Category: social

  • 400 pompiers provençaux ont manifesté à Paris avec les leurs

    400 pompiers provençaux ont manifesté à Paris avec les leurs

    Ils étaient près de quatre cents pompiers des Bouches-du-Rhône à rejoindre, la semaine dernière le cortège parisien pour réclamer plus de moyens. Les renforts matériels, surtout humains, ont cruellement manqué sur les feux de forêts en Gironde notamment, dont les images ont inondé les médias. Une « belle mobilisation », « respectueuse et propre », selon la CGT du Sdis 13. « Il y a quand même une prise de conscience, de la part du ministère, des problèmes que nous avons soulevé tout l’été », souligne Laurent Guilloteau, secrétaire général de la CGT au Sdis 13. Pour autant « aujourd’hui, c’est juste une volonté gouvernementale de ne pas donner plus d’argent à la Sécurité civile », estime le syndicaliste et pompier. Dans le projet de loi de finances (PLF) qui vient d’être présenté, le gouvernement envisage de débloquer 200 millions d’euros pour renforcer les moyens des Sdis. Une première étape, mais « d’un autre côté, les caisses des services publics sont vidées. Il faut taper là où ça fait mal, sur les superprofits des grandes entreprises, faire payer les pollueurs. S’il y a un effet domino, ce sera la Sécurité civile qui sera en première ligne. Aujourd’hui, ça a un coût. Équiper des casernes comme Martigues, Fos ou Rognac, d’un fourgon mousse grande puissance c’est 4 fois 700 000 euros d’investissement pour les Sdis qui ne peuVENT absorber seuls ce coût. » Selon la CGT, aucune réponse claire sur les moyens humains n’a été donnée. Sur le territoire national, 21 000 sapeurs-pompiers volontaires manquent à l’appel selon la CGT. « Tous les ans, les concours ouvrent entre 2 500 et 3 000 places. Si les Sdis avaient de l’argent ils ouvriraient les concours à 4 000 personnes comme ça arrivait dans les années 2000. On a divisé par deux le nombre de recrutements. » Situation « impossible » dans un contexte, rappelle Laurent Guilloteau où « on a tourné, cet été, à 500 interventions par jour ». Le représentant de la CGT promet de s’atteler à sensibiliser les parlementaires sur ce qu’est la Sécurité civile.

  • La CGT dénonce l’abandon des territoires ruraux par La Poste

    La CGT dénonce l’abandon des territoires ruraux par La Poste

    « Un bureau de poste, c’est l’accès aux droits, le lien social, un appui pour les entreprises locales. Quand il disparaît, c’est un morceau de la vie du village qui s’éteint », rappelle les postiers CGT des Hautes-Alpes, dans un communiqué de presse pugnace diffusé ce 2 octobre.

    Une communication dans laquelle le syndicat des activités postales et des télécommunications tire la sonnette d’alarme à propos de la crainte de fermeture à venir pour deux bureaux de poste dans le département : « La Poste ferme deux bureaux dans les Hautes-Alpes, à Orcières et à Saint-Étienne-en-Dévoluy, dans le cadre d’une quarantaine de fermetures en région Paca. » Et dénonce logiquement un « abandon des territoires ruraux et de montagne » de la part de l’entreprise en charge du service public postal. « À Orcières comme à Saint-Étienne-en-Dévoluy, les habitants, les saisonniers, les artisans et les personnes âgées perdent un service de proximité qu’ils ne retrouveront pas à côté de chez eux. Dans nos vallées, la distance se compte en kilomètres de route de montagne, pas en minutes de trajet », développe le syndicat. Il note aussi que ces potentielles fermetures « s’inscrivent dans le plan “Réussir ensemble, Ambitions 2031″ de La Poste » (lire notre dossier du 26/09) et font partie d’une liste de 471 bureaux en France.

    Rappelons que la liste de la quarantaine de bureaux menacés dans la région avait été récemment dévoilée dans le cadre d’un comité social et économique (CSE). Suite à quoi La Poste avait répondu en affirmant que « les listes de bureaux de poste partagées aux CSE ne préjugent en rien de l’avenir de la présence de La Poste dans les territoires ». La direction expliquait qu’elle cherchait « à faire évoluer son modèle de présence territoriale ». Pas de quoi convaincre la CGT Fapt 05 qui revendique « le maintien des bureaux de plein exercice à Orcières et à Saint-Étienne-en-Dévoluy ».

