter le budget de l’établissement public (lire notre article du 30/04/2026), les syndicats montent au créneau pour que les agents ne paient pas l’addition. « Ce n’est pas du côté des agents qu’il faut chercher à faire des économies, on n’a pas du tout confiance en la CRC », tonne Serge Tavano, secrétaire général de la FSU AMP, ce lundi.

    Pour rappel, face à un trou de plus de 120 millions d’euros, c’est l’État qui reprend la main sur les finances d’AMP et qui va s’en remettre à la CRC pour un budget à l’équilibre. « Notre message est simple : les agents pèsent moins de 18% du budget, c’est peanuts », développe le syndicaliste. Manière de prévenir la très libérale CRC, adepte de franches politiques d’austérité, qu’il n’y a pas d’économie à faire du côté des travailleurs. Reste que l’inquiétude est réelle. Elle est même quasi commune pour l’ensemble des organisations syndicales d’AMP. « La CRC a pour mission de proposer un budget équilibré et ses choix pourraient inclure des ajustements sur les dépenses de personnel », analysait en parallèle la CGT AMP, qui rencontre le président de la Métropole, Nicolas Isnard (LR) le 11 mai. Comme la FSU, elle demande « de ne pas mettre les agents et les usagers à contribution ».

    « Un remède de cheval pour rétablir l’équilibre »

    Concrètement, les syndicats s’inquiètent d’un tas de mesures potentielles à l’encontre des agents. « On insiste sur le fait qu’on ne veut pas de suppressions de poste », martèle Serge Tavano, son organisation rencontrant aussi le président d’AMP, la semaine prochaine. Autres éléments de l’arsenal à disposition de la CRC redouté par les syndicats : non-renouvellement des contractuels, fin de primes pas obligatoires… « Un remède de cheval pour rétablir l’équilibre budgétaire », résume la CGT AMP, qui prévient : « S’ils coupent les contrats précaires, ce sont plus de 1 000 agents qui perdent leur emploi. »

    L’organisation FO Territoriaux de Marseille et de la Métropole, qui mutualise les agents des deux collectivités et dirigée par Patrick Rué, a lancé un « appel au président de la Métropole » doublé d’une lettre à ce dernier, ce lundi. « Notre syndicat vous demande de vous adresser aux agents métropolitains afin de les rassurer sur ces possibles restrictions », réclame l’organisation. Avant de développer : « Les agents vous soutiennent dans votre démarche, mais ne veulent pas en subir les frais. » Puis s’adresse à l’État cette fois : « L’État a spolié la Métropole de 120 millions d’euros en deux ans en baisse de dotations, nous demandons au préfet de préserver les intérêts des agents. »

    Enfin, Force ouvrière Métropole, syndicat dissident du FO historique dirigé par Patrick Rué, explique également que « les contraintes budgétaires à venir pourraient entraîner plusieurs conséquences sur le fonctionnement des services et les conditions de travail des agents ». Dans tous les cas, la balle est dans les mains des magistrats de l’austérité.

  • Franck Bergamini réélu à la tête de l’UD FO 13

    Franck Bergamini réélu à la tête de l’UD FO 13

    Un 32e congrès sans accroc pour l’Union départementale Force ouvrière des Bouches-du-Rhône. Présidé par le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, au sein du Palais du Pharo à Marseille, il a pris fin, ce vendredi, après une journée de débats. Plus de 700 délégués et 130 syndicats représentés ont réélu à sa tête Franck Bergamini, le sortant.

    « Le rapport d’activité, ce qui permet de jauger si l’on est dans la bonne ligne, a été voté à l’unanimité, comme celui de la trésorerie et toutes les autres instances », explique-t-il. Avant de se féliciter : « On est sur une bonne dynamique, on va la maintenir, on prend ça comme une confirmation de ce qui a été fait durant le mandat. » Celui qui est arrivé à la tête de FO à la fin 2015 pour prendre le relais de son oncle décédé, Gérard Dossetto, figure du syndicat avec sept mandats, puis élu en 2018 et réélu 2022, entend « renforcer et développer l’organisation ». Avec notamment de « nouveaux entrants au bureau : par exemple les syndicats de la Seramm et la Sem [Service d’assainissement de Marseille Métropole et Société des eaux de Marseille, Ndlr] ».

