Tag: Occitanie

  • L’Occitanie maintient le cap malgré les coups fourrés de l’État

    L’Occitanie maintient le cap malgré les coups fourrés de l’État

    Trois milliards et cinq cent quatre millions d’euros. Tel est le montant du budget 2026 pour l’Occitanie, voté jeudi 12 février par le conseil régional malgré l’opposition de la droite et du RN. Un montant stable comparé à l’an passé en dépit d’un nouveau mauvais coup de l’État.

    Par le jeu pervers de la baisse des dotations qui lui sont allouées, la Région a dû composer un budget à l’équilibre avec 144 millions d’euros de recettes en moins (-108ME au titre des dotations et -36,7ME au titre de la compensation de la taxe professionnelle supprimée par Nicolas Sarkozy). « Nous sommes la Région la plus impactée après les Hauts-de-France et la Normandie alors même que l’Occitanie est la région la plus enclavée et la plus touchée par le réchauffement climatique », peste Carole Delga. Depuis 2023, le manque à gagner s’élève à 500 millions d’euros.

    La présidente socialiste n’y va pas par quatre chemins et dénonce une loi de finances « injuste » votée par le gouvernement, qui pénalise deux fois plus l’Occitanie que d’autres quand on rapporte ces sommes au nombre d’habitants (6,12 millions ici). Un effort de 20% demandé aux collectivités jugé « inégalitaire », celles-ci ne représentant que 6,5% de la dette publique et contribuant pour 70% à l’investissement public. « Cette décision est grave », estime Carole Delga, qui s’est fendue d’un courrier au Premier ministre cosigné par les 14 autres présidents de Région.

    177€ investis par habitant

    Au prix de choix de mutualisation, d’économies par-ci par-là (-0,8% sur le fonctionnement) et grâce à la mobilisation de crédits européens, l’Occitanie parvient à maintenir le cap budgétaire. Avec sobriété et efficacité. La maîtrise de la dette régionale (7 ans pour rembourser, en deçà du seuil d’alerte de 9 ans) couplée à une capacité d’autofinancement satisfaisante (509 millions d’euros) permet à la collectivité de continuer à investir (1,15 milliard d’euros). Soit l’équivalent de 177 euros investis par habitant contre 152 euros en moyenne.

    Les principaux dispositifs liés au pouvoir d’achat des familles seront maintenus. Par exemple l’ensemble des mesures (Ordis, livres et cars Lio gratuits…) qui font que l’Occitanie propose « la rentrée la moins chère de France » pour les lycéens. La Chambre régionale des comptes ayant salué la hausse de fréquentation des TER de 68% depuis 2019, pas de raison de changer de stratégie ferroviaire. Les 14 millions de billets à 1 euro continueront à être proposés cette année.

    Malgré une tentative de désengagement de l’État sur le projet de TGV Toulouse-Bordeaux-Dax, pour lequel les travaux ont débuté, Carole Delga maintient son soutien total à l’autre ligne à grande vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan mais ne cache pas son inquiétude. « Le recours à un Partenariat public privé (PPP) sur Bordeaux-Toulouse entraînerait un surcoût de 7,3 milliards d’euros. Sur le TGV, l’État est défaillant. »

    En 2026, la présidente socialiste compte recruter dans les maisons de santé d’Occitanie le 150e médecin. Là encore pour pallier les déserts médicaux et les errances de l’État, compétent en matière de santé publique. D’ici quelques jours sera présenté au salon de l’agriculture un « pacte de souveraineté agricole », qui sera soumis au vote en juin prochain. Afin de créer les 25 000 emplois annuels nécessaires pour contenir le chômage qui reste élevé (9,2% au 3e trimestre 2025), la Région promet aussi de maintenir ses aides à la formation et aux entreprises ainsi qu’un budget culture « volontariste ». Enfin, les « projets les plus urgents » pourront être subventionnés auprès des communes, exsangues. En juin, Carole Delga promet de s’entretenir avec les nouveaux maires élus.

  • [Entretien] Stéphane Audebeau : « Les collèges de l’Académie de Montpellier vont être les grands sacrifiés de la rentrée 2026 »

    [Entretien] Stéphane Audebeau : « Les collèges de l’Académie de Montpellier vont être les grands sacrifiés de la rentrée 2026 »

    La Marseillaise : Les collèges vont être particulièrement impactés par des suppressions de postes à la rentrée ?

