Category: social

  • La CGT veut une riposte culturelle face au RN

    La CGT veut une riposte culturelle face au RN

    Des États généraux face à un État toujours moins généreux. Un an après l’appel lancé par le PCF à la tenue de nouveaux États généraux de la culture, le sujet était, ce jeudi matin, au cœur d’échanges en plein festival d’Avignon. Avant une table ronde de représentants politiques de gauche sur le dossier, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, est montée sur scène au côté de Tiago Rodrigues, directeur du festival d’Avignon. Pour rappel, en toile de fond de cette 80e édition, les acteurs du spectacle vivant multiplient les alertes et mobilisations face au gel des dotations décrété par le gouvernement, laissant de nombreuses structures dans la panade. Une grande manifestation nationale est dans les tuyaux le 26 septembre.

    « Il y a beaucoup de travail pour relancer l’idée d’une culture populaire de qualité qui est aujourd’hui considérée au rabais car de masse », pose Sophie Binet en faisant écho au fait que l’ADN du festival est étroitement lié à l’avènement des congés payés et l’idée de proposer des spectacles accessibles à tous. À ses côtés, Tiago Rodrigues défend sa « mission de service public avec un accès à la création ». Portugais, le directeur du festival ne cesse de vanter le modèle culturel français, si envié à l’international. « Quand j’étais directeur du théâtre national de Lisbonne, j’ai réussi à faire passer la création d’un statut d’intermittent du spectacle au Portugal calqué sur celui qui existe en France », rappelle-t-il.

    Face au fascisme,

    « il faut faire rempart »

    Or, « les mâchoires des politiques d’austérité » sont là « avec des coupes budgétaires en cours d’année », dénonce Sophie Binet. En parallèle, s’ajoutent « le projet idéologique de l’extrême droite qui investit dans la culture » et « les attaques contre la liberté de création avec des discours populistes comme quoi la culture défendrait son petit entre soi bobo », alerte la dirigeante syndicale. Tiago Rodrigues se fait offensif. « On crée une atmosphère pour qu’un directeur ne pratique plus son droit à la liberté de création qui est inscrite dans la loi, il n’y a pas de neutralité, on est un festival progressiste, féministe, antiraciste… mais avec les baisses de subventions et les injonctions idéologiques, on prépare le terrain au fascisme, il faut faire rempart », monte-t-il au créneau, très applaudi.

    « Le plus grand danger est l’autocensure silencieuse, il y a besoin de jouer collectif », exhorte Sophie Binet. Manière de s’adresser aux représentants politiques de gauche qui ont pris la suite sur scène de ne pas (trop) se désunir car « même si l’extrême droite ne gagne pas, elle sera la première force d’opposition ». Une façon de faire passer le message aux représentants de gauche présents dans l’assistance de ne pas partir (trop) désuni à la présidentielle. Et à entendre Pierre Dharréville (PCF), Emma Rafowicz (PS), Sophie Taillé-Polian (Debout), Clémentine Autain (L’Après), Sarah Legrain (LFI) et même Raphaël Glucksmann (Place publique), croisé à l’extérieur du débat, on s’aperçoit que la culture est un dénominateur commun à gauche avec un même constat partagé et des réponses très partagées. « Dans nos aspirations à faire face au danger de l’extrême droite, il y a peu de domaines dans lesquels les discussions que nous avons se déroulent avec ce type d’initiatives communes », apprécie l’ex-député PCF Pierre Dharréville, un des instigateurs de ces États généraux. Et d’appeler à « ne pas regardez ailleurs, ça brûle ici ».

  • Le répit de Notre-Dame, un lieu de restauration inclusif et solidaire

    Le répit de Notre-Dame, un lieu de restauration inclusif et solidaire

    « Le lieu est magnifique, ça fait plaisir de travailler là », s’enthousiasme Théo, 24 ans, en situation de handicap sensoriel et employé du répit de Notre-Dame (7e). Cette entreprise adaptée accueille, au sein de son équipe de 9 personnes, 6 employés en situation de handicap. Dans les pentes de Notre-Dame de la Garde et face à la mer Méditerranée, le répit de Notre-Dame fait partie d’un projet plus vaste de tiers-lieu inclusif, porté par l’association IRSAM.

