Alors que la chape de plomb des fanatismes religieux et politiques tente d’étouffer chaque jour un peu plus le ciel mondial de la raison, Aix-Marseille Université (AMU) apporte son écot à la recherche et à sa démocratisation avec le Festival des sciences et des arts. Avec une 6e édition gratuite et ouverte à tous placée sous le signe de « Science et croyances », qui s’élance mardi 16 septembre à la Maison méditerranéenne des sciences de l’Homme d’Aix, théâtre notamment d’une table ronde à 15h15 réunissant historiens, anthropologues et sociologues autour « des manières dont les humains interrogent l’invisible et questionnent les conditions de possibilité d’une science des religions », indique le programme.
La science et les croyances : des « manières de comprendre le monde qui, loin d’être opposées, ont souvent interagi », mentionne l’éditorial de cette manifestation qui entend propager la raison à la croisée des arts et des sciences, avec l’aide de 100 intervenants et 60 propositions qui mettent en jeu 27 disciplines. C’est ainsi que la journée d’ouverture aixoise s’aventurera, entre autres, hors des sentiers battus de la connaissance avec la performance d’un violoniste et d’un anthropologue autour « des récits des êtres fantastiques des Alpes, où lutins, croque-mitaines, loups-garous et revenants peuplent l’imaginaire des montagnards et donnent sens et cohérence à l’expérience humaine ». Si les profanes trouveront des propositions plus conventionnelles mais non moins dénuées d’intérêt, traitant du principe de laïcité à l’ère des réseaux sociaux ou encore des « idées reçues sur les migrations », le festival terminera sa soirée d’ouverture en fanfare dans la salle de concert du 6mic, avec les artistes pop, rap et électro Camille Yembé, Chilla et du collectif Twerkistan.
Comme le rappelait Marilyne Crivello, vice-présidence d’AMU et à l’origine du festival, lors de sa présentation à la presse, « pour être chercheur, il faut être inventif ». Rien d’anodin donc, à ce que ce « temps de circulation des savoirs » diversifie les formes et les lieux jusqu’au 20 septembre : de Bunker, spectacle documentaire sur l’histoire d’un « naturopathe autoproclamé dont le discours pseudo-médical puise ses sources dans le complotisme et l’extrémisme politique » au Théâtre Antoine Vittez, à la projection-débat de Kongo dans l’école aubagnaise de la Satis, film sur un guérisseur de Brazzaville dont « la vie bascule lorsqu’on l’accuse publiquement de pratiquer de la magie noire ». À Marseille, le Mucem abritera quant à lui, notamment, la lecture performée d’Ensorcelé par la comédienne Clara Lama Schmit, autour de « la magie et des croyances dans les campagnes » ainsi que de « la littérature inspirée des actes de sorcellerie ». Du côté de la bibliothèque de l’Alcazar, l’un des temps forts coïncidera avec la table ronde « Science en danger » qui, « à la suite de l’initiative d’AMU d’accueillir une vingtaine de chercheurs américains en exil », permettra de débattre sur « la liberté académique les entraves faites à la recherche scientifique aux États-Unis et ailleurs dans le monde ».
Programme complet sur www.festival-sciences-arts.univ-amu.fr

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