Tag: Occitanie

  • Classique, jazz et rock à « Song d’une nuit d’été »

    Classique, jazz et rock à « Song d’une nuit d’été »

    Créé par l’association éponyme, le festival Song d’une nuit d’été a pour objectif de proposer des concerts de qualité, dans une région plutôt difficile d’accès : les Hauts Cantons de l’Hérault. « Depuis sa première édition en 2024, la manifestation se veut intergénérationnelle, explique Bérangère Casanova, présidente de l’association. Cette année encore, il y aura donc trois soirées sur cinq dédiées à des genres musicaux spécifiques. » Le vendredi 7 août mettra ainsi la pop et le rock à l’honneur, avec un concert du groupe Macadam Farmer à 21h, sur la scène de l’abbaye. La soirée jazz se déroulera le 8 août avec la chanteuse Sandra Mounam, qui reprendra le répertoire envoûtant de Nina Simone. Enfin, le dimanche 9 août, la soirée sera dédiée à la musique classique avec le Trio Borsalino, qui se produira toujours à 21h, sur la scène de l’abbaye.

    Le festival propose également une soirée « gastronomie et musique », sur réservation. Cette année, celle-ci aura lieu mercredi 5 août, autour du thème « Un soir en Argentine  ». Le chef du gîte de l’abbaye de Villemagne préparera donc un menu inspiré des saveurs du Nord-ouest argentin, qui sera commenté et accompagné en musique par le trio Tikismikis.

    Par ailleurs, des concerts gratuits auront lieu tous les jours à 18h30. « Le jeudi 6 août, nous assisterons par exemple à une déambulation des Mandadors : deux artistes échassiers, mi-hommes, mi-arbres, qui jouent de l’accordéon et du violon de manière très poétique », se réjouit Bérangère Casanova.

    Du 4 au 9 août, l’Hôtel des Monnaies de Villemagne-l’Argentière accueillera par ailleurs une exposition d’instruments anciens. « C’est une grande chance d’accueillir cette exposition qui tourne partout en France. Elle est recommandée pour les familles, puisque les visites ne sont pas guidées, mais jouées », précise l’organisatrice. Avant de conclure : « Ce festival est une belle aventure humaine, mais ce n’est pas toujours facile dans une économie culturelle aussi défavorable. Si nous continuons, c’est parce que nous bénéficions d’une grande solidarité, d’une grande volonté de nos bénévoles, ainsi que du soutien de nos prestataires techniques.  »

  • Les forteresses du Languedoc inscrites à l’Unesco

    Les forteresses du Languedoc inscrites à l’Unesco

    C’est la reconnaissance de plus d’une décennie de préparation et de travaux historiques menés par l’association Mission patrimoine Mondial composée notamment des Départements de l’Aude et de l’Ariège. « Le système de forteresses de la sénéchaussée de Carcassonne (XIIIe-XIVe siècles) » a été classé, dimanche 26 août au patrimoine mondial de l’Unesco. La proclamation a été faite de Busan (Corée du Sud) où le comité de l’Unesco était réuni en session. Derrière l’intitulé un peu âpre le « bien culturel » désormais classé est constitué des remparts et du château de Carcassonne et d’une sélection de sept châteaux établis dans sa périphérie. Cette série de fortifications, contemporaines les unes des autres, témoigne de la conquête du Languedoc par le roi de France et ses vassaux, dans la première moitié du XIIIe siècle, et de son objectif : le contrôle d’un vaste ensemble territorial par l’affirmation du pouvoir royal. Au sein d’un ensemble de châteaux qui répondaient aux mêmes objectifs politiques et militaires et avaient les mêmes caractéristiques architecturales, la série sélectionnée présente les sites les mieux conservés et les plus authentiques. Elle reflète une homogénéité thématique et une cohérence historique, à l’échelle d’un large territoire.

    Chaque élément constitutif est porteur d’une partie spécifique de la valeur universelle exceptionnelle du bien. Les caractéristiques majeures de cet ensemble militaire, politique et symbolique du XIIIe et du début du XIVe siècles sont les suivantes : une approche territoriale d’ensemble du système défensif qui fut mis en place par le roi de France, à l’issue de la Croisade contre les Albigeois (1209-1229), et dont Carcassonne était le centre militaire, politique et administratif aux XIIIe et XIVe siècles ; un témoignage unique, par son homogénéité architecturale de ce que pouvait être un réseau fortifié capétien aux XIIIe et XIVe siècles ; un exemple remarquable d’importation et d’adaptation des principes de la fortification capétienne à des sites escarpés ; une situation paysagère exceptionnelle.

