Tag: Réforme des retraites

  • À Avignon, l’intersyndicale espère une « journée noire » mardi

    À Avignon, l’intersyndicale espère une « journée noire » mardi

    Depuis plus de trois ans et les immenses manifestations contre la réforme des retraites, il est rare de retrouver un aussi large front syndical appelant à une journée d’action commune. En l’occurrence ce mardi dans la fonction publique. Dans le Vaucluse, le cortège a rendez-vous à Avignon (10h30) au départ du cours Jean-Jaurès jusqu’au Palais des papes. « On appelle à une journée noire, elle sera réussie si plusieurs services publics sont à l’arrêt, des écoles fermées », campe Laurence de Villèle, secrétaire générale de l’UD CGT 84. Un message délivré ce vendredi lors d’un point presse au sein de l’UD CFDT, en présence de FO, la FSU, Solidaires et l’Unsa.

    Les syndicats réclament une revalorisation des salaires et redoutent que les services publics soient davantage sacrifiés dans le prochain budget d’austérité. « Faire mieux avec moins, je ne sais pas comment on fait », ironise Laurence de Villèle pour qui les services publics sont une sorte de valeur refuge pour tous en ces temps de crises. « Ce n’est pas la dépense publique qu’il faut réduire, c’est l’injustice fiscale qu’il faut combattre », défend la représentante CGT, en faisant allusion aux « 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises en 2023 [selon une commission d’enquête du Sénat] ».

    Des salaires en dessous

    du Smic

    « Qui sont les vrais assistés dans ce pays ? », questionne faussement Alice Raimundo, secrétaire adjointe de la FSU. La prof des écoles dénonce « les cadeaux fiscaux aux plus riches » et plaide notamment pour la taxe Zucman « qui aurait rapporté 20 milliards d’euros et permettrait d’augmenter les salaires de 10% ». L’intersyndicale s’émeut de la paupérisation dans la fonction publique. « Il y a 56 branches qui sont en dessous du Smic avec des indemnités de compensation, rappelle Étienne Raoul, délégué FO 84. Depuis 2000, l’inflation a progressé de 58% quand le point d’indice n’a bougé que de 15,95%. » Exemple criant de cette précarité, les AESH [accompagnant d’élèves en situation de handicap], « qui ont un temps partiel imposé sur la base du Smic », rappelle Étienne Raoul. « Bien souvent ce sont des femmes qui subissent cette discrimination salariale, abonde Pascale Battaglia, trésorière de l’Unsa 84. Avant, c’était le 2e salaire du foyer, aujourd’hui beaucoup de femmes vivent seules et portent leur famille à bout de bras. »

    « L’austérité ne marche pas, si on augmente les salaires c’est, derrière, de l’argent dépensé dans l’économie à l’inverse des cadeaux fiscaux pour rentiers », peste Florent Ponzo, secrétaire CFDT santé. Des décisions qui « conduisent au délabrement du service public, cela pousse les gens hors du champ républicain qui se tournent alors vers le RN, un leurre casé avec le capitalisme », décrypte Laurent Derbès, secrétaire adjoint Solidaires des finances publiques. Une position contre l’extrême droite unanimement partagée, hors FO qui applique une stricte neutralité politique.

  • Emmanuel Macron droit dans ses bottes

    Emmanuel Macron droit dans ses bottes

    Hors de question de faire un quelconque mea-culpa. Emmanuel Macron a affirmé jeudi qu’il ne regrettait « pas du tout le “quoi qu’il en coûte” », c’est-à-dire les aides publiques mises en place lors de la pandémie de Covid qui ont alourdi la dette de la France, réduisant aujourd’hui ses marges de manœuvre budgétaires.

    Et de détailler : les dépenses des « dix dernières années » se décomposaient en « un tiers pour protéger les Français des crises », « un tiers pour préparer la France à l’avenir », et « un tiers parce qu’on n’a pas assez réformé le modèle social ». « Je ne regrette rien des deux premiers tiers. Je regrette de ne pas avoir été assez efficace et rapide sur le dernier », ajuste-t-il. Comme si la « réforme » des retraites n’avait pas suffi…

    En temps de crise

    Quant à la crise actuelle, le président de la République n’exclut pas de baisser les taxes sur les carburants si l’envolée des tarifs se poursuivait, tout en affirmant qu’il serait préférable de faire baisser les prix en utilisant des moyens diplomatiques. « Je pense qu’en fonction de l’évolution, il ne faut rien exclure », même si une baisse des taxes – réclamée par la gauche pour amoindrir l’impact auprès de la population – n’est « pas la décision la plus vertueuse » car celles-ci « servent à financer les dépenses de l’État ».

    « Notre intérêt, c’est plutôt de baisser les prix avant de baisser les taxes », a-t-il ajouté, estimant par ailleurs que l’interdiction des exportations de gazole américain, comme s’y est dit favorable Donald Trump, serait une « mauvaise » décision, « pas simplement pour le reste du monde, pour l’économie américaine aussi ». Si la France « fait tout » pour se prémunir d’une pénurie d’essence, le président a annoncé l’envoi de « moyens militaires » pour « protéger » le site de Yanbu, un maillon stratégique du réseau d’installations énergétiques de l’Arabie saoudite. Arabie saoudite prise en tenaille entre d’un côté le blocus sur le détroit d’Ormuz effectué par l’Iran depuis le début de la guerre initiée par les États-Unis et Israël et de l’autre par les Houthis qui contrôle désormais – et peuvent à tout moment bloquer – le passage en le golfe d’Aden, la mer rouge et le canal de Suez, lieu de passage hautement stratégique vers la Méditerranée.