    Née il y a 165 ans à Marseille, la structure œuvre en faveur de l’inclusion des personnes en situation de handicap sensoriel. « La mission principale est l’accompagnement de ces personnes, faire en sorte qu’elles soient, à terme, autonomes », explique Marion De Bovis, chargée de communication pour l’association. Depuis, son champ d’action s’est élargi et s’est développé vers de nouveaux territoires et de nouveaux handicaps. Avec plus d’une quarantaine d’établissements d’accueil, l’ouverture de ce tiers-lieu marque une nouvelle étape pour l’IRSAM.

    Au-delà de l’entreprise adaptée qui se développe autour de trois activités (café-restaurant, privatisation du lieu pour séminaires et associations et épicerie locale et solidaire), le lieu accueille aussi un espace d’habitat inclusif, la Villa Saint-Louis. « Tous s’engagent à faire vivre ce projet de vie partagée et inclusive » ajoute Marion De Bovis : une charte en cours de rédaction va être signée par les 13 locataires des logements du bâtiment, dont 4 sont en situation de handicap sensoriel.

    Un lieu tourné

    vers le handicap

    Le répit de Notre-Dame est une entreprise destinée aussi bien aux touristes qu’aux Marseillais du quartier, mais c’est avant tout un lieu tourné vers le handicap sensoriel, pensé au service de l’association et des personnes en situation de handicap et non l’inverse.
    « Venir ici, c’est contribuer à l’inclusion de ces personnes au sein de la vie sociale, contribuer à rendre visible et à changer le regard sur le handicap », fait valoir Julie Giraud, qui pilote le projet. En 2019, la congrégation des Sœurs de Marie Immaculée a légué le bâtiment à la structure, Julie Giraud construit le projet du tiers-lieu dans la démarche de mettre en avant le bâtiment et l’association : « On avait envie de créer un lieu ouvert sur l’extérieur, un lieu qui soit beau, où l’on peut se rencontrer et qui montre que les personnes en situation de handicap sont en capacité de travailler ».

    Ouvert au public depuis le 26 juin, le lieu se fait connaître et conquiert le cœur des clients. « On a eu que des retours positifs, tant sur la cuisine que sur le lieu et le fond du projet », se félicite Edouard Brame, responsable du lieu. Ouvert du mardi au samedi, de 10h à 20h, le répit propose des offres petit-déjeuner, déjeuner, goûter et apéro tapas, accueillant les consommateurs tout au long de la journée. Il propose une cuisine simple, avec des produits locaux et des pâtisseries faites maison. L’épicerie locale et solidaire propose elle aussi des produits du terroir, majoritairement issus d’ESAT (établissement et service d’accompagnement par le travail).

    Dans un cadre idéal, avec une vue prenante sur Marseille et le chant des cigales, Pierre-Laurent, autre employé en situation de handicap, accoste même les passants : « Viens dans la clim ! », invite-t-il à se rafraîchir. L’atmosphère du lieu est chaleureuse : « Il y a une très bonne ambiance dans l’équipe. Edouard est très sympa, les collègues de travail aussi », applaudit Théo.

    Une inauguration officielle aura lieu le 22 septembre, et l’association ouvrira les portes de ses bâtiments pour les journées du patrimoine le samedi 18 septembre.

  • À Primark, les salariés à temps partiel veulent travailler davantage

    À Primark, les salariés à temps partiel veulent travailler davantage

    Face à une conjoncture économique difficile pour de nombreux foyers, en particulier ceux dotés de ressources limitées, il n’existe parfois qu’une seule solution : travailler davantage. Une conception très libérale du monde du travail, promue par Nicolas Sarkozy à travers son slogan de campagne pour la présidentielle 2007, qui ne traduit pas toujours une orientation politique, mais une nécessité dans la situation actuelle, avec des salaires qui ne suivent pas l’inflation.

