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  • [#DisMoiPourquoi] je la retiens mieux quand je raconte une histoire à quelqu’un ?

    [#DisMoiPourquoi] je la retiens mieux quand je raconte une histoire à quelqu’un ?

    Jade, 8 ans en CE2 à l’école Jean Henri Fabre d’Avignon

    On retient mieux quelque chose quand on fait l’effort de l’expliquer à quelqu’un. Car, pour l’expliquer à un autre, tu dois d’abord l’avoir compris. Mais en plus, une histoire, c’est une construction, avec un début, un milieu et une fin. Ce qu’on appelle un récit, qui donne du sens à tous les détails. C’est pour cela que le philosophe Paul Ricoeur a fait un lien entre le récit et l’Histoire ; un événement historique, c’est un événement qu’on a raconté d’une certaine façon, pour lui donner du sens. Donc, avant de raconter une histoire à quelqu’un, tu dois d’abord la retenir, et ensuite retrouver l’ordre du récit. Si on élargit encore la réponse à ta question, les humains ont toujours inventé des histoires. Avant l’invention de l’écriture, la transmission de ces histoires était toujours orale. Les conteurs, les aèdes, connaissaient par cœur la structure et des formules qui les aidaient à avancer, comme des étapes pour ne pas perdre le fil. Ils inventaient les détails, ce qu’on appelle « étoffer ». Le fil, l’étoffe, le textile, tu vois que le mot « texte » est lié au tissage ? comme quand tu déroules un fil, avec une idée précise du résultat. »

    Caroline Antherieu-Yagbasan. Chercheure en philosophie AMUau Centre Gilles-Gaston-Grange.

  • À Gèze, un nouveau campus de l’IA à l’horizon 2029

    À Gèze, un nouveau campus de l’IA à l’horizon 2029

    Aujourd’hui, à l’angle du boulevard du Capitaine-Gèze et de l’avenue des Aygalades, le site n’est encore qu’une friche. Mais d’ici au troisième trimestre 2029, un mégacampus dédié à l’intelligence artificielle (IA) doit voir le jour sur ce terrain de deux hectares.

    Tel est le projet porté par Unitel Group et son président, l’entrepreneur Kevin Polizzi. Baptisé Théodora, ce « village de l’IA appliquée », implanté au cœur des quartiers nord, accueillera plusieurs bâtiments dédiés aux entreprises et à la formation, ainsi que plus de 4 600m² d’hébergements.

    Avec plus de 110 millions d’euros d’investissements privés, dont 7% consacrés à la recherche et développement, le projet se veut davantage tourné vers l’innovation que vers l’immobilier. Unitel finalise d’ailleurs l’acquisition d’autres parcelles et prévoit de publier la méthode de construction du campus dans un livret en « open source ». « On ne fait pas de l’immobilier, l’objectif est de construire un kit pour permettre à un territoire de se transformer et rester dans la course », confie Kevin Polizzi.

    Pour justifier son ambition, le chef d’entreprise rappelle que « d’ici 2030, les projections indiquent que le marché de l’IA représentera plus de 1 800 milliards de dollars de chiffre d’affaires à l’échelle mondiale ». Des travaux doivent également être réalisés afin de relier le campus aux câbles sous-marins qui arrivent à Marseille, faisant de la cité phocéenne le sixième hub numérique mondial. Une situation stratégique encore largement sous-exploitée, selon l’entrepreneur.

    « Il faut réinventer

    le lieu de travail »

    Avec ce projet, Kevin Polizzi entend également « réinventer le lieu de travail » à travers plusieurs axes. Évidemment, l’IA occupera une place centrale, autant en ce qui concerne la formation proposée sur le campus que les emplois et entreprises qui y seront implantés. « Théodora » mise aussi sur l’accessibilité sans voiture, avec la proximité du tramway, du métro et de plusieurs lignes de bus. « Les transports ne doivent pas être une contrainte, mais un accompagnement pour les étudiants », souligne Samia Ghali, présidente de la RTM, lors de son discours. La forte modularité des bâtiments doit également permettre de « faire face à n’importe quelle crise sans avoir à repartir de zéro avec un nouveau projet », complète le président d’Unitel.