    Menace extérieure

    Le président a également abordé, lors de cet entretien, l’autre conflit qui préoccupe l’Europe, celui en Ukraine. Le chef de l’État considère qu’une « nouvelle mobilisation russe de 300 000 hommes » par la Russie « est un scénario qui nous paraît crédible », afin notamment de mener une nouvelle offensive sur le Donbass.

    Autre menace, plus directe, celle-ci : La France pourrait être visée par une tentative d’attaque à l’aide d’un drone chargé d’explosifs comme à l’aéroport de Leipzig début août, que l’Allemagne avait attribuée à la Russie. La France n’a pas encore connu d’attaques de ce type « mais quand vous me posez la question « est ce que ça peut arriver ? » ma réponse est oui », a dit le président français. Emmanuel Macron a par ailleurs affirmé que la CIA « n’a pas informé les services français » d’une possible attaque de drones russes visant le sud de la France, contrairement à des allégations publiées dans des médias étrangers.

    Enfin, Emmanuel Macron a écarté l’idée d’une toute prochaine dissolution de l’Assemblée nationale. « Cela ne serait pas bon pour le pays ». « Si on faisait une dissolution aujourd’hui, on ajouterait à la guerre, aux problèmes de pouvoir d’achat et à un budget à passer, l’instabilité politique. On bloquerait le prochain président, la prochaine présidente, de la possibilité de faire cette dissolution et de se reconstruire une majorité. Donc ce n’est pas souhaitable », a répondu le chef de l’État.

  • Bernard Cazeneuve voudrait se poser en rassembleur

    Bernard Cazeneuve voudrait se poser en rassembleur

    Une lettre aux Français de 85 pages, des déplacements sur le terrain, des échanges avec la presse mais Bernard Cazeneuve l’assure « je ne suis pas candidat ». Ou du moins, pas encore. Cela dépendra des « circonstances », assure-t-il, disant vouloir « créer les conditions autour des valeurs de la gauche républicaine du rassemblement le plus large possible de tous les Français », fait-il valoir ce samedi matin à Marseille. Et ce, afin de battre le Rassemblement national en 2027.

    Sa candidature, si elle est officialisée, ne sera pas validée par la primaire des Roses à laquelle il ne participera pas. Les dissensions remontent à 2022, lorsque l’ancien Premier ministre fustige l’accord conclut entre le Parti socialiste et la France insoumise pour les élections législatives. Il quitte, dans la foulée, le parti auquel il avait adhéré en 1987 et fonde, un an plus tard, La Convention. Le mouvement réunit socialistes déçus, radicaux de gauche, élus du Modem, des anciens macronistes ou apparentés.

    Soutiens régionaux

    C’est ainsi que sont présents à ses côtés ce samedi le sénateur sortant du Var et ex-socialiste André Guiol, l’ancienne députée varoise macroniste Cécile Muschotti, l’ex-candidat de Génération Écologie pour les départementales de 2021 Christian Monferrini qui est désormais référent local de La Convention. Devant cette réunion de convaincus quai de Rive Neuve, Bernard Cazeneuve fustige les « deux dégagismes d’extrême droite et d’extrême gauche », tel qu’il les nomme, « qui confondent le bruit avec la solution », écrit-il dans sa lettre. Selon lui, se tourner vers l’insoumis Jean-Luc Mélenchon, candidat le mieux placé à gauche dans les sondages est un « vote inutile ». Pour lui, LFI et le RN « ne s’opposent pas comme on le croit, mais se nourrissent l’un de l’autre ».

    S’il dit ce samedi « préférer gouverner avec la gauche », il ratisse large. Quand le nom d’Édouard Philippe est évoqué, l’ancien chef de gouvernement socialiste ne s’offusque pas. « Je ne dis pas qu’il n’y aura pas de rassemblement (…) un compromis c’est toujours un sacrifice », martèle-t-il. En revanche, il se dit totalement opposé au maire Horizons du Havre sur la réforme des retraites, par exemple. Quand ce dernier veut rallonger l’âge départ à 67 ans, Bernard Cazeneuve pousse pour l’allongement de la durée de cotisation. Pour « permettre à ceux qui ont commencé tôt dans les métiers les plus pénibles de partir à la retraite comme jadis », et, pour « ceux qui le souhaitent », comme lui, avocat de profession, « de travailler beaucoup plus longtemps pour assurer le financement ».

  • « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    La Marseillaise : Vous sortez d’une conférence pour le secteur CGT cheminots Paca avec un changement de secrétaire général. Quelles étaient les grandes lignes des discussions entre syndiqués ?

