Tag: science

  • [#DisMoiPourquoi] Comment le premier homme est-il apparu sur Terre ?

    [#DisMoiPourquoi] Comment le premier homme est-il apparu sur Terre ?

    Mila, 9 ans, en CM2 à l’école élémentaire publique Malbousquet, à Marseille

    Dans une question précédente, on a vu qui était le premier homme, au sens de la paléoanthropologie, la science qui étudie l’origine et l’évolution de l’homme à partir des fossiles de nos ancêtres. Les plus anciens fossiles classés dans le genre Homo sont connus à partir d’environ 2,7 millions d’années. Mais ils sont très rares et très incomplets. Bien sûr, avec si peu de fossiles, on a beaucoup de mal à bien comprendre les choses. L’ancêtre du genre Homo est forcément à chercher parmi les australopithèques qui vivaient avant eux. Mais il y a plusieurs espèces d’australopithèques, et avec si peu de fossiles des premiers Homo, on n’arrive pas pour l’instant à savoir de quelle espèce d’australopithèque ils descendent. Mais on sait qu’en Afrique de l’est, le climat change entre 3 et 2 millions d’années et que les environnements se transforment, devenant des savanes. Tous les animaux évoluent pour s’adapter à ce nouvel environnement, ou disparaissent s’ils ne parviennent pas à s’y adapter. Nos ancêtres sont des animaux comme les autres, et c’est en évoluant en lien avec les changements de l’environnement que certains australopithèques ont évolué pour donner les premiers représentants du genre Homo. »

    François MARCHAL. Directeur de Recherche CNRS au laboratoire « Anthropologie bioculturelle, Droit, Éthique et Santé » (CNRS, amU, EFS)

  • [Entretien] Yannick Simonin : « L’année 2026 est un signal d’alarme par rapport au virus du Nil occidental »

    [Entretien] Yannick Simonin : « L’année 2026 est un signal d’alarme par rapport au virus du Nil occidental »

    La Marseillaise : Avec 161 humains infectés par le virus du Nil occidental en France, l’année 2026 marque un record…

    Yannick Simonin : Oui, c’est trois fois plus que le précédent qui datait de… 2025. Ce virus est un grand gagnant du changement climatique. D’abord parce qu’il se transmet par les moustiques qui bénéficient du réchauffement. Mais aussi car lors des canicules, les points d’eau se raréfient. Les oiseaux et les moustiques se concentrent autour de ceux qui restent, ce qui favorisent la transmission. L’année 2026 est un signal d’alarme.

    Doit-on s’en inquiéter ?

    Y.S. : Oui, sans pour autant paniquer. Les cas augmentent. Les formes sévères et les décès aussi. Mais nous n’attendons pas d’épidémie majeure. C’est une montée progressive avec parfois des pics importants. Il faut être vigilant, développer des programmes de surveillance, des traitements et des vaccins. Pour l’instant, il n’existe qu’un vaccin chez le cheval. Chez l’humain : aucun vaccin ni traitement.

    Par rapport à la dengue ?

    Y.S. : Les cas de dengue sont plus nombreux et plus largement répartis géographiquement. Mais le virus du Nil occidental provoque plus de formes sévères car il atteint le cerveau et entraîne des inflammations souvent fatales. Toutefois, une grosse différence avec la dengue est qu’un humain infecté par le virus du Nil occidental ne le transmet pas s’il est piqué par un moustique. Sa charge virale n’est pas suffisante. Cela freine la transmission. C’est plutôt une bonne nouvelle. Mais le virus peut se transmettre par don de sang ou d’organe.

  • [Sciences] En Camargue, des oiseaux largement infectés par le virus du Nil occidental

    [Sciences] En Camargue, des oiseaux largement infectés par le virus du Nil occidental

    Ils n’y peuvent rien, mais certains oiseaux sont plus infectés que d’autres par le virus du Nil occidental et son cousin le virus Usutu. Une étude menée entre la Camargue et l’aire péri-urbaine de Montpellier en 2024 et 2025 a cherché l’ARN de ces virus chez plus de 2 500 oiseaux. Soit en analysant leurs fientes, soit en les capturant et en leur faisant un prélèvement par écouvillon. Parmi les espèces résidentes, le moineau et la mésange charbonnière sont les plus infectés. Chez les espèces migratrices, l’hirondelle et le guêpier d’Europe occupent les premières places. « Cela confirme que les passereaux sont les plus infectés et précise quelles espèces », résume Yannick Simonin, professeur de virologie à l’Université de Montpellier et dernier auteur de l’étude parue dans PLOS Neglected Tropical Diseases.