  • Syndicats et parents d’élèves en soutien aux lycéens

    Syndicats et parents d’élèves en soutien aux lycéens

    « Les revendications lycéennes sont légitimes, nous les soutenons et les partageons, le gouvernement doit y répondre ! ». Voilà le message limpide délivré par l’intersyndicale des personnels de l’éducation nationale des Bouches-du-Rhône, dans un communiqué de presse diffusé ce week-end. Une large intersyndicale (CGT, CNT, FO, FSU, Unsa et Sud) qui appelle même à la grève et « à participer aux rassemblements et manifestations aux côtés des lycéens », ce mardi en partageant le rendez-vous marseillais : 10h aux Réformés. « L’ensemble des syndicats éducation de la FSU 13 appelle à la grève mardi 6 octobre, et sera présent dans la manifestation pour encadrer et protéger la jeunesse », développe de son côté la FSU des Bouches-du-Rhône, principale organisation syndicale chez les enseignants. Même principe en Vaucluse où l’Union Départementale CGT « met à disposition des lycéens toute sa logistique ».

    « Journée noire »

    Autant d’échos locaux à la multitude d’appels lancés au niveau national par différentes organisations syndicales de travailleurs (lire notre article du 03/10). Des appels qui se sont multipliés dans le week-end avec une dimension interprofessionnelle puisque plusieurs fédérations CGT appellent désormais à la grève ce mardi 6 octobre, comme celle de l’énergie ou encore des industries chimiques. De quoi surtout appuyer sur le terrain les mobilisations lycéennes puisque dans le Var, comme dans les Alpes-de-Haute-Provence, les syndicats prévoient concrètement d’être présents sur les blocus et actions prévues. Car le Mouvement national lycéen (MNL) prévoit bien une « journée noire dans les lycées ». Et même les parents d’élèves s’y mettent puisque le Mouvement des Parents d’Élèves des Bouches-du-Rhône (MPE 13) a également apporté son soutien au mouvement social des jeunes : « En tant que représentants de parents d’élèves, nous considérons que les préoccupations exprimées par les lycéennes et les lycéens sont légitimes et doivent être entendues ».

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille, 10h. 7h devant les lycées et manifestation depuis les Réformés.

    Aix, 11h. La Rotonde.

    Arles, 10h. Kiosque à musique.

    Toulon, 7h30. Lycée Bonaparte.

    Draguignan, 8h. Lycée Jean-Moulin.

    Saint-Raphaël, 10h30. Rond-point Kennedy.

    Manosque, 8h. Lycée Félix Esclangon.

    Digne-les-Bains, 8h. Lycées Beau de Rochas et David Néel.

    Gap, 7h. Lycée Paul Eluard.

  • Fin du mouvement social des marins CGT de Marseille

    Fin du mouvement social des marins CGT de Marseille

    Si le Syndicat des travailleurs corses a levé son blocage du port de Bastia vendredi, la CGT Marins de Marseille avait reconduit la grève, annulant à nouveau les traversées avec la Corse. Le mouvement a finalement été stoppé ce samedi.

    « On a voté la levée de la grève et la suspension du mouvement », explique ce samedi matin Frédéric Alpozzo, secrétaire général de la CGT des marins de Marseille. Avant de développer : « On a reçu toutes les réponses qu’on demandait. Elles sont de bonnes facture mais n’apportent pas de solution définitive ».

    Concrètement, l’affrètement du navire Massilia, propriété de La Meridionale, par la Corsica Linea est « reporté en janvier ». « Les travaux vont se poursuivre. On a gagné le maintien de l’emploi », se félicite Frédéric Alpozzo.