    François Tejedor : Cette conférence se tenait dans un contexte particulier. Il y a une montée des guerres partout dans le monde mais aussi de montée l’extrême droite, là encore à un niveau international. Côté entreprise, il y a l’ouverture à la concurrence, des réorganisations et des situations dramatiques avec un nombre important de suicides depuis le début de l’année. On a une trajectoire qui est au-delà de celle de France Télécom, un service public qui a subi un éclatement. Et c’est ce qu’on vit depuis 2018 mais on constate une accélération dans ce processus d’éclatement. Cette accélération a comme conséquence ces situations dramatiques pour la famille cheminote.

    Cédric Gimenez : En effet, la question de la montée des idées d’extrême droite a fait l’objet d’un certain nombre de débats dans notre conférence. Ce n’est pas par hasard que nous l’avons tenue dans le Var puisqu’elle est particulièrement présente dans ce territoire. Quelque part, cela fait le lien avec les décisions politiques qui touchent notre entreprise avec son éclatement. Dans la région, on est en avance par rapport à d’autres. Il y avait donc un réel besoin d’analyser le niveau d’attaques, les conséquences et la riposte que cela implique. Comme nous sommes la première région a réellement faire face à l’ouverture à la concurrence, la question de notre réaction se pose. On sort rassurés des débats de cette conférence.

    Rappelons aussi le 10 juin, qui a montré qu’on était toujours en capacité de mobiliser les cheminots. Plus que ça : quels que soient les cheminots et quelle que soit l’entreprise. Dans notre conférence, il y avait d’ailleurs naturellement les camarades de Transdev et ceux de la filiale SNCF Voyageurs Sud Azur (SVSA). Cela montre qu’on est capable de s’unir autour d’un même objectif : l’unification de l’entreprise. Et pour y arriver, il faudra franchir des marches tous ensemble, en s’organisant.

    La lutte contre l’extrême droite est un sujet au cœur de l’histoire des cheminots. Quel lien faites-vous entre sa montée et les politiques libérales que vous pointez ?

    F.T. : Nous avons un Conseil régional, pour notre région Sud, qui est dirigé par la droite et l’extrême droite en réalité. À chaque assemblée où il y avait des votes sur des questions d’ouverture à la concurrence et d’éclatement de l’entreprise, c’est la majorité de droite qui portait ces orientations mais avec un accompagnement et des votes favorables de l’extrême droite pour celles-ci. L’extrême droite a soutenu toutes les propositions qui ont conduit à cette ouverture à la concurrence.

    Plus globalement, le Medef reçoit le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, il banalise ses idées. Et ce n’est pas une coïncidence que Jordan Bardella annonce que l’âge de départ à la retraite n’est pas un totem pour lui dans le même laps de temps. On voit bien qu’il sourit au patronat pour accéder au pouvoir, en attaquant les droits des travailleurs.

    C.G. : La lutte contre l’extrême droite fait partie de notre ADN, elle est inscrite dans nos statuts, c’est non-négociable. Tout ce qui sera possible de faire pour la contrer, on le fera. Ce qu’on doit faire aussi, c’est porter nos revendications qui sont reprises par certaines organisations politiques et progressistes. On doit mettre en avant les idées reprises par des partis proches de nous. On doit donc mener un double combat : combattre ces idées de front tout en portant un projet de société. Il s’agit pour nous de parler du développement du service public ferroviaire. Prenons l’exemple des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises, beaucoup de choses ont été dites mais les premiers concernés, les cheminots, doivent se faire entendre.

    Ce projet de société que vous évoquez va-t-il évoluer entre le précédent mandat et le prochain ?

    C.G. : C’est un mandat qui sera dans la continuité de ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui. Il n’y a pas de volonté de rupture, c’est plutôt clair. Il y a aussi une volonté de peser dans le débat public. On s’aperçoit que beaucoup de gens parlent du ferroviaire, mais sans vraiment le connaître. On ne dit pas que les cheminots ont la science infuse, mais nous sommes les premiers concernés. Encore plus car la CGT est la première organisation syndicale. Il y a aussi plusieurs enjeux pour ce mandat. Par exemple, la jeunesse où il y a une attention particulière. On a d’ailleurs un collectif jeunes cheminots Paca établi de longue date. Une des annonces phares de notre conférence était d’ailleurs une « initiative jeune » à la rentrée. Autre élément, il y a les élections professionnelles qui arrivent à la fin de l’année. Et qui dit élections professionnelles, dit positionnement de la CGT vis-à-vis d’autres organisations syndicales parfois complaisantes avec le capital ou la direction. Et je dis cela sans dénigrer ces organisations, puisque quand on est unitaire sur un sujet, on a de bons résultats. Mais sur beaucoup de sujets, la CGT est bien seule. C’est un réel enjeu.

    Vous sortez d’une grosse journée de mobilisation, le 10 juin. Elle est le résultat
    d’une colère face à toutes les problématiques que vous évoquez
     ? Quelle suite ?