    Le projet « Théodora » s’articule autour de quatre pôles : les bâtiments A, B et C, qui regrouperont près de 20 000m² de bureaux ; le bâtiment D, dédié « à l’incubation et à la formation autour de l’IA » sur 5 500m² ; la Tour Signal, qui concentrera 4 600m² de logements et différents services ; enfin, un pavillon central accueillera des espaces dédiés à la recherche, au développement et à l’événementiel, au cœur d’un parc de 6 000m². Au total, le campus représentera 35 000m² de surface de plancher.

    Un projet salué par les élus

    Pour Samia Ghali, représentante de la Métropole et présidente de la RTM, « ce projet dispose d’une situation géographique idéale dans les quartiers nord, au sein d’un pôle de transports multimodale important ». Un sentiment partagé par Julien Harounyan, adjoint au maire chargé de l’attractivité économique et du tourisme durable : « C’est un moment symbolique qui dit quelque chose de la confiance que l’on place dans ce territoire. »

    Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille-Provence, s’est quant à lui réjoui de « voir l’offre de formation s’étoffer de manière immédiate et concrète à Marseille. C’est une étape importante pour la ville et pour sa jeunesse, surtout celle des quartiers nord ». Isabelle Campagnola-Savon, présidente d’Euroméditerranée, s’est pour sa part intéressée à « ce qu’on va pouvoir construire autour de ce projet », en affirmant que « c’est à Gèze que se joue une partie de l’avenir de la ville ».

    Un projet largement salué par les élus locaux, mais qui ne fait pas pour autant disparaître les interrogations liées à l’impact environnemental de l’intelligence artificielle et des data centers nécessaires à son fonctionnement, à l’image du méga data center envisagé sur l’ancienne friche industrielle Saint-Louis Sucre, dans le 15e arrondissement.

  • Des rencontres pour se souvenir de la guerre d’Espagne

    Des rencontres pour se souvenir de la guerre d’Espagne

    L’espoir puis la guerre. Victorieux dans les urnes en février 1936, le Frente Popular, le Front populaire espagnol, fut réprimé dès juillet par des militaires. Le conflit de trois ans qui s’ensuivit déboucha sur la dictature de Francisco Franco. Neuf décennies après les débuts de la guerre d’Espagne, les Rencontres franco-espagnoles de Montpellier ressusciteront la mémoire des événements qui ont contraint des milliers d’Espagnols à l’exil. La manifestation, portée par l’association Voix de l’extrême Poésie et Culture, mêlera pendant cinq jours des témoignages, des interventions de chercheurs, des propositions artistiques ainsi que des productions d’élèves.

    Décentrer le regard

    La soirée d’ouverture du jeudi 8 octobre sera un premier temps fort, avec la présence du secrétaire d’État espagnol en charge de la « mémoire démocratique ». La venue de Fernando MartÍnez López intervient alors que le gouvernement dirigé par Pedro Sánchez (PSOE) a multiplié les initiatives mémorielles ces dernières années. Le rendez-vous se poursuivra avec la projection du documentaire Entre deux frontières, une mémoire, produit dans le cadre du programme européen Erasmus +. Le film restitue le regard de lycéens espagnols et français sur les traces que le conflit a laissées dans les deux pays. La soirée s’achèvera avec la conférence d’une historienne de l’art sur les engagements du peintre Joan Miró.

    Un des mérites des Rencontres franco-espagnoles est d’apporter des éclairages inédits sur la guerre d’Espagne. Le vendredi 9 octobre, Marisa Martínez Pérsico reviendra sur le départ de sa grand-mère pour l’Argentine en 1938. L’exil vers l’Amérique latine est un pan d’histoire sans doute moins connu par le public français. Le lendemain, la doctorante Léa Barril exposera ses recherches sur les conditions d’accueil effroyables que vécurent des réfugiés espagnols en Isère. L’attitude des autorités françaises de la IIIe République pendant la guerre d’Espagne est un sujet d’étude qui ne cesse d’être approfondi.

