Category: social

  • Les ambulanciers de la région en plein malaise

    Les ambulanciers de la région en plein malaise

    « Pin-pon. » Les sirènes des ambulances retentissent Boulevard des dames, ce jeudi, devant l’Hôtel de Région. Ils sont 300 véhicules à bloquer les rues de la cité phocéenne. Rassemblés à l’initiative de l’inter-fédération des entreprises de transport sanitaire en raison d’un contexte économique difficile, les ambulanciers souhaitent se faire entendre par le gouvernement. « Nos tarifs sont trop bas pour assurer toutes les charges. Tout augmente, sauf nos tarifs, gelés depuis 2018. On souhaite une revalorisation des tarifs et une reconnaissance de notre métier », défend Virginie Allegre, 49 ans, chef d’entreprise et ambulancière dans le Vaucluse. « Je vois que les équipes souffrent. Les ambulanciers font de plus en plus de volume d’heures pour arriver à survivre. Mais on n’arrive pas à les payer correctement », regrette Tony Bondil, 27 ans, régulateur aux ambulances de Manosque.

    « Deux entreprises ferment chaque semaine »

    Le taux de rentabilité d’une entreprise d’ambulances varie entre 2 et 5%, selon eux. Mais les trois quarts seraient en déficit. « Notre société fait un chiffre d’affaires conséquent. Mais là, on a passé trois ans en négatif. Ça ne peut plus durer, ça va nous pousser vers la faillite », poursuit Tony.

    Depuis 2013, les coûts des entreprises ont explosé de 40%. Les tarifs des prestations des ambulanciers, eux, ont augmenté de seulement 10%, décrivent-ils. « On a plus aucune rentabilité. On arrive plus à assumer nos salariés et on nous en demande plus tous les jours. Ça fait des mois qu’on demande des audiences au ministre, des mois qu’on alerte, et on a aucun résultat. Les ambulanciers sont à bout. Deux entreprises ferment chaque semaine en ce moment. On est à un seuil où on a besoin que le gouvernement nous écoute, nous entende et prenne des mesures pour nous aider. Sinon, c’est toute la profession qui va s’effondrer. On est un maillon essentiel dans la chaîne de soins, ça va se retentir de tous les côtés », exprime Anthony Abihssira, représentant départemental de la fédération nationale des ambulanciers privés. Les transports sanitaires privés sont l’un des derniers services de proximité présents sur l’ensemble du territoire. « C’est aussi pour les patients qu’on se mobilise. Si on venait à disparaître, je pense que ça serait très compliqué pour certaines personnes », se désole Virginie Allegre.

    La mobilisation est nationale. Près de 400 ambulances se sont réunies à Paris, le 26 juin. Les ambulanciers se rassemblent ce vendredi, à Lyon.

  • Adapter les conditions de travail au climat

    Adapter les conditions de travail au climat

    « Quand on parle de fortes chaleurs, on parle d’un enjeu de vie ou de mort pour de nombreux travailleurs et travailleuses », martèle d’emblée Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. La centrale syndicale a présenté jeudi lors d’une conférence de presse, un plan de lutte pour l’adaptation des conditions de travail au changement climatique. Hasard du calendrier (ou pas), dans son 8e rapport annuel publié quelques heures plus tôt, le Haut Conseil pour le climat (HCC) pointe « les impacts du changement climatique [qui] deviennent de plus en plus dangereux ». La France « n’est pas prête », estime l’organisme indépendant créé en 2018, jugeant « impératif » qu’elle « change d’échelle dans l’ampleur, la portée et la vitesse de mise en œuvre des actions d’adaptation ». Parmi les 82 recommandations formulées – auxquelles le gouvernement a six mois pour répondre – le HCC réclame le renforcement du « cadre réglementaire en santé au travail ».

    La CGT a pris les devants et tiré la sonnette d’alarme. À l’issue d’une réunion avec les différentes fédérations, au moins dix morts au travail sur ces trois épisodes caniculaires, ont été recensés. Sophie Binet intime le ministre du Travail de publier « immédiatement » les chiffres officiels des accidents mortels liés à la chaleur. À ces drames s’ajoutent des « centaines de malaises » et « d’accidents » : « des travailleurs et des travailleuses qui poursuivent leurs journées malgré les vertiges, la déshydratation, les nausées ou l’épuisement, parce que les objectifs de production fixés par les patrons, eux, ne connaissent pas la canicule », pousse la numéro 1 de la CGT.