    F.T. : Cela fait un moment qu’on sent de la colère. Je pense aux contrôleurs en 2022. L’entreprise a lancé une série de chantiers sur les métiers mais sans aboutir. Dernièrement, dans SNCF Voyageurs, la direction voulait remettre en cause 5 jours de RTT, ce qui est une remise en cause déguisée des 35 heures. Les Négociations annuelles obligatoires [NAO] du début d’année n’ont rien arrangé puisque l’entreprise a peu donné alors qu’on a perdu 12% du pouvoir d’achat en 10 ans ! Cette accumulation a créé une colère qui avait du mal à s’exprimer jusqu’au 10 juin. Finalement, le niveau de mobilisation est historique car de même hauteur que lors de la lutte contre la réforme des retraites. Selon les métiers et les lieux, on avait des 80 % à 90 % de grévistes. Il s’est passé quelque chose lors de ce 10 juin. C’est une alerte qui doit être entendue par la direction. Si ce n’est pas le cas, la colère sera encore plus forte.

    C.G. : Il ne faut pas résumer le 10 juin à la date en elle-même. Il y a eu toute une phase de construction en amont, on a arraché l’unité syndicale malgré des intérêts divergents sur fond d’élections professionnelles. Il y aura certainement des suites, puisque le niveau de mobilisation était aussi fort que lors de la lutte contre la réforme des retraites en 2023. Sans présager de l’avenir, on sent que la direction va devoir agir car elle a reçu une alerte très forte. D’autant qu’une table ronde est prévue, le 23 juin. On ne s’interdit rien à l’issue de celle-ci.

  • [Entretien] Frédéric Souillot, FO : « Arrêter de penser que le service public est un coût »

    [Entretien] Frédéric Souillot, FO : « Arrêter de penser que le service public est un coût »

    La Marseillaise : Quels sont les enjeux sociaux du moment selon vous ?

    Frédéric Souillot : Les enjeux sociaux dans le pays à l’heure actuelle, c’est la remise en cause de notre protection sociale collective en permanence. On l’a vu encore cette semaine avec les programmes des uns ou des autres. Donc pour contrer cela, on s’est mis d’accord entre les organisations professionnelles et les cinq organisations syndicales représentatives pour parler d’agenda autonome. Et on se voit la semaine prochaine, le 18 au soir, pour parler de notre agenda social autonome. Dans cet agenda social, on va parler de modèle productif à quatre quinquennats. Et autour du modèle productif, comment est-ce qu’on parle de transport, logistique, services et protection sociale collective. Et une discussion pour la reprise de la gouvernance de notre système de retraite par répartition par les employeurs et les salariés, ce que nous avions jusqu’en 1996. C’est nous qui définirons les orientations, les montants des cotisations pour les uns ou pour les autres, une gestion paritaire, comme on le fait pour notre retraite complémentaire. Je me dis que, dans un contexte de budget d’austérité, quand nous reprenons la main, nous, pour la pratique contractuelle et conventionnelle, c’est une bonne idée. Ce n’est pas qu’on ne travaille pas assez, c’est que nous ne sommes pas assez nombreux à travailler. On a le taux d’emploi des 15-25 ans 8 points en dessous de celui de l’OCDE. Au niveau de l’Europe, on est à 17 points en dessous. Et au niveau des seniors, 55-64 ans, on a encore le plus bas taux d’emploi de toute l’Union européenne. Donc on doit reprendre les choses en main, les interlocuteurs sociaux.

    Quels sont les combats, les luttes sociales à venir dans les prochains mois selon vous ?

    F.S. : Dans les prochains mois, c’est comment est-ce qu’on arrive à arrêter de penser que le service public et le service public de proximité, c’est un coût. C’est une richesse à chaque crise, et, une fois les crises passées, ça redevient un coût. On ne regarde les choses que sous le volet économique. À partir du moment où l’État ne garantit plus l’égalité partout dans les départements ou sur les territoires, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Où que je me déplace, c’est les mêmes discussions : les fermetures de classes, de lits d’hôpitaux. Quand on va se revoir la semaine prochaine, on va certainement parler de mobilisation. Je ne sais pas comment on la fera. Depuis la loi sur la représentativité, les organisations syndicales, on a l’air de s’entendre tous, mais on se fait aussi la course à l’échalote sur les élections. Donc on va se voir et en parler pour la rentrée de septembre.

    Est-ce qu’il y a des dates importantes à venir pour FO ?

    F.S. : On va créer une date importante pour nous. Au mois d’octobre, on va faire une journée sur l’industrie et la réindustrialisation, et je veux débattre avec le ministre de l’Industrie. Je sais que sur le fond, il est d’accord avec nous. On doit réindustrialiser. Comment est-ce qu’on fait une conditionnalité des aides publiques versées aux entreprises pour maintenir l’emploi ? Comment est-ce qu’on reparle de souveraineté industrielle ? Et la souveraineté industrielle, ce n’est pas un gros mot. Ce n’est pas un mot politique. C’est ce qui fait la souveraineté de notre République.

  • Mondial mexicain sur fond de contestation sociale

    Mondial mexicain sur fond de contestation sociale

    Ils réclament de meilleures conditions de travail ainsi qu’une réforme de leur système de retraite. Les enseignants mexicains, qui bénéficient d’une pension complète plafonnée à l’équivalent d’environ 850 euros, ont lancé une grève nationale et multiplient les actions dans les rues de la capitale à quelques jours du début de la Coupe du monde. Des cortèges de milliers de professeurs défilent aux quatre coins de Mexico, accentuant la pression sur le gouvernement. « C’est une bonne conjoncture. On croit qu’ils peuvent nous écouter un peu plus. On y croit ! Parce qu’on sait qu’avec ce genre d’événement, le gouvernement protège ses intérêts économiques », confie l’un des grévistes au média RFI.

