Tag: Occitanie

  • À Vauvert,la culture sabrée par la mairie RN

    À Vauvert,la culture sabrée par la mairie RN

    L’offensive du Rassemblement national contre la culture est loin d’être terminée à Vauvert. En effet, l’un des premiers actes du nouveau maire Nicolas Meizonnet a été d’annuler l’exposition photos de Sylvain Brino (pourtant très consensuelle puisqu’elle mettait à l’honneur la Camargue) pour des prises de position contre l’extrême droite sur ses réseaux sociaux. Puis, ce fut au tour de Jazz à Vauvert d’être tout simplement annulé pour des « raisons économiques ». « Jazz à Vauvert fonctionnait très bien. Il y avait des Vauverdois mais aussi des gens de l’extérieur. Ils disent qu’il n’y avait pas de retombées économiques mais ce n’est pas vrai parce qu’il y a des gens qui venaient de loin et qui logeaient et mangeaient à Vauvert », explique l’élue d’opposition Magali Nissard, qui constate également que « la droite soutient Nicolas Meizonnet aussi car ils n’ont pas supporté que nous ayons modifié ce festival où nous avions ajouté un concert dans chaque école et des animations gratuites dans la ville ». Face à cette censure, le festival jazz à Vauvert sera accueilli par la commune de Vergèze les 26 et 27 juin.

    Les associations bientôt visées ?

    Nicolas Meizonnet tente en effet de justifier cette politique en s’appuyant sur les finances de la ville qui serait « quasiment ruinée ». Sauf que beaucoup y voient plutôt la volonté d’écarter tout ce qui ne convient pas au RN qui préfère axer sa politique culturelle sur la défense des traditions taurines et camarguaises.

    Après ces annulations, la municipalité cherche en effet à couper dans les subventions aux associations, notamment culturelles. Elle aurait trois associations dans le collimateur puisque le RN a toujours fustigé lorsqu’il était dans l’opposition Jazz à Junas (qui portait le festival Jazz à Vauvert), l’association Les avocats du Diable et Atout philo. Benjamin Rouvière, son fondateur, a été convoqué par le maire mais n’a pas souhaité se rendre au rendez-vous : « On m’impose l’heure et le jour et on ne me donne pas le motif donc je n’y suis pas allé. Mais j’ose imaginer ce qu’on allait me dire, c’est-à-dire ce qu’ils disaient lorsqu’ils étaient dans l’opposition, à savoir que notre subvention était trop élevée alors qu’on fait des petits concerts l’été et qu’on mobilise des auteurs, des philosophes, des sociologues, le reste de l’année. Cela fait six ans que nous existons et nous proposons en moyenne une manifestation par mois. » Atout philo touchait en moyenne 2 000 euros par an de la part de la mairie mais Benjamin Rouvière ne « serait pas surpris si elle était sucrée cette année ».

    Le dessinateur Eddie Pons, président de l’association littéraire Les avocats du Diable, a, de son côté, honoré sa convocation lundi 4 mai où le maire lui a annoncé que la subvention serait baissée de 30%, soit une coupe de 1 000 euros. « On n’a pas encore pris de décision mais on s’interroge sur notre engagement vis-à-vis de la ville de Vauvert », confirme-t-il.

    « Pour l’instant, le maire ne nous a pas donné le détail du budget 2026 mais il faut lire entre les lignes et on voit que pour les subventions aux associations, une baisse de 93 000 euros est prévue. Une association culturelle m’a contacté et ils lui ont annoncé une baisse de 30% de la subvention. Dans les 93 000 euros, il y a les 63 000 euros de Jazz à Junas mais il en manque donc d’autres associations vont être touchées », prévient Magali Nissard qui remarque qu’aucune baisse de budget ne concerne, par contre, les festivités.

  • Saperlipopette, un festival pour toute la famille

    Saperlipopette, un festival pour toute la famille

    Des spectacles de théâtre aux ateliers de cirque en passant par des initiations aux jeux de société, toute la programmation du festival Saperlipopette est pensée pour mettre l’enfance à l’honneur. Organisée comme chaque année par la Cité européenne du théâtre Domaine d’O, la manifestation propose aux familles des œuvres poétiques exigeantes pour éveiller les enfants de tous les âges au spectacle vivant.