    La centrale a mis en ligne le 4 juillet dernier sur son site internet un « calculateur de chaleur »*. Cette grande enquête nationale élaborée par les statisticiennes de la CGT, la Dares et la Drees vise à recueillir des témoignages de salariés et recenser leurs revendications. Les premiers résultats sont édifiants. Sur les 5 000 personnes ayant répondu en cinq jours seulement, 9 salariés sur 10 jugent les dernières canicules « pénible », « très pénible » ou « insupportable ».

    Au moins 10 morts

    au travail

    Dans ce plan, l’une des mesures principales est l’interdiction systématique du travail en extérieur au soleil, ou entre midi et 18h à partir des alertes orange et rouge, y compris pour les travailleurs micro-entrepreneurs ou abusivement considérés comme tels (livreurs à vélo liés aux plateformes numériques), en prévoyant le maintien des rémunérations, sans report des heures de travail, écrit le syndicat. Météo France a placé en vigilance rouge neuf départements de l’Ouest et 76 départements en orange pour la journée de vendredi. Dans le BTP, « on en est à une bonne grosse douzaine d’hyperthermies sévères, ce qui veut dire qu’il y aura potentiellement des séquelles permanentes », gronde Frédéric Mau, de la Fédération nationale des salariés de la construction, bois et ameublement CGT.

    Le syndicat réclame par ailleurs la création d’un système de congé intempéries avec maintien du salaire à 100 %, qui peut être activé en cas d’alerte orange ou rouge, sur validation du CSE et financé par une cotisation des plus grosses entreprises. « Il y a besoin (de) mesures pour l’ensemble des travailleurs et des travailleuses et que ces mesures soient prévues par le Code du travail pour garantir l’égalité des droits », poursuit Sophie Binet, refusant que le sujet soit renvoyé « au bon vouloir des employeurs ».

    Le Premier ministre présidera ce vendredi une cellule interministérielle de crise consacrée à la canicule. Face à cela, le système de santé est, une nouvelle fois, en première ligne. « Il y a des morts à l’hôpital, dans les Ehpad et à domicile (…) On sait que bilan va être terrible », s’alarme Barbara Filhol, secrétaire générale de la CGT Santé et Action sociale. La fédération prévoit une minute de silence le 8 septembre « pour celles et ceux qu’on n’aura pas pu sauver » et une journée de mobilisation le 15 septembre. Toutes les professions sont en tension. « L’hôpital n’a pas de climatiseurs donc il en demande aux pompiers », souffle Sébastien Delavoux, animateur réseau CGT Sdis. Déshabiller Pierre pour habiller Paul. Pendant ce temps, la saison des feux est déclarée, plus violente que jamais. « D’année en année les interventions augmentent et les moyens diminuent », grince le sapeur-pompier, « l’été ne fait que commencer ».

  • Vaste opération anti-fraude dans les transports

    Vaste opération anti-fraude dans les transports

    Au rond-point du David, à l’arrêt Plage du Prado, les agents de la RTM prennent position dès qu’un bus des lignes 83 ou 19 s’arrête. Les policiers restent en renfort derrière eux. « Et les gars y’en a 3… Un derrière chaque porte ! », lance un agent. Les contrôles s’enchaînent. L’opération, initiée ce mardi par la préfecture de police, concerne tous les transports en commun. Au total, 235 agents sont mobilisés sur 22 points de contrôle dans les Bouches-du-Rhône.

    « Il y a un double objectif, précise Lola Menahem, sous-préfète. Protéger les usagers et les personnels en luttant contre la fraude, les incivilités et la délinquance. Puis envoyer un message clair : “Les transports ne sont pas une zone de non-droit”. »

    La fraude en baisse de 6% dans la cité phocéenne

    Sur le quai, Valérie sort du bus sans titre de transport. « D’habitude j’ai un ticket que je recharge mais je l’ai pas », tente-t-elle devant le contrôleur. Malgré ses explications, elle est verbalisée à hauteur de 100 euros. L’ampleur du dispositif déployé surprend les voyageurs. « On s’attend pas à autant de contrôleurs. Surtout dans les bus, c’est hyper rare », souligne Smaïl, lycéen de 15 ans venu accompagner un de ses amis, verbalisé pour fraude.