    Un climat de tension à Mexico

    Mercredi, un groupe de manifestants a fait irruption au ministère de l’Éducation à Mexico, utilisant des lampadaires comme béliers lors d’une nouvelle journée de mobilisation. Des membres d’un groupe dissident du syndicat des enseignants, la Coordination nationale des travailleurs de l’éducation (CNTE), ont « vandalisé un poste de garde », « pénétré dans la cour » et « brisé les vitres du hall d’entrée », selon des sources au sein du ministère. « Ils cherchent à provoquer une répression à l’approche de la Coupe du monde », a déclaré la présidente Claudia Sheinbaum lors d’une conférence de presse. « Nous ne céderons pas à la provocation », a-t-elle ajouté. Le gouvernement mexicain a consacré au moins 3 milliards de dollars aux infrastructures liées à la Coupe du monde de football, qui débutera le 11 juin, tout en procédant depuis plusieurs années à des coupes budgétaires importantes dans l’éducation publique. Une hausse de 9% des salaires des enseignants, annoncée par la présidente en mai, n’a pas suffi à apaiser les tensions. « À qui va profiter la Coupe du monde ? Aux grands patrons et aux banquiers ! Comment est-ce possible qu’il y ait autant d’argent pour eux, tandis que nous et nos enfants devenons toujours plus précaires ? », s’interroge une enseignante en colère.

  • Sophie Binet à l’offensive pour le 54e congrès de la CGT

    Sophie Binet à l’offensive pour le 54e congrès de la CGT

    De notre envoyé spécial Amaury Baqué

    « Un congrès de la CGT, c’est 1 000 luttes en puissance. » C’est devant plus de 1 000 délégués et avec un discours enflammé que Sophie Binet a officiellement ouvert le 54e congrès de la CGT, ce lundi. Lequel se déroule « dans un contexte inédit ». « Les bruits des bottes s’amplifient. Jamais l’extrême droite n’a été au pouvoir dans autant de pays », s’inquiète-t-elle. Une situation qu’elle lie avec la crise du capitalisme. « Pour le capital, la démocratie est maintenant un problème, c’est la raison pour laquelle l’alliée indispensable du capital, c’est l’extrême droite », analyse Sophie Binet. Elle prend pour exemple concret « le Medef qui, pour la première fois depuis 1945, traite le RN comme un parti comme les autres ». Et martèle : « L’extrême droite est la pire ennemie du monde du travail. Face à elle, l’antidote c’est le syndicalisme CGT. »

    Des messages pas anodins puisqu’ils sont en lien avec les échéances électorales françaises à venir : « Nous allons nous mêler du débat présidentiel pour remettre les travailleurs et travailleuses au centre du jeu. » Elle s’adresse d’ailleurs à Fabien Roussel (PCF), Marine Tondelier (EELV), Manuel Bompard (LFI) et Olivier Faure (PS), tous présents ce jour : « Je note que la CGT fait l’unité, pourvu que ça dure ! ». Et de lancer un « appel de Tours » : « aucun candidat n’aura les voix de la CGT, des travailleurs, sans s’engager à abroger la réforme des retraites ».

    Mais ce discours est aussi, et surtout, le moment pour elle de faire le bilan de son mandat. « Faisons les comptes, depuis 2023, quatre Premiers ministres contraints à la démission, cinq réformes enterrées, deux budgets d’austérité en partie vidés de leur contenu », énumère-t-elle. La secrétaire générale revient sur l’exemple de la réforme des retraites. « Nous avons refusé de tourner la page, nous avons fait échouer le conclave et décalé l’application de la réforme des retraites », se félicite-t-elle. Elle réalise aussi un bilan plus critique : « Il y avait plus de manifestants que de grévistes. Nous n’avons pas réussi à étendre la grève le jour où l’intersyndicale avait appelé à mettre le pays à l’arrêt […] Tous les syndicats CGT n’ont pas appelé à la grève. »

    FSU et Ictam comme dossiers chauds

    Le lien est tout trouvé avec les propositions émises par la direction sortante : « Nous sommes rassemblés pour adopter notre plan de bataille pour les trois prochaines années. Pour cela, tirons les leçons de la mobilisation contre la réforme des retraites. » Outre les orientations générales sur lesquelles les congressistes doivent se prononcer comme « socialiser les richesses pour mieux protéger » ou tendre vers une « planification industrielle et écologique », Sophie Binet évoque sans détour les propositions qui peuvent provoquer le plus de remous. Comme le rapprochement avec la FSU : « Il ne s’agit ni d’une fusion, ni de la création d’une superstructure, mais d’un cadre de coopération permanent. » Ou le développement de la CGT auprès des Ictam (ingénieurs, cadres, techniciens, agents de maîtrise) : « La mission des Ictam n’est pas de mener les luttes à la place des ouvriers, c’est de développer les luttes chez les cadres et professions intermédiaires. »

    De quoi occuper les congressistes pour les prochains jours.