    Pour cette 27e édition, le spectacle Dark Circus, imaginé par Pef et mis en scène par la Compagnie Stéréoptik, sera présenté quatre fois au cours du week-end, au théâtre Jean-Claude Carrière. En renversant les codes du cirque traditionnel, la pièce mêle dessin, musique et marionnettes pour représenter un cirque triste, en noir et blanc, avant qu’un jongleur laisse échapper une boule rouge et que la magie s’invite enfin sous le chapiteau (à partir de huit ans).

    Du côté de la danse, la chorégraphie Ce que le jour doit à la nuit, d’Hervé Koubi, transmise par Houssni Mijem avec la Cellule d’excellence Epsedanse, explore les racines algériennes du chorégraphe. Elle sera présentée le samedi et le dimanche à 11h30 à l’amphithéâtre d’O. Dans l’après-midi, à 18h30, le lieu accueillera la pièce de cirque contemporain tout public Petit Frère, de la Compagnie T’es rien sans la Terre, inspirée des récits authentiques des acrobates aux origines et parcours de vie divers. Pour les plus petits, l’installation sensorielle Flottante, montée à la Cabane d’O, a été spécialement imaginée pour les bébés dès 6 mois et les enfants jusqu’à 4 ans.

  • [Entretien] Renaud Calvat : « On a l’un des taux les plus bas de France »

    [Entretien] Renaud Calvat : « On a l’un des taux les plus bas de France »

    La Marseillaise : Cette hausse de la taxe foncière était-elle inévitable ?

    Renaud Calvat : Oui. Le débat qu’on peut avoir, c’est quel niveau de taxe foncière. La Métropole a été créée en 2015 en recevant des dépenses dynamiques des communes et des recettes statiques. Cela peut marcher un an, quatre ans… mais au bout d’un moment le différentiel est énorme. C’est une erreur originelle liée à la loi Mapam. Des compétences ont été transférées : l’urbanisme, la voirie… et un calcul a été fait à l’époque pour savoir ce que chaque commune dépensait. Sauf que cela n’a pas été harmonisé. Certaines mairies mettaient beaucoup d’argent pour désherber, d’autres préféraient les MJC, le soutien scolaire… Depuis, il y a eu de l’inflation mais aussi de nouvelles routes, des lotissements, des arbres plantés à entretenir… Tout cela se fait avec la même somme d’argent qu’en 2015. À cela s’ajoute l’argent que nous prend l’État : 12 millions d’euros au titre de la contribution aux retraites des fonctionnaires par exemple.

    Des maires de droite en ont conclu qu’alors, il ne fallait pas faire la gratuité des transports…

    R.C. : Je suis en total désaccord, cela ne changerait rien. Que les gens payent le service en achetant un ticket ou un impôt, c’est toujours le citoyen qui paye. Le seul moyen de ne pas avoir de dépense, c’est de la réduire. Tout le monde trouve normal de payer un ticket de tramway mais le coût de gestion de la route est aussi important et c’est l’impôt qui finance. Si vous voulez moins de recettes (pas de hausse fiscale), il faut moins de dépenses. Or, tous les maires nous demandent plus de services publics.

    Pourquoi n’avoir choisi que la taxe foncière (payée par les propriétaires) et pas les entreprises ?

    R.C. : Sur la Contribution foncière des entreprises (CFE), on est déjà sur un taux (36,58%) comparable aux autres Métropoles. Sur le versement mobilités, on est au maximum légal. En revanche, le taux de la taxe foncière était historiquement bas, en raison d’un choix politique voulu en 2001 par Georges Frêche lors de la création de l’Agglomération. La recette du foncier bâti c’était à peine 2 millions d’euros pour les ménages contre 300 millions pour les impôts des entreprises. Avec l’ancien taux de 0,167%, pour une taxe foncière de 1 200 euros, seuls 5 euros allaient à la Métropole [le reste à la commune, Ndlr.] ! Les propriétaires payaient entre 2 et 7 euros, avec le nouveau taux (5,8%), ce sera entre 70 et 250 euros par an en fonction du logement (fois 36 !). On a l’un des taux les plus bas de France. Ce sera la seule hausse du mandat et avec l’usine CSR, on vise à terme une baisse de la taxe sur les ordures ménagères (14,62%).

    C’était ça ou réduire les services publics ?