    Cette opération complémentaire aux contrôles quotidiens « porte ses fruits, les chiffres le montrent », selon la sous-préfète. Le taux de fraude est passé de 30% à 24% en quatre ans à Marseille. L’occasion pour la RTM de rappeler l’existence d’un nouveau dispositif censé réduire la fraude : un abonnement mensuel à 10 euros par mois en juillet et août pour les moins de 26 ans.

  • Avignon : à l’hôtel du cloître Saint-Louis, une grève qui sort des murs

    Avignon : à l’hôtel du cloître Saint-Louis, une grève qui sort des murs

    La touffeur du Festival d’Avignon, les salariés de l’hôtel du Cloître Saint-Louis la vivent au sens propre. Pas de mise en scène alors que les fenêtres de leur établissement quatre étoiles donnent dans la cour où le festival In a son siège. Ce mardi matin, une dizaine d’entre eux a entamé une grève. « Ce n’est qu’un début, on attend une réaction de la direction* qui est absente », prévient Laetitia Pancuvilier, déléguée CGT. Si les problèmes sont latents, le démarrage du Festival, « où l’hôtel affiche complet », ainsi que la canicule n’ont fait qu’accroître le malaise. « Évidemment que le festival permet d’attirer l’attention et faire pression », admet Laetitia Pancuvilier. L’union locale CGT est présente, tout comme Philippe Martinez, ex-secrétaire général de la CGT. « Le festival est une belle vitrine qui n’empêche pas de s’intéresser à tous ceux qui contribuent dans l’ombre à sa réussite, confie-t-il. Là, on voit le décalage entre le prestige d’hôtel et les conditions de travail des salariés. »

    « Il manque des machines à café »

    Au cœur des revendications, l’impact de la canicule. « Les chambres sont climatisées, il fait 26, mais dans les couloirs on peut avoir jusqu’à 46 degrés en ressenti, expose Laetitia Pancuvilier. On souhaite que le bâtiment soit entièrement climatisé. » Plus globalement, les salariés réclament plus de moyens humains et matériels. « Il faudrait que l’on soit une dizaine de plus [sur environ 25 salariés actuellement] pour répondre aux standings d’un 4 étoiles », détaille la représentante syndicale.

    « On sert 170 petits-déjeuners [facturé 18 euros l’unité] en ce moment, il manque des machines à café, des tasses… les conditions d’accueil ont vraiment diminué », constatent sous anonymat, d’autres salariés. « On est à flux tendu, les touristes viennent profiter d’un lieu où on lutte face à des conditions de travail intolérables, on se mouille pour qu’il y ait du chiffre d’affaires, la direction devrait y penser », résume l’un d’eux. Autre revendication, le maintien de salaire à 100% alors que l’hôtel devrait fermer entre 1 à 2 ans pour une lourde réhabilitation et qu’une perte de rémunération de 28% est pour l’heure prévue. Ce conflit, « illustre les conditions de travail pénibles de l’hôtellerie-restauration en général, où les salariés subissent l’éclatement des collectifs de travail et l’isolement d’un établissement à l’autre », expose Carlos Acha Moreno, secrétaire de l’UL CGT Avignon. Depuis plusieurs mois (notre édition du 9 février), le syndicat a entamé un travail de terrain « afin d’unir au-delà des différents établissements et constituer sur le terrain un corps syndical militant ».

    * Contactée, la direction n’a pas donné suite.

  • Entre espoir et inquiétudes à Fibre Excellence après l’ultime report

    Entre espoir et inquiétudes à Fibre Excellence après l’ultime report

    « Hier au tribunal, ça n’a pas non plus été la joie », résume Frédéric Sanchez, secrétaire général CFDT de Fibre Excellence Tarascon, lors de l’assemblée générale des syndicats qui s’est tenue sur le parking de l’entreprise ce mardi 7 juillet. La veille, le tribunal de commerce de Toulouse a en effet repoussé jusqu’au lundi 27 juillet prochain l’examen de l’offre de reprise déposée par le financier Matthieu Pigasse (notre édition de ce mardi 7 juillet).

