Tag: Occitanie

  • Nîmes : les femmes de chambre en grève

    Nîmes : les femmes de chambre en grève

    Un chiffre : 87 centimes. Voilà pourquoi les femmes de chambre de l’hôtel Imperator-Maison Albar à Nîmes se mobilisent depuis plusieurs mois. Outre de meilleures conditions de travail, elles réclament surtout une augmentation de 87 centimes bruts de l’heure. Déjà mobilisées en juillet, elles ont relancé le piquet de grève vendredi 18 septembre, en pleine feria des Vendanges. Et cette fois, elles ne comptent pas reprendre le travail avant d’avoir obtenu gain de cause.

    « Elles demandent aussi de l’aménagement au niveau des offices, et le remplacement de matériel qui est complètement obsolète, complètement dégradé, à la limite de la rupture », précise David Goslin, délégué syndical CGT et responsable technique qui ajoute « qu’une seule équipière sur une quinzaine de personnes a décidé de travailler ».

    Pour tenir, les femmes de chambre peuvent compter sur la solidarité. Une caisse a ainsi été installée devant le piquet de grève et a déjà reçu de nombreux dons de la population. La CGT a également lancé une caisse de grève à laquelle toutes les corporations du syndicat ont participé. « Tout cela nous permet de payer les heures de grève des filles », se félicite David Goslin. Samedi 19 septembre, elles ont également reçu le soutien de la municipalité de Nîmes et de son maire Vincent Bouget, venu à leur rencontre.

    Dialogue tendu

    Après plusieurs jours de grève, le dialogue s’est tendu avec la direction. David Goslin lui reproche d’avoir embauché des salariés en CDD pour remplacer les grévistes, ce qui est illégal. « La direction a souscrit des contrats CDD pour quatre personnes avec, comme intitulé, “équipier bar” mais les gens étaient informés que c’était pour travailler au niveau des chambres. Il y a donc eu de faux contrats établis avec de faux postes de travail pour les faire travailler au niveau des chambres. Nous avons donc demandé l’intervention de l’inspection du travail », explique David Goslin.

    Le dialogue avec la direction a finalement été ouvert le 23 septembre. Mais « nous avons interrompu la réunion après seulement 15 minutes de négociation, à la suite du refus de la direction d’accéder à la demande de revalorisation salariale », précise David Goslin.

  • [Entretien] Mathieu Pélissié : « L’effondrement d’un stock de pêche est parfois irréversible »

    [Entretien] Mathieu Pélissié : « L’effondrement d’un stock de pêche est parfois irréversible »

    La Marseillaise : Vous observez que, souvent, l’effondrement d’un stock de pêche est précédé d’une baisse de sa productivité – son taux de croissance en l’absence de pêche. Cela se produit en moyenne douze ans avant l’effondrement. Est-ce un délai suffisant pour réagir et inverser la tendance ?

    Mathieu Pélissié : Difficile de l’affirmer. Mais ce signal serait bon à prendre pour essayer d’être plus réactif afin d’adapter la réglementation. D’autant plus avec l’augmentation importante des températures ces dernières années.

    Pourquoi ?

    M.P. : Les baisses de productivité ont tendance à se produire où l’océan se réchauffe le plus vite. Nous n’établissons pas de lien de causalité. Mais si un tel lien existe, il est permis de douter que la tendance puisse être complètement inversée. Nous aurons beau limiter l’effort de pêche, la température continuera d’augmenter et les stocks continueront de diminuer. Nous n’avons pas le recul suffisant pour l’instant. Mais nous savons que l’effondrement d’un stock est parfois irréversible.

    D’autant que ces changements peuvent perturber durablement l’écosystème…

    M.P. : Exactement. C’est le sujet sur lequel je travaille actuellement : l’impact de ces transitions abruptes sur les interactions au niveau de l’écosystème. Des espèces dominantes peuvent devenir « dominées », et inversement. Par exemple si une proie se nourrit des larves de son prédateur, et que celui-ci n’est plus capable d’en produire assez pour maintenir ses effectifs. Ces changements d’interactions peuvent faire qu’un état dégradé le reste.

  • Solid’Art : l’art au service de la solidarité

    Solid’Art : l’art au service de la solidarité

    Trois jours pour flâner, découvrir, échanger… et pourquoi pas repartir avec une œuvre. Peintres, sculpteurs, photographes, graveurs, artistes de street art : du 25 au 27 septembre, Solid’art, le salon d’art contemporain du Secours populaire, réunira au Zénith Sud 90 créateurs, artistes confirmés comme talents émergents, sur plus de 2 000m². Parmi eux, Nasty, figure du street art français et l’artiste peintre et sculptrice Leloluce, marraine de cette 9e édition de Solid’Art Montpellier.

    Le principe est simple : les artistes proposent leurs créations à la vente et les acheteurs sont invités à effectuer un don du même montant au Secours populaire.