    Un « levier »

    de développement

    La présidente du Département de l’Aude, Hélène Sandragné, a salué le classement des Forteresses royales du Languedoc à l’Unesco, le qualifiant de « levier » pour le développement touristique et économique. « Il va accroître notre attractivité et l’Aude en a besoin », a-t-elle déclaré.

    Souvent perchées en haut de pitons rocheux escarpés, les huit forteresses, celles de Montségur en Ariège et celles de Peyrepertuse, Quéribus, d’Aguilar, de Lastours, de Peyrepertuse, de Puilaurens, de Termes et de Carcassonne dans l’Aude, ont été édifiées à l’issue de la croisade contre les Albigeois (1209-1229), lorsqu’une partie du Languedoc tombe dans le domaine royal. Certains de ces sites avaient servi auparavant de refuge aux Cathares accusés d’hérésie.

    Avec ces forteresses, le roi de France voulait garder un œil sur la population locale encore considérée comme dissidente et surveiller le royaume d’Aragon, situé à quelques dizaines de kilomètres à peine de Quéribus ou Peyrepertuse.

    Les forteresses étaient administrées par un sénéchal installé dans la Cité de Carcassonne, elle aussi reconstruite à la même époque et déjà inscrite au patrimoine mondial de l’humanité en 1997. Considérés comme un « élément central du système défensif », son château et ses remparts font aussi partie de ces huit monuments désormais sur la liste de l’Unesco. « Ces forteresses témoignent de l’adaptation exceptionnelle de l’architecture militaire aux contraintes topographiques et de l’émergence de nouvelles formes d’organisation du territoire par la monarchie française », a estimé l’Unesco.

    « Ironie de l’histoire, ces forteresses qui hier ont brisé la fougue rebelle du peuple languedocien lui donneront demain un nouvel élan », a encore déclaré Hélène Sandragné qui voit dans cette distinction un atout pour la « préservation et la restauration » de ces citadelles.

    Pour Fabrice Chambon, guide-conférencier au château de Montségur, où plus de 200 « hérétiques » ont été brûlés en 1244 avant la construction de la forteresse qu’on visite aujourd’hui, l’effacement du mot « cathare » a « ému pas mal de personnes ». Une pétition d’opposants à ce changement de dénomination a été signée par près de 9 400 personnes.

    Mais la polémique ne peut masquer l’immense atout que représente ce classement au patrimoine mondial de l’Unesco d’un ensemble unique. « L’Association mission patrimoine mondial est au cœur du dispositif de gestion. Composée de l’ensemble des collectivités propriétaires et autres gestionnaires territoriaux elle coordonne et anime le présent système de gouvernance, mobilisant instances et partenaires, et constitue l’interface de gestion principale du bien en série », précise le dossier soumis à l’Unesco. L’organisme de l’ONU a été convaincu.

  • Les syndicats dénoncent des défaillances structurelles

    Les syndicats dénoncent des défaillances structurelles

    En avril 2024, le ministère de l’Intérieur, alors dirigé par Gérald Darmanin, lançait le Beauvau de la sécurité civile, une large concertation nationale censée faire évoluer le modèle français « pour mieux l’adapter aux enjeux climatiques, technologiques et sociétaux ». Deux ans et quatre changements de gouvernement plus tard, ce modèle semble plus que jamais à bout de souffle.

    « Nous sommes au bout de ce système, que ce soit en termes de moyens humains ou matériels », affirme Mathieu Manetti, secrétaire départemental du syndicat Sud du Service départemental d’incendie et de secours du Gard (Sdis 30). Il rappelle qu’en France, ce sont les conseils départementaux et les communes qui financent en majorité les Sdis. « Nos conditions de travail sont donc différentes selon les territoires, puisqu’elles dépendent de la richesse des Départements, explique-t-il. Le Gard est un département pauvre, mais nous avons de la chance d’avoir une bonne volonté politique. » Il ajoute que le nombre d’interventions ne cesse d’augmenter, avec une hausse de 10% cette année dans le Gard. « Les interventions augmentent mais le financement ne suit pas, dans un contexte où le budget des collectivités ne cesse de diminuer. » Par ailleurs, certains sapeurs-pompiers professionnels ne sont pas payés durant l’intégralité de leurs heures de garde. « Dans le Gard, nous sommes rémunérés en heure pour heure dans presque toutes les casernes. En revanche, dans les Bouches-du-Rhône par exemple, beaucoup sont en 24h comptées 16 ou 17 heures », déplore le syndicaliste.