    Un report qui a été expliqué par les représentants syndicaux à la centaine de salariés présents, à l’ombre du garage à vélos et à motos, certains en tenue de travail, l’usine étant en service minimum, d’autres en claquettes ou en habits de ville, une partie des employés ayant été mise au chômage partiel. « Ils ne comprennent pas qu’il y a les mêmes conditions suspensives que dans l’offre précédente. Alors que sans elles, il ne peut pas y avoir de rentabilité dans un premier temps. Mais ils ont reconnu que le plan de financement est OK. Ça va être difficile, mais les juges font tout pour qu’on s’en sorte, donc on garde espoir », poursuit Frédéric Sanchez.

    En effet, dans son offre, le milliardaire demande à l’État une revalorisation du prix de l’électricité, un meilleur accès au bois qui sert à fabriquer la pâte à papier ainsi que la réintégration des quotas carbone. « Ces choses ne sont vraiment pas infaisables. Si l’État veut, l’État peut », insiste Jean-Michel Bulinge, secrétaire CGT du site.

    À l’AFP, le bras droit de l’investisseur, Mathieu Levieille, assurait ce lundi 6 juillet, en sortie d’audience, que le délai servirait à « demander à l’État des ajustements techniques pour sauver toute une filière, deux usines et des emplois ». S’il confirme que des discussions ont bien eu lieu autour de cette offre de plus de 100 millions d’euros, il ajoutait qu’il avait « obtenu des temps de parole qui ont été assez limités avec le ministère à Bercy ». Pour rappel, l’entreprise a été placée en redressement judiciaire en avril dernier. L’actionnaire principal, un homme d’affaires indonésien, s’était retiré. 10 000 emplois directs et indirects sont en jeu entre le site de Tarascon et celui de Saint-Gaudens (Haute-Garonne).

    « On pourra reprendre quand ? »

    « Tout est désormais dans les mains du gouvernement », confirme Jean-Michel Bulinge. Il interroge les personnes présentes pour savoir si elles sont prêtes à « se mobiliser pour mettre la pression à l’État afin qu’il fasse le nécessaire ». Et de confirmer que la prochaine échéance au tribunal « sera bien la dernière », qu’il faut qu’ils « se montrent de plus en plus » et qu’« il y a de nombreux soutiens, notamment les sous-traitants et les fournisseurs qui en pâtiraient aussi ». Une mobilisation dans une ville de la région est envisagée pour les semaines à venir. Tandis que le responsable syndical FO, Florian Berthon, plaide à nouveau pour une nationalisation au moins temporaire « pour reprendre au plus vite, car chaque jour, tout le monde perd de l’argent ».

    Après ces quelques minutes de rappel de la situation, les quelques dizaines de salariés présents n’ont pas hésité à interroger leurs représentants syndicaux sur l’avenir que laisse entrevoir ce projet, qui prévoit aussi une diversification. « Pour l’heure, c’est un plan en quatre phases. Avec des modifications vers 2028, car il faut des études, notamment pour modifier les lignes de production », précise le responsable CGT.

    Des interrogations aussi sur le court terme. « Je dois savoir si je peux garder mes enfants en août ou non. Il faut que je sache, si jamais le tribunal donne son accord, on pourra reprendre quand ? », demande une salariée. « Je dois donner les plannings à la crèche à l’avance », ajoute un autre. « Pour moi, pas avant octobre. Il devrait, si c’est bon, y avoir une reprise progressive », répond le responsable CGT. D’ici là, les salariés vont donc devoir attendre au moins trois semaines. La décision ne sera sans doute pas rendue le 27 juillet. Le tribunal aura, à partir de cette audience, au maximum 15 jours pour rendre sa décision.

  • La fête de la Conf paysanne censurée ?

    La fête de la Conf paysanne censurée ?