    Pour Lucie Heintz, directrice du Secours populaire de l’Hérault, Solid’Art défend « l’accès à l’art et à la culture pour tous ». La gratuité du salon permet en effet au public de « venir découvrir des œuvres, échanger avec des artistes sur place ». L’association souhaite aussi faire de l’événement un lieu de découverte pour les publics qu’elle accompagne tout au long de l’année. Deux classes de CM2 de l’école Diderot, dans le quartier Saint-Martin, participeront ainsi à une visite ponctuée d’un jeu de « cherche et trouve » et d’un atelier de sérigraphie.

    100 000 euros récoltés l’an dernier

    Mais surtout, derrière chaque œuvre achetée, il y a des aides concrètes. Dans le cadre de l’opération « Un sourire pour un enfant », les dons réalisés par les acheteurs permettent de financer des départs en vacances, des activités sportives, culturelles et de loisirs. « L’an dernier, on a récolté 100 000 euros », rappelle Lucie Heintz. Cette somme a notamment permis d’organiser « 30 journées bonheur » dans l’Hérault, auxquelles plus de 1 250 enfants ont participé, et d’aider plus de 600 enfants à accéder à une pratique sportive ou culturelle.

    Au fil des éditions, Solid’Art est ainsi devenu « un événement important dans le cadre de notre campagne pauvreté-précarité ». Un rendez-vous qui sensibilise aussi le public « à la précarité, à l’engagement citoyen », et crée des liens durables avec certains artistes, comme Bella Bah, qui a ensuite animé des ateliers pour l’association.

    Et alors que « la précarité gagne du terrain », le Secours populaire rappelle également que cette mobilisation repose sur l’engagement citoyen. « On a besoin de bénévoles pour faire face, pour tisser du lien, monter des actions », souligne Lucie Heintz.

    * Du 25 au 27 septembre au Zénith Sud. Entrée gratuite.

  • [Rugby] Montpellier et sa bande d’ex-Toulousains

    [Rugby] Montpellier et sa bande d’ex-Toulousains

    Ni indifférence, ni défiance. Le stade toulousain et Montpellier rugby ne vivent pas tout à fait sur la même planète même s’ils se sont croisés au sommet du rugby français le 27 juin lors d’une finale (28-20) moins inégale qu’imaginée. Et se retrouvent dimanche 27 septembre sur les bords de la Garonne.

    Entre Toulouse et Montpellier, les deux pôles de l’Occitanie, les ponts ne sont pas coupés. L’un, centenaire aux 25 titres, et l’autre, qui fête son 40e anniversaire avec un seul Brennus sous le bras, ne vivent toutefois pas sur la même rive. Le Stade est une institution dans la ville de Nougaro, le MHR tente de construire son histoire dans une période fertile, avec le manager Joan Caudullo comme nouveau guide.

    Dans un passé récent, Montpellier a cherché à s’inspirer du modèle toulousain, qui concilie style attractif et palmarès hors-norme, mais la greffe n’a jamais pris. Entre 2019 et janvier 2021, le manager Xavier Garbajosa, biberonné par l’ex-gourou Guy Novès, a vainement cherché à importer l’ADN toulousain au côté de Jean-Baptiste Elissalde.

    Caudullo y puise certains principes, comme la confiance au long cours, mais ne veut en rien imiter le jeu de mains toulousain. « Depuis quarante ans, le jeu de Montpellier a toujours été comme ça. Avec des avants forts et costauds qui doivent dominer l’adversaire pour pouvoir gagner. Le MHR a un ADN, on veut y rester fidèle. Si on y reste fidèle, si on préserve le même état d’esprit, on réalisera une bonne saison » répète-t-il. Mantra du Languedoc.

    Cela n’empêche pas Montpellier de recycler d’anciens toulousains en rupture de ban, de confiance ou de jeu. Au cours de l’été deux anciens joueurs du Stade toulousain ont rejoint l’Hérault. Le trois-quarts Dimitri Delibes, confronté à une concurrence féroce, et Sébastien Bézy, demi de mêlée qui a transité pendant plusieurs saisons à Clermont.

    « Ce n’est jamais facile de faire sortir des joueurs de ce club-là » remarque Caudullo, qui a réussi à convaincre Delibes malgré les convoitises de Toulon et Bayonne.

    Ces deux joueurs de la ligne arrière gonflent la diaspora toulousaine. Ils rejoignent quatre avants qui ont défriché la passerelle entre Ernest-Wallon et le complexe Du Manoir. L’ancien international Yacouba Camara (17 sélections), originaire de la banlieue parisienne, a été le premier à franchir le pas. Ensuite, Bastien Chalureau, en quête de rédemption après une affaire judiciaire, Florian Verhaeghe et Christopher Tolofua, passé par les Saracens et Toulon, possèdent en eux une graine toulousaine.

    Verhaeghe (29 ans), rappelé en équipe de France au cours de l’été, incarne le savoir-faire des avants du champion de France. Le seconde ligne international (5 sélections) malaxe féroce goût du combat et habileté dans le jeu. Entre ombre et lumière qu’il fuit quelque peu.

