[Entretien] Julien Bouillé (CGT) : « Le capitalisme se sert des guerres pour diviser »

Dans le cadre de ce 33e congrès de la CGT des Hautes-Alpes, son co-secrétaire, Julien Bouillé, fixe les grands enjeux et principaux thèmes des débats à venir pour ces trois prochains jours.

La Marseillaise : Quels sont les principaux enjeux de ce congrès ?

Julien Bouillé : Refaire, réaffirmer les bases, nos valeurs, si la maison n’a pas de bonnes fondations elle ne tiendra jamais. Le retour au B.A-BA : quelles sont les valeurs de la CGT ? Qu’est-ce qu’une union départementale ? Qu’est-ce qu’un syndicat ? On se rend compte que pendant quelque temps ce qu’on appelle la formation initiale, le front commun, a été moins suivi que le reste de nos formations plus techniques. Il y a une forme d’oubli de ce qu’est la CGT, pourquoi elle a été créée… On a un peu perdu le lien, on a des camarades en responsabilité dont on s’aperçoit qu’ils n’ont pas fait les formations initiales. Le congrès permettra de fixer cette orientation.

Comment va-t-il se dérouler ?

J.B. : Dans un premier temps un rapport d’activité est dressé et voté par l’ensemble des congressistes. Ensuite, le congrès est découpé en trois parties. La première, c’est « redonner du sens à nos actions ». Après, on se réunit au Buffet de la gare de Veynes, lieu historique qui propose des produits locaux en circuit court. Le lendemain, on abordera le deuxième thème : « la protection sociale, notre bien à défendre ». Un focus sur les luttes menées autour de la protection sociale, en lien avec l’action sur la réforme des retraites, avec l’IHS 05, l’Institut d’Histoire sociale de la CGT, la branche départementale. Le dernier thème c’est « une organisation démocratique construite par et pour chacun et chacune ». Ces thématiques seront débattues, et de là seront établies des orientations pour les trois années à venir. À l’issue de ces débats, on mettra également au vote la future équipe de direction de l’Union départementale, composée d’une trentaine de personnes parmi lesquelles sera désigné un bureau et le ou la secrétaire générale de l’Union départementale.

Il y aura un débat sur la montée des guerres et de l’extrême droite, les deux sont liées ?

J.B. : On a pour habitude d’associer un moment culturel à notre soirée fraternelle et on a choisi de dédier un débat sur le thème « Guerre/Migration, qui profite des guerres, qui subit ? » Nous avons choisi ce thème qui est d’actualité, de par les guerres qui se multiplient et de l’extrême droite qui monte partout. Pour nous, la CGT, le lien entre les deux est évident, c’est le capitalisme. Il se sert des guerres, des extrêmes droites pour diviser, grignoter tout ce qu’il peut et produire de l’argent. La CGT, en combattant les idées d’extrême droite sur le lieu de travail, peut entraver la progression de ses idées en France. C’est pour cela qu’on fait intervenir la Cimade, Visa [Vigilance et initiatives syndicales antifascistes] et le Mouvement de la paix, pour montrer que le syndicat et le mouvement social, s’ils sont seuls de leur côté, ne peuvent rien. Si on n’est pas capables de s’unir, on n’y arrivera pas.

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