    Ces virus sont très présents en Europe depuis au moins deux décennies. « Le sud de la France est un point chaud », assure Yannick Simonin. En cause : des habitats favorables aux oiseaux, comme la Camargue, et le passage d’oiseaux migrateurs. Car les oiseaux sont le principal réservoir de ces virus qui peuvent se transmettre aux humains et aux chevaux via le moustique commun et s’avérer parfois mortels. « Le virus Usutu est plus mortel que le virus du Nil occidental pour les oiseaux, mais c’est l’inverse pour les humains », note Yannick Simonin. Et les cas augmentent ces dernières années. « Il nous fallait mieux comprendre la circulation de ces virus », ajoute-t-il.

    Surveillance active

    « Les virus circulent largement », résume Yannick Simonin. Environ 12% des oiseaux étaient infectés par le virus Usutu et 4% par le virus du Nil occidental. « Et leur présence est précoce, notamment chez les oiseaux migrateurs », poursuit-il. Ils ont été détectés dès les mois de mars-avril alors que les premiers cas humains apparaissent généralement au cœur de l’été. « Une surveillance active dès le printemps permettrait d’anticiper un risque élevé de cas humains pendant l’été », estime le chercheur. Car la surveillance menée jusqu’alors se contente de chercher les virus chez des oiseaux morts. Encore faut-il les trouver avant leurs prédateurs. « Une surveillance active par captures est coûteuse, admet-il. Mais notre étude montre qu’analyser les fientes fonctionne. Et nous montrons dans une autre étude que nous pouvons aussi trouver des indices dans l’eau ».

    Les passereaux sont les plus infectés. « Nous l’avions déjà constaté », indique Yannick Simonin. Ils sont aussi largement les plus nombreux : 90% des oiseaux capturés. Les autres sont trop peu nombreux pour offrir des statistiques robustes. « Mais il se peut que les passereaux aient aussi un système immunitaire moins efficace contre ces virus », abonde le chercheur. Il semblerait également que ces virus puissent se maintenir chez les oiseaux résidents pendant l’hiver. Il reste à savoir comment.

    REPÈRES

    1937

    C’est l’année au cours de laquelle le virus du Nil occidental a été identifié en Ouganda. Le premier cas humain d’infection en Europe remonte à 1962. C’était en Camargue. Le virus Usutu a été identifié pour la première fois en 1959 en Afrique du Sud. Le premier cas humain en France date de 2016, à Montpellier.

    1086

    C’est le nombre d’infections humaines au virus du Nil occidental en Europe pour l’année 2026 (chiffres de début septembre). Les hommes de plus de 65 ans sont les plus touchés. Dans 78% des cas, une hospitalisation a été nécessaire. Dans 60% des cas, des symptômes neurologiques étaient présents. Le taux de décès est de 6%.

    Culex pipiens

    C’est le nom scientifique du moustique commun, qui transmet le virus du Nil occidental et le virus Usutu après avoir piqué des oiseaux infectés. Pour une fois, le moustique tigre n’est pas en cause.

  • [#DisMoiPourquoi] les fourmis trouvent toujours le chemin du sucre, elles ont un GPS dans leur tête ?

    [#DisMoiPourquoi] les fourmis trouvent toujours le chemin du sucre, elles ont un GPS dans leur tête ?

    Oscar, élève de CM1 à l’école Jean-Giono, à Bollène

    Les fourmis sont très performantes pour trouver du sucre, mais aussi tous les aliments dont elles ont besoin. Elles n’utilisent pas un GPS, mais leurs antennes qui leur permettent de sentir comme nous le faisons avec notre nez. Mais leur odorat n’est efficace qu’à quelques centimètres ou quelques mètres. Ce n’est donc pas suffisant si la nourriture est éloignée du nid des fourmis. Alors la reine des fourmis envoie des « éclaireuses » qui vont explorer au hasard les parties éloignées de la colonie. Lorsqu’une fourmi trouve de la nourriture, elle revient au nid en laissant derrière elle, sur le sol, des marques odorantes sous la forme de petites gouttes sécrétées par une glande spéciale de son abdomen. Comme le petit Poucet, elle balise son chemin ! En rentrant au nid les autres fourmis suivront les marques odorantes qu’elle a laissées pour retrouver à coup sûr la nourriture. Et plus les fourmis empruntent ce chemin, plus son odeur sera marquée et plus il y aura de fourmis qui la suivront. Et voilà comment en un clin d’œil des centaines de fourmis trouvent de la nourriture. C’est un système très efficace qui leur a permis de survivre pendant plus de 100 millions d’années !

    Jérôme ORGEAS. Maître de conférences en écologie et entomologiste à Aix Marseille Université et à l’IMBE.

  • [#DisMoiPourquoi] Est-ce qu’on peut manger du requin ?

    [#DisMoiPourquoi] Est-ce qu’on peut manger du requin ?