    Toujours dans le Gard, Sébastien Perrier, président départemental du Syndicat autonome SPP-PATS, attire l’attention sur une autre difficulté. « Avec l’actualité, nos confrères ont besoin de renfort en Gironde. Seulement, dans beaucoup de départements, les pompiers professionnels doivent obligatoirement avoir un contrat de volontaire pour partir en renfort. Cela revient à ce que certains d’entre eux posent des congés pour travailler, c’est absurde. » Une actualité qui pose aussi la question des risques pour la santé. « Depuis peu, l’état reconnaît deux types de maladies professionnelles pour les pompiers, explique Mathieu Manetti. Cependant, certains pays du Nord en reconnaissent une vingtaine. »

    La crise des pompiers volontaires

    En France, les sapeurs-pompiers volontaires (SPV) représentent environ 80% des effectifs de la sécurité civile. Selon Eric Bonijoly, secrétaire du syndicat Sud Sdis 34, « l’utilisation du volontariat à outrance est commune à tous les départements. Cependant, les SPV cumulent généralement une deuxième activité. Cela peut donc se ressentir dans la fatigue des agents et représenter, parfois, un danger pour eux et leurs collègues. »

    De son côté, Bernard Pedrotti est référent départemental du Syndicat des sapeurs-pompiers volontaires de France (SSPVF) dans l’Hérault. Il explique : « Il faut différencier deux sortes de SPV. Il y a des volontaires fixes, en caserne, qui sont en quelque sorte professionnalisés et qui effectuent des gardes de 24 heures. Et puis il y a le maillage des volontaires dans les villages, qui sont payés uniquement à l’heure d’intervention quand on les bipe. Ce sont eux qui sont la véritable puissance de la protection civile. Or, les SPV n’ont pas de dispositif de retraite sérieux. Ils bénéficient seulement de la Prestation de fidélisation et de reconnaissance, au bout de vingt ans de service. S’il y a moins de vocations, c’est parce qu’il faut donner beaucoup de sa personne contre trop peu de reconnaissance. »

    Selon Sébastien Perrier, l’accumulation de ces problèmes structurels se traduit dans l’actualité mais n’est pas nouvelle. « On va laisser passer la saison avant de donner rendez-vous aux pompiers dans la rue. Les troupes sont exaspérées, donc la rentrée sociale s’annonce bouillante », prévient-il.

  • [Incendies] Comment est calculée la « valeur du sauvé » dans l’Hérault ?

    [Incendies] Comment est calculée la « valeur du sauvé » dans l’Hérault ?

    La « valeur du sauvé » est un outil permettant de chiffrer les pertes matérielles qu’aurait engendrées un feu sans l’intervention des pompiers. Depuis quelques années, elle est calculée par la sécurité civile dans plusieurs départements, notamment dans l’Hérault. « Cela permet de valoriser l’activité du Sdis par rapport à son coût financier pour les collectivités », affirme le commandant Sébastien Nicelli, du Sdis 34.

    Le professionnel explique que le logiciel du Sdis recoupe de nombreuses données telles que les conditions météo, le sens du vent ou encore les reliefs concernés par un incendie avec le niveau de sévérité du risque d’incendie au moment d’un départ de feu. Cela permet alors de simuler une enveloppe de feu correspondant à la surface qui aurait été touchée par l’incendie en propagation libre. Le service d’information géographique compare ensuite cette enveloppe avec le véritable parcours de l’incendie. « Et c’est dans ce différentiel qu’on regarde en détail ce qui se trouve comme végétation ou comme constructions, explique le commandant Nicelli. Pour chiffrer la valeur d’une zone, on se sert par exemple des sites des notaires, pour connaître le prix du mètre carré dans les communes concernées. »

    Un modèle perfectible

    Dans leur rapport, Damien Maudet et Sophie Pantel (voir article ci-dessus) prennent l’exemple d’un calcul de la « valeur du sauvé » effectué par le Sdis 34 en juillet 2025 sur un feu ayant parcouru 271,97 hectares à proximité de la commune de Fabrègues. L’action des sapeurs-pompiers aurait alors permis de sauver 17 048 305 euros de biens matériels.