    Autre signal : l’entrée du nouveau syndicat FO de la Métropole Aix-Marseille, dissident de l’historique dirigé par Patrick Rué, au bureau de l’UD. « Le syndicat de la Ville de Marseille a fait des modifications statutaires qui les amènent à être en dehors des statuts confédéraux, on ne pouvait pas les inviter pour la régularité du congrès », précise Franck Bergamini, sans polémiquer.

  • Les agents municipaux de la Ville de Marseille au cœur de la campagne

    Les agents municipaux de la Ville de Marseille au cœur de la campagne

    À l’heure de l’embauche, ils sont deux devant les bâtiments de l’administration municipale au 40, rue Fauchier (2e). Ce mardi, les militants de la France insoumise se sont mobilisés pour distribuer la lettre de leur candidat, Sébastien Delogu, à destination des agents de la Ville de Marseille. « Dès mon arrivée à la mairie, j’ouvrirai immédiatement des négociations avec toutes vos organisations syndicales », promet le parlementaire, qui évoque titularisations et lutte contre les risques psychosociaux. En bas du bâtiment, un agent s’agace pourtant : « Comment ils osent se présenter devant des agents de la mairie alors qu’ils disent qu’on travaille pour des employeurs corrompus ? »

    Malgré eux, les agents sont en effet au cœur de la campagne. Ils représentent une ville dans la ville : plus de 18 000 personnes, soit l’équivalent de Châteauneuf-les-Martigues. « On dit souvent que le personnel municipal est un institut de sondage interne », sourit l’indéboulonnable patron du syndicat FO Territoriaux, Patrick Rué. « à part monsieur Allisio [candidat RN, Ndlr], nous avons été sollicités par tout le monde », confie celui qui a été reconduit dans ses fonctions, fin janvier, et se satisfait de voir ses revendications reprises dans différents programmes. Lui-même a présenté à ses troupes le bilan des quatre dernières années. « Nous avons avancé sur beaucoup de points », applaudit Patrick Rué, prenant pour exemple la situation des crèches. Et de souligner le poids des agents : « Cela a toujours été reconnu que le personnel municipal est un gros vecteur d’influence en matière d’élections, ne serait-ce que parce qu’ils sont au contact de la population. »

    Bilan municipal

    De quoi comprendre la lettre adressée par Sébastien Delogu, « soufflée par des gens qui connaissent bien le sujet », reconnaît Patrick Rué, malgré « une erreur » sur le comité d’action sociale. Et l’attention portée par le Printemps marseillais, qui conclut son programme par l’administration municipale. « Je trouve ça très symbolique que cela finisse sur eux, sourit l’adjoint sortant (PS) aux finances, Joël Canicave. Nous allons développer les services publics et ce sont les agents qui le mettent en place. » Aussi veut-il miser sur la formation, mettre en place une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. « Nous voulons le meilleur pour les agents de notre ville, parce que nous voulons le meilleur pour les Marseillais », se conclut le programme.

    Il faut cependant assumer un bilan. « Même pas je vote », lâche un cégétiste, dégoûté. « Les collègues ne souhaitent pas revivre ce qui a été vécu depuis 2020 », explique le secrétaire général de la CFTC, Philippe Angelelli, inquiet d’une « forte souffrance au travail » face aux réorganisations. En plus d’un pouvoir d’achat érodé par l’inflation. « Les changements de cadres ont entraîné des dysfonctionnements, ça s’est rééquilibré, mais on espère ne pas reconnaître ça », reconnaît aussi Patrick Rué. « Elles étaient nécessaires », défend Joël Canicave, certain qu’avec les primes accordées, les agents « financièrement ont vu la différence ». « Il y a 75 000 demandes pour entrer à la Ville, contre 15 000 au début du mandat », argumente-t-il. Alors que les insoumis ressassent les accusations de clientélisme, il met en avant des conseils de discipline bien plus nombreux, les jurys de recrutement mis en place. « J’ai vu passer 20 CV recommandés, je n’en ai pas recruté un seul », témoigne l’adjoint.

    Surtout, c’est pour leur employeur que voteront ces agents. Avec le risque d’être dirigés par l’extrême droite. « Ils n’y croyaient pas trop, mais il y a une vraie inquiétude quand on voit les sondages », témoigne Patrick Rué, même si, dans certains secteurs qui risquent de basculer, certains ne cachent pas leur sympathie pour le RN. Si FO est prêt à se mobiliser contre ce risque, la CFTC ne veut pas donner de consigne. « On a tous les courants chez nous », reconnaît Philippe Angelelli.