    Stéphane Audebeau : Dans le second degré, on se retrouve, dans l’académie de Montpellier, avec une baisse de 73 ETP (équivalent temps plein, équivalents en termes de postes), répartis entre collèges, lycées, lycées pro, etc. C’est là que les choses vont faire mal : les collèges vont être les grands sacrifiés de la rentrée 2026. Ce sont eux qui vont absorber la quasi-totalité de la baisse des ETP, puisque l’Académie prévoit – 90 ETP dans les collèges. Les lycées, avec zéro suppression prévue, sont moins maltraités.

    Quelles vont être les répercussions sur les élèves ?

    SKA : Ces suppressions de postes dans tout un ensemble de disciplines vont entraîner des classes globalement un peu plus chargées. Et il y aura des profs qui vont manquer. Comme on ne crée pas non plus de titulaires remplaçants, ça veut dire qu’il faudra, au dernier moment, recruter des contractuels, si on arrive à les trouver… On s’attend à ce que la rentrée 2026 soit beaucoup plus compliquée pour les élèves que cette année.

    Le rectorat fait valoir une baisse démographique…

    S.A. : C’est un prétexte ! Il y a, selon nous, une instrumentalisation et une exagération de la baisse démographique. Il y a bien une petite inflexion, mais en réalité c’est une très légère baisse et non pas un effondrement, comme c’est dit partout. Au niveau académique dans le second degré, il y a 1 692 élèves de moins attendus. Rapporté au nombre total d’élèves dans l’Académie, ça fait -0,8 %… Et dans les lycées, on est sur une baisse de 270 élèves au niveau académique : ce n’est rien du tout. Il est vrai que la baisse attendue dans les collèges, d’environ 1 500 élèves, est plus forte. Mais c’est pareil, il faut relativiser : on est sur du 1,3%.

    Cet argument de la baisse démographique revient en permanence. La rectrice l’a repris lors du CSA, en disant : il y a une baisse démographique, donc on est obligé d’avoir un raisonnement comptable. Nous ne sommes pas d’accord. La baisse, on la connaît depuis 2017 : depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence, tous les ans il y a eu des baisses de postes, alors même qu’il y avait augmentation des effectifs. Et maintenant qu’on se dit qu’on va un peu plus respirer dans les classes, le gouvernement et les rectorats en profitent pour supprimer davantage de postes.

    Les difficultés socio-économiques particulièrement marquées dans certains territoires de l’Académie ne sont pas prises en compte ?

    S.A. : Hélas non… Au niveau de l’académie de Montpellier, on a pourtant quatre départements parmi les premiers, au niveau hexagonal, en termes de taux de pauvreté, de taux de boursiers et de taux de chômage, les Pyrénées-Orientales en tête. Nous avons dit à la rectrice qu’elle n’avait pas su faire valoir correctement au niveau ministériel la réalité de son académie. Notamment dans les collèges des PO, du Gard et de l’Hérault, très fortement soumis à la non-mixité sociale et très fortement concurrencés par le privé. Cette réalité n’est pas prise en compte à sa juste mesure.

    Cette dégradation des moyens risque d’ouvrir un boulevard à l’enseignement privé…

    S.A. : C’est certain… Le Rectorat assume de prévoir une baisse démographique quatre fois moins forte dans le privé que dans le public. Dans le Gard notamment, non seulement l’enseignement privé est déjà très favorisé par rapport au public, mais ce département va absorber 44 % de la baisse démographique académique, ce qui va favoriser encore davantage l’enseignement privé. La problématique de la fuite vers le privé existe aussi dans l’Hérault sur certains territoires : Montpellier, Béziers notamment. Ce sont les endroits où la concurrence du privé est la plus forte. Cela concerne les élèves les plus socialement favorisés, c’est pour ça qu’on parle de ségrégation sociale et scolaire.