    R.C. : Oui. On a des dizaines de milliers d’habitants qui vont dans les médiathèques, à la piscine… Le coût réel c’est 7 euros de l’heure, pas un habitant ne paye cela. Ce sont des choix politiques. Un piéton pourrait râler en disant qu’il n’a pas besoin de route, ou un contribuable d’école s’il n’a pas d’enfant. Le principe même de l’impôt c’est de mutualiser les coûts pour un meilleur service à un meilleur prix. La vraie question c’est : l’impôt est-il excessif au vu du service en face ?

  • [Entretien] Marion Mazauric : « Ne laissons pas passer le moindre acte de censure »

    [Entretien] Marion Mazauric : « Ne laissons pas passer le moindre acte de censure »

    La Marseillaise : À peine élu, le maire de Vauvert a fait annuler une exposition sous prétexte que les opinions politiques de l’artiste ne lui plaisaient pas. Vous étiez à l’initiative d’une pétition intitulée
    « Stop à la censure culturelle par le RN à Vauvert » : pourquoi vous être emparée du sujet ?

    Marion Mazauric : Nous avons lancé cette pétition pour signaler publiquement et massivement ce cas de censure, et parce que nous voulions en faire une question nationale. Ce qui me vient tout de suite à l’esprit avec cet événement, c’est un livre de Franck Pavloff, Matin Brun, où il met en scène une nation dans laquelle la dérive autoritaire commence par un premier petit interdit absurde. Dans ce récit, celles et ceux qui protestent sont écartés, puis de fil en aiguille, quand la liberté de tous finit par être menacée, il n’y a plus personne pour la défendre. C’est la même idée avec cette pétition : ne surtout pas laisser passer le premier acte de censure. On est déjà à plus de 3 500 signatures. Cet appel ne s’adresse pas seulement aux Vauverdois, mais à tout le monde. Il y a une vraie tentative de banalisation de l’extrême droite aujourd’hui, mais on ne peut pas interdire une exposition sur la base des opinions supposées d’un artiste. La diversité et la liberté des opinions sont absolument essentielles. Dans le monde de l’édition, nous y sommes viscéralement attachés : une table littéraire est un espace de tolérance.

    Le monde de l’édition a justement été très bouleversé ces dernières années avec, entre autres, le rachat du groupe Hachette par Vincent Bolloré en 2023. Quel rôle les maisons indépendantes ont-elles à jouer face à ces évolutions ?

    M.M. : Les maisons d’édition indépendantes sont de moins en moins nombreuses mais elles sont de plus en plus importantes, parce que ce sont elles qui assurent la recherche de tendances nouvelles. D’ailleurs, pendant des années, la pensée critique et politique n’a été publiée que par des indépendants, qui prennent généralement plus de risques éditoriaux que les grands groupes. Ces risques sont absolument nécessaires pour éviter l’uniformisation du marché, et c’est d’ailleurs valable pour tous les domaines de la culture. Ce qui se passe avec Vincent Bolloré dans le milieu de l’édition, c’est avant tout la conséquence du manque de régulation de la concentration industrielle sur ce marché, mais c’est aussi la conséquence de l’arrivée d’industriels qui investissent désormais dans la production des idées, pour prendre le contrôle de la fabrique des opinions et de l’idéologie du pays.

    Quels sont les risques que fait courir à la culture cette progression de l’extrême droite ?

    M.M. : Les écarts d’accès à la culture sont déjà énormes sur notre territoire, notamment entre certaines grandes villes et des zones comme Vauvert par exemple. Le risque fondamental que pose alors l’extrême droite, c’est celui de voir s’institutionnaliser de plus en plus une culture à deux vitesses. Avec d’une part, une culture accessible à l’élite et de l’autre, une culture de consommation, pour le « bon peuple », prié de penser le moins possible. Le Rassemblement national réussit à faire opérer des changements de sens, comme par exemple le fait que le racisme devienne une « opinion » alors que c’est un délit. Pour faire cela, il y a quelque part une volonté d’acculturer les populations, pour mieux en profiter. Pourquoi ? Parce que la culture est un lieu de rassemblement, de partage collectif, qui se crée avec les différences. C’est aussi une forme d’éducation populaire à l’émotion et aux sentiments, à ce qui nous rassemble. Quand vous lisez un livre par exemple, vous entrez dans la vie de quelqu’un d’autre et la complexité du monde apparaît. Bref, la culture se pratique collectivement et elle donne des mots et des outils pour penser, s’exprimer et être avec les autres. Or, l’extrême droite fait de la culture une instrumentalisation politique. Quand une mairie choisit quelle exposition ou quel concert doit être donné, cela devrait interroger les électeurs : qui choisit pour eux et pourquoi ? Quel est le projet culturel derrière ces choix ? Vauvert est un laboratoire de ce qui risque d’être fait demain partout où le RN prendra le pouvoir.