    Le discret grand échalas (2,04m), qui plane sur la touche, est aujourd’hui une valeur sûre du pack montpelliérain, mis en avant par son manager Joan Caudullo. « Florian est dans une continuité des performances qui l’ont amené à être en équipe de France cet été. Il a un objectif et on a un objectif pour lui : les tests de novembre. Il ne fait pas partie de cette fameuse liste de 33, mais en tout cas on va mettre en place les choses pour qu’il soit performant chez nous et en forme en novembre parce que je reste persuadé qu’il y sera s’il continue à être aussi performant qu’il l’est sur les deux premiers matchs », apprécie le manager.

    Ces quatre joueurs se sont fondus dans le moule montpelliérain. Trois d’entre eux, avec le pilier Mohamed Haouas, le 3e ligne Alex Bécognée et le centre Arthur Vincent, tissent le fil conducteur d’un MHR, champion en 2022, finaliste en 2026.

    Dimitri Delibes est un cas à part. Le solide trois-quarts (1,90m, 85 kg), promis à jouer à l’aile plus qu’au centre, est une pièce rapportée de la magie toulousaine. La première de l’histoire. Celle d’un jeu où l’on peut relancer du bout du terrain selon l’inspiration de Dupont, Ntamack, Ramos, Capuozzo, Gourgues ou Menoncello…

    Delibes (27 ans) peut tout à la fois asseoir la légitimité de Montpellier et donner des ailes à un jeu circonscrit pour l’heure à la force première de ses avants. Son doublé devant Perpignan peut tout à la fois élargir le champ d’action de la bande à Caudullo et inciter d’autres joueurs de son profil à rebondir de Toulouse à Montpellier. Pour le moins, il lance sa saison à l’heure de retourner dimanche à Toulouse. Loin de toute indifférence.

  • [Entretien] Mia Ferret : « L’extrême droite constitue une menace pour les droits des femmes »

    [Entretien] Mia Ferret : « L’extrême droite constitue une menace pour les droits des femmes »

    La Marseillaise : Cette année, la montée de l’extrême droite sera au cœur de la mobilisation ?

    Mia Ferret : Oui, cette marche de défense du droit à l’IVG et à disposer de son corps sera, cette année, un peu plus spécifiquement centrée sur la montée de l’extrême droite, sujet de préoccupation en vue des prochaines élections présidentielles, et sur la montée du masculinisme, notamment sur les réseaux sociaux.

    D’apparence, le RN est plus mesuré que par le passé, c’est toute sa stratégie de dédiabolisation. Mais c’est un parti qui reste structurellement extrêmement conservateur et constitue une menace pour les droits des femmes. Il vote contre toutes les avancées. À l’Assemblée nationale, le RN est le seul groupe où plus de quinze députés se sont abstenus ou ont voté contre la constitutionnalisation de l’IVG. Au Parlement européen, ses élus ont aussi voté contre plusieurs avancées concernant l’égalité salariale ou les violences de genre.

    Autre exemple : un député RN, Hervé de Lépinau, maire de Carpentras depuis le mois de mars, a supprimé toutes les subventions au Planning familial. Et c’est quelqu’un qui parle de l’IVG comme d’un génocide…

    Cette poussée de l’extrême droite, c’est aussi, très concrètement, le risque d’installation de ce qu’on appelle des centres Familya, portés et financés par le milliardaire ultra-conservateur, catholique intégriste et anti-choix Pierre-Édouard Stérin. Il souhaite installer dans les grandes villes des centres de santé sexuelle qui ressemblent aux centres du Planning familial, avec une volonté délibérée de confusion. En apparence, ce sont des lieux très neutres, mais ils portent en réalité une vision très normative de la famille et désincitent les femmes à avoir recours à l’IVG. Il y en a déjà cinq ou six en France. Pour l’instant, il n’y en a pas à Montpellier, mais il existe une volonté de s’y implanter. C’est une logique qui avance masquée.

    L’IVG est pourtant désormais inscrite dans la Constitution.
    Est-ce un filet de sécurité
     ?

    M.F. : Si un gouvernement voulait supprimer le droit à l’IVG en France, ce serait beaucoup plus compliqué, car il faudrait changer la Constitution. Mais il y a la question des moyens : si on ne donne pas assez de moyens aux hôpitaux publics – ce sont eux qui réalisent le plus d’avortements en France – et aux associations qui font du plaidoyer pour le droit à l’IVG, voire qui en réalisent comme le Planning familial, l’accès à l’IVG n’est pas garanti dans les faits.

    L’accès à l’IVG est donc fragilisé par le manque de moyens aujourd’hui en France ?

    M.F. : Totalement. On est dans une défense abstraite d’un droit concret. Au centre d’orthogénie de Montpellier, le mercredi matin, le téléphone sonne dans le vide tellement il y a de demandes et plus de places, car on manque de personnel. Et encore, on est en ville. Dans les zones rurales, avec la désertification médicale, certaines femmes n’ont même pas le choix de la méthode : chirurgicale (par aspiration) ou médicamenteuse. Or c’est important qu’elles aient ce choix, d’autant que la méthode médicamenteuse n’est pas toujours possible. Il faut aussi savoir qu’à certains endroits, il peut y avoir plus de trois semaines de délai pour décrocher un rendez-vous à l’hôpital. Ce qui est énorme compte tenu du délai légal maximal pour avorter (14 semaines).

    Quelles sont vos principales revendications ?