  • Dans l’Académie de Montpellier, les équipements sportifs mis sur la touche

    Dans l’Académie de Montpellier, les équipements sportifs mis sur la touche

    Le sport à l’école, le grand oublié de l’Éducation nationale ? N’en déplaise à Emmanuel Macron, moins d’un an après les Jeux olympiques de Paris, la France n’est pas devenue le pays de sportifs que le Président souhaitait impulser. L’effet JO est retombé, tout comme la folle « parenthèse enchantée », chère au locataire de l’Élysée, pour tenter de faire oublier sa forte impopularité. Pire, l’état actuel des équipements sportifs est on ne peut plus dégradé. C’est ce qu’il ressort d’une enquête menée par les professeurs du Snep-FSU, dont les résultats ont été présentés le 30 janvier dernier.

    S’inspirant du Nutri-score, les enseignants ont évalué toutes les installations sportives en fonction des équipements disponibles (gymnases, pistes d’athlétisme, piscines, etc.) et de certains critères (qualité du sol, dimension, sécurité, etc.). Les résultats de ce « Gymnase score » sont accablants. « Sur les 284 établissements du second degré de l’Académie de Montpellier, 241 nous ont répondu. Et sur ces 241, plus de la moitié sont classés catégorie D ou E [les plus mauvaises, Ndlr]. Ce sont 50 % des collèges et 57 % des lycées », détaille Fabien Andrieu, responsable du dossier au Snep-FSU et enseignant à Perpignan. Seuls 23 établissements scolaires obtiennent la meilleure note, la A. Le Gard et l’Hérault ne dérogent pas à la règle et s’inscrivent dans la dynamique académique. 49% des collèges et lycées héraultais recueillent la note D ou E et 54% des établissements du Gard.

    La natation prend l’eau

    Si l’enquête témoigne d’une vétusté généralisée des équipements sportifs utilisés par les élèves, celle-ci met également en lumière les fortes inégalités territoriales au sein de l’Académie, induisant selon le syndicat « une rupture de service public ». Comme souvent, les établissements classés en Rep et Rep+ sont les plus défavorisés. « À Nîmes, la situation est déjà dégradée. 9 collèges sur les 10 ont une note D ou E, les lycées sont plutôt classés D ou C. Au niveau des Rep ou Rep +, sur 6 établissements, un seul est classé C, les autres sont D ou E. Les élèves cumulent les inégalités sociales et difficultés scolaires », observe Lise Chopinet, secrétaire Snep-FSU du Gard. Et ainsi d’établir une concordance avec l’Indice de position sociale – outil se basant sur le statut social des familles. Plus il est faible, plus les conditions d’apprentissage sont dégradées – et le résultat obtenu au Gymnase score est faible également. « Les Rep sont concentrées dans les grandes villes. Sur Montpellier, tous les gymnases datent des années 60. Le dernier date de 2008, il y a presque 20 ans. Or, en 20 ans, Montpellier a pris pratiquement 54 000 habitants. Mais les infrastructures ne suivent pas », fait valoir Claudie Vaufreydaz, secrétaire Snep-FSU héraultaise.

    L’autre point noir mis en avant concerne l’accès à la piscine. « Alors que c’est un enjeu de société, 20% des collégiens n’ont pas accès à une piscine et sont totalement dépourvus d’enseignement de natation, sachant qu’il y a un savoir-nager obligatoire au niveau ministériel. En comptant les lycées, ce sont 60 établissements qui n’ont pas accès à une piscine, soit 25% », reprend Fabien Andrieu. Ici, ce sont les établissements ruraux qui sont les plus touchés. Par exemple, dans l’Hérault, le collège Louise-Michel à Ganges, le collège Max-Rouquette à Saint-André-de-Sagonis ou encore le collège du Pic-Saint-Loup à Saint-Clément-de-Rivière n’ont pas accès à une piscine. Le syndicat est donc en contact avec les différentes collectivités afin de leur faire prendre connaissance de la situation et milite pour une rapide intervention en faveur des établissements les plus vétustes.

  • [Entretien] Zigo : « Il reste des gens motivés pour s’exprimer sur le terrain social »

    [Entretien] Zigo : « Il reste des gens motivés pour s’exprimer sur le terrain social »

    La Marseillaise : Pourquoi avez-vous appelé ce nouvel album « Atlas » ?

    Zigo : Quand on cherche un nom d’album, on cherche toujours un mot qui puisse être international, c’est-à-dire compris dans toutes les langues. Mais on cherche aussi un mot qui donne la couleur de l’album. Comme c’est un album qui appelle au voyage et qui a une certaine ouverture musicale, on trouvait que l’Atlas, qui peut renvoyer à l’image d’une carte, de montagnes au Maroc ou du titan de la mythologie grecque qui porte le monde sur son dos, correspondait bien à cet album.