  • FO Territoriaux fait son congrès et dresse un bilan de mandat

    FO Territoriaux fait son congrès et dresse un bilan de mandat

    « Top chrono, à deux sur la moto. Asalto avec un bon poto. » Pour le congrès et les vœux de Force ouvrière Territoriaux Marseille Métropole, Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille, fait son entrée sur le refrain bien connu du son Asalto de Jul et de l’album La zone en personne. Une arrivée en mode rock star dans le théâtre de l’Odéon, aux côtés du secrétaire général de l’organisation syndicale Patrick Rué et chaudement accueillie par les centaines de militants, à grands coups d’accolades et d’embrassades. « C’est la première fois que nos vœux s’inscrivent dans un congrès statutaire, c’est un hasard des dates. Et nous sommes en pleine campagne, je dois donc peser chaque mot », ironise Patrick Rué.

    Première organisation syndicale des deux collectivités, revendiquant près de 3 000 adhérents et historiquement décrite comme en cogestion avec la municipalité sous les mandats de Gaston Defferre (PS) et Jean-Claude Gaudin (LR), ce congrès des agents territoriaux FO est donc un moment particulièrement attendu à Marseille. Il clôt une mandature qui s’est déroulée avec Benoît Payan comme édile. Et encore plus attendue avant des élections municipales où le maire sortant est candidat à sa succession. « Les écoles et les crèches ont été très satisfaites avec une nette amélioration des effectifs. La réduction du temps de travail a été une grande avancée », entame Patrick Rué.

    Il dresse le même bilan pour d’autres services de la collectivité, comme la police municipale. Et insiste sur tout un panel d’avancées salariales à mettre au crédit de FO, comme « la revalorisation des tickets-restaurants, la prime d’inflation qui a été pérennisée en prime d’été, la prime à la police municipale… ». En clair, le syndicaliste loue le dialogue social avec la mairie et salue, tout en le tutoyant, le travail « respectueux » avec Joël Canicave, l’adjoint aux finances. Mais, il fait aussi part des revendications de l’organisation, comme la mise en place d’une « direction générale administrative de la sécurité » ou encore la municipalisation des repas pour les minots.

    « Je ne peux pas dire chers camarades »

    Si Benoît Payan est soumis à la réserve électorale et ne peut pas vanter son bilan, il est en terrain visiblement conquis. Il a d’ailleurs largement salué le travail quotidien des agents, des personnels de crèches aux policiers municipaux, en passant par les services administratifs. « Vous êtes les piliers essentiels de la vie de la cité, vous servez l’intérêt général, vous servez la République. On vous doit le respect », insiste le maire. Il prend un exemple parlant : « Ce sont les régies de Marseille qui ont fabriqué le trône du Pape, ce sont les seules au monde de l’histoire à l’avoir fait ! ». En résumé, il adresse une vraie ode aux travailleurs de la collectivité : « Je ne serais rien si je n’avais pas les agents de la Ville derrière moi. » Et toujours avec une pointe d’humour, il utilise les termes « mesdames, messieurs » pour les congressistes car « je ne peux pas vous dire chers camarades »…

  • La prime « CIA » fait des remous chez les territoriaux de Marseille

    La prime « CIA » fait des remous chez les territoriaux de Marseille

    La CGT des agents territoriaux de la Ville de Marseille débute l’année sur les chapeaux de roues. L’organisation syndicale a déposé un « préavis de grève reconductible du 1er au 31 janvier 2026, couvrant l’ensemble des services municipaux ». Et si le préavis reprend, sans surprise, des revendications d’ordre national sur fond de « politique d’austérité depuis le mandat d’Emmanuel Macron », une « nouveauté importante » s’est ajoutée dans les demandes des agents. « Face aux nombreuses situations injustes remontées par les agents ces dernières semaines, la CGT a décidé d’ajouter une nouvelle revendication au préavis : la fin des inégalités dans l’attribution du CIA », explique la CGT Territoriaux Ville de Marseille. Et cette dernière ne parle pas de l’agence de renseignement états-unienne mais du complément indiciaire annuel (CIA). Une sorte de prime, versée pour l’année 2025 en ce mois de décembre, intégrée au régime indemnitaire des fonctionnaires, lequel est une partie de la rémunération de l’agent public. « C’est la première année que le CIA est attribué d’une manière aussi injuste », dénonce Mikael Casanova, secrétaire général de l’organisation. Avant de développer : « Le CIA est en place depuis un moment à la Ville, mais auparavant il dépendait de “raisons exceptionnelles”. Par exemple pour les agents qui ont aidé sur les Jeux olympiques ou les événements de la rue d’Aubagne. » Et c’est là où ça coince pour l’organisation syndicale. Car selon elle, le CIA a été attribué « au soi-disant mérite» pour 2025. « Ce sont les supérieurs hiérarchiques des agents qui l’ont donné de manière subjective. Certains se sont investis et ont eu le niveau 1, donc 0 euro, d’autres beaucoup moins et ont eu le niveau 3, plusieurs centaines d’euros », poursuit le syndicaliste. Il y voit là « un outil opaque, source de divisions entre collègues, générateur d’injustices et de frustrations, sans critères clairs ni équité de traitement ».