    AU PROGRAMME

    Mardi. Les congressistes entrent dans le dur des débats avec le vote du rapport d’activité, qui permet de juger l’appréciation du bilan de la direction sortante. Vient ensuite une initiative autour de la Palestine en présence d’Hala Abou Hassira, ambassadrice de la Palestine en France, de Yousef Habache, du syndicat des journalistes palestiniens, et de Luc Triangle, secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI). Avant un meeting « international » contre l’extrême droite en présence de nombreux syndicalistes venus du monde entier.

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « Augmenter les salaires, les minimas sociaux et les pensions de retraite »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « Augmenter les salaires, les minimas sociaux et les pensions de retraite »

    La Marseillaise : En quoi ce 1er-Mai 2026 est particulier ?

    Serge Ragazzacci : Pour trois raisons. Il y a d’abord le contexte de guerre partout dans le monde et le 1er-Mai est une journée internationale. C’est la date choisie en 1889 pour avoir une journée de mobilisation internationale avec un même mot d’ordre qui était à l’époque la réduction du temps de travail, avec, également, l’objectif de rappeler les solidarités ouvrières. Ce qui frappe en 2026, c’est l’étendue des guerres et le retour des visées impérialistes. Il faut donc se mobiliser pour la paix. Le deuxième élément, c’est la nécessité de se mobiliser suite aux tentatives de remettre en cause le caractère férié du 1er-Mai et, au-delà, de disputer le symbole et l’histoire des luttes ouvrières.

    Enfin, il faut profiter de ce 1er-Mai pour faire entendre toutes les revendications et toutes les colères en particulier sur la vie chère puisqu’il y a une nouvelle inflation avec la guerre alors qu’il y avait déjà une inflation forte en particulier des produits alimentaires. Il y a une nécessité que l’on augmente les salaires, les minima sociaux et les pensions de retraite.

    Quelles sont vos propositions face à la hausse des prix du carburant ?

    S.R. : Aujourd’hui il y a la question du détroit d’Ormuz mais il y a aussi les choix politiques de la France qui inquiètent. Crise après crise, c’est toujours la même attitude puisqu’il y a un refus de prendre en compte celles et ceux qui travaillent et d’aller vers les augmentations de salaires. On fait comme s’il n’y avait plus de dividendes dans le pays, comme si des entreprises ne continuaient pas à s’enrichir énormément et comme s’il n’y avait pas 300 milliards d’aides publiques versées sans contrôle ni contrepartie. Il y a des secteurs très fortement touchés puisque la semaine dernière, il y a eu un appel à la grève des aides à domicile de l’Hérault, par exemple. Dans certains secteurs, la voiture est l’outil de travail et, pour d’autres, c’est le moyen d’aller travailler. Il faut vraiment redonner du souffle parce qu’il va y avoir des conséquences sur notre département et sur le tourisme durant la saison estivale. Il y a donc aussi une nécessité de blocage des prix. Il faudrait également avoir une politique industrielle.

    On nous dit qu’il faut aller vers plus d’électrification, mais encore faudrait-il en avoir les moyens. On n’a pas de politique industrielle à hauteur des enjeux économiques et environnementaux. Nous militons toujours pour un retour de ce qu’était EDF-GDF avec une gestion 100% publique. Nous voulons aussi une baisse de la TVA pour les particuliers et les entreprises parce qu’on considère que l’électricité est un bien de première nécessité.

    Les premières conséquences sur l’emploi se font-elles déjà sentir ?

    S.R. : Cela va arriver, surtout chez les artisans et les plus petites entreprises. On ne comprend pas non plus qu’il y ait des remises en cause du télétravail. Au lieu d’inciter au télétravail, ce qui permettrait d’économiser un peu d’argent, on remet en cause ces accords.

    Certains dans le bloc central et à droite voulaient remettre en cause le 1er-Mai. Comment avez-vous vécu cette bataille finalement remportée ?

    S.R. : Il y a une volonté d’être à l’offensive sur ce jour férié et de pouvoir encore libéraliser parce que ça permet de faire sauter des verrous dans le Code du travail. C’est extrêmement important. Ce verrou est primordial car le 1er-Mai est le symbole de la réduction du temps de travail.

    On voit bien les velléités de revenir sur ces réductions du temps de travail, que ce soit sur le droit à la retraite, la semaine de 35 heures ou la journée de huit heures. Il faut que les salariés prennent la mesure du danger. L’objectif est de dérégulariser l’ensemble de certains secteurs. Et pas pour le bien des artisans et des commerçants. Parce que derrière, il y a les grandes surfaces. C’est le cheval de Troie qui a conduit à l’ouverture généralisée des grandes surfaces le dimanche. Il faut aussi rappeler que le volontariat n’existe pas car le contrat de travail est un lien de subordination donc on ne parle pas d’égal à égal avec son patron.

    Le prochain 1er-Mai, en 2027, se déroulera en pleine élection présidentielle, comment appréhendez-vous les prochains mois ?