    M.F. : L’idée principale est une sanctuarisation du droit à l’IVG concret : que toutes les femmes puissent y avoir accès librement et gratuitement, comme le prévoit la loi, avec le choix de la méthode et un accès facile à un centre médical ou de santé. Cela passe par des moyens pour l’hôpital public et les associations. Il faut aussi une véritable politique d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle à l’école. Certaines femmes n’ont jamais bénéficié de ces cours et ne savent pas ce qu’est une IVG ou qu’elles peuvent choisir de ne pas poursuivre une grossesse. Il faut une politique publique globale autour du droit à l’IVG, qui aille au-delà du symbole de la Constitution. Nous demandons également la suppression des jours de carence lorsqu’une femme est arrêtée pour une IVG.

    La lutte contre la désinformation devrait également être une priorité ?

    M.F. : Oui. Il existe une importante désinformation portée par les réseaux conservateurs et d’extrême droite. Une association qui désinforme sur l’IVG peut être poursuivie pour délit d’entrave. Au Planning familial, on le fait très régulièrement. Mais avec la baisse des moyens de la justice, ces dossiers ne sont souvent jamais instruits. Nous nous retrouvons démunis face à des personnes qui disposent, elles, de moyens importants. Pierre-Édouard Stérin par exemple, qui a une batterie d’avocats, est complètement protégé de ces questions juridiques. Or l’État devrait être en première ligne sur ces questions. De façon générale, il y a une marginalisation des questions féministes dans les politiques publiques qui date de nombreuses années.

    Entretien réalisé par Amélie Goursaud

  • La colère des pêcheurs calmée, mais pour combien de temps ?

    La colère des pêcheurs calmée, mais pour combien de temps ?

    La ministre savait son déplacement en Occitanie périlleux. En guise d’accueil dans les ports sétois et graulens, les bateaux étaient quasiment tous recouverts de banderoles avec des slogans comme : « Bruxelles, arrêtez le carnage ! » ou « pêcheurs à l’agonie ». « La hausse du prix du carburant a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », confirme Bernard Perez, président du comité régional de pêche d’Occitanie. En effet, l’augmentation du prix du gasoil à des niveaux records avait poussé les pêcheurs de Méditerranée à se mobiliser la semaine du 14 au 18 septembre et à annuler les sorties en mer.

    Lundi 21 septembre, Catherine Chabaud a donc échangé avec des pêcheurs héraultais et gardois. L’idée était de poursuivre le dialogue entamé avec une partie d’entre eux la semaine précédente à Paris. À la suite de ces rencontres, la ministre a notamment annoncé sa volonté de parvenir à une « révision » du plan West Med qui soit « acceptable pour tout le monde ». Ce plan de gestion européen des pêches en Méditerranée occidentale pour préserver la ressource, dont une deuxième version encore plus restrictive est entrée en vigueur début 2025, est décrié par les pêcheurs car jugé trop restrictif. La ministre a également promis des annonces le 23 septembre, qui devaient notamment concerner les prix du carburant. Après cette rencontre, les pêcheurs ont décidé de lever leur mouvement de contestation.

    Les annonces sur le gasoil saluées

    Mercredi 23, Catherine Chabaud a donc effectué plusieurs annonces comme l’accélération du paiement des aides, le lancement d’un prêt à taux zéro plafonné à 50 000 euros par entreprise mais surtout, l’augmentation des aides sur le carburant. En effet, « l’aide sera désormais indexée sur le maximum admis par la Commission européenne, soit une couverture de 70% de la hausse des coûts par rapport à la situation d’avant-crise, quelle que soit la hausse des cours dans les semaines à venir », a précisé le gouvernement dans un communiqué.

    « Sur le prix du gasoil, les annonces vont dans le bon sens. Sur le reste, nous sommes en discussion parce qu’il y a tout à construire. Les bateaux ne sont toujours pas rentables donc il faut trouver des modèles différents. Il faut notamment lutter contre la lourdeur administrative. Nous allons travailler sur ces sujets avec la ministre. Nous voulons croire en l’avenir et construire un avenir pour nos jeunes mais il faut qu’on nous donne les moyens et qu’on nous écoute », explique Bernard Perez, qui prévient : « Vu la situation actuelle, on fait au jour le jour. Si ça ne va pas dans le bon sens, on est prêt à se remobiliser. »

  • Dans l’Hérault, les mesures concrètes de la liste favorite d’union de la gauche

    Dans l’Hérault, les mesures concrètes de la liste favorite d’union de la gauche

    Renforcée par un accord historique avec le PCF et Place publique (PP), la liste d’Hussein Bourgi (PS) fera-t-elle mieux qu’en 2020 en faisant élire Julie Frêche, en seconde position ? C’est tout l’enjeu pour cette liste d’union de la gauche, qui semble favorite (en tête avec 561 voix en 2020) quand bien même cinq autres listes se revendiquent de gauche (lire ci-dessous). « C’est un accord national PS/PCF. En 2020, le PCF seul avait fait 84 voix. Ensemble, on aurait pu avoir deux élus », calcule le communiste Éric Bringuier, troisième de liste.