    C’est par un simple mail envoyé fin mai que Marie-Camille Dugas, la nouvelle maire de Garrigues-Sainte-Eulalie, petite commune entre Nîmes et Alès, a annoncé à la Confédération paysanne qu’elle ne mettrait pas son foyer municipal à disposition cette année. « Après avoir demandé des rendez-vous pour leur expliquer ce qu’on faisait à cette fête, on nous a annoncé que suite à une demande de la Coordination rurale, ils étaient dans l’obligation de nous retirer la salle pour le premier week-end d’octobre », précise Simon Le Berre, porte-parole de la Confédération paysanne dans le Gard.

    Après un échange avec les responsables de la Coordination rurale (CR), syndicat proche de l’extrême droite, avec qui la Conf n’est pas à « couteau tiré » dans le département, il s’avère en réalité que la CR s’est également vue refuser la réservation de la salle. La nouvelle municipalité s’est justifiée en s’appuyant sur la « neutralité politique » des nouveaux élus. Dans un communiqué, elle précise qu’elle n’était par contre pas opposée à l’organisation d’une « fête mettant à l’honneur les producteurs locaux […] dans un cadre dénué de toute considération politique ». Un argument que réfute la Conf car depuis l’an dernier, la fête n’est pas celle du syndicat agricole mais « une fête de l’agriculture paysanne » portée désormais par trois organisations : la Confédération paysanne, l’Addearg et Solidarité paysans 30. « On s’amuse à nous catégoriser comme extrême gauche sympathisants LFI donc ça ne m’étonne pas qu’il y ait de plus en plus d’élus qui veulent nous mettre par terre. C’est ce qui nous choque car nous sommes là pour le monde paysan, pour trouver des solutions à nos campagnes qui vont très mal », rappelle Simon Le Berre.

    « Des valeurs qui dérangent le RN »

    Mais pour la Conf paysanne, cette décision interroge surtout puisqu’elle intervient quelques jours après la réception du député Rassemblement National Pierre Meurin par Marie-Camille Dugas. « Nous faisons le lien entre la venue de Pierre Meurin et le mail que l’on a reçu. On comprend que sur la petite commune de Garrigues, on ne veut pas avoir une fête politisée qui met en avant des valeurs qui dérangent le RN », confirme Simon Le Berre. L’attaque n’est pas passée inaperçue du côté du député d’extrême droite de la 4e circonscription du Gard qui a condamné par communiqué « l’utilisation politicienne faite par quelques groupuscules malveillants, et relayée avec complaisance par certains médias, d’une visite purement institutionnelle ».

    « Ce communiqué où nous sommes qualifiés de groupuscule malveillant a été partagé par la municipalité de Garrigues », fustige Simon Le Berre, qui voit donc « une incapacité de la municipalité de communiquer par elle-même ».

    Face à la polémique, un « bel élan de solidarité » a eu lieu et une dizaine de communes se sont manifestées pour accueillir cette fête. Les propositions sont aujourd’hui à l’étude pour réfléchir à la logistique nécessaire pour accueillir les 3 000 participants habituels de la fête.

  • Les employés de Truffaut en grève dénoncent une chaleur accablante

    Les employés de Truffaut en grève dénoncent une chaleur accablante

    La chaleur avoisine les 40°C dans les allées du magasin. Samedi 4 juillet, 10 salariés de la jardinerie Truffaut, à Cabriès, se sont réunis devant l’enseigne pour défendre leurs conditions de travail. La raison de cette grève : une climatisation « qui tombe en panne à répétition », selon un employé et délégué syndical qui préfère garder l’anonymat.

    Ces défaillances obligent les employés à travailler sous une chaleur étouffante, avec des conséquences directes sur leur santé, estiment-ils. Parmi les 30 salariés, beaucoup expliquent souffrir « de vertiges, maux de tête ou de boutons de chaleur ». La situation n’est pas nouvelle. Le délégué syndical explique avoir « envoyé des mails à la direction depuis 2020 ». Il réclame « le changement complet du système de refroidissement », estimant que les réparations successives sont inefficaces.

    « Un pansement »

    La direction régionale assure pour sa part que le dossier est en cours mais s’interroge « sur la pertinence d’un remplacement complet » du système de climatisation. Des déclarations « très mal prises par les salariés ». Face à cette situation, les moyens de la direction locale sont dérisoires. En guise de solution : des glaces à l’eau et des pauses régulières sont offertes aux salariés. « Un pansement sur le problème », estime le délégué syndical.