    Des pistes pour résister à cette instrumentalisation politique de la culture, dans le monde de la littérature et de l’édition notamment ?

    M.M. : Réfléchissons, lisons, régalons-nous. En tant que consommateur de livres par exemple, on ne peut pas privilégier exclusivement les éditions indépendantes, mais on peut avoir de la curiosité et aller visiter des librairies indépendantes. Nous sommes même obligés d’avoir de la curiosité, pour ne pas nous contenter du prêt-à-penser. Et j’aimerais ajouter plus largement qu’en parallèle, il ne faut pas mépriser l’électorat du RN, mais plutôt essayer de comprendre comment on en est arrivé là : les injustices sociales et culturelles ont des conséquences et nous sommes dans un système inégalitaire depuis trop longtemps.

  • La fécondité au plus bas en Occitanie

    La fécondité au plus bas en Occitanie

    Le phénomène est français (même européen) mais plus fort encore en Occitanie, qui compte 6,2 millions d’habitants. La population de notre région a beau être de plus en plus nombreuse (+0,8%/an contre +0,3%/an en France depuis 10 ans), ce n’est que grâce à son solde migratoire positif. C’est-à-dire que l’Occitanie accueille beaucoup plus d’arrivées qu’elle ne concède de départs (vers d’autres régions ou des pays étrangers).

    Car pour le reste, son solde naturel est plus que jamais négatif. Depuis 2017, la courbe des décès est supérieure à celle des naissances dans notre région qui accuse un déficit naturel de -12 700 en 2024 au lieu de
    -11 000 l’année précédente. Seule la Haute-Garonne conserve encore davantage de naissances que de décès.

    La raison est simple, révèle une étude de l’Insee. Même en étant moins forte qu’en 2023
    (-8,4% après l’éphémère rebond du Covid et des confinements), la baisse des naissances se poursuit en 2024 avec 1 100 naissances de moins. Soit à peine 51 300 bébés nés en Occitanie en 2024 (-2,2% comme en France). Un recul entièrement dû à la chute du taux de fécondité puisque « le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants continue d’augmenter », renseigne l’Insee. Par ailleurs, cette baisse de la fécondité n’épargne aucune classe d’âge, y compris chez les femmes de 35 à 49 ans, où le taux était en hausse jusqu’en 2021. En raison de « l’allongement des études, des mises en couple plus tardives et du souhait des femmes d’être stabilisées dans la vie professionnelle », l’âge moyen du premier enfant est plus tardif en France (31,1 ans contre 26,8 ans en 1975).

    Le climat anxiogène en raison de la chute du pouvoir d’achat, de l’enjeu climatique ou de la crainte des guerres peut-il expliquer ce phénomène ? Toujours est-il que la fécondité est au plus bas en Occitanie, avec à peine 1,46 enfant par femme (1,62 en France), un record historiquement faible depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    En parallèle, le nombre de décès augmente. En 2024, 64 000 habitants ont disparu, soit 0,8% de plus qu’en 2023. Une tendance là aussi nationale (+1%) entièrement due au vieillissement de la population du fait de « l’arrivée aux âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom d’après guerre », les conditions sanitaires plus favorables en 2024 qu’en 2023 n’étant pas un facteur conjoncturel pertinent.

    La résultante de ces deux tendances qui s’amplifient est que la population de l’Occitanie vieillit. Près d’un Occitan sur quatre (24% au lieu de 22% dans le pays) est âgé de 65 ans ou plus. Il y a 20 ans, les seniors ne pesaient que 19% de la population d’Occitanie. Depuis 2022, ils sont devenus plus nombreux que les jeunes de moins de 20 ans (23% de la population régionale). À noter que sur cet indicateur, les disparités sont fortes. Si le Lot est le département français qui compte le plus de seniors (33%), la Haute-Garonne compte parmi les plus jeunes (18% de 65 ans ou plus). L’Hérault et le Gard sont dans une position intermédiaire (23 à 25% de seniors).

    Malgré tout, l’espérance de vie à la naissance se stabilise en Occitanie à son niveau d’avant pandémie comme dans le reste de l’Hexagone. Elle s’élève à 85,7 ans pour les femmes et à 80,3 ans pour les hommes.