    Jeudi 24 septembre à Montpellier, le meeting de clôture en présence du maire Michaël Delafosse (PS), de la maire honoraire Hélène Mandroux et de l’ancien président du Département, André Vezinhet, a fait office de démonstration de force. Mais c’est surtout sur l’écoute et le travail de terrain que mise Hussein Bourgi. « On termine la campagne vendredi à Mauguio. Nous aurons visité autour de 250 communes de l’Hérault », précise le sénateur sortant.

    Avec ses colistiers Julie Frêche et Éric Bringuier qui représentent aussi bien la Métropole de Montpellier que le bassin de Thau, Hussein Bourgi s’est fixé quatre axes principaux. D’abord la défense des services publics qui désertent la ruralité à l’instar de la Poste qui vient de fermer à Aniane ou qui menace de le faire dans des villages du Biterrois. « On a besoin de remettre des emplois de postiers », insiste Éric Briguier. « L’accès à l’hôpital public devient de plus en plus compliqué quand on sort de Montpellier. On ne peut pas gérer un hôpital comme une entreprise privée. » En référence à la fermeture de la maternité de Ganges, le communiste ajoute : « Il est impensable qu’une femme enceinte fasse trois-quarts d’heure de route pour aller accoucher. » « Sans mobilisation des syndicats et de la population, il y a longtemps que l’Agence régionale de santé (ARS) aurait fermé le Service d’accueil et de permanence des soins (Caps) de Lodève », illustre à son tour Hussein Bourgi. Depuis son siège au conseil de surveillance des hôpitaux de Bédarieux, Lamalou et Lodève, l’élu PS défend « le maintien des postes et des amplitudes horaires ». Éric Brinquier conclut qu’il faut « repenser les maisons de santé et réformer l’ARS qui a une vision comptable de la santé ».

    La lutte contre le réchauffement climatique constitue la deuxième priorité de la liste. Interpellé par les agriculteurs dont les cultures souffrent de la sécheresse, Hussein Bourgi veut faciliter auprès de l’État les projets de retenues hivernales du Département de l’Hérault, même s’ils ne font pas l’unanimité. Il propose aussi de donner un statut aux eaux thermales de Balaruc, Avène et Lamalou pour leur réutilisation. « Des milliers de m3 d’eau se perdent qui pourraient servir à l’arrosage. »

    Créer des fonds étatiques

    Contre les pics de canicule, le sénateur PS propose un fonds étatique de 2 milliards d’euros pour aider les communes à réaliser des travaux dans les « écoles passoires thermiques ». Il évoque aussi le cas de la vie culturelle et associative dont les activités dans des salles inadaptées pourraient être mises en sommeil de mai à octobre avec un « risque d’isolement ».

    Avec sa casquette de cégétiste responsable des cheminots de Montpellier, Éric Bringuier, insiste sur le besoin de développer les transports ferroviaires moins polluants. « Un train c’est l’équivalent de 10 bus et c’est plus rapide. Il faut rouvrir des lignes ferroviaires », lance le candidat PCF à l’attention de l’État, unique actionnaire de la SNCF.

    Le troisième axe de campagne est consacré à l’adaptation au vieillissement. Partant d’une étude qui montre que la plupart des chutes des personnes âgées ont lieu à leur domicile, essentiellement dans la salle de bains et la cuisine, Hussein Bourgi demande à l’État la création d’un fonds d’un milliard d’euros pour adapter les logements à la perte d’autonomie (douches à l’italienne, meubles télécommandables…). « Une personne âgée coûte moins cher à la société chez elle », argumente-t-il. Enfin, pour favoriser l’implantation de médecins dans les zones en tension (y compris les quartiers populaires), l’élu sortant propose une « exonération fiscale » limitée à un ou deux professionnels par commune pour « éviter les effets d’aubaine ». Une idée rejetée par les médecins libéraux. « Certains ont bénéficié de bourses d’études, ils peuvent rendre un peu à la société pendant trois ans », estime le parlementaire.

    Des renforts policiers

    Dernier leitmotiv : la lutte contre l’insécurité et particulièrement le narcotrafic. Co-auteur d’un rapport qui a abouti au vote de la loi Ripost, censée apporter des réponses aux infractions du quotidien, Hussein Bourgi connaît bien le sujet. Il réclame des effectifs de police nationale supplémentaires à Montpellier, Sète et Frontignan. « Il y a besoin de restaurer la tranquillité publique dans certains quartiers, comme l’Ile de Thau à Sète. » À Montpellier, il pense aussi à la sécurisation des transports en commun dont l’utilisation est croissante depuis l’ouverture de la 5e ligne de tramway. « La brigade des transports créée par Michaël Delafosse ne saurait remplacer la police nationale. » Il ajoute qu’il faudrait accroître les capacités d’accueil de gendarmes à Villeneuve-lès-Maguelone, Valras ou Capestang.

    Enfin, Hussein Bourgi se veut actif contre les violences faites aux femmes. Dans la ruralité notamment, il dit avoir repéré des « zones blanches ». « Il manque des dispositifs de mise à l’abri, d’accueil et d’hébergement des femmes victimes de violences. » Le sénateur estime qu’il serait judicieux de « mettre en réseau » l’ensemble des acteurs : hôpitaux, bailleurs, travailleurs sociaux pour améliorer la prise en charge et le suivi des victimes.