    Depuis 30 ans vous signez des morceaux engagés pour la tolérance, comment voyez-vous la société évoluer  ?

    Zigo : On constate la banalisation du racisme et de l’extrême droite. La mutation du cercle politique français est incroyable et pour nous qui prônons la mixité culturelle et qui arborons fièrement notre mixité culturelle et sociale, c’est effrayant. Il y a eu un moment où on a eu l’impression que le monde changeait, mais ces dernières années, il y a un retour assez terrifiant. Ce qui nous rassure, c’est d’entendre nos chansons dans les manifestations et qu’il reste des gens motivés pour s’exprimer sur le terrain social.

    Vous parvenez pourtant à construire un album qui reste solaire…

    Zigo : On ne voulait pas que l’album soit plombant. On voulait qu’il soit joyeux, on pensait faire un truc plus ensoleillé. Mais, finalement, l’actualité a fait qu’on a eu du mal. Le climat social déteint toujours sur notre musique et là, on a franchement été servis. L’écriture est tombée en pleine guerre en Ukraine, en Palestine, avec le retour de Trump… C’est compliqué de sortir du marasme international. On a quand même réussi à mettre des morceaux un peu plus légers et plus positifs. Mais on n’a pas atteint ce qu’on espérait en termes de positivité.

    Repensez-vous le rôle de la culture dans ces moments troubles ?

    Zigo : Oui, on s’interroge tout le temps mais la meilleure réponse, nous l’avons en concert parce qu’on ne combat que dans la joie et le positif. Quand on voit dans nos tournées autant de personnes prendre le temps d’aller à un concert et de faire la fête, tout en abordant des sujets compliqués, des sujets de société qui sont loin de faire l’unanimité aujourd’hui, ça nous montre que tout n’est pas vain. Dans la nuit, une flamme, ça fait du bien. Les gens nous font beaucoup de bien et nous rassurent là-dessus. Notre récompense, ce ne sont pas les disques d’or, c’est de voir ce public avec le sourire.

    Quels messages vouliez-vous faire passer avec « Mémoires », le 7e morceau de l’album ?

    Zigo : C’est un morceau sur la colonisation qui est parti d’un texte de Bouchkour (l’un des chanteurs, Ndlr). Marcus Gad, qui est un artiste de Calédonie, a entendu ce morceau et ça l’a touché car c’est un sujet d’actualité en Nouvelle-Calédonie. Il a donc voulu y participer. C’est un morceau qui restera historique pour le groupe parce qu’il n’a pas de refrain et c’est le morceau le plus lent qu’on n’ait jamais composé. Il y a en toile de fond la colonisation et le poids et les désastres que ça engendre sur nos générations. Ce n’était pas le but mais quand on l’écrivait, c’était aussi le moment où la situation empirait à Gaza et on ne comprenait pas comment l’être humain n’était pas capable de se souvenir du passé. Ce drame-là transpire dans le morceau, qui restera un texte majeur de notre histoire.

    Comment jugez-vous l’évolution du reggae en France ?

    Zigo : Il y a toujours eu des hauts et des bas mais nous, ça fait trente ans qu’on est sur les routes. Toute notre tournée est déjà complète, c’est ahurissant. Sur nos trois premiers concerts, on constate aussi qu’il y a une nouvelle génération qui vient nous voir. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls à être complets, quand on voit Tryo ou Danakil par exemple, et ça fait vraiment beaucoup de bien, parce qu’on appartient à un style de musique à caractère social, donc ça veut dire que les gens ont encore envie d’entendre parler de ces sujets-là.

  • La gauche bientôt à la tête de la mairie de Clermont-l’Hérault ?

    La gauche bientôt à la tête de la mairie de Clermont-l’Hérault ?

    Pour Gérard Béssières, ce mandat était celui « du rattrapage ». C’est donc tout naturellement que l’édile clermontais (Divers) candidate à un second mandat, présenté comme celui de la continuité. « En 2020, nous avons mis en place un certain nombre de projets. Car il y avait beaucoup de rattrapage à faire suite à l’action de l’ancienne municipalité, qui avait plutôt failli dans sa tâche. Il a fallu faire de la réhabilitation au niveau des écoles, des équipements sportifs, des rues, etc. Mais il est impossible de tout faire dans un seul mandat quand il faut faire du rattrapage. Il me semblait important de poursuivre cet élan  », soutient le maire.