    Une autre vocation des Rencontres est d’inscrire l’expérience des réfugiés espagnols dans une histoire globale. C’est pourquoi, depuis plusieurs éditions, la parole est donnée à des organisations venant en aide aux migrants, comme SOS Méditerranée. Cette année, le lundi 12 octobre, c’est l’association France terre d’Asile qui sera reçue. Sa présidente, l’ancienne ministre de l’Éducation nationale entre 2014 et 2017, Najat Vallaud-Belkacem, présentera son livre Réfugiés, ce qu’on ne nous dit pas. Co-écrit avec l’économiste Benjamin Michallet, l’ouvrage vise à désamorcer les idées reçues sur les personnes exilées. « Il nous paraît évident de faire des parallèles avec ce qui s’est passé, ou se passe, ailleurs », explique Manuela Parra, la présidente de Voix de l’extrême, elle-même fille d’exilés espagnols. « Ce n’est pas uniquement l’histoire de la guerre d’Espagne. Nous portons un propos qui se voudrait général et universel », souligne-t-elle.

    Julien Bramy

    *Plus d’informations sur la page Facebook de l’association Voix de l’extrême

  • Un policier en roue libre avec des délinquants marseillais

    Un policier en roue libre avec des délinquants marseillais

    Détournements de fichiers, violation du secret professionnel, révélation d’informations sur une enquête, exercice d’activité commerciale extraprofessionnelle. Ce combo d’infractions a valu à un enquêteur en police judiciaire affecté dans un commissariat de Paris de comparaître la semaine dernière à Marseille. Il s’est vu requérir deux ans de prison avec sursis et l’interdiction définitive d’exercer. Au vu de la gravité des faits, il a été révoqué en mai 2025 sur avis unanime du conseil de discipline.

    À l’origine de la procédure, la plainte en mars 2023 d’une infirmière contactée par son ex qui se vante de tenir des infos sur sa vie privée d’une connaissance policière. Ce « mauvais plan drague » d’un individu condamné pour stup, vol et agression sexuelle allait entraîner la chute de Lotfi T., 33 ans, un policier à la dérive.

    À la barre, l’ex-policier dit avoir « agi avec discernement pour un échange d’informations » avec une connaissance de parties de cartes. « Il m’a dit qu’il cherchait à recontacter son ex. En contrepartie, j’allais avoir une information importante pour la BRI [Brigade de recherche et d’intervention] », assure le prévenu qui espérait en retour une mutation dans le renseignement territorial. Si l’information a permis d’élucider une affaire d’extorsion de restaurateurs, son recueil échappe au cadre légal. « J’ai été dépassé par ma vocation de policier. Je reconnais que c’est assez grave. Je présente mes excuses à la victime », dit-il.

    L’ex-flic décrit comme peu fiable multiplie les incidents. En mai 2022, il est signalé cité des Aygalades, jouant à la pétanque avec son arme de service sous son t-shirt. Il est régulièrement en maladie. « 1 250 jours d’arrêt de travail en 6 ans » compte le président Pascal Gand. « J’ai eu deux accidents de moto et une triple fracture de vertèbres. » – « Et l’achat d’une moto électrique, c’est compatible avec vos vertèbres ? » cingle le juge. En février 2024, en arrêt maladie, il est impliqué dans une rixe à 3h30 dans une boîte de nuit marseillaise et n’informe pas sa hiérarchie du vol dans son sac à dos de son terminal Neo.