    Fantine Lambey

  • Une assemblée générale à l’hôpital de Martigues à l’appel de la CGT

    Une assemblée générale à l’hôpital de Martigues à l’appel de la CGT

    « On nous a annoncé la fin de la pause méridienne comptée dans le temps de travail », dénonce Laure Privat, secrétaire générale du syndicat CGT de l’hôpital de Martigues. C’est notamment pour cette raison, que le syndicat appelle à une assemblée générale des agents jeudi contre « les mesures qui dégradent nos vies ».

    En l’occurrence, il s’agit de plusieurs décisions prises par la direction de l’hôpital de Martigues suite aux rapports de la Chambre régionale des comptes Paca fin octobre 2025, et plus récemment de l’Agence nationale de la performance sanitaire (Anap).

    Une pause travaillée

    Le retrait de la pause de mi-journée dans le temps de travail est l’une des décisions parmi les plus fortement contestées. « Comment ça va être organisé ? » se demande Laure Privat, expliquant qu’ « aujourd’hui, quand on est en pause, on pose la fourchette dès qu’il y a un besoin. On répond au téléphone, aux appels des patients… ». « C’est pour ça qu’elle est comptée dans le temps de travail, car c’est du réel, c’est du travail. On ne peut pas nous sortir 40 minutes du service, nous dire de quitter l’hôpital et faire notre vie » développe la responsable syndicale.

    En clair, entre 20 et 40 minutes de temps de travail compté en moins pour la même présence sur place, d’après le communiqué du syndicat, en fonction de l’organisation du temps de travail en sept ou douze heures. En conséquence, certains agents peuvent perdre jusqu’à 10 jours de RTT selon le poste.

    L’assemblée générale de jeudi à 14h au self, pendant l’heure d’information syndicale, servira donc à « construire le rapport de force pour obtenir le retrait de ces mesures » d’après le communiqué du syndicat.

  • La lutte sociale se joue aussi sur les planches

    La lutte sociale se joue aussi sur les planches

    Comme chaque année depuis 18 ans désormais, le théâtre de la Bourse du Travail d’Avignon a, pendant le Festival, sa propre programmation. Six pièces sont ainsi à voir cette année dans l’enceinte d’une cinquantaine de places jusqu’au 25 juillet.

    « Ce lieu résonne à nouveau d’un sentiment de partage, de solidarité, d’échange et d’ouverture aux autres », lance ainsi Fred Laurent, directeur du théâtre et ex-secrétaire général de la CGT Vaucluse.

    Les journées, hors relâche les 6, 13 et 20 juillet, démarrent dès 11 heures avec Ça commence comme ça de la compagnie La Théière. Un seul-en-scène d’une heure sous la forme « d’une traversée sinueuse et passionnée des trésors littéraires qui peuplent la bibliothèque intérieure de l’autrice-personnage », explique la CGT. Suit à 13 heures Îles de la compagnie Le Chahut des Murmures. Une pièce où l’on suit la jeune Léo dans un voyage sur les traces de sa grand-mère, étudiante à la Sorbonne et militante féministe en plein printemps 1968. Un spectacle « qui fait dialoguer luttes féministes, utopies collectives et transmission entre générations ». À 15 heures, Ulysse à Gaza du Bar de la Poste prend le relais. On y suit un prisonnier attrapé en pleine mer alors qu’il voulait forcer le blocus sur la bande de Gaza pour aller enseigner la littérature russe aux habitants. À 17 heures, le seul-en-scène Misérables de la compagnie Franche Connexion nous emmène au XIXe siècle et dans l’épopée de Jean Valjean, Javert, Fantine ou encore Cosette. Puis Giono, la nuit, la lumière innove avec, les jours pairs, une pièce sur les écrits sur la guerre du Manosquin, et les jours impairs, sur les paysages de ses œuvres. Et, pour conclure en musique, Rendez-vous avec Serge Reggiani à 21 heures. Tandis que les cheminots du syndicat tiennent aussi une salle au théâtre des Rotondes, en extra-muros.