    « Bien sûr, le modèle a des limites et il n’est pas encore d’une précision chirurgicale, continue Sébastien Nicelli. Si une exploitation agricole brûle, on peut chiffrer le coût de la perte d’un tracteur, mais on ne peut pas encore chiffrer celui de la perte d’activité économique, l’impact sur les sous-traitants ou le chômage technique par exemple. » Par ailleurs, le professionnel précise que désormais, le Sdis 34 évalue également l’impact environnemental évité par une intervention, en calculant notamment la quantité de carbone qui aurait été dégagée dans l’air sans l’intervention des secours. « Au fil des années on affine nos sources d’information, assure le commandant. Ces données sont ensuite remontées à mes supérieurs, qui peuvent y trouver une utilité auprès de nos élus. » Nina Bailly

  • [Unesco] La Camargue officiellement sur les rangs

    [Unesco] La Camargue officiellement sur les rangs

    Les protagonistes de cette candidature ne partent pas de rien. « La Camargue a été reconnue par l’Unesco comme réserve de biosphère et inscrite sur la liste indicative en 2002 », rappelle Véronique Jullian, la vice-présidente de l’association La Carmague à l’Unesco. C’est ce même périmètre, du Delta du Rhône et toutes ses activités qui allient « nature et culture », que souhaite faire reconnaître la structure, « au plus haut niveau ». « Notre action s’inscrit dans un temps long, précise-t-elle. Car nous sommes dans une coévolution, une cohabitation avec l’humain, ses activités, sa diversité », insiste Véronique Jullian. Et qui nécessite que « tout le monde se mette autour de la table » : Régions, Départements, EPCI, mairies, habitants, professionnels… Sachant que « cette reconnaissance aura des effets positifs en termes de tourisme, mais aussi de financements européens et internationaux pour faire face à la salinité et au changement climatique », détaille-t-elle.

    L’association a également demandé une étude sur l’impact de la ligne à très haute tension sur la candidature à l’Unesco.

  • Des cas de dengue autochtone recensés cet été

    Des cas de dengue autochtone recensés cet été

    La dengue ou « grippe tropicale » est une maladie qui se transmet par l’intermédiaire de la piqûre d’un moustique tigre femelle (Aedes albopictus) préalablement infecté par le virus auprès d’une personne malade. Cette maladie se caractérise le plus souvent par une forte fièvre d’apparition brutale, souvent accompagnée de maux de tête, de nausées, de vomissements et de douleurs musculaires. Bien que la France ne fasse pas partie de la zone de circulation habituelle de ce virus, deux cas ont déjà été détectés cette saison.

    « Un cas est dit “autochtone” quand une personne contracte la maladie sans avoir voyagé en zone de circulation du virus dans les 15 jours précédant l’apparition des symptômes », précise l’ARS Occitanie. De plus, depuis le 1er mai et jusqu’au 16 juillet, 22 cas importés de dengue, 9 cas importés de chikungunya et 2 cas importés de Zika ont déjà été signalés à l’ARS Occitanie.

    Des mesures de prévention renforcées

    La dengue est apparue en France métropolitaine sous forme de transmission locale en 2010. Depuis, le nombre de foyers autochtones augmente progressivement, favorisé par l’implantation du moustique tigre et des conditions climatiques de plus en plus favorables à sa prolifération.

    En raison de sa capacité à transmettre des maladies telles que le Zika, la dengue ou encore le chikungunya, le moustique titre fait déjà l’objet d’une surveillance renforcée en France. Ce dispositif vise à réduire le risque de survenue de chaînes de transmission locale de ces virus.