    LES AUTRES LISTE DE GAUCHE DANS L’HÉRAULT ET LE GARD

    AURÉLIEN MANENC (DVG)

    LISTE : Territoires d’Hérault unis et solidaires

    Maire de Lunas-les-Châteaux et vice-président de Grand Orb, Aurélien Manenc con- duit une liste divers gauche sur laquelle figure notam- ment Kléber Mesquida. Elle veut porter la voix des communes rurales de l’Hérault.

    CAROLE BERGERI (DVG)

    LISTE : Du terrain au Sénat

    Conseillère départementale du canton de Pont-Saint-Esprit (Gard) et ancienne n°2 de Denis Bouad en 2020, Carole Bergeri mène cette fois sa propre liste divers gauche. Elle revendique une candidature contruite sur le terrain, au contact des maires.

    JEAN-BAPTISTE THIBAULT (LFI)

    LISTE : Faisons entrer le programme du NFP au Sénat

    Adjoint au maire du Vigan (Gard), J.-B. Thibaud conduit la liste autonome de LFI Gard. Il met en avant les moyens des communes, les services publics, l’accès aux soins, l’eau et l’écologie, mais il manque d’ancrage local.

    FLORENCE BRUTUS (PRG)

    LISTE : Pour l’Hérault, une voix libre, utile et engagée

    Vice-présidente de la Région Occitanie et membre du PRG, F. Brutus conduit une liste classée divers gauche. Déjà candidate en 2020.

    AGNÈS GIZARD-CARLIN (Les Écologistes)

    LISTE : Les Écologistes

    Après avoir conduit une liste écologiste aux municipales de Pézenas (Hérault), Agnès Gizard-Carlin mène la liste des Écologistes aux sénatoriales. Une candidature autonome qui entend placer les enjeux environnementaux et territoriaux au cœur du scrutin.

    ALEXIA LAFORGE (LFI)

    LISTE : Faisons entrer le programme du NFP au Sénat

    Conseillère municipale à Castelnau-le-Lez, elle conduit la liste LFI de l’Hérault et défend l’autonomie financière des communes.

    AUDREY IMBERT (Divers)

    LISTE : Engagée pour l’Hérault

    Conseillère départementale du canton de Mèze, Audrey Imbert conduit une liste officiellement classée Divers, en marge des principales formations de gauche. Elle met en avant une candidature de terrain, avec des profils variés du territoire.

  • [Sénatoriales] Le cadeau empoisonné de Fournier à Burgoa

    [Sénatoriales] Le cadeau empoisonné de Fournier à Burgoa

    L’entretien accordé au mensuel d’Objectif Sud (anciennement Objectif Gard) a fait l’effet d’une bombe dans le microcosme politique gardois. Jean-Paul Fournier y affirme d’abord que « pas grand-chose » le sépare aujourd’hui du RN. Puis l’ancien maire de Nîmes pendant 25 ans assume : « Julien Sanchez fait des propositions intéressantes. Avec le recul, il aurait peut-être fallu regarder les choses autrement. (…) Il fallait trouver un accord rapidement. Il y avait des propositions. (…) Il fallait discuter et trouver un accord. »

    Ces propos ont fait l’effet d’un petit tremblement de terre. D’abord parce qu’ils proviennent de l’homme qui avait la main sur la droite dans le département depuis 25 ans. Mais surtout, parce que Jean-Paul Fournier avait, jusqu’ici, toujours tenu le RN à distance, défendant le barrage républicain en refusant la ligne du ni-ni pourtant prônée par son parti et s’était dit « révolté » par l’alliance conclue par Éric Ciotti avec le RN en 2024.

    « C’est un renoncement de plus à la République et à l’intérêt général de celui qui a déclaré, il y a peu, que Nîmes l’intéressait plus que les Nîmoises et les Nîmois. L’amertume et le repli personnel et politique évitent l’inconfort de l’examen de conscience. Nous verrons ce que l’histoire retiendra », a réagi Pierre Jaumain, premier fédéral du PS du Gard. Même indignation du côté de Christian Bastid, premier secrétaire du PCF 30 : « Je condamne ces propos qui montrent le glissement de la droite vers l’extrême droite. C’est très choquant, très inquiétant et ce sont des propos qui vont à l’encontre de tout ce qu’il a toujours dit publiquement. »

    La digue a sauté

    Ces propos ont également indigné la droite gardoise et notamment Laurent Burgoa. La tête de liste (LR) aux élections sénatoriales, alliée pour cette élection avec le centre, a immédiatement rappelé qu’il était contre toute alliance avec le RN. Un sacré caillou dans la chaussure de celui qui est régulièrement la cible de l’extrême droite pour avoir justement refusé toute alliance aux élections municipales.

    Plus largement, la sortie de Jean-Paul Fournier marque surtout le basculement d’une droite dite « républicaine » vers l’extrême droite, qui s’opère du Parlement européen aux collectivités locales en passant par l’Assemblée nationale et le Sénat. Et chaque élection donne l’opportunité aux élus de droite de franchir le Rubicon. Le Gard n’échappe pas à la règle.