    L’enquête révèle que la nuit il consultait les fichiers. « Des consultations problématiques pendant vos arrêts maladie et sur des délinquants marseillais… » – « On nous apprend à être policier H24. J’ai grandi entre la Busserine et Fontvert. Entre le sport et la musique, j’ai connu beaucoup de monde. C’est compliqué en tant que policier mais je ne vais pas les ignorer » glisse le prévenu qui dit avoir agi « sans contrepartie ». Il lui est aussi reproché d’avoir géré un snack, une société de sécurité en dépit d’une interdiction du tribunal de commerce suite à une faillite.

    Pour le procureur Mathieu Vernaudon, « c’est le portrait d’un policier en roue libre qui a un sentiment de toute-puissance. Il s’est affranchi de tous les cadres. S’il peut jeter cette femme sous le bus dans son intérêt il le fera ».

    Délibéré le 5 octobre.

  • [Week-end] Ce signal qui précède souvent l’effondrement d’un stock de pêche

    [Week-end] Ce signal qui précède souvent l’effondrement d’un stock de pêche

    La morue du nord-ouest de l’Atlantique est un cas emblématique : après des années de pêche miraculeuse au large du Canada, les stocks s’effondrent dans les années 1970-1980. D’autres cas similaires sont bien documentés : l’anchois du Pérou ou le thon rouge à l’ouest de l’Atlantique, par exemple. « Mais nous manquions d’une cartographie globale de ces événements », indique Mathieu Pélissié, ancien doctorant à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier qui a développé pendant sa thèse une méthode statistique pour détecter ces changements brutaux.

    Sont-ils communs ? Où se produisent-il ? Quelles en sont les causes ? Dans un article paru dans Science Advances, le chercheur, aujourd’hui à l’Université de Padoue (Italie), apporte des réponses en montrant que des changements brutaux de productivité se sont produits dans au moins un quart des stocks de poissons entre 1950 et 2020. « C’est sans doute sous-estimé, avertit-il. Et c’est légèrement plus souvent des déclins que des augmentations ». La productivité s’entend comme le taux de croissance d’un stock de poissons en l’absence de pêche. Un déclin abrupt de productivité est donc différent d’un effondrement de stock, défini comme le franchissement d’un seuil minimal en-dessous duquel une population n’est plus assez nombreuse pour survivre.

    Effet de la température ?

    L’étude montre que parmi les stocks qui se sont effondrés, un quart avait été précédé par un déclin abrupt de la productivité. « Cette part monte à presque 50% si on considère des déclins pas forcément abrupts, ajoute le chercheur. Cela pourrait indiquer un risque que les stocks s’effondrent dans les années à venir ». Alors qu’aujourd’hui des mesures de régulation sont prises presque uniquement à partir du moment où des seuils critiques sont atteints. Sachant que les chutes brutales de productivité ont lieu en moyenne douze ans avant l’effondrement du stock. « Cela peut être vingt ou cinq ans avant », précise le chercheur. Ce qui peut laisser du temps pour prendre des mesures.

    Pourvu que la productivité soit suivie de manière régulière. « Tous les ans, idéalement », estime Mathieu Pélissié. Et pas uniquement via les captures par les pêcheurs. « Ils tendent à cibler les endroits où il y a le plus de poissons, souligne le chercheur. Cela peut donner une vision biaisée et surestimée de l’état des populations. » Un suivi correct nécessiterait d’observer l’état des populations régulièrement et toujours aux mêmes endroits, sans chercher nécessairement les meilleurs.

    Pour ce qui est des déclins abrupts de productivité, ils se produisent plutôt là où l’océan se réchauffe vite : au nord-ouest de l’Atlantique, en mer Baltique et en mer du Nord, notamment. De là à établir une relation de causalité, il faut être prudent. « Cela reste une forte corrélation », nuance le chercheur. Mais c’est peut-être là qu’il faut être plus attentif.

    REPÈRES

    315

    C’est le nombre de séries temporelles sur lesquelles se base l’étude citée ci-contre. Issus d’une base de données en ligne, ces suivis de captures et de stocks de poissons ont permis de calculer l’évolution de la productivité – le taux de croissance de ces stocks en l’absence de pêche. Ces suivis devaient courir sur au moins 25 ans pour être pris en compte.