    Nayan, 10 ans à l’école Paul Martin, à Digne

    Le requin fait partie de la famille des poissons dits cartilagineux. Il est apparu il y a environ 400 millions d’années. Aujourd’hui, il y a de nombreuses espèces de requins. Le grand requin blanc, qui nous terrorise dans les dents de la mer, le requin moine, le requin-baleine, le requin-marteau… Tous caractérisés par des particularités qui les distinguent les uns des autres. Ce sont des prédateurs qui se nourrissent principalement d’autres poissons. Il joue un rôle écologique important en maintenant un équilibre entre les espèces dans les mers et océans. Il contribue également au déplacement entre les eaux profondes et les eaux côtières de matières essentielles à la santé de nombreuses espèces. Le requin est très prisé en gastronomie. En Asie, l’aileron de requin est très recherché. En Europe, la chair de requin est classiquement utilisée. En France, on la trouve sous les noms de roussette ou de mako par exemple. »

    Mikaël Akimowicz, maître de conférences au Laboratoire d’économie et de sociologie du travail (CNRS/AMU)

  • [#DisMoiPourquoi] je la retiens mieux quand je raconte une histoire à quelqu’un ?

    [#DisMoiPourquoi] je la retiens mieux quand je raconte une histoire à quelqu’un ?

    Jade, 8 ans en CE2 à l’école Jean Henri Fabre d’Avignon

    On retient mieux quelque chose quand on fait l’effort de l’expliquer à quelqu’un. Car, pour l’expliquer à un autre, tu dois d’abord l’avoir compris. Mais en plus, une histoire, c’est une construction, avec un début, un milieu et une fin. Ce qu’on appelle un récit, qui donne du sens à tous les détails. C’est pour cela que le philosophe Paul Ricoeur a fait un lien entre le récit et l’Histoire ; un événement historique, c’est un événement qu’on a raconté d’une certaine façon, pour lui donner du sens. Donc, avant de raconter une histoire à quelqu’un, tu dois d’abord la retenir, et ensuite retrouver l’ordre du récit. Si on élargit encore la réponse à ta question, les humains ont toujours inventé des histoires. Avant l’invention de l’écriture, la transmission de ces histoires était toujours orale. Les conteurs, les aèdes, connaissaient par cœur la structure et des formules qui les aidaient à avancer, comme des étapes pour ne pas perdre le fil. Ils inventaient les détails, ce qu’on appelle « étoffer ». Le fil, l’étoffe, le textile, tu vois que le mot « texte » est lié au tissage ? comme quand tu déroules un fil, avec une idée précise du résultat. »

    Caroline Antherieu-Yagbasan. Chercheure en philosophie AMUau Centre Gilles-Gaston-Grange.

  • [#DisMoiPourquoi] à quoi servent les mouches ?

    [#DisMoiPourquoi] à quoi servent les mouches ?

    Marina, 13 ans, en 4e au collège du pays de Banon

    Personne ne s’en doute, mais je peux te dire que les mouches ont une très grande utilité dans la nature car elles recyclent la matière organique morte. Tu as remarqué que grâce à leur odorat très développé, elles sont attirées très vite par tout ce qui est très odorant : les crottes d’animaux, les cadavres, la viande, les fruits, etc. Chaque espèce de mouche (et il y en a des centaines de milliers) a son propre régime alimentaire.

    Les adultes pondent dans la matière organique de minuscules œufs qui vont éclore sous la forme de vers (les asticots). Ces vers sont très voraces et ingèrent une quantité énorme de nourriture par rapport à leur taille. Ils transforment ainsi ce qui est mort en matière vivante. Ils sont comme les mouches adultes très très nombreux et constituent ainsi la base alimentaire de nombreux prédateurs (oiseaux, batraciens, petits reptiles, chauves-souris et une multitude d’insectes et araignées).

    Les mouches sont donc indispensables au fonctionnement de la nature, par leur capacité à recycler la matière organique morte et en servant de garde-manger à d’innombrables animaux. Vive les mouches ! »

    Jérôme ORGEAS Maître de conférences en écologie et entomologiste à Aix Marseille Université et à l’Imbe.

  • Le Village des sciences éveille la curiosité des familles

    Le Village des sciences éveille la curiosité des familles

    Sur le parvis de la salle du Moulin Saint-Jean, le camion des Petits débrouillards annonce la couleur en ce samedi après-midi ensoleillé. Dès l’entrée, de nombreux stands permettent aux visiteurs de découvrir et d’apprendre de multiples choses à l’occasion de cette nouvelle édition du Village des sciences, organisée par la Ville de Cavaillon et son pôle jeunesse.

    Apprendre en s’amusant

    De la magie aux origamis, en passant par des expériences et des ateliers ludiques, parfois même loufoques, tout a été pensé pour attiser la curiosité du plus grand nombre.