    L’ancien maire « qui a plutôt failli », c’est Salvador Ruiz, aujourd’hui élu d’opposition (Divers) et candidat au scrutin de mars. Ce dernier met en avant ses réalisations lorsqu’il était aux commandes, entre 2014 et 2020. Évoquant le parking de la gare et le camping du Salagou, Salvador Ruiz fait de l’économie sa priorité, voulant « accompagner la croissance et renforcer l’activité économique ». Les deux hommes devront faire face à une troisième liste, celle de Claude Blaho-Poncé (Divers gauche), aussi conseillère d’opposition.

    Et c’est notamment sur son bilan que Gérard Béssières sera jugé. « Ce mandat était un mandat de projets vitrines qui ne correspondait pas aux priorités d’une ville paupérisée comme Clermont. Il y a des problèmes de circulation, de voirie », soutient Claude Blaho-Poncé. Et ainsi de lister ses priorités : « Nous demanderons un audit de gestion pour recalibrer ces projets vitrines trop dispendieux, comme le tiers lieu de la Filandière, la ZAC de la Cavalerie – qui prévoit 450 logements en plus. Nous réviserons le PLU », précise Claude Blaho-Poncé. À cela s’ajoute le développement des mobilités douces ; une « ville plus juste et plus sûre en misant sur la solidarité et être à l’écoute de tous les citoyens ».

    Le maire défend son bilan

    Un bilan contesté mais défendu bec et ongles par Gérard Béssières. « Nous avons commencé à poser les jalons pour le programme à venir. Les grands dossiers sont lancés, comme le centre culturel de la Filiandière dont l’ouverture est prévue en 2027. Il y a aussi le projet de demi-échangeur, la voie verte qui traversera Clermont. On poursuivra le travail engagé si les électeurs veulent bien nous reconduire », soutient Gérard Béssières. Qui mentionne aussi le projet d’extension du cinéma : « il ne dispose que d’une salle, ce qui est un frein important au développement de la culture et ne satisfait pas la diversité du public. Il aura donc 4 salles et ne coûtera rien en investissement à la commune. »

  • Ce que cachent ces listes dites « sans étiquette, apolitiques »

    Ce que cachent ces listes dites « sans étiquette, apolitiques »

    « Apartisanes, apolitiques, transpartisanes, citoyennes ». À deux mois des municipales, on ne compte plus les listes qui se prétendent « sans étiquette ». À première vue, c’est un non-sens. Pourquoi se présenter au suffrage universel si l’on n’a pas d’idées politiques à défendre ? Autant ouvrir une boucherie vegan.

    En creusant un peu le sujet, on vous répond qu’il s’agit de « défendre de l’intérêt général des habitants ». Encore une lapalissade. Qui oserait candidater en expliquant vouloir défendre des intérêts personnels ? Se servir plutôt que servir. « C’est une façon de ne rien dire, de n’effaroucher personne », explique Michel Crespy. Le politologue montpelliérain confirme la multiplication de ces dénominations fourre-tout. Il explique essentiellement le phénomène par la défiance grandissante des citoyens vis-à-vis des partis politiques, quelle que soit leur tendance. « Ce sont les institutions dans lesquelles les Français ont le moins confiance, à peine 15%. S’afficher, c’est se couper d’emblée d’une partie de l’électorat ». Michel Crespy ajoute que « plus la commune est petite, moins les listes sont étiquetées ». Au contraire des villes, on y vote moins pour des logos que pour des personnalités locales connues.