    Les salariés de Primark, à La Valette-du-Var, sont concernés. Certains d’entre eux (86 sur les 123 vendeurs de l’enseigne), employés à temps partiel (25 heures hebdomadaires maximum), souhaitent travailler davantage, mais ne se voient pas proposer d’heures supplémentaires ou complémentaires par leur direction. « Pour beaucoup, le temps partiel n’est pas un choix, mais une contrainte. Les heures complémentaires représentent un ajout indispensable pour payer un loyer, financer des études, assurer les dépenses du quotidien ou constituer une épargne pour les mois où les revenus diminuent », dénonce la CGT Primark La Valette. Parmi eux, des contrats étudiants (8 à 16 heures), qui se retrouvent « particulièrement touchés. Pendant les vacances d’été, nombre d’entre eux ne perçoivent pas de bourse et comptent sur leur emploi pour préparer leur rentrée universitaire. Aujourd’hui, cette possibilité leur est refusée, les plaçant dans une situation financière difficile ».

    L’ombre de la grève

    Une situiation incompréhensible pour la CGT, eu égard aux récentes embauches, dont elle se félicite cependant, mais qui « ne doivent pas se faire au détriment des salariés déjà présents qui souhaitent augmenter leur temps de travail. Embaucher est une nécessité ; permettre à ces salariés de bénéficier d’heures complémentaires, lorsque l’activité le permet, l’est tout autant ».

    Alertée par les syndicats, la direction a indiqué « faire le maximum dans la mesure de [ses] possibilités économiques et organisationnelles, pour proposer des compléments d’heures lorsque les besoins de l’activité le permettent. Leur engagement (…) est reconnu, apprécié, et il constitue un élément important dans [ses] réflexions ». Des mots que la CGT considère comme « contradictoires » et « insuffisants » vis-à-vis de la situation, alors que les salariés s’étaient vus présenter la possibilité d’effectuer des heures supplémentaires lors de leur recrutement. Elle demande à la direction de « respecter les engagements affichés envers les salariés à temps partiel », sans quoi un mouvement de grève pourrait être enclenché.

  • À Avignon, le monde culturel maintient la pression sur le gouvernement

    À Avignon, le monde culturel maintient la pression sur le gouvernement

    C’est malheureusement une pièce à succès qui se joue lors de ce Festival d’Avignon. Avec dans la mise en scène un gouvernement austéritaire et comme acteurs principaux et victimes les professionnels du spectacle vivant. Après une manifestation jeudi dernier devant l’hôtel de Ville et avant une agora ce jeudi 16 devant le palais des Papes, une nouvelle mobilisation s’est tenue ce lundi soir, également sur la place papale. « On construit un mouvement unitaire en intersyndicale avec des organisations d’employeurs et de salariés », pose Joris Mathieu, coprésident du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac).

    À ses côtés, la CGT spectacle, le Synavi (syndicat national des arts vivants), Scène ensemble ou le collectif Livrer bataille. Tiago Rodrigues, directeur du festival, se joint aussi au mouvement. « Le service public de la culture est un patrimoine démocratique, ce festival n’est pas possible sans lui, à partir du moment où ce service public est en danger, on est tous en danger », estime-t-il. Sa voisine de tribune est l’une de ses prédécesseurs à la tête du festival, Hortense Archimbault. L’actuelle directrice de la MC 93 [Maison de la culture de Seine-Saint-Denis] confie n’avoir « jamais affronté ça en 22 ans ». Le ça en question : le gel de dotations par l’État pour le second semestre mettant en péril de nombreux spectacles et donc d’activités pour les artistes. « Je ne veux pas déprogrammer et renier la confiance accordée aux artistes et au public, en faisant cela, je crée un gros déficit pour ma structure », assume-t-elle. Et ce « alors qu’il y a une forte demande sociale pour le spectacle vivant avec jamais autant de monde dans les salles ».