    L’ARS Occitanie, Santé publique France, les professionnels de santé du territoire et l’opérateur de démoustication sont déjà mobilisés pour éviter toute transmission supplémentaire du virus. « La lutte contre le moustique tigre, qui est vecteur potentiel de maladies, s’appuie sur la mobilisation de chacun et l’adoption des bons réflexes pour éliminer les larves de moustiques », explique l’agence régionale de santé. Elle déploie donc des mesures de prévention sur tout le territoire, pour expliquer les bons réflexes aux citoyens. « Éliminer les endroits où l’eau peut stagner : changer l’eau des plantes et des fleurs au moins une fois par semaine ou, si possible, supprimer ou remplir de sable les soucoupes des pots de fleurs, vérifier le bon écoulement des eaux et nettoyer régulièrement les gouttières, regards, caniveaux, couvrir les réservoirs d’eau avec un voile moustiquaire ou un simple tissu, couvrir les petites piscines hors d’usage, mais aussi éliminer les lieux de repos des moustiques adultes en débroussaillant et taillant les herbes hautes et les haies, ramasser les fruits tombés et les débris végétaux, réduire les sources d’humidité », autant de mesures que les Français devront intégrer pour limiter la propagation de maladies jusqu’ici cantonnées aux régions tropicales.

  • Occitanie, préparer la sécurité civile de demain

    Occitanie, préparer la sécurité civile de demain

    Face à des incendies plus fréquents, plus violents et qui s’étendent désormais bien au-delà du pourtour méditerranéen, la France doit revoir en profondeur sa stratégie de sécurité civile. C’est le constat dressé par les députés Sophie Pantel (PS) et Damien Maudet (LFI), co-auteurs d’un rapport parlementaire consacré aux moyens aériens de la sécurité civile. Au-delà du renouvellement des bombardiers d’eau, les deux parlementaires plaident pour une planification de long terme, un renforcement des moyens des services de secours, une loi d’investissement pluriannuel et une meilleure anticipation des conséquences du dérèglement climatique.

    « On voit bien aujourd’hui, avec ce qu’il se passe en Gironde, qu’on a une accélération et que c’est l’ensemble du territoire national qui est ou qui va être concerné. Donc il faut se préparer à ces conséquences liées au changement climatique pour pouvoir faire face et avoir des moyens de lutte qui permettent, en cas de feux multiples, de pouvoir répondre partout aux besoins », précise Sophie Pantel, pour qui cette évolution justifie une révision complète de la politique de sécurité civile.

    La nécessité

    de fixer un cap

    Pour la députée, le principal enjeu ne se résume pas à une question budgétaire. C’est avant tout l’absence de vision d’ensemble qui freine l’adaptation du pays. « Avec mon collègue Damien Maudet, on avait demandé, dans l’intérêt de l’État, d’avoir un document transversal de l’ensemble des crédits affectés à la sécurité civile. » Ce document permettrait d’offrir une vision globale, jugée indispensable pour définir une stratégie. Une stratégie qui, selon les auteurs du rapport, passe par une réforme plus large de la sécurité civile, bien au-delà du seul renouvellement de la flotte aérienne. « Il faut vraiment avoir, d’une part une loi de modernisation ambitieuse pour la sécurité civile, qui va traiter évidemment de la question des feux, mais qui va surtout s’intéresser au volontariat, qui va donner des axes sur la diversification des choix à faire dans l’investissement, qui peut apporter un nouveau pacte capacitaire », précise-t-elle.

    Face à des catastrophes appelées à se multiplier, la députée socialiste estime qu’il faut développer une véritable culture du risque au sein de la population, pour permettre notamment, sur chaque commune, d’avoir des réserves communales de sécurité civile. Si la prévention et la résilience constituent un premier pilier de cette réforme, les moyens matériels restent tout aussi essentiels. Pour les auteurs du rapport, l’enjeu est désormais de trouver un équilibre entre coopération européenne et maintien d’une capacité nationale. « Il faut évidemment une flotte nationale souveraine. Il faut s’inscrire dans le cadre du programme RescEU dans la solidarité européenne, mais on ne peut pas se contenter uniquement de la solidarité européenne », estime Sophie Pantel. Selon elle, cet équilibre passe aussi par un soutien renforcé aux industriels français afin de garantir, à terme, une autonomie durable face à des crises appelées à se multiplier.
    Il ne s’agit donc plus seulement de renforcer les moyens existants, mais de repenser en profondeur la sécurité civile afin de répondre à des risques appelés à s’intensifier sous l’effet du dérèglement climatique, des feux de forêts en passant par les risques d’inondation plus accrues.