  • Fraude aux prestations sociales : quand l’objectif est davantage de lutter contre les précaires plutôt que contre la précarité

    Fraude aux prestations sociales : quand l’objectif est davantage de lutter contre les précaires plutôt que contre la précarité

    La Défenseure des droits a rendu un rapport le 23 avril 2026 déplorant « l’industrialisation de la lutte contre la fraude aux prestations sociales ». Elle insiste sur la nécessité d’assurer la préservation de moyens convenables d’existence, en toutes circonstances, c’est-à-dire de ne pas compromettre la capacité des personnes à subvenir à leurs besoins essentiels.

    Automatisation de la procédure de sanction pour fraude, l’intensification des contrôles et l’usage d’algorithmes discriminatoires à l’égard des plus précaires renforcent les atteintes aux droits des allocataires. Les organismes sociaux multiplient les notifications d’indus, les décisions de sanction pour fraude et l’application de pénalités financières. Certains allocataires, notamment les plus précaires, ne connaissent pas l’étendue de leurs droits et se retrouvent du jour au lendemain privés du minimum vital, avec des indus de plusieurs milliers d’euros, sans même parfois connaître le motif de ces décisions (ressources non déclarées, séjour à l’étranger).

    La fraude est une action irrégulière qui doit être commise de manière intentionnelle. Une simple erreur dans une déclaration n’est pas constitutive d’une fraude. Cette qualification est pourtant lourde de conséquence : radiation des droits, pénalités financières, prescription de 5 ans pour recouvrir les prestations au lieu de 2 ans.

    La Défenseure des droits déplore que l’information aux usagers demeure très carencée, tant sur leurs droits à bénéficier de certaines allocations que sur leurs modalités d’actions avant, pendant et après les contrôles, ainsi que sur les suites, notamment en cas d’accusation de fraude et de pénalités financières. Procédure de contestation complexe pour un accès au droit résiduel : Le contentieux de la « fraude » aux prestations sociales est organisé de manière complexe, avec une dualité de juridiction entre le Tribunal administratif et le Pôle social du Tribunal judiciaire en fonction des prestations sociales. Il arrive ainsi que les deux ordres de juridictions doivent être saisis simultanément pour juger de la même situation. Il est également obligatoire de former un recours préalable avant toute saisine d’un juge. Ce recours administratif n’est pas pris en charge au titre de l’aide juridictionnelle, ce qui constitue un frein évident des plus précaires pour se faire accompagner d’un avocat.

    Les délais de procédure sont extrêmement contraints: 2 mois à partir de la notification d’une décision. Une simplification de la procédure et un accompagnement social des plus précaires sont requis, plutôt qu’un déploiement de l’IA au détriment des droits des usagers.

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  • Les cérémonies du 8 mai dans le Gard et l’Hérault

    Les cérémonies du 8 mai dans le Gard et l’Hérault

    Aussi étrange et inquiétant que cela puisse paraître, ce jour qui a changé la face du monde n’est pas connu de tous les Français. Au travers de plusieurs études, on estime entre 20 et 30% des Français qui ignorent la signification exacte du 8 mai 1945. C’est particulièrement vrai chez les jeunes générations parfois confuses sur le sujet. Preuve que le devoir de mémoire ne doit jamais s’éteindre et qu’il est important d’assister le plus souvent possible, avec ses enfants, à ces cérémonies du souvenir. À l’heure où l’Éducation nationale est décriée et où l’instabilité politique du monde inquiète et où le fascisme fait son retour, rendre hommage à ceux qui ont donné leur vie pour leur pays est un devoir de citoyen.

    Hérault

    Montpellier. 9h30, monument aux morts.

    Sète. 11h : Cérémonie au monument aux morts du jardin du Château d’eau, au parc Simone Veil.

    Béziers. Rassemblement à 11h devant la mairie. Cortège jusqu’au monument aux Morts situé devant l’église pour un dépôt de gerbe. Second cortège jusqu’au cimetière pour un dépôt de gerbe au monument aux Morts.

    Lattes. 11h, parvis de la mairie. Lavérune. 11h, place de la mairie.

    Lunel. 10h30, parvis du musée Médard : départ d’un défilé ouvert par des véhicules militaires de collection suivi par les portes drapeaux et les associations d’anciens combattants. Cérémonie à 11h au parc Jean Hugo.

    Aniane. 11h, place de l’hôtel de ville Lodève. 11h, monument aux morts Balaruc-le-Vieux. 11h, monument aux morts.