    Gadiformes

    Ces poissons sont ceux qui ont subi le plus de déclins abrupts de productivité entre 1950 et 2020, selon l’étude citée ci-contre. Cet ordre est celui de la morue et du merlu. Celui des clupéiformes – qui comprend le hareng, l’anchois, la sardine – a été aussi très touché.

    1992

    C’est la date à laquelle le Canada a mis en place un moratoire – qui a pris fin en 2024 – sur la pêche à la morue après l’effondrement des stocks au nord-ouest de l’Atlantique en raison de la surpêche.

  • Une réduction d’effectifs du projet Iter fait des remous

    Une réduction d’effectifs du projet Iter fait des remous

    à Saint-Paul-lez-Durance, au nord d’Aix, Iter, projet international de recherche en fusion nucléaire prend forme. Mais le projet international vient de réduire ses effectifs. L’information a été dévoilée par La Provence. Ces départs font suite à une décision du Conseil Iter, tenu en juin, durant laquelle l’Organisation Iter (OI) « a mis en œuvre une réduction ciblée de ses effectifs dans le cadre de mesures plus larges de réduction des coûts », avant de préciser que « plusieurs mesures ont été prises en amont afin de limiter l’impact sur les membres du personnel directement employés. Des mesures de maîtrise des coûts ont également été appliquées aux prestataires externes ainsi qu’à d’autres formes de soutien externe. Le Comité du personnel d’Iter a été consulté et un dispositif de départ volontaire a été proposé (…) » Selon Iter, les « réductions d’effectif non-volontaires » concernent environ 3,5% de ses effectifs, sans compter les contrats non renouvelés. À noter que 1 100 personnes sont directement employées par l’organisation sur le site de St-Paul-lez-Durance. Celle-ci réaffirme également que ces « mesures récentes ont été prises dans le contexte de la situation financière et de trésorerie globale du projet » et que « tous les membres d’Iter ont réaffirmé leur soutien au projet. »

    « Préoccupations »

    Elle n’estime pas non plus que les licenciements ne modifient « le calendrier global de la Baseline 2024, notamment le démarrage des opérations de recherche prévu en 2034. » Sans avoir pu joindre de personnel concerné par ces licenciements, une longue note d’intention des membres du personnel de la Commission et de Fusion for Energy (F4E), organisation en charge de gérer la contribution de l’Union Européenne au projet Iter, adressée à Pietro Barabaschi, directeur général de l’OI et Jan Panek, chef de la délégation européenne auprès du Conseil Iter, ces derniers s’inquiètent. Et soulignent les « préoccupations » que ces mesures pourraient avoir sur le personnel et appellent à « ouvrir un dialogue avec les autorités compétentes ». Parmi les interrogations soulevées dans cette note, « la décision prise par le Conseil Iter en juin 2026 de ramener de neuf à trois mois le délai de notification applicable aux contrats concernés », jugée « particulièrement préoccupante », et « une dégradation de la protection de l’emploi au sein d’une organisation dans laquelle l’Union joue un rôle central ». Et de dénoncer « une référence répétée », dans un message adressé au personnel « à l’éventuelle ouverture de procédures disciplinaires » en cas de divulgation de « circonstances entourant leur licenciement ». Globalement, une procédure trop rapide, peu transparente. Qui interroge également la justification financière des licenciements.

  • Une Toulonnaise conçoit une solution de luminothérapie à domicile

    Une Toulonnaise conçoit une solution de luminothérapie à domicile

    Offrir aux femmes des solutions de confort intime utilisables à la maison et en autonomie : tel est le principe de « Lumidou ». Cette innovation technologique vise à donner accès à la photobiomodulation, une technique de luminothérapie basée sur l’utilisation de la lumière rouge et proche infrarouge, qui incarne une alternative aux traitements hormonaux pour lutter contre des maux tels que les sécheresses vaginales, le vaginisme (douleurs vaginales dues à des contractions du plancher pelvien), la dyspareunie (douleurs lors des rapports sexuels), les problèmes de cicatrisation… Ceux-ci peuvent émaner de « l’accouchement, auquel sont sujettes 70% des femmes en France, de la ménopause », ou encore « des traitements anti-cancéreux », détaille Marie Aubry, formatrice en santé toulonnaise et conceptrice de Lumidou.