    Un « saccage délibéré

    des services publics »

    « Nous n’accepterons pas de mourir en silence », prévient Delphine Lalizout, coprésidente du Synavi. L’intersyndicale pose trois revendications : un moratoire urgent sur ces coupes budgétaires, la création d’une commission interministérielle en lien avec les collectivités territoriales pour mener une vraie concertation, et porter à 1% minimum la part de la culture dans le budget de l’État. « Une catastrophe sociale s’annonce avec un grand mépris du gouvernement qui ne nous a pas concertés », s’insurge Ghislain Gautier, secrétaire général adjoint de la CGT spectacle qui brandit la menace d’une grève. « On exige une prise en considération du gouvernement d’ici au 16 juillet, avoir au moins un rendez-vous, sinon on discutera des modalités d’action qui peuvent aller jusqu’à la grève », annonce le représentant syndical.

    Si pour l’heure il ne s’agit que d’une hypothèse, « c’est l’exécutif qui, par son mutisme, son mépris et son saccage délibéré des services publics, en porterait la responsabilité », conclut Joris Mathieu.

  • Fibre Excellence : un ultime délai pour l’offre de reprise

    Fibre Excellence : un ultime délai pour l’offre de reprise

    Le tribunal de commerce de Toulouse a repoussé au 27 juillet l’examen de l’offre de reprise de Fibre Excellence déposée par Matthieu Pigasse, accordant un ultime sursis au groupe papetier en redressement judiciaire. Ce délai doit permettre de « demander à l’État des ajustements techniques pour sauver toute une filière, deux usines et des emplois », a expliqué Matthieu Levieille, directeur général de Combat Holding.

    Le tribunal a prévenu qu’il s’agissait de la « dernière » offre pour les usines de Saint-Gaudens et de Tarascon, à l’arrêt depuis avril, selon Cédric Bye, délégué CGT. Le syndicat réclame un soutien de l’État sur l’approvisionnement en bois, les quotas carbone et le prix de l’électricité.

    « Reprendre les échanges » avec Bercy

    Combat Holding, à la tête d’un consortium d’investisseurs, dit avoir eu peu d’échanges avec le ministère. « On attend de l’État une saisie très rapide du dossier », a insisté Matthieu Levieille. À Bercy, l’entourage du ministre Sébastien Martin renvoie toutefois la balle au repreneur : les collectivités ont précisé leur soutien, mais Matthieu Pigasse doit « transformer les promesses en financements ».

    Déposée à la dernière minute, l’offre prévoit la reprise du groupe et de ses 660 salariés pour un euro symbolique, accompagnée de 107 millions d’euros d’investissements. Le projet vise aussi à préserver entre 5 000 et 10 000 emplois indirects dans la filière bois et papier. Le financement repose sur Combat Holding, des fonds régionaux, des aides énergétiques ainsi que des prêts publics et bancaires. « C’est un actif industriel unique à préserver », a souligné Matthieu Levieille. Le plan d’affaires devrait s’étaler en quatre phases jusqu’en 2035.

  • La CGT Santé alerte sur un « management agressif »

    La CGT Santé alerte sur un « management agressif »

    Je n’ai plus l’impression de travailler dans un hôpital, j’ai l’impression de travailler dans une prison », a écrit, il y a quelques jours, une infirmière à Cédric Volait, représentant de la CGT Santé des Alpes. Selon lui, depuis le mois de janvier, les conditions de travail ne cessent de se dégrader au sein des établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux du département. « Les salariés nous alertent d’un management agressif et répressif. Ce n’était pas trop le cas, mais là, ce type de gestion monte en puissance. De nombreux salariés ont l’impression qu’il y a une volonté de les faire partir », regrette Cédric Volait, aussi coordinateur régional Paca de la CGT Santé.