    Noa, 11 ans, est venu avec sa maman. La veille, il avait déjà participé à l’événement avec son collège, mais ce passionné de sciences a souhaité revivre les expériences et les faire découvrir à sa mère. « J’adore la science, pour moi, cet événement est vraiment intéressant car j’apprends beaucoup de choses », explique-t-il. Il a notamment participé à l’atelier de l’Amuseum, qui mêle connaissances scientifiques, magie et gourmandises. Grâce à la fabrication d’une barbe à papa, les visiteurs pouvaient découvrir la force centrifuge tout en s’amusant, mais aussi comprendre pourquoi l’Everest n’est finalement pas le plus haut sommet du monde. « Je m’intéresse beaucoup à l’astronomie et aux plantes grâce à ma mamie qui a chez elle beaucoup de plantes et de fleurs. Elle m’a appris plein de choses », sourit Noa.

    Et côté astronomie, il y avait de quoi satisfaire les curieux. Le fondateur de l’Observatoire de Vaison-la-Romaine, Frédéric Charfi, avait installé un planétarium proposant plusieurs séances au cours de l’après-midi : « On apprend les différents états de l’eau sur Terre et dans le système solaire avec cette animation qui intrigue petits et grands. »

  • [Science] Des arbres témoignent d’une éruption solaire hors-norme… il y a 14 300 ans

    [Science] Des arbres témoignent d’une éruption solaire hors-norme… il y a 14 300 ans

    Des morceaux de troncs d’arbres ont enregistré, il y a 14 300 ans, des éléments chimiques issus de cette éruption solaire hors-norme. Celle-ci a provoqué une arrivée massive de particules dans l’atmosphère, générant différents éléments. Notamment du carbone-14 qui a fini dans du dioxyde de carbone, lui-même absorbé par les arbres lors de la photosynthèse. L’accélérateur de particule AixMicadas du Cerege a observé un pic particulièrement élevé de carbone-14, daté d’il y a 14 300 ans. « Le signe d’une éruption deux fois plus importante que la plus grosse connue jusqu’alors », précise Edouard Bard. Celle-ci s’était produite en l’an 774 de notre ère et avait été observée dans des cèdres du Japon, en 2012.

    Bascule

    Cette découverte de 2012 a rebattu les cartes. « Jusque-là, nous pensions que le carbone-14 était produit uniquement par des protons issus du rayonnement cosmique galactique », explique Edouard Bard. Les scientifiques expliquaient les variations de la teneur en carbone-14 dans l’atmosphère par les fluctuations du champ magnétique solaire qui dévie plus ou moins les protons venus de la galaxie. Mais ces fluctuations sont lentes. La variation de l’an 774 est trop brutale. Il faut trouver une autre origine : « L’éruption solaire est la piste privilégiée », souligne le chercheur.

    Depuis, d’autres anomalies majeures en carbone-14 ont été identifiées et associées à des éruptions solaires exceptionnelles : en 660, 5259 et 7176 avant notre ère, par exemple. Mais celle d’il y a 14 300 ans est particulièrement intense. Elle s’est produite par le passé et pourrait donc se reproduire à nouveau. Cela serait problématique quand on sait les dégâts que peuvent provoquer les éruptions solaires sur les réseaux de télécommunications et les satellites. « D’où l’importance de mieux comprendre ces éruptions géantes, ce qui les provoque et leur fréquence », conclut Edouard Bard.

  • [#DisMoiPourquoi] la malbouffe coûte-t-elle souvent moins cher que des produits locaux ou bio?

    [#DisMoiPourquoi] la malbouffe coûte-t-elle souvent moins cher que des produits locaux ou bio?

    Séraphine, 14 ans en 2de au lycée Martin-Bret de Manosque (04)

    Le prix des produits alimentaires dépend fortement de l’organisation des entreprises qui vont les produire et les distribuer. En France, il y a environ 350 000 fermes, environ 23 000 entreprises de transformation alimentaire, et 6 centrales d’achat alimentaires qui concentrent entre 85% et 90% des parts de marché. Cette concentration leur donne un pouvoir de négociation énorme vis-à-vis des autres entreprises.

    Ces centrales se livrent une compétition féroce sur les prix, ce qui se répercute notamment sur les comportements des autres entreprises. Pour maintenir des prix aussi bas, il faut produire en très grande quantité avec des ingrédients bon marché qui sont souvent pauvres, voire mauvais, pour la santé humaine. Les produits bio signalent le fait de ne pas employer certains produits pour cultiver, un effort souvent récompensé par un prix généralement un peu plus élevé mais souvent amplifié dans la grande distribution.

    Les produits locaux sont souvent produits sur des plus petites fermes, en plus petits volumes et offrent la possibilité de connaître les manières employées par les agriculteurs. »

    Mikaël Akimowicz. Maître de conférences au Laboratoire d’Économie et de Sociologie du Travail (CNRS/AMU)