    L’idée est née il y a deux ans, lorsque l’entrepreneuse et son associé, Patrick Quach, ont découvert, au fil de leurs recherches, l’intérêt médical, et pas seulement esthétique, de la lumière infrarouge. Mais en constatant aussi le coût onéreux des dispositifs médicaux en la matière : « La thérapie est peu remboursée, coûte entre 30 et 200 euros la séance, pour quinze séances minimum, et il y a un manque de communication entre soignant et patient sur le sujet, et des difficultés à s’équiper. Il y avait donc intérêt à ce que ce soin soit disponible à la maison pour un maximum de monde », explique Marie Aubry. Lumidou est proposé au prix de 409 euros. Son coût peut être pris en charge à hauteur de 50% dans le cadre du programme Elsee Care. Il pourra être proposé par de nombreux professionnels de santé (gynécologues, médecins, kinés…).

    Une volonté de contribuer à la recherche

    L’appareil, conçu pour durer dix ans, se veut simple d’utilisation et s’accompagne d’une application, « qui permet à la patiente d’apprendre à s’en servir et de devenir actrice de son parcours de soins », souligne sa conceptrice. Il convient de l’utiliser « deux fois par semaine, sur huit semaines. La surutilisation est sans autre risque qu’une baisse de l’efficacité », ajoute-t-elle.

    «Les premières commandes doivent être livrées en fin d’année, avec pour objectif d’apporter, à terme, « une contribution scientifique au sujet des effets de la photobiomodulation sur l’endométriose, car il n’en existe qu’une seule à date », précise Marie Aubry.

    Le projet lui a permis de devenir la lauréate varoise du concours « 101 femmes », initié par le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes et Bpifrance, qui distingue 101 projets dans 101 départements.

  • Un partenariat renforcé entre Aix-Marseille Université et le Frac Sud

    Un partenariat renforcé entre Aix-Marseille Université et le Frac Sud

    Alors que 25 projets conjoints ont été mis en place depuis 2019, ce renouvellement va permettre à « de nouvelles perspectives » de voir le jour. Une manière d’illustrer la « volonté de faire dialoguer durablement science, recherche, culture et création contemporaine », pour Éric Berton, président d’Aix-Marseille Université. Caroline Pozmentier-Sportich, présidente du Frac Sud, souligne : « Nous affirmons notre ambition commune : faire de l’art contemporain un levier de connaissance, d’expérimentation et d’innovation (…) ».

  • Au Peyrou, un éclairage qui « révèle le patrimoine tout en préservant la nuit »

    Au Peyrou, un éclairage qui « révèle le patrimoine tout en préservant la nuit »

    « C’est un projet européen inédit sur la question de l’éclairage public la nuit. Le but est d’explorer une nouvelle manière de mettre en valeur le patrimoine culturel dans nos villes européennes en faisant de l’obscurité une richesse », résume Clare Hart, vice-présidente de la Métropole de Montpellier déléguée au rayonnement international et à la coopération européenne.

    Aux côtés de quatre autres sites pilotes en Europe : Oulu (Finlande), Tallinn (Estonie), Copenhague (Danemark) et Bologne (Italie), Montpellier a été choisie pour expérimenter, sur la promenade du Peyrou, le projet européen « Art of Darkness ». Coordonné par l’université d’Oulu et entièrement financé par l’Europe, ce projet de recherche-action, qui s’étend sur trois ans (janvier 2025-janvier 2028), propose une nouvelle approche de la mise en lumière afin de révéler le patrimoine tout en préservant l’obscurité, bénéfique pour la biodiversité, sans dégrader le sentiment de sécurité des visiteurs.