    Une augmentation

    des conseils de discipline

    Le délégué syndical dit observer une hausse des conseils de discipline au sein des établissements pour des raisons qui, selon lui, ne sont pas valables. Surprise par son directeur, une aide-soignante a été convoquée pour s’être assoupie lors de sa garde de nuit, affirme-t-il. « Écœurée », elle a démissionné. « Ce qui se réglait avec un avertissement verbal prend aujourd’hui des proportions démesurées. C’est très brutal », estime Cédric Volait.

    Certains entretiens disciplinaires conduisant à une mise à pied conservatoire des salariés. « On souhaite revenir à un management bienveillant. Ça commence par mettre en place les moyens nécessaires », poursuit-il. Une délégation a rencontré le directeur de l’ARS, le 2 juillet. Ce dernier, selon Cédric Volait, aurait dit « entendre les retours du terrain » et demander aux équipes « d’améliorer le dialogue social ». Le syndicat réfléchit à une mobilisation en septembre.

  • La CGT Paca promet un festival contre l’extrême droite

    La CGT Paca promet un festival contre l’extrême droite

    Après, lundi, la tenue d’une rencontre à l’initiative de la CGT spectacle pour se prémunir face à l’extrême droite, le comité régional CGT Paca s’est réuni ce vendredi au sein de la Bourse du travail d’Avignon. Avec un peu la même optique au sein de chaque union départementale : promouvoir la culture comme rempart à l’extrême droite. « On est dans une période cruciale d’affrontement entre l’extrême droite et les idées de progrès social », campe Patrice Kantarjian, secrétaire régional de la CGT. Surtout depuis que l’extrême droite, via « les milliardaires Bolloré ou Stérin ont décidé d’investir le champ de la culture avec des moyens colossaux », constate-t-il.

    Localement, les exemples sont nombreux « avec le RN qui cible la culture populaire comme à Monteux en coupant drastiquement sa subvention à la MJC [notre édition de vendredi] », note Patrice Kantarjian. Dans les Bouches-du-Rhône, la CGT s’est mobilisée à Aix en novembre contre la programmation de la Dame de pierre, spectacle sur Notre-Dame de Paris promu par Pierre-édouard Stérin. « Des membres de l’Action française étaient là, cela pose aussi des problèmes sur le droit du travail qui n’est pas respecté avec des bénévoles qui agissent à la place d’intermittents du spectacle, on a saisi l’inspection du travail », rappelle Marc Pietrosino, secrétaire de l’UD des Bouches-du-Rhône. La mobilisation devrait reprendre car le spectacle est programmé au Dôme de Marseille le 22 septembre.

    « Partout où l’extrême droite veut réécrire l’histoire, la CGT sera là pour construire un contre récit avec des villages de la paix, des pièces de théâtres, de la musique, des bibliothèques… », prévient Richard Roméo-Giberti, secrétaire de l’UD CGT du Var. À Avignon, « depuis 18 ans au Festival, la CGT ouvre son théâtre de la Bourse du travail comme lieu de contre-pouvoir à l’extrême droite dans l’esprit de Jean Vilar », appuie Laurence de Villèle, secrétaire de l’UD CGT de Vaucluse. Maxime Séchaud, secrétaire adjoint de la CGT spectacle, assure que « face aux coupes budgétaires du gouvernement, on se serre les coudes en construisant un mouvement commun ». « Il faut sortir de la logique mortifère du tableau Excel, la culture ne peut se concevoir comme une matrice mathématique », exhorte Richard Roméo-Giberti.

  • Plus de 900 manifestants à Avignon face aux coupes dans la culture

    Plus de 900 manifestants à Avignon face aux coupes dans la culture

    Les derniers magiciens, clowns et artistes finissent à peine leur spectacle public sur la place de l’Horloge d’Avignon, Festival oblige, que presque un millier de personnes se sont rassemblées ce jeudi 9 juillet en début de soirée. Elles dénoncent les dernières coupes budgétaires annoncées dans le monde de la culture.