    Les valeurs

    L’occasion pour Fred Laurent de rappeler que « les attaques vont bon train sur notre protection sociale » et que « le monde de la culture n’y échappe pas. » Et explique souhaiter « pérenniser cette démarche » afin de « relever les défis d’un monde qui a bien changé avec l’aggravation des inégalités sociales qui a conduit à péjorer l’épanouissement culturel de nombreux salariés. » Des menaces qui risquent de s’aggraver « avec la montée des extrêmes droites et l’arrivée probable du RN au pouvoir » regrette-t-il.

  • La bataille culturelle contre l’extrême droite en débat à Avignon

    La bataille culturelle contre l’extrême droite en débat à Avignon

    « On est tous au fait du danger que représente la progression de l’extrême droite pour nos métiers », lance Ghislain Gauthier, secrétaire général de la CGT Spectacle, en introduction d’un débat sur les « politiques culturelles pour une société plus juste et démocratique face à l’extrême droite ».

    Les échanges se sont déroulés au cloître Saint-Louis et le ton adopté par les différents intervenants, pour la plupart des syndicalistes des différents secteurs de la culture, est lourd. Car les dernières échéances électorales, les municipales de mars dernier, ont montré que l’extrême droite progresse. Et les premières mesures contre la culture des maires élus, notamment du RN, sont pointées du doigt. Comme la déprogrammation de la pièce de théâtre Passeport, récit de parcours d’exilés, par le maire, membre du parti à la flamme, de Castres, pour des raisons idéologiques.

    Les intervenants pointent l’influence causée par la « bataille culturelle » menée par des milliardaires, Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin en tête. « Il y a une idée de structurer un imaginaire autour d’une France traditionnelle, catholique, nataliste », pointe par exemple Anne-Sophie Simpere, journaliste au média indépendant L’Observatoire des multinationales, à propos du premier nommé. Aujourd’hui, neuf personnes contrôlent 80 % des médias. Également organisateur d’événements, ses activités peuvent impacter, par exemple, les musiciens qui ne pouvaient parfois pas savoir que les structures pour lesquelles ils ont accepté de travailler et avec lesquelles ils ont signé un contrat faisaient partie de son empire évalué à plus d’un milliard de dollars. « On est pris en otage. Il faut être très vigilants car il n’y a pas de clause dans le milieu du spectacle permettant de quitter notre travail dans ces cas-là », prévient Karine Huet, du syndicat CGT des musiciens, le Snam.

    Moyens de luttes

    Face à cela, la lutte s’organise. Et ce, d’abord par le syndicalisme, comme l’explique Mathieu Pace, représentant CGT chez Prisma, groupe de presse de magazines comme Capital, Voici ou encore Géo, dont Vincent Bolloré est l’actionnaire de référence mais n’est pas majoritaire. Un plan social y prévoit une réduction de 40 % des effectifs. « Il faut prouver que c’est bien lui qui a le contrôle. Contre ces gens-là, la grève ne marche plus car ils n’en ont rien à faire de perdre de l’argent. Mais ce dont ils ont peur, c’est que leur image soit détériorée », assure-t-il. La députée du Val-de-Marne Sophie Taillé-Polian (EELV), également présente, a porté plusieurs propositions de loi contre la concentration des médias. Et assure « qu’il faut qu’il y ait à nouveau un consensus sur les politiques publiques de la culture dans notre pays ».

    6 candidats à la présidentielle au Village du Off

    Suite à une lettre ouverte d’Avignon Festival et Compagnies (AF&C) aux candidats à la prochaine élection présidentielle, six d’entre eux viendront chacun leur tour afin d’échanger au Village du Off pendant ce mois de juillet. Ce dimanche 5 juillet, Xavier Bertrand (LR) était en Cité des Papes. Suivront Jean-Luc Mélenchon (LFI) ce jeudi 9 juillet à 20h, Marine Tondelier (EELV) le samedi 11 à 20h, Clémentine Autain (L’Après) le mardi 14 à 20h et enfin François Ruffin (Debout !) le jeudi 16 à 20h et le jeudi 23 à 18h30 pour Dominique de Villepin.