    Bouzigues. Rassemblement devant l’ancienne mairie à 9h50, avant que le cortège ne se mette en marche à 10h en direction du monument aux morts, place de la Victoire, Bouzigues

    Agde. 9h30 – 12h30 / 14h00 – 18h00 : reconstitution de la seconde guerre mondiale et visite des bunkers. parking Antoine Groignard, La Tamarissière. 11h00 : commémoration officielle, monument aux Morts. Cimetière Vieux.

    Mudaison. 11h, monument aux morts, situé au cimetière.

    Paulhan. 11h : départ du cortège depuis la mairie ; 11h15 : dépôt de gerbe au monument du Général Stefanik ; 11h30 : dépôt de gerbe au monument aux morts.

    Gard

    Nîmes. 11h30, place du 11-Novembre, monument aux morts.

    Alès. 11h, square Verdun, jardins du Bosquet.

    Bagnols-sur-Cèze. 10h, Monument Privat, route des Cévennes ; puis 11h, départ place Mallet vers les monuments aux morts.

    Beaucaire. 11h, cimetière de la route de Saint-Gilles, monument aux morts, Saint-Gilles. 11h, Place Jean Jaurès, monument aux morts.

    Vauvert. 12h, place de la Liberté, monument aux morts.

    Aigues-Mortes. 11h, monument aux morts.

    Uzès. 11h15, avenue de la Libération, monument aux morts. Pont-Saint-Esprit. 11h30, devant le monument aux morts. Marguerittes. 11h, monument aux morts.

    Les Angles. 11h, monument aux morts du vieux cimetière, rue Alphonse-Daudet.

    Manduel. 11h, départ de la place Bellecroix vers le monument aux morts.

    Caissargues. 9h, monument aux morts.

    Cendras. 11h, place SalvadorAllende, monument aux morts.

  • Villeneuve-lès-Maguelone : une mairie à deux visages se met aux fourneaux

    Villeneuve-lès-Maguelone : une mairie à deux visages se met aux fourneaux

    Un brin de nouveauté règne dans la mairie de Villeneuve-lès-Maguelone, près de Montpellier. Si une nouvelle municipalité est aux commandes depuis la défaite de Véronique Négret (DVG) aux dernières municipales, le rôle d’édile ne sera pas assuré par un mais deux élus. En effet, Virginie Martos-Ferrara et Olivier Noguès (DVD) ont décidé de se partager la tâche et d’assurer le rôle de maire à deux. Une première dans l’Hérault. « Ce dispositif existe déjà en France mais ce sont des duos homme/homme. Un duo homme/femme, c’est plutôt inédit. On partage la gouvernance, les dossiers, les charges. Et si quelqu’un est absent en mairie, les habitants pourront toujours voir l’autre », détaille Olivier Noguès. Même le bureau est partagé.

    Partage des tâches

    Néanmoins, ce n’est pas la première expérience politique de ce duo qui travaille déjà depuis une dizaine d’années ensemble. « En 2014, nous étions élus dans la majorité avec, déjà, des délégations complémentaires et on travaillait ensemble. Ça s’est fait presque tout seul, naturellement », rembobine Virginie Martos-Ferrara. En 2020, le duo siège dans l’opposition avant de reprendre le flambeau pour la campagne municipale de 2026. Parvenu aux commandes, le duo sera-t-il toujours efficace, notamment dans la prise de décision ? « Ce qu’il y a de bien, c’est cette discussion que l’on a sur une prise de décision car on n’est pas seuls à prendre la responsabilité. Suite à l’échange, on prendra la meilleure décision. C’est un peu un contre-pouvoir qui est intéressant », soutient Olivier Noguès. « On a des différences mais on se ressemble. Parfois le ton monte, mais on arrive toujours à s’entendre », complète Virginie Martos-Ferrara.

    Le tandem met en avant cette option pouvant potentiellement résoudre la crise de vocation que connaissent nombre de communes rurales. « On aimerait faire reconnaître ce statut. Quand on voit le désengagement des élus dans les petites communes, ça peut être une alternative intéressante à étudier », insiste Olivier Noguès. Une piste de réflexion pour les 68 communes sans candidat pour les dernières municipales ?