    Derrière la large banderole « Nous voulons vivre de nos métiers », déployée par la CGT Spectacle, une large intersyndicale du secteur s’est exprimée. Notamment après la confirmation de la ministre de la Culture, Catherine Pégard, lors de sa visite en Cité des Papes ce samedi 4 juillet, de nouvelles coupes budgétaires prévues… « La situation que traverse le secteur est très grave. C’est une hécatombe », confirme Maxime Sochaud, secrétaire général adjoint de la CGT Spectacle. Devant les manifestants, il dénonce un secteur « qui est devenu la variable d’ajustement du gouvernement », assurant que la nouvelle ministre a évoqué des contraintes liées « à la guerre, à la canicule ou encore à l’agriculture ». Et rappelle la demande de son syndicat de porter le budget de la culture à 1 % de celui du pays. Il est actuellement évalué à 0,7 % par les syndicats.

    « On peut être un point de démarrage d’un mouvement bien plus large », impulse Joris Mathieu, coprésident du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac). « Il faut être conscient de ce qui est en train de se passer. 14,60 euros par habitant et par an pour la culture, c’est une catastrophe », abonde-t-il. « On a des journées de plus en plus raccourcies. C’est un plan social massif qui ne dit pas son nom, car cela menace des milliers de personnes », dénonce une membre du Syndicat national des arts vivants (Synavi).

    Soutiens politiques

    L’occasion aussi pour les personnalités politiques, nombreuses à se rendre à Avignon lors du Festival, de s’exprimer dans ce sens. La députée insoumise Sarah Legrain (Paris, 16e cir.), qui accompagnait le leader du parti, Jean-Luc Mélenchon, et le député local Raphaël Arnault, a pris le micro pour dénoncer un « plan de licenciement géant qui ne dit pas son nom ». Et d’assurer, devant le candidat à la présidentielle, que le parti soutiendra la proposition d’1 % du budget. Tandis que Raphaël Arnault en a profité pour lancer une pique au maire de la ville, « le zozo là-haut », en évoquant la baisse des subventions à plusieurs associations culturelles. Une mesure votée lors du dernier conseil municipal, en juin.

    De son côté, le secrétaire fédéral du PCF Vaucluse, David Pascal, dénonce « des choix profondément politiques ». « Une culture qui appartient à toutes et à tous, quels que soient son quartier, son métier ou son revenu. Chaque coupe budgétaire, chaque projet abandonné, chaque festival fragilisé se traduit par des contrats qui disparaissent, davantage de précarité et des vies rendues toujours plus difficiles », poursuit-il.

  • Les syndicats alertent de la fermeture de l’hôpital privé Vert Coteau

    Les syndicats alertent de la fermeture de l’hôpital privé Vert Coteau

    « On est très préoccupés pour les salariés », martèle Karine Cheniclet, secrétaire médicale à l’hôpital privé Vert Coteau et déléguée syndicale centrale Unsa du groupe Sainte-Marguerite, ce jeudi. Les sept hôpitaux privés avaient été rachetés le 3 février 2026 par Almaviva. Cinq mois plus tard, les salariés ont appris le projet du groupe : fermer progressivement l’hôpital privé Vert Coteau d’ici juin 2027.

    Le risque de suppression d’emplois

    « Sur les 239 salariés, 80% seraient transférés à l’hôpital privé Beauregard », explique Sandrine Cartier, aide-soignante retraitée de Beauregard et élue CGT à Sainte-Marguerite. « Les 20 % restants seraient répartis dans les autres hôpitaux du groupe », ajoute-t-elle.

    Pour assurer le transfert des salariés, Almaviva doit obtenir une autorisation officielle de l’Agence régionale de Santé. « Le problème, c’est qu’ils ne l’ont pas », affirme Gaëtan Fine, préparateur en pharmacie et élu Unsa à Vert Coteau. Almaviva déclare attendre la fin du processus de consultation des instances représentatives du personnel avant de déposer le dossier à l’ARS.