    Au Peyrou, l’expérience a débuté le 7 septembre et doit se poursuivre jusqu’au 21. Le dispositif Art of Darkness a été installé sur la moitié du parc, côté rue Pitot, tandis que l’autre moitié conserve son éclairage habituel. Cette configuration permet de comparer les deux ambiances. Des affiches installées aux deux entrées principales présentent le projet et invitent les visiteurs, via un QR code, à participer à l’évaluation et à donner leur avis. Car l’enjeu dépasse la seule question technique de l’éclairage. L’idée est de faire évoluer les perceptions. « On est sur une approche très participative », insiste Clare Hart.

    « Un changement

    de paradigme »

    Avec ses partenaires européens, Montpellier cherche à montrer qu’une baisse de la luminosité peut être compatible avec le confort et le sentiment de sécurité. « On amène un changement de paradigme chez le public », estime l’élue. « Avec ce projet, on espère aussi mieux mettre en valeur des éléments patrimoniaux de ce site un peu iconique de Montpellier et sensibiliser le public aux enjeux de la préservation de l’obscurité. Quand on éteint la nuit, on permet à la biodiversité de reprendre ses droits », souligne Clare Hart. « L’idée est de montrer que l’utilisation de la lumière peut révéler le patrimoine tout en préservant la nuit. »

    Le Peyrou représente une nouvelle étape après les expérimentations menées dans le cadre du plan Lumière montpelliérain. Clare Hart cite notamment la Comédie et l’Esplanade, où la luminosité a été fortement réduite après la requalification de ces deux sites, entraînant, du même coup, une diminution de 60% de la facture énergétique les concernant. Et selon les retours recueillis, « le public adhère totalement », assure Clare Hart. Le choix du Peyrou n’est pas anodin. Ce parc est à la fois un lieu patrimonial emblématique de la ville, un espace de rencontre et un lieu de passage. L’expérimentation doit permettre de tester une ambiance « beaucoup plus intimiste, plus douce » et d’inviter les Montpelliérains à s’approprier autrement ce lieu à la nuit tombée.

    Ce projet innovant est mené avec l’université Paul-Valéry, notamment son laboratoire de psychologie Epsylon. L’École nationale supérieure d’architecture de Montpellier participe, quant à elle, à l’évaluation du dispositif et à la conception lumineuse. Le 18 septembre, « les différentes parties prenantes seront conviées à une visite du dispositif sur la zone témoin du Peyrou afin de contribuer à son évaluation », indique Clare Hart. Une fois l’expérimentation terminée, fin septembre, les résultats montpelliérains comme ceux des autres villes pilotes seront transmis au consortium de chercheurs chargés de construire le modèle Art of Darkness. Car l’expérimentation ne doit pas rester sans lendemain. « Si le public adhère, d’autres expériences et débats pourront être organisés. » Derrière cette expérimentation se dessine ainsi une réflexion plus large sur la ville de demain. « On est fier de pouvoir travailler à l’échelle européenne sur ce type de projet », souligne Clare Hart. « Ça sert à ça aussi, l’Europe, c’est un énorme think tank pour penser la ville de demain. »

    Amélie Goursaud

  • Marseille, carrefour des luttes pour la santé

    Marseille, carrefour des luttes pour la santé

    À l’appel de la CGT Santé et Action sociale et de la Fédération CGT des services publics, les salariés des secteurs de la santé, du social et du médico-social se mobilisent ce 15 septembre. Une journée de grève et de manifestation pour dénoncer le manque chronique de moyens, aggravé par les politiques d’austérité et les restrictions budgétaires. à Marseille, une manifestation régionale est prévue à 11 heures, au départ de la porte d’Aix.