    En apparence vide de sens, ces absences d’étiquette sont donc calculées. Une stratégie de « faux nez » le plus souvent utilisée par la droite et de plus en plus l’extrême droite jusque dans des petites villes. Si la gauche n’y échappe pas complètement c’est parce que « souvent les partis ne présentent plus de candidats », observe Michel Crespy. Néanmoins l’étiquette divers gauche ou union de la gauche reste plus assumée que divers droite ou extrême droite. Quoi qu’il en soit, toutes les listes déposées (avant le 26 février) seront a priori catégorisées, comme en 2020, dans les communes de plus de 3 500 habitants. Pour des besoins de statistiques nationales, les préfectures apportent une « nuance » : écologiste, divers centre, divers droite, extrême droite… Laquelle « diffère de l’étiquette déclarée librement par le candidat sur le Cerfa »… Et la préfecture de l’Hérault de préciser : « La nuance est attribuée unilatéralement par l’administration, en fonction de critères objectifs. » Aux électeurs d’être attentifs pour savoir pour qui ils votent vraiment.

  • Capgemini, Société générale et Ubisoft : menace sur l’emploi dans l’Hérault

    Capgemini, Société générale et Ubisoft : menace sur l’emploi dans l’Hérault

    Capgemini, la Société générale, Ubisoft. En moins d’une semaine, ces grandes sociétés ont fait part de leur volonté de se séparer de milliers de salariés. Le premier coup est venu de Capgemini, le 20 janvier. Le géant français des services informatiques a annoncé vouloir supprimer 2 400 postes sur les 35 000 que compte l’Hexagone. L’Hérault, où l’entreprise compte deux sites, est concerné. Une décision justifiée, selon la direction, par une mauvaise conjoncture économique et un besoin de restructuration des métiers liés à l’IA. « Mais cette conjoncture n’empêche pas Capgemini de continuer à verser des dividendes, de réaliser près de deux milliards de dollars de bénéfices pour [1,6 milliard d’euros] un chiffre d’affaires à peu près constant autour de 20 milliards de dollars [16,7 MD d’euros] », précise Benjamin Girard, délégué syndical CGT chez Capgemini. Et même si l’activité marque le pas en France – le groupe a perdu 5% de son chiffre d’affaires au cours des neuf premiers mois de 2025 – « cette baisse a déjà compensé car l’an dernier, les effectifs ont été diminués de 5 % », reprend le syndicaliste. Ce plan social déguisé prendrait la forme d’une rupture conventionnelle collective. Sur la trentaine de sites en France, Montpellier ne devrait pas y échapper. « Sauf qu’aujourd’hui, on n’a aucune visibilité sur les postes concernés. Si jamais ils n’arrivent pas à trouver le nombre de volontaires suffisants, on ne sait pas ce qu’il va se passer. Ils nous parlent aussi de mobilité interne, ce qui induit des changements de situation personnelle importants. D’autant que si le salarié refuse, cela peut conduire à un licenciement », dénonce Benjamin Girard. Chez Capgemini, on attend l’ouverture des négociations le 5 février avant de se mobiliser. « Nos revendications sont claires : zéro suppression de postes », prévient Benjamin Girard. Le groupe semble préférer faire ses emplettes avec la milice ICE de Trump.

    10 février, grève chez Ubisoft

    Incertitude aussi pour les salariés d’Ubisoft, qui vient d’annoncer 200 licenciements ainsi qu’un plan d’économie de 200 millions d’euros d’ici les trois prochaines années. Si les 200 emplois concernent le siège social, domicilié au Val-de-Marne, « certaines personnes rattachées au siège travaillent dans d’autres studios, comme ici, à Montpellier. C’est pour eux une énorme inquiétude », se désole Clément Montigny, délégué syndical STJV chez Ubisoft Montpellier. Quant au plan d’économies – qui intervient après un premier plan de 300 millions d’euros depuis 2023- laisse également les salariés dans la panade. Six jeux vidéo ont d’ores et déjà été annulés et la direction veut revenir sur le télétravail, point de crispation qui avait déjà mené à une grève en 2024. « Avec le retour en présentiel, les gens vont payer pour venir travailler. Mais nos salaires n’augmentent pas, on risque de perdre encore plus de gens », craint Clément Montigny. Les syndicats appellent donc à un large mouvement de grève, du 10 au 12 février -un rassemblement est prévu le 10 à Montpellier. « Une grève internationale, des pays étrangers devraient se joindre au mouvement », indique Clément Montigny.

    La rue devrait donc devenir le théâtre de mouvements sociaux auxquels pourraient bien participer les salariés de la Société générale. Leur direction vient d’annoncer 1 800 licenciements d’ici 2027.