    S.R. : Il faudra que les gens se mobilisent. Il y a des choses qui se passent dans les entreprises qui permettront peut-être des avancées. On ne sait pas comment va se dérouler l’année à venir, mais nous appelons les salariés à ne pas rester attentistes dans une séquence électorale parce que de l’autre côté, les patrons, eux, ne sont pas attentistes. On voit [après l’invitation de Jordan Bardella par le Medef et la rencontre entre Marine Le Pen et les patrons du CAC 40, Ndlr] la porosité et l’absence de moralité du patronat. Nous sommes dans un phénomène de banalisation et le patronat ne voit pas le caractère raciste, xénophobe, islamophobe et antisémite de l’extrême droite. C’est aussi la conséquence de la démission d’un certain nombre de formations politiques, en particulier à droite, qui ont mis de sacrés coups dans le barrage républicain. Ça devient extrêmement dangereux. C’est un signal d’alerte et il y a besoin d’une réaction à la hauteur. L’autre raison de manifester le 1er-Mai, c’est donc pour s’opposer à la montée de l’extrême droite partout en Europe et plus particulièrement en France. C’est un sujet qui nous mobilise et qui va continuer de nous mobiliser jusqu’à l’élection présidentielle.

    Entretien réalisé par Tristan Arnaud

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « Enrayer les plans de licenciements dans l’Hérault »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « Enrayer les plans de licenciements dans l’Hérault »

    La Marseillaise : Ce début d’année est marqué par le chaos international…

    Serge Ragazzacci : On a une situation globale qui est en train de dégénérer. On dénombre plus de 400 morts depuis le cessez-le-feu en Palestine. On voit bien qu’on a une situation de guerre qui continue un peu partout dans le monde autour des questions liées aux ressources, en Ukraine avec les métaux rares, au Venezuela avec le pétrole. On revient à des choses un peu basiques dans le capitalisme, avec des postures très coloniales, les menaces réaffirmées sur Cuba, le Groenland, qu’on est bien obligés de prendre au sérieux après l’enlèvement de Maduro. Il faut donc réaffirmer un message de paix et la nécessité de se mobiliser contre l’avancée de l’extrême droite dans le monde et dans notre pays. On voit malheureusement ce qu’il s’est passé aux USA, avec cette police ICE, l’assassinat de cette mère de famille, les images de chasse à l’homme, des choses qui doivent en faire rêver plusieurs chez nous.

    L’année 2025, d’un point de vue syndical, a été marquée par des luttes victorieuses, notamment sur les retraites…

    S.R. : Ce qu’on a gagné, c’est de maintenir cette question des retraites dans le paysage et de ne rien lâcher. Il y a eu des conséquences politiques et même si c’est symbolique, ce décalage existe. On peut construire dessus pour aller vers la progression. Donc c’est une bonne chose, mais surtout ce qui a marqué l’année 2025, ce sont les luttes dans les entreprises sur l’emploi, les salaires. On a constaté qu’on avait eu une activité soutenue parce qu’on s’est rendu compte qu’on avait fait beaucoup d’actions, de formations. Il n’y a pas eu de relâchement, même si, peut-être, c’est moins visible de l’extérieur car il n’y a eu de grandes manifs.

    Néanmoins, on ne dénombre
    pas moins de 483 plans de licenciements en ce début d’année, il faut amplifier la lutte
     ?

    S.R. : C’est la grande question. Ça va bientôt faire un an que la CGT publie des éléments sur les plans sociaux en cours. Il faut arriver à enrayer le processus, même si on a pu avoir quelques victoires comme le rejet du PSE d’Auchan, le projet de la nationalisation d’Arcelor Mittal. Un certain nombre de luttes sont engagées et c’est sûrement un des grands enjeux de la séquence parce que notre pays est frappé, toujours dans le contexte international, par un déficit de souveraineté. Si on maintient la destruction de notre industrie, le pays va être complètement dépendant de ses approvisionnements en matériel. On l’a découvert en grand en 2020, mais rien n’a changé depuis. C’est ce qui fait le déficit de notre balance du commerce extérieur mais aussi ce qui crée notre dette au niveau de la planète et de la couche d’ozone. On a besoin de réindustrialiser le pays, ce qui veut dire commencer par éviter les grands plans de licenciement et les fermetures d’usines.

    Nationalisation, réindustrialisation, les idées syndicales progressent dans le débat public en 2026 ?

    S.R. : Il faut qu’on arrive d’une part à les partager davantage avec les autres formations syndicales et d’autre part que ce soit repris à la hauteur nécessaire par les formations politiques. Sur un certain nombre de sujets, je trouve que la gauche reste un peu timide. On a une offensive droitière pour revenir sur un ensemble de conquêtes sociales : les 35 heures, le 1er mai, etc. De l’autre côté, on a un peu du mal à trouver une accroche pour garantir quelques points d’appui pour le monde du travail. Par exemple, une nouvelle réduction du temps de travail à 32 heures ; le CDI dans le privé et le statut dans le public redeviennent la norme parce qu’aujourd’hui il y a une forte précarité, une déréglementation. On doit retrouver un droit du travail qui protège et évite de mettre les gens en compétition non pas sur la qualité de leur travail mais sur le statut de leur contrat de travail. La question de l’augmentation des salaires et des pensions est essentielle. Il y a quand même des éléments structurants que le mouvement syndical a mis en évidence et qui doivent être repris beaucoup plus fortement dans le débat public et sans aucune retenue.