    Un réexamen pour FO

    En tout cas, la CGT n’est pas la seule organisation à se pencher sur le sujet. Le 14 décembre dernier, Patrick Rué, figure du syndicat FO de la Ville, s’alarmait sur les réseaux sociaux : « FO a demandé à ce que les agents privés de prime sans critères objectifs puissent demander la révision de cette décision ! ». Deux jours plus tard, son organisation explique avoir obtenu « le réexamen des décisions de niveau 1 » après « une alerte auprès de la direction des ressources humaines ». « Les procédures d’évaluation […] ont été appliquées d’une manière différente d’un manager à l’autre ou d’une direction à l’autre. De nombreux agents s’estiment injustement lésés par la décision d’attribution », développe le syndicat. Avant de se féliciter : « Le maire [Benoît Payan Ndlr] a donné suite favorable à la demande de réexamen. »

  • Les territoriaux FO de Marseille dans la bataille

    Les territoriaux FO de Marseille dans la bataille

    Écoles, crèches, propreté, musées, police municipale… le 18 septembre, les agents territoriaux FO de Marseille seront en grève. À l’aune de cette mobilisation, dans son bureau du boulevard d’Athènes, Patrick Rué, leur secrétaire général, affiche sa détermination. Calme et ferme : « Le 18 va aller dans ce sens : ou vous nous entendez ou la mobilisation va se durcir. Ce doit être un vrai avertissement », glisse l’homme de 70 ans, dont la figure reste encore incontournable dans le paysage syndical marseillais.

    Cette mobilisation du 18 septembre s’inscrit logiquement selon lui dans une colère sociale plus large, nourrie par les inégalités et le sentiment de décisions politiques injustes. « Tout le monde a l’impression d’une forte iniquité. Les 2% les plus fortunés ont une fortune équivalente au reste de la France, et qu’à eux, on ne demande rien », souffle-t-il. Et d’appeler les responsables politiques à « donner l’exemple », notamment en réduisant les privilèges des anciens présidents et ministres : « Ce n’est pas ça qui va changer le budget mais par contre c’est quand même très ancré dans l’esprit des gens. »

    La réforme des retraites pourrait être « le déclencheur » d’un signe d’inflexion de ces politiques, poursuit Patrick Rué. Malgré quatorze mobilisations en 2023, « les Français ont été ignorés ». Pour lui, ce mépris alimente la radicalisation : « À partir du moment où vous ne tenez pas compte des mouvements ordonnés, vous laissez la place au désordre. » Revenir sur cette réforme serait « le vrai signe d’ouverture à une négociation réaliste ». Et ce n’est pas le renoncement aux deux jours fériés qui change grand-chose à l’affaire : « C’est la pratique de négociation avec les syndicats : on met la barre très haut puis on redescend… Quand on ne recule pas, je ne sais pas si c’est une avancée, du surplace peut-être, mais c’est un signe… attendu. »

    Pour Patrick Rué, la stratégie syndicale aussi doit évoluer. Lui défend une mobilisation plus structurée, capable de peser réellement en s’inspirant du mouvement du 10 septembre : « Il faut arriver à des blocages organisés, qui ne partent dans tous les sens. Le jour où il n’y a plus de négociation, c’est la révolution. » Il insiste sur la nécessité d’une « révolte réfléchie » : « Le but, ce n’est pas de mettre le pays à l’asphyxie, mais de bloquer pour débloquer. »