    Fournier avait déjà vu son ancien adjoint, Marc Taulelle, rejoindre Reconquête en 2022, puis le parti de Marion Maréchal avant d’intégrer la liste de Julien Sanchez (RN) aux dernières municipales. Il avait ainsi pu retrouver d’anciens collègues de la majorité Fournier. En effet, Monique Boissière (conseillère municipale élue depuis près de 20 ans au sein de la majorité LR), Christine Tournier-Barnier (adjointe déléguée à l’administration générale et élue à Nîmes depuis 2001) et Loumy Bourghol (militante historique de la droite locale) ont rejoint la liste de Julien Sanchez en mars. Tout comme Jean-François Durand-Coutelle, maire de Saint-Geniès-de-Malgoirès, vice-président de Nîmes Métropole et adhérent LR depuis 2020.

    Dernier défecteur en date : Régis Bourelly. Le maire de Saint-André-de-Valborgne, dans les Cévennes, élu sous l’étiquette LR, n’a pas hésité à rejoindre la liste de Sylvie Josserand (RN) pour ces élections sénatoriales. Une prise importante pour le RN qui a bien l’intention de récupérer la place de la droite dans le département. Il est peut-être là le grand remplacement…

  • Climat : une marche pour « demander des comptes »

    Climat : une marche pour « demander des comptes »

    « Qui aurait pu prédire la crise climatique ? » La phrase prononcée par Emmanuel Macron lors de ses vœux de 2022 reste en travers de la gorge de Cathy Valat, membre d’Alternatiba Montpellier. « La Gironde avait brûlé quatre mois plus tôt », rappelle la militante. « Cette année, c’est bien pire encore, avec l’été qu’on vient de vivre. » L’été le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900, avec une saison des feux qui a, elle aussi, battu des records (l’incendie géant parti de Saumos, en Gironde, le 22 juillet a ravagé 42 000 hectares en quelques jours).

    « Qui aurait pu prédire que 8 100 personnes mourraient de la canicule cet été ? Qui aurait pu prédire que celles et ceux qui mourraient d’abord seraient les habitantes et les habitants des quartiers populaires, les familles précaires dans des logements sans isolation, les personnes âgées ou en situation de handicap restées seules, celles et ceux qui travaillent dehors et celles et ceux qui dorment dans la rue ? Qui aurait pu prédire la crise de l’agriculture, prise de plein fouet cette année ? », ironise la militante montpelliéraine, reprenant les termes de l’appel national à la mobilisation « pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale » lancé au cœur de l’été sous forme d’une lettre ouverte au président de la République.

    À Montpellier comme dans plusieurs villes de l’Hérault et du Gard (voir rendez-vous ci-contre), des citoyens soutenus par des associations, des syndicats et des partis politiques de gauche ont décidé de relayer ce mouvement national qui a réuni, en quelques semaines, plus de 40 000 signataires et recense 250 mobilisations dans tout le pays le 26 septembre.

    « On n’a pas été écoutés »

    Voilà des décennies, insiste Cathy Valat, que les scientifiques alertent : « Le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) tire la sonnette d’alarme depuis 1990. À de nombreuses reprises, par voie de presse, de pétitions et même de manifestations, des milliers de scientifiques du monde entier ont tenté d’alerter les dirigeants politiques. Ils ont été magnifiquement ignorés… », déplore la Montpelliéraine. Les citoyens sont eux aussi montés au créneau, avec des marches pour le climat, des mobilisations par des grèves, des pétitions (deux millions de signatures contre le retour d’un insecticide interdit), des actions autour de l’eau, de l’agriculture ou de la justice sociale. « Pour tout ça, on n’a pas été écoutés. On nous a dit qu’on exagérait, qu’on était des radicaux, même des écoterroristes », dénonce la militante. « Et voilà où on est… La démarche du collectif n’est pas du tout de se plaindre. Mais par contre, on demande des comptes », poursuit-elle.

    L’appel national porte notamment trois revendications : un plan d’urgence « pour protéger les habitants, en particulier les travailleurs et les populations les plus précaires, et pour disposer de moyens de secours, à la hauteur des crises » ; un plan d’adaptation, avec notamment rénovation des logements, protection de l’eau et restauration des écosystèmes ; et un plan d’atténuation, pour sortir des énergies fossiles et développer les transports publics. Pour les financer, le collectif réclame la taxation des superprofits des énergies fossiles et de l’armement, ainsi qu’un impôt climatique sur les patrimoines des plus riches. Il demande également un Fonds vert [qui aide les collectivités locales à concrétiser leurs projets écologiques, Ndlr.] à la hauteur des besoins : doté de 2,5 milliards d’euros en 2024, son enveloppe est tombée à 837 millions en 2026… « Par contre 6,7 milliards ont été ajoutés au budget des armées en une année. »

    LES RENDEZ-VOUS

    – Montpellier : 12h, repas partagé ; 13h, forum « Quelles actions collectives pour un plan climat ambitieux ? » ; 15h, rassemblement et marche, Esplanade Charles-de-Gaulle.