    2 204 défaillances d’entreprises dans l’Hérault et le Gard

    Selon la Banque de France, l’Hérault et le Gard connaissent de fortes défaillances d’entreprises [ne plus être en capacité de rembourser ses dettes, Ndlr]. Au 9 janvier, on dénombrait 1 515 défaillances de novembre 2024 à novembre 2025. Le Gard n’est guère mieux loti puisqu’entre octobre 2024 et octobre 2025, on dénombre 689 défaillances d’entreprises.

  • Nouveau préavis de grève chez Beemob à Béziers

    Nouveau préavis de grève chez Beemob à Béziers

    À Béziers, le changement de gestionnaire du réseau de transports en commun, Beemob, semble avoir fait son lot de mécontents. Aussi bien les conducteurs que les usagers. En cause ? La restructuration du réseau – des horaires et des tracés ont été modifiés – lancée par le nouvel opérateur, RATP Dev, mais qui semble ne pas prendre en compte les réalités du terrain. « La vitesse commerciale des bus a augmenté, ce qui fait qu’il y a moins de temps de coupure pour les conducteurs en bout de ligne. Donc, ils ne peuvent pas tenir les horaires. Les usagers sont donc remontés et prennent à partie les conducteurs », explique Gilles Escarguel, représentant Unsa transport urbain. À cela s’ajoute un fort recours à des intérimaires. Le syndicat a donc déposé un préavis de grève du 22 janvier au 22 mars.

    Également dénoncée par l’Unsa, l’absence de revalorisation salariale en 2025. Face à la gronde qui montait, la direction a formulé plusieurs propositions, à savoir une revalorisation salariale de 1,5% et la signature d’un accord de substitution. Mais le compte n’y est pas pour l’Unsa, qui a décidé de poursuivre le mouvement. « L’accord proposé ne reprenait pas les règles du maintien de la mutuelle des salariés et nous demandions 2 % de revalorisation, ce qui n’a pas été accepté », poursuit Gilles Escarguel.

    Une grève soutenue ?

    Sauf que l’Unsa n’est plus le syndicat majoritaire de l’entreprise, la CGT ayant remporté les élections professionnelles avec 53% des voix en novembre 2023. Et les cégétistes ont eux signé l’accord avec la direction. « Nous sommes dans un dialogue social constructif, l’employeur a accepté d’augmenter nos salaires – Vectalia [l’ancien opérateur, Ndlr] est parti comme un voleur et avait refusé les NAO en 2025. Sur l’accord de substitution, la direction aurait pu essayer de nous enlever le 13e mois mais elle a décidé de rien nous faire perdre », soutient Mounir Youfsi, délégué CGT, reconnaissant néanmoins des « conducteurs en souffrance sur ces lignes », mais préférant attendre les nouvelles propositions de la direction, fin février. Ce n’est pas du goût de l’Unsa, qui prévoit d’amplifier le mouvement si rien ne se passe (le mouvement se concentre à une heure de grève le lundi, une autre le vendredi).

    Deux visions opposées, se traduisant également dans le soutien à la grève. Si l’Unsa avance le chiffre de 76% de grévistes, la CGT parle de… 10%. Après la lutte sociale, la bataille des chiffres ?

  • Django, Davis et Ellington à l’honneur à Bayssan

    Django, Davis et Ellington à l’honneur à Bayssan

    Lier création et tradition. Tel est le credo de la 4e édition de Jazz à Bayssan, qui se déroulera du 30 janvier au 1er février au domaine éponyme. Une nouvelle édition qui fait la part belle à de grandes figures de jazz : Django Reinhardt mais aussi Duke Ellington et Miles Davis. Un trio de stars qui sera revisité par des talents d’aujourd’hui – 33 artistes pour cinq concerts – tout au long du festival.

    Premier rendez-vous le 30 janvier, avec le trio de Baptiste Herbin pour un Django revisité pour le moins original puisque le concert se fera sans guitare ni piano. « C’est très audacieux. C’est une proposition qui donne une autre sonorité au répertoire de Django Reinhardt, Baptiste vient de sortir son nouvel album, “Django”. Mais on souhaitait avoir les deux versants. Ce concert sera précédé par Adrien Moignard avec son 4tet à cordes. C’est un des guitaristes de jazz manouche les plus reconnus aujourd’hui », détaille Bruno Houlès, directeur de la Scène de Bayssan.