  • Soprano-Aznavour : 1000 voix pour un double hommage

    Soprano-Aznavour : 1000 voix pour un double hommage

    Le chant choral est en fête à Alès à l’occasion du traditionnel festival des Fous chantants qui célèbre, depuis bientôt 30 ans, un auteur-compositeur francophone auquel 1 000 choristes rendent hommage durant deux concerts dans les arènes.

    Après trois mois de répétitions, ils sont prêts. Depuis le 25 juillet, chaque soir, les Fous font monter l’ambiance dans les rues de la capitale cévenole, entre déambulation pour interpréter en avant-première quelques extraits des concerts, grand bal folk et projection en plein air des grands moments de l’édition 2025 dédiée à Zazie.

    Le temps fort du festival se déroulera vendredi 31 juillet et samedi 1er août : 1 000 choristes, 8 chefs de chœur et un orchestre en live prendront place dans les arènes pour un double hommage inédit à Charles Aznavour et Soprano, qui sera présent pour interpréter plusieurs de ses plus grands succès.

    « Ce projet favorise la transmission »

    Un rappeur marseillais à la popularité exceptionnelle et l’un des plus grands interprètes de la chanson française, décédé il y a 8 ans : deux générations, deux univers musicaux pour une rencontre pleine d’audace. « C’est un challenge. Le concept ce n’est pas de traiter d’un coté Aznavour, de l’autre Soprano, mais de faire fusionner ces deux répertoires exceptionnels », détaille Fabrice Schwingrouber, directeur artistique des Fous chantants qui a pris, il y a près de 10 ans, les rennes de la manifestation créée par son père en 1998. « On connaît surtout Soprano comme rappeur, mais c’est avant tout un chanteur doté d’une voix phénoménale, qui a une grande estime pour le travail d’Aznavour. Je trouvais intéressant de rassembler ces deux répertoires très différents en apparence », poursuit-il. « Ce projet favorise la transmission : il fait découvrir des répertoires classiques aux plus jeunes et des univers plus contemporains aux aînés. »

    À en juger par l’état des réservations (il reste encore quelques places, mais l’essentiel a été vendu*), le succès sera au rendez-vous. « Ça va être un des plus beaux shows de l’histoire du festival », promet Fabrice Schwingrouber, heureux de « faire un peu bouger les choses » et « de mettre en avant le chant choral en réunissant plusieurs publics ».

    * Billetterie ouvrira sur www.fouschantants.org,

  • Le PCF sétois célèbre les 90 ans du Front populaire

    Le PCF sétois célèbre les 90 ans du Front populaire

    « Un anniversaire qui résonne avec les combats sociaux et démocratiques d’hier comme d’aujourd’hui », soulignent les organisateurs de cette fête annuelle de la section sétoise du PCF.

    Le débat politique ouvrira la soirée autour de l’héritage du Front populaire et de son actualité. Parmi les invités figurent Vincent Bouget, maire PCF de Nîmes, et Raphaëlle Primet, coprésidente du groupe communiste au Conseil de Paris, qui témoignera notamment de sa participation à la Flottille pour Gaza.

    Pour Vincent Bouget, cet anniversaire intervient dans un contexte qui appelle à regarder l’Histoire sans céder aux raccourcis. « Il faut faire attention avec les comparaisons entre les moments de l’Histoire, parce que forcément tout change. On n’est jamais sur les mêmes choses. Pour autant, effectivement, on peut se dire que les années 30, par un certain nombre d’aspects, notamment les crises qui peuvent exister, les impérialismes à l’échelle de la planète et la montée de courants d’extrême droite qui prônent la recherche d’une identité renfermée sur elle-même, les divisions, une forme d’autoritarisme, qui tournent le dos à l’esprit des Lumières, tout ça fait écho à la situation qu’on a actuellement. Et sans doute que l’anniversaire du Front populaire, les 90 ans, vient rappeler le danger, mais aussi les opportunités, et ce que le Front populaire a marqué dans la mémoire collective. »

    Au-delà de son contexte historique, Vincent Bouget souligne l’héritage social laissé par le gouvernement de 1936, des avancées qui, près d’un siècle plus tard, demeurent des références dans les combats sociaux. « Le fait même de poser la reconnaissance des droits syndicaux, la réduction du temps de travail, je pense aussi à la possibilité pour tous d’avoir un temps hors du travail pour vivre, ça, ce sont évidemment des acquis fondamentaux qui marquent une rupture avec ce qui se faisait avant. » Des conquêtes qui, selon lui, continuent de structurer notre modèle social.