  • Le coût exorbitant du protoxyde d’azote

    Le coût exorbitant du protoxyde d’azote

    François Séguy n’en revient pas. Cela fait une semaine que l’ancien insoumis a été nommé adjoint en charge de la propreté et de la qualité des espaces publics à Nîmes et l’élu a décidé de rencontrer ses équipes pour parler de leurs éventuelles difficultés. C’est après ces échanges que François Séguy s’est retrouvé nez à nez avec six bennes remplies à ras bord de bonbonnes usagées de protoxyde d’azote. « Je suis affolé, je ne m’attendais pas à ça », lance-t-il à la sortie de sa visite. « En plus, les équipes me disent qu’il y en a de plus en plus. C’est une catastrophe. Ils en ramassent tous les jours, par exemple entre 2024 et 2025, on est passé de 7 000 bonbonnes à 13 150. A priori, ce sera pareil en 2026. »

    Ces dernières années, le protoxyde d’azote s’est répandu comme une traînée de poudre auprès de la jeunesse notamment. Ce gaz, stocké dans des bonbonnes, est d’abord déversé dans des ballons de baudruche avant d’être inhalé. Il provoque alors des crises de fou rire de plusieurs dizaines de secondes et des crises d’euphorie. Ces derniers mois, ce sont surtout les drames qui ont fait parler de cette nouvelle drogue. Sauf que l’impact environnemental et économique est devenu très lourd pour les collectivités. Le recyclage de ces bonbonnes ne peut en effet être traité dans les usines conventionnelles car il y a toujours un risque d’explosion. Ce sont donc des entreprises privées qui s’occupent de retirer les résidus de gaz et de recycler la bonbonne, mais cela coûte très cher.

    Un coût de 10 000 euros par mois à Montpellier

    « Notre prestataire nous facture aujourd’hui 10 euros l’unité », explique François Séguy, qui étudie aujourd’hui les possibilités pour réduire ce coût exorbitant. « On en a déjà envoyé 2 500, ça nous a coûté 25 000 euros mais ce n’est rien par rapport à tout ce qu’on a. Si on n’augmente pas les budgets qui sont aujourd’hui entre 250 000 et 300 000 euros par an sur la propreté, on ne va pas s’en sortir. »

    La facture est également salée à Montpellier. Entre décembre 2025 et avril 2026, 5 542 bonbonnes ont été collectées. Pour les traiter, la mairie fait appel à l’entreprise Denat Environnement, basée en Moselle, qui recycle ces bonbonnes dans son usine à Amblainville dans l’Oise. Pour les 5 542 unités collectées sur ces cinq mois, le coût est estimé à près de 50 000 euros…

    « La ruralité n’est pas épargnée »

    Si le problème touche principalement les grands centres urbains, il n’épargne pas les communes périphériques ou rurales. Le Département du Gard, par exemple, en collecte aussi chaque semaine sur ses routes. « Nous observons une augmentation de bonbonnes de protoxyde d’azote abandonnées en bord de chaussée. Leur accumulation crée une pollution métallique importante et mobilise régulièrement les équipes de nos unités territoriales pour opérer des collectes ciblées. Ces dépôts nuisent à l’environnement, à la sécurité et à l’image du territoire », confirme la présidente du conseil départemental, Françoise Laurent-Perrigot. Vingt bonbonnes ont par exemple été collectées sur la départementale entre Poulx et Nîmes, lors de la dernière campagne de ramassage des déchets avant d’être orientées vers « les bennes à ferraille ou directement vers les déchetteries ».

    Les mairies de petites communes sont elles aussi impactées. À Cendras par exemple, village de 1 600 âmes, le maire Sylvain André les stocke dans les ateliers de ses équipes mais ne « sait pas quoi en faire ». « On en retrouve régulièrement en bordure de forêt par exemple, comme plein d’autres communes. La ruralité n’est pas épargnée. On essaie de travailler sur la prévention. Aujourd’hui, les bonbonnes sont stockées mais personne ne voulait nous les reprendre », explique le président de l’association des maires ruraux du Gard.

    Les collectivités appellent donc à l’aide l’État. « Il faut impérativement que l’État aide les collectivités sinon on ne va jamais s’en sortir », conclut François Séguy.

  • Résister face à la guerre culturelle du RN

    Résister face à la guerre culturelle du RN

    « Nous lancerons un festival apolitique du film et du livre, développerons la feria et ferons revivre nos traditions comme la fête du cochon de dame Carcas. Nous n’avons pas de temps à perdre. » Mardi 5 mai, le nouveau maire RN de Carcassonne (Aude), Christophe Barthès, a présenté « ses projets en matière de culture et d’événementiel » et sa vision très particulière, à l’extrême droite toute.