  • L’Assemblée valide le budget de la Sécu

    L’Assemblée valide le budget de la Sécu

    À 247 voix pour et 234 contre, l’Assemblée nationale a adopté, mardi soir, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Une nouvelle étape franchie pour le gouvernement de Sébastien Lecornu qui, jusqu’à la dernière minute, a travaillé au corps les oppositions.

    Comme annoncé, Liot et le PS ont voté en faveur de ce texte. Le président du groupe socialiste, Boris Vallaud, se félicite d’avoir « nettoyé le musée des horreurs » qu’« était le projet du gouvernement » en listant les mesures abandonnées, parmi lesquelles la « suppression de deux jours fériés, la réforme de l’assurance chômage, le gel des minima sociaux, des pensions et du barème de la CSG », sans oublier, évidemment la suspension de l’emblématique réforme des retraites.

    Dans les heures précédant le vote, l’hémicycle valide un amendement du gouvernement qui acte une hausse de 3% des dépenses de l’assurance maladie (Ondam). L’ultime tentative d’arracher l’abstention des Écologistes. Et d’y parvenir. « Si j’écoutais mon cœur et mes tripes, je vote contre ce texte », entame la cheffe du groupe, Cyrielle Châtelain, avant d’en venir au fait. « C’est un petit texte dans lequel nous avons évité la casse », justifie-t-elle. C’est ainsi que les 26 abstentions écolos (sur 38 députés) ont fait basculer le vote.

    Pour les Insoumis, qui ont tous voté contre, c’en est trop. « Ce soir marque le moment de vérité sur l’avenir de la Sécu, mais aussi sur les alliances que les différents groupes ont pu nouer », annonce la députée LFI Ségolène Amiot. Son collègue Hadrien Clouet fustige, lui, les arrangements de couloir, les « magouilles ». « Il n’y aura rien [dans ce texte] pour répondre à la détresse la plus vive de millions de Françaises et de Français », prévient-il.

    Pour le groupe communiste, dont la majorité s’est opposée au texte, « ces débats ont permis de faire évoluer le texte initial », fait valoir Yannick Monnet, tout en réaffirmant l’impérieuse nécessité « de rétablir l’équilibre de la Sécurité sociale en lui donnant les moyens de son existence », pousse le député PCF qui s’est, pour sa part, abstenu.

    Le socle commun définitivement enterré ?

    Si ce texte ne convient à personne – et les orateurs l’ont martelé à chacune de leurs prises de parole – le scrutin qui en découle bouleverse les alliances à la gauche comme à la droite de l’hémicycle. Car, si Renaissance et le Modem se sont unanimement prononcés en faveur du texte, ce n’est pas le cas d’Horizons. Le parti d’Édouard Philippe, le premier de la longue liste de Premiers ministres d’Emmanuel Macron, s’est majoritairement abstenu (25 abstentions sur 34 députés). Et critiqué un texte « qui ne prépare rien, n’anticipe rien et affaiblit même la France », estime le député Paul Christophe. Le socle commun vit bien.

    Quant aux députés LR, seuls trois d’entre eux ont écouté les consignes de leur patron, Bruno Retailleau, en votant contre le budget de la Sécu, 28 se sont abstenus et 18 ont voté pour. Un camouflet. L’extrême droite elle, s’est massivement opposée au texte, après une abstention surprise lors du vote de la seule partie « dépenses » adoptée à 227 voix pour et 86 contre. Le PLFSS est désormais transmis au Sénat.

    Réactions

    Olivier Faure, député, Premier secrétaire du PS

    « Ce budget n’est le budget de personne. Si nous avions été majoritaires seuls, nous aurions fait différemment. Nous avons cherché à être utiles aux Français et nous n’avons trahi personne. »

    Stéphane Peu, député, président du groupe communiste

    « La vision politique qui existe dans ce budget n’est pas la nôtre. »

    Eric Coquerel, député LFI, président de la commission Finances à l’Assemblée nationale

    « Honte aux opposants qui n’ont pas voté contre le PLFSS 2026. Depuis février 2025 et la non-censure de Bayrou, le PS sauve la Macronie. »

    Gabriel Attal, député, président du groupe Ensemble pour la République

    « Ce que le Parlement a fait ce soir, c’est juste son travail. Le considérer comme un exploit historique en dit long sur la crise profonde de nos institutions. »

    Marc Fesneau, député, président du groupe Modem

    « Quelque chose de nouveau s’est construit. Le Parlement a pris l’habitude un peu dans ce texte, et c’est une bonne nouvelle, de prendre ses responsabilités ».

    Paul Christophe, président du groupe Horizons

    « Nous avions annoncé que majoritairement, nous nous abstiendrions sur le vote de ce budget et c’est ce que nous avons fait. »

    Bruno Retailleau, président de LR

    « Ce budget emmène la France dans le mur et je le regrette profondément. »

    Laurent Wauquiez, député, président du groupe LR

    « Ce texte n’est ni parfait, ni idéal. C’est un moindre mal. »

    Eric Ciotti, député, président du groupe UDR

    « Le PLFSS socialiste invotable selon Bruno Retailleau passe avec les 18 voix du groupe de Laurent Wauquiez Un naufrage. Quelle tristesse. ».