    Une fête fidèle

    à l’esprit populaire

    La soirée entend aussi renouer avec l’esprit des fêtes populaires qui jalonnent l’histoire du mouvement communiste. « Je pense que c’est peut-être l’esprit du Parti communiste, où il y a à la fois des repas partagés, du débat politique et de la culture. Oui, c’est généralement ce qu’on aime bien mélanger. C’est le modèle de la Fête de l’Humanité d’ailleurs, évidemment toutes proportions gardées. »

    Une dimension historique qui, selon Vincent Bouget, dépasse les seules mesures sociales adoptées en 1936. « C’est aussi la considération qui a été donnée à tous, et notamment aux ouvriers, à ceux qui ne l’avaient pas et qui étaient considérés comme des gens avec moins de droits, moins de considération », estime-t-il. Une mémoire qui reste, selon lui, particulièrement actuelle alors que les débats sur le travail, les droits sociaux et la place de chacun dans la société demeurent au cœur des préoccupations.

    À Sète, cette célébration prendra donc la forme d’un rendez-vous à la fois politique et festif, dans la continuité d’une tradition qui dure depuis 57 ans. Des rassemblements qui permettent de faire vivre une certaine conception de la politique, où la réflexion collective côtoie la convivialité et la culture. Une manière également de rappeler, à travers l’histoire du Front populaire, que les conquêtes sociales sont le fruit de mobilisations collectives.

    Après le débat, les participants pourront partager un apéro-tapas, une sardinade et une brasucade avant de se retrouver autour d’un bal populaire. La section sétoise du PCF invite les habitants à venir partager « une soirée festive, populaire et engagée, fidèle à l’esprit de fraternité qui anime cette fête depuis cinquante-sept ans ».

  • [Entretien] colonel Sébastien Paletti : « Le Sdis 30 est organisé pour faire face aux risques »

    [Entretien] colonel Sébastien Paletti : « Le Sdis 30 est organisé pour faire face aux risques »

    Le département du Gard est particulièrement exposé aux risques de feux de forêt. Le colonel Sébastien Paletti revient sur la situation actuelle et les évolutions à prévoir pour faire face à la situation.

    La Marseillaise : Vous êtes né dans le Gard et vous y avez déjà effectué une partie importante de votre carrière. Que représente pour vous ce retour à la tête du Sdis 30 ?

    Sébastien Paletti : C’est beaucoup d’honneur, beaucoup de sens et beaucoup de plaisir puisque, comme vous le dites, je suis gardois de naissance et d’origine. J’avais commencé dans un premier temps mon parcours professionnel dans le Rhône et j’ai eu l’opportunité en 2002 de revenir dans le département du Gard au sein duquel j’ai servi pendant 16 ans. C’est un territoire que je connais. Pendant 8 ans, j’ai été amené à occuper d’autres fonctions : j’ai été directeur adjoint du Sdis de Haute-Savoie et j’ai occupé deux fonctions au sein du ministère de l’Intérieur, une de chef de bureau au sein d’un des services de la direction générale de la sécurité civile et puis dernièrement conseiller sécurité civile du ministère de l’Intérieur. Le fait de devenir directeur département de Sdis était un rêve et le faire dans le département qui m’est sans doute le plus cher, c’est très fort en termes d’engagement et de responsabilité.

    Vous revenez dans un département particulièrement exposé aux risques naturels, notamment les incendies de forêt. Quel diagnostic vous faites aujourd’hui de la situation du Gard face à ces nouveaux risques ?