    – Sète : 11h, place Aristide-Briand.

    – Nîmes : 16h30, parvis central, avenue Feuchères/esplanade Charles-de-Gaulle.

    – Alès : 10h30, Halles de l’Abbaye, face à la brûlerie.

    – Le Vigan : 10h, place de la mairie.

  • [Entretien] Michel Crespy : « Une élection personnalisée où tout le monde se connaît »

    [Entretien] Michel Crespy : « Une élection personnalisée où tout le monde se connaît »

    Le scrutin sénatorial dans les départements du Gard et de l’Hérault, dimanche 27 septembre, a un très grand intérêt car il va refléter les résultats des dernières élections municipales. En effet, l’essentiel des grands électeurs sont issus des conseils municipaux nouvellement élus en mars de cette année. Si c’est aussi le cas dans les autres départements concernés par le renouvellement de la moitié des sénateurs. La réélection très confortable de Michaël Delafosse (PS) à Montpellier et, surtout, la bascule de Nîmes à gauche avec l’arrivée à la tête de la mairie et de la métropole de « Nîmes en commun » dirigée par Vincent Bouget (PCF), peut faire progresser la gauche au Sénat.

    La Marseillaise : En quoi ce scrutin est-il important dans l’optique de la présidentielle ?

    Michel Crespy : Pas tellement dans l’optique de la présidentielle avec qui il n’a pas de lien direct mais plutôt dans la suite de l’exercice du pouvoir. Le président élu aura à faire avec le Sénat qui a peu de chance de varier beaucoup et peut ralentir, bloquer ou favoriser les initiatives du futur gouvernement. Plusieurs candidats (Le Pen, Philippe, Attal…) laissent entendre qu’ils voudraient faire des réformes constitutionnelles. Pour cela, il faut avoir un texte conforme voté par l’Assemblée et le Sénat. Ce dernier peut soit bloquer une réforme soit obliger à recourir à l’article 11 [référendum], c’est-à-dire une sorte de coup d’État constitutionnel.

    Dans le Gard, la gauche peut-elle espérer un siège de plus grâce à Nîmes ?

    M.C. : Oui et le RN aussi. Ce sont les deux incertitudes du Gard. Le 3e siège pourrait ne pas rester à la droite. C’est compliqué car le corps électoral est composé de personnes qui connaissent bien la politique : les électeurs connaissent tous les candidats et inversement. C’est une élection moins partisane car peu de grands électeurs sont membres de partis. Elle est très personnalisée car tout le monde se connaît. Il y a des amitiés, inimitiés, convergences d’intérêts. Il y aura des élus de droite ou de gauche qui voteront pour un autre camp.

    À la faveur des villes conquises dans le Gard, le RN peut-il ravir un siège à la droite ?

    M.C. : C’est possible d’autant qu’un certain nombre de maires sans étiquette vont voter RN sans être RN. Pour toutes sortes de raisons : proximité locale, idéologique, amicale, inimitié vis-à-vis des candidats de droite. Les tabous sont tombés et le RN commence à avoir une implantation locale sérieuse avec tous ses conseillers municipaux et des sympathies RN pas toujours affichées aux municipales.

    Dans l’Hérault, le fait que la gauche ait 3 sièges est-il une exception ?

    M.C. : Quelque part oui. Cela ne reflète pas les résultats nationaux des législatives par exemple. Le corps électoral est très déformé aux sénatoriales. Cela tient beaucoup aux personnalités avec beaucoup de gens qui se connaissent. J’ai rencontré des gens qui ne sont pas de gauche mais considèrent que Hussein Bourgi [socialiste] a fait le boulot.

    Le retrait de 2 sortants, Christian Bilhac (PRG) et Henri Cabanel (divers gauche / ex-PS) est-il un élément qui rebat les cartes dans l’Hérault ?

    M.C. : Oui parce que les sortants ont des voix personnelles. Ils ont noué des liens avec des élus. Ceux qui les remplacent, on les connaît moins. Les votes ne se reportent pas automatiquement sur le remplaçant. La présence de Kléber Mesquida [président socialiste du Département de l’Hérault] sur la liste Manenc peut peser aussi.

    Il se murmure que Jean-Pierre Grand serait en difficulté…

    M.C. : C’est difficile à savoir parce que dans le secret des urnes… On peut penser que Jean-Pierre Grand peut être en difficulté car il y a plus de candidats de droite. Qu’il est concurrencé par Joseph Francis qui a noué des liens avec plusieurs municipalités dans le pourtour montpelliérain. Il y a aussi l’usure (sénateur depuis 2014 et âgé de bientôt 76 ans) qui finit par jouer. Le Sénat avait la réputation d’être une sorte d’Ehpad, c’est beaucoup moins vrai à l’heure actuelle. La perte de Castelnau-le-Lez sera autant d’électeurs en moins. Son départ des Républicains [chez Horizons désormais] n’est pas forcément un atout. La droite a perdu Agde, c’est compliqué à Sète… Il n’est pas impossible que Jean-Pierre Grand soit battu.