    Les choix du maire de Carcassonne cochent en effet toutes les cases de la vision ethnocentriste et identitaire, pour ne pas dire fantasmée, de la culture par l’extrême droite. En creux mais le message est limpide, son projet de « festival apolitique du film » est une réponse directe au Festival du film politique organisé chaque année par l’association CinéBastide. Ses membres ont annoncé le 15 avril qu’ils ne demanderaient pas de subventions à la mairie (10 000 euros par an, environ 5 % du budget) et se passeraient du prêt des locaux. Un geste de résistance au cœur de la cité fortifiée (lire page 6). D’ailleurs, les priorités de Christophe Barthès sont ailleurs : « Plus de sécurité, plus de propreté, plus de proximité. »

    Au-delà des coupes budgétaires pour les associations qui ne sont pas à son goût, l’extrême droite impose sa vision de la culture. C’est le cas depuis 2014 à Béziers, dirigé par Robert Ménard, explique Richard Vassakos, historien et auteur de l’ouvrage La Croisade de Robert Ménard : Une bataille culturelle d’extrême droite (éditions Libertalia, 2021). « Sur le fond, [Robert Ménard] a une vision réactionnaire, une sorte de national-catholicisme qui s’inscrit dans la longue tradition de l’extrême droite depuis Charles Maurras. Ménard a des usages de l’Histoire qui sont problématiques et idéologiques » (lire page 7).

    Une orientation que l’on constate aussi à Beaucaire dans le Gard, dirigée aussi par l’extrême droite depuis 2014. Par exemple, « à Beaucaire, on met en place ces fêtes américaines pour effacer le 1er mai des calendriers », confirme Jean Vanhaute, président de l’institut d’histoire sociale de la CGT du Gard. (lire Page 7). Drapeaux US en place de la fête internationale des travailleurs !

    Le maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS), fustige ces attaques de l’extrême droite. Pour lui, le « premier acte de l’extrême droite gagnant une mairie » c’est « massacrer la culture » a-t-il déclaré au moment de l’annulation du Festival Jazz à Vauvert par la nouvelle mairie RN. A contrario, il rappelle que « dans un contexte financier pourtant très contraint, – baisse des dotations de l’État, explosion des coûts de l’énergie, hausse des taux d’intérêt  nous avons décidé de sanctuariser les moyens dédiés à la culture. C’est un choix politique clair. Un acte de résistance face à la montée des forces réactionnaires à l’œuvre partout dans le monde » (lire aussi page 8) Outre le festival de jazz la municipalité RN de Nicolas Meizonnet aurait deux autres associations dans le collimateur : les avocats du Diable et Atout philo. Benjamin Rouvière, fondateur de cette dernière, a été convoqué par le maire mais n’a pas souhaité se rendre au rendez-vous (lire page 6). Des subventions sont drastiquement baissées.

    Mais le RN ne se contente pas de supprimer. Il investit aussi le terrain des récits. Identité, patrimoine, roman national, histoire locale : tout devient matière à conquête idéologique. « Ils pratiquent le retournement », analyse l’adjoint à la culture de Nîmes, Denis Lanoy, étonné d’entendre des élus d’extrême droite citer Gramsci ou Walter Benjamin. « Ils ont très bien lu les auteurs marxistes et ils essayent d’en tirer profit, mais pas du tout pour l’émancipation. Pour imposer un autre récit » (lire page 9). Le milliardaire Vincent Bolloré l’a bien compris. Pour l’éditrice gardoise Marion Mazauric, cette prédation dans le milieu de l’édition, « est avant tout la conséquence du manque de régulation de la concentration industrielle sur ce marché, mais c’est aussi la conséquence de l’arrivée d’industriels qui investissent désormais dans la production des idées, pour prendre le contrôle de la fabrique des opinions et de l’idéologie du pays ». (lire ci-contre).

    Le politologue Emmanuel Négrier insiste non pas tant sur les budgets que sur le contenu de la politique culturelle de l’extrême droite. « L’offre continue d’exister, elle n’est plus tout à fait la même, et effectivement les nostalgies coloniales, discours contre-révolutionnaires et récits révisionnistes y ont une place de choix, tandis que les projets d’action culturelle dans les quartiers populaires y sont châtiés » (lire page 9).