    « Il y a une zone grise dangereuse pour les salariés », s’indigne Karine Cheniclet. Les délégués syndicaux craignent le pire pour les employés mais ils assurent souhaiter des réponses de la part de la direction. Almaviva affirme vouloir trouver « les meilleures solutions pour l’ensemble des salariés, quelles que soient les étapes à venir ».

  • Les agents de l’hôpital de Martigues votent la grève contre l’austérité

    Les agents de l’hôpital de Martigues votent la grève contre l’austérité

    « Ce n’est pas une question de statut, de grade ou de métier, si on se mobilise pas tous ensemble jusqu’au bout, le bateau coule. » Ce brancardier de l’hôpital de Martigues a donné le ton de l’assemblée générale du personnel, bondée, organisée à l’initiative de la CGT et rejointe par la CFDT.

    Au cœur des préoccupations, les mesures sociales présentées par la direction aux syndicats le mois dernier et dont certaines doivent s’appliquer dès septembre. Le plus gros point d’achoppement est celui de la pause méridienne, dont le projet est de ne plus la décompter du temps de travail. « C’est impensable pour nous alors que ça fait partie de la prise en charge de prendre le repas avec les patients », s’insurge cette soignante en psychiatrie. Inquiétude aussi au bloc opératoire. « On mange sur site, si on devait sortir manger à tour de rôle, c’est juste pas possible », pour cette infirmière au bloc opératoire, notamment en raison des procédures très encadrées de préparation sanitaire.

    Autre mesure, la fin des gardes de 24h dans certains services. Cette infirmière anesthésiste au bloc opératoire indique que « ce roulement convient très bien à l’équipe depuis 20 ans ». « La direction veut couper le service en deux fois douze heures, ce qui voudrait dire travailler plus souvent et des roulements de nuit imposés. Le confort de vie personnel est menacé sans salaire ni repos en plus », poursuit-elle.

    Une autre infirmière du bloc complète : « On devra faire des astreintes de nuit mais au final on devra des heures à l’établissement car on n’aura pas assez travaillé. Avec parfois 47 passages au bloc, on travaille déjà jusqu’à des heures pas possibles. » « On a besoin de repos ! Au bloc on est habillé pendant 4-5h et on doit être concentré sur le robot chirurgical. Sinon, c’est un danger direct pour le patient », insiste-t-elle.

    Un laboratoire

    pour les autres hôpitaux ?

    La mobilisation a déjà commencé. « On a commencé une opération escargot au bloc, on a prévenu les chirurgiens qu’on ne ferait que 10 opérations, pas 47. Ils nous soutiennent, donc ils se plaindront à la direction », détaille cette autre infirmière de salle de réveil. « Notre espoir est de les emmener avec nous » reprend une autre infirmière du bloc, « Les opérations c’est ce qui ramène le plus d’argent à l’hôpital, c’est là qu’il faut taper. On met pas en danger les patients. » De la même manière, les agents du service facturation, sous « grosse pression de la direction pour faire rentrer l’argent » selon l’une d’entre elles, compte aussi se mettre en mode escargot et ne facturer que les consultations, non plus les hospitalisations. « C’est le seul moyen de pression qu’on a car on ne veut surtout pas toucher aux soins », justifie-t-elle.

    En filigrane de la mobilisation au CH de Martigues, les agents pensent aussi global. « À Arles et Aubagne, ils sont aussi en plein conflit social, face à des mesures faites à partir de Martigues », analyse à l’assemblée cette syndiquée CGT. La grève d’une heure jeudi 16 juillet prochain a été votée à l’unanimité par les participants. « Nous allons interpeller les élus du territoire et la population sur les marchés », précise Laure Privat, secrétaire du syndicat CGT de l’hôpital.

    Contactée, la direction du CH de Martigues n’a pas répondu à nos sollicitations.