    « Les réponses du gouvernement sont cyniques et inacceptables », pose la CGT Santé et Action sociale dans un communiqué, estimant que les besoins explosent tandis que les financements diminuent au détriment des patients, des personnes âgées ou en situation de handicap, des enfants et des familles.

    Alors que les organisations syndicales alertent sur la dégradation des conditions de travail, le manque de personnel et l’insuffisance des financements pour répondre aux besoins croissants, des délégations venues des six départements de la région sont attendues. Une cinquantaine de membres de l’union santé action sociale CGT 83 seront présents à Marseille pour la manifestation, avec un départ à 9h30 en bus depuis la gare routière de Toulon.

    L’UD CGT 04 a affrété un bus. Le convoi partira de Digne, passera par Mallemoisson, Peyruis et Manosque pour prendre la direction de la Porte d’Aix. « Des bus se préparent dans chaque département avec différents appels et des mots d’ordre qui dépassent le cadre de la santé. Le cortège partira de la Porte d’Aix en direction de la préfecture pour rejoindre les électriciens et converger sur les questions communes », explique Cédric Volait, coordinateur régional CGT santé et action sociale.

    L’enjeu du budget

    Parmi les revendications figurent une hausse générale des salaires, la revalorisation des carrières et l’attribution du Complément de traitement indiciaire à tous les agents. « La question des salaires est transversale. De plus en plus de personnels n’arrivent plus à vivre de leur travail. Je parlais avec une infirmière qui travaille douze heures par jour et doit faire des ménages à côté pour faire vivre ses enfants », raconte Cédric Volait.

    « La durée moyenne d’une infirmière dans un hôpital public, c’est trois ans. Alors qu’il y a encore une dizaine d’années, c’était cinq ou sept ans », abonde Greg Fontaine, co-secrétaire général de l’USCGT AP-HM. « Ils transforment nos grands hôpitaux en véritables usines à soins : les patients sont pris comme des numéros et se font soigner à la chaîne, avec des cadences absolument infernales et les collègues rentrent à l’hôpital comme à l’usine, avec le même stress et le même épuisement… »

    La CGT exige la reconnaissance des qualifications et de la pénibilité des métiers avec un retour de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, ainsi que des embauches massives. « On en est là en France en 2026 : il y a de plus en plus de millionnaires, on commande des porte-avions, des rafales, mais il n’y a plus rien pour la santé et l’éducation », reprend Cédric Volait, qui travaille dans le CHI de Manosque où le service des urgences a été contraint de fermer ses portes de manière récurrente, la nuit, faute d’urgentistes.

    La CGT réclame donc davantage de moyens pour la Sécurité sociale et le financement de la santé, l’arrêt des fermetures de lits et de services, leur réouverture, ainsi que le développement d’un grand service public de santé et d’action sociale.

    « L’enjeu du budget de la Sécurité sociale revient évidemment avec le PLFSS qui arrive. Le budget 2026 a été un des pires depuis 1996, et là, on nous annonce encore pire en 2027. Les personnels sont très inquiets et la population l’est aussi vis-à-vis d’une prise en charge qui se dégrade. Ce mode dégradé que de plus en plus d’établissements subissent impacte les personnels, mais aussi la prise en charge des patients : on ne peut plus soigner tout le monde. C’est donc un des gros enjeux de cette manif, obtenir un budget à la hauteur des besoins, arrêter de supprimer des lits et des personnels », conclut Cédric Volait.

    La recherche publique aussi dans la bataille

    Le SNTRS-CGT appelle les personnels de la recherche à se rassembler, mardi 15 septembre à 10 heures, devant la faculté Saint-Charles, à Marseille. Le syndicat dénonce des budgets jugés insuffisants pour les organismes de recherche, le gel des salaires dans la fonction publique, ainsi que le projet de rapprochement entre l’Institut recherche et développement et le CNRS, qu’il considère comme une menace pour l’avenir des établissements publics scientifiques. Cette mobilisation est organisée à l’occasion de la rentrée du Cneser. Ch.C.