    S.P. : Le département du Gard est un des départements de la façade méditerranéenne les plus exposés aux risques feux de forêt. Le département a construit un partenariat interservices depuis de nombreuses années, piloté par le préfet du Gard, en lien avec le département, la direction départementale des territoires et de la mer, l’ONF, la gendarmerie nationale. Ces partenaires travaillent de concert avec les collectivités locales, en particulier les maires ruraux, pour continuer à préparer le territoire à l’évolution du risque, à travers la défense de la forêt contre l’incendie, l’adaptation des massifs. J’ai constaté que ce partenariat était fort et nous permettait de se préparer au mieux à l’évolution du risque. Concernant le Sdis en tant que tel, il a au cours des dernières années, du fait des investissements, de la gouvernance et de l’appui du département du Gard, significativement renforcer ses moyens en investissant, en louant deux hélicoptères bombardiers d’eau et en renforçant les effectifs de permanence dédiés à la lutte contre les feux de forêt l’été. Donc le Sdis 30 est organisé pour faire face, avec beaucoup d’humilité, à ce risque-là et va devoir continuer à s’adapter.

    Les sapeurs-pompiers alertent régulièrement sur la tension entre l’augmentation des interventions et les moyens disponibles. Vous pensez qu’aujourd’hui le Sdis 30 dispose des ressources nécessaires pour répondre aux besoins du territoire ?

    S.P. : Aujourd’hui le Sdis répond aux besoins du territoire et a su s’adapter, mais il va devoir continuer à s’adapter. Le Sdis c’est 2 700 sapeurs-pompiers dont 730 pompiers professionnels et un peu plus de 2 000 volontaires qui sont mobilisés au quotidien. En matière de feux de forêt, il est important de noter que depuis le début de l’été, nous avons lutté contre plus de 500 feux de végétation, ce qui correspond à environ une dizaine de feux de végétation par jour et ces feux ont détruit à cette date 836 hectares de végétation. Nous avons dû faire face, en raison de risques importants, à plusieurs jours où nous avons lutté contre plus de 30 feux de végétation. Une des forces de la stratégie nationale de lutte contre les feux de forêt est fondée sur l’attaque des feux naissants, plus de 90% des feux de végétation contre lesquels nous luttons parcourent moins d’un hectare et sont traités avec un nombre minimum de moyens, parce que nous pré-positionnons des moyens au plus près du risque, nous avons des hélicoptères bombardiers d’eau qui sont engagés au plus tôt. Tout ça correspond à la mise en œuvre de la stratégie nationale qui, malgré le contexte de la saison feux de forêt que nous vivons, le niveau de risque et la sécheresse historique, porte ses fruits et doit être consolidée.

    Au vu de l’évolution des feux de forêt, de leur fréquence et de leur ardeur, pensez-vous que le Gard va devoir adapter ce modèle de lutte contre les incendies ?

    S.P. : Je pense que notre modèle de lutte contre les feux de forêt, qui est donc fondé sur l’attaque du feu naissant, la solidarité interdépartementale, la complémentarité entre les moyens aériens, les moyens terrestres, la complémentarité entre les moyens nationaux et les moyens locaux, a fait sens et est un modèle qui fonctionne bien. Au-delà des moyens, la vraie question, c’est l’aménagement du territoire : nous devons aménager nos territoires et les rendre plus résilients aux risques de forêt à travers des politiques de défense de la forêt contre l’incendie, à travers des moyens préventifs qui viseront à mieux protéger le territoire, à mieux protéger les citoyens et à faciliter l’action des secours. C’est ça le vrai enjeu des prochaines années.

    Le volontariat semble être une question centrale pour de nombreux Sdis. Comment se porte le Sdis 30 à ce niveau-là ?

    S.P. : Le volontariat est capital pour notre réponse opérationnelle, en complémentarité avec nos effectifs sapeurs-pompiers professionnels. Notre objectif est de faire en sorte que les engagements citoyens de nos sapeurs-pompiers volontaires soient le plus équilibrés possible, pour leur permettre d’être engagés le plus longtemps possible. Le sujet de la fidélisation, c’est le sujet de l’assouplissement, de tout ce qu’on peut mettre en œuvre de façon à ce que les pompiers volontaires souhaitent et soient en mesure de s’engager le plus longtemps possible. Toutes nos ressources sont indispensables aujourd’hui. Quand par exemple, sur le feu en Gironde, près de 3 000 pompiers sont engagés, cette capacité à mobiliser les ressources est liée à une complémentarité entre les professionnels et les volontaires. On travaille donc avec les entreprises et avec les collectivités pour faciliter les conventions, pour faciliter la mise à disposition. Ici comme ailleurs, nous avons besoin de nos pompiers volontaires pour répondre aux attentes de la population.