    Le 31 janvier, Miles Davis sera revisité sous un air de flamenco, à travers la rencontre entre le trompettiste Erik Truffaz et Antonio Lizana (20h). Un concert précédé par celui du quartet Prima Kanta, nourri d’influences de Philip Glass.

    Il reviendra au jeune trompettiste Béesau de fermer la marche, le 1er février, pour un concert teinté de hip-hop et d’électro, dans l’intimité de la Chapelle Saint-Félix. « C’est une belle découverte, il viendra avec son quartet, sa trompette singulière et son souffle particulier.  »

    * Programme complet à retrouver sur : scene-de-bayssan.herault.fr.

  • Michaël Delafosse veut un office municipal du pouvoir d’achat à Montpellier

    Michaël Delafosse veut un office municipal du pouvoir d’achat à Montpellier

    À deux mois des municipales, Michaël Delafosse entre en campagne. Le maire PS sortant, candidat à sa réélection, vient de dévoiler les premières mesures de son programme, le 26 janvier dans son tout nouveau local de campagne dans le quartier Antigone.

    Dans le contexte austéritaire infligé par l’État, le maire socialiste veut agir en faveur du pouvoir d’achat des Montpelliérains. Des mesures qui s’inscrivent dans la lignée du mandat actuel, durant lequel a été mise en place la gratuité des transports dont bénéficient plus de 470 000 résidents de la métropole de Montpellier. « Nous allons amplifier ce bouclier social avec la création d’un office municipal du pouvoir d’achat, qui s’inspirera de la mutuelle communale que nous avons mise en place. Cet outil permet d’avoir une garantie santé moins chère que celles existantes. Il fonctionne bien, nous allons donc l’élargir à l’assurance habitation multirisque », soutient Michaël Delafosse.

    En résumé, la collectivité négociera directement avec les opérateurs pour réaliser une commande groupée, ce qui permettra de faire baisser la facture pour les habitants. Le même mécanisme sera à l’œuvre pour les alarmes, les ventilateurs ou encore les pompes à chaleur. L’énergie est également au cœur du programme de l’édile puisque ce dernier ambitionne de poursuivre le raccordement des logements au réseau de chaleur urbain. « Avec cet accès maîtrisé du prix de l’énergie, la facture sera moins chère de 10% », soutient Michaël Delafosse.

    Soutenir les centres de santé associatifs

    Après la gratuité des transports, c’est celle des médiathèques que le candidat veut instaurer. « L’immense défi de notre société est notre rapport au livre, à l’écriture. Les médiathèques sont une ressource pour le savoir et nous proposerons un accès universel au réseau des quinze médiathèques  », développe le socialiste.

    La lutte pour le pouvoir d’achat passe également par la santé. « Même si nous ne sommes pas un désert médical, il faut être vigilant sur l’accès aux soins en renforçant l’offre », fait valoir Michaël Delafosse. Ainsi, le maire sortant s’engage à soutenir les centres de santé associatifs déjà existants et à aider à la construction de maisons de santé de la Région Occitanie dans les quartiers prioritaires de la Ville. Tout comme l’implantation d’une antenne du CHU à la place de l’ancienne tour d’Assas, dans le quartier Mosson.

    Montpellier compte près de 46 000 habitants âgés de 65 ans et plus. Un plan de lutte contre leur isolement figure également en bonne place dans le programme. Il comprend la réinstallation de concierges dans le parc social, le développement d’une application « anti-chute », l’installation de bancs publics. Surtout, il prévoit le développement de résidences intergénérationnelles et la construction de quatre résidences sociales seniors – deux sont déjà engagées. Une manière de « prendre soin de nos aînés », insiste le maire-candidat.

    « De bonnes choses »

    Ces annonces sont bien accueillies par Claude Gaubert, responsable montpelliérain de l’UFC-Que Choisir. « Se regrouper pour obtenir de meilleurs prix est une bonne chose. D’autant que pour certains produits, comme les pompes à chaleur, le risque d’arnaque est non négligeable. Si cet office municipal du pouvoir d’achat peut apporter aussi de la sécurité, c’est mieux ». Des mesures qui devront être accompagnées d’une meilleure information : Claude Gaubert regrette le faible engouement actuel des consommateurs pour ces achats groupés.