  • Les lycéens mobilisés organisent la suite de leur mouvement

    Les lycéens mobilisés organisent la suite de leur mouvement

    Difficile de bloquer des portes closes. Vendredi, au lendemain de la mobilisation fleuve des lycéens, illustrée par le blocus de nombreux établissements à Marseille et dans toute la France, la majorité des lycées ont été fermés et les professeurs sommés de tenir leurs cours en distanciel. Au total, 55 établissements étaient concernés dans l’académie Aix-Marseille, et plus de 400 au niveau national.

    Mais la mesure n’a pas suffi à endiguer la fougue lycéenne : d’après la préfecture, 19 établissements ont été concernés par des attroupements et 1 800 personnes y ont participé au plus fort de la mobilisation dans les Bouches-du-Rhône. À Marseille, plusieurs lycées, appartenant à la courte liste de ceux restés ouverts, ont été bloqués. Parmi eux : Daumier (8e), Marseilleveyre (8e) et Simone-Veil (13e). La préfecture recense par ailleurs quatre blessés : « une personne âgée bousculée », « deux policiers » et « un enseignant aspergé d’essence volontairement puis agressé physiquement par deux individus ». 59 personnes ont été interpellées, dont 27 à Marseille.

    « Restructurer le combat »

    En parallèle, plusieurs assemblées générales ont été organisées. L’une d’entre elles s’est tenue au pied de la préfecture (6e), devant le lycée Montgrand où lycéens, professeurs et parents d’élèves ont échangé pour penser ensemble la suite des contestations. « Cette décision de cours en distanciel nous a pris de court. On essaie un peu de restructurer notre combat », admet Luc Bensa, élève à Saint-Charles (1er) et membre du Mouvement national des lycéens. Florence, maman d’élève venue soutenir les jeunes, s’insurge contre cette décision : « Il n’y a aucune raison de mettre les cours en distanciel, l’ambition est vraiment d’éteindre le mouvement ». « On nous prend notre outil de travail, on nous empêche de nous réunir dans nos murs, surenchérit l’une des professeures présentes. Les lycées sont un lieu de dialogue et d’apprentissage. Empêcher leur accès n’arrange absolument rien ».

    Passée la frustration, un élément émerge des débats : la volonté d’étendre le mouvement au reste de la société, pour renforcer au maximum les rangs de la marche prévue mardi. « Il faut créer du lien au-delà des lycéens, mais aussi en dehors du monde éducatif. La casse des services publics concerne toute la société. La convergence des luttes est la direction à prendre », abonde en ce sens Eustache, élève de Montgrand et militant au Poing levé.

    Les jeunes seront a minima soutenus par la CGT, qui a annoncé vendredi, dans un communiqué; « se tenir aux côtés des lycéens, étudiants et personnels de l’éducation mobilisés » et appeler « toutes ses organisations à se mobiliser et à mettre à leur disposition les moyens nécessaires pour s’organiser ». Une intersyndicale de l’Éducation nationale, comprenant la FSU, la CGT, FO, la CFDT, l’Unsa et Sud a aussi appelé à participer à la mobilisation « y compris par la grève ».

  • Les marins CGT poursuivent leur mouvement de grève

    Les marins CGT poursuivent leur mouvement de grève

    Malgré les remous, les marins grévistes de la Corsica Linea tiennent la barre et ont poursuivi leur mouvement social. « On a reconduit, ce vendredi matin, la grève à l’unanimité car on est toujours en attente de réponses de la part de nos dirigeants », tempête Frédéric Alpozzo, secrétaire général de la CGT des marins de Marseille.

    Toujours au cœur du conflit : l’affrètement du navire Massalia, détenu par La Méridionale, sur des lignes de la Corsica Linea, en lieu et place d’un autre navire de cette dernière. « Ils mettent un bateau de La Méridionale pour supprimer les emplois de la Corsica Linea ! », résume et s’insurge Frédéric Alpozzo, également délégué CGT chez Corsica Linea. Pour rappel, voilà plusieurs jours que les marins de la CGT Corsica Linea, avec leurs homologues du Syndicat des travailleurs corses (STC), étaient en grève et perturbaient les traversées entre Marseille et la Corse. Le port de Bastia était même bloqué une partie de la journée de vendredi.

    Car même si la grève a été reconduite, des discussions « encourageantes » ont eu lieu jeudi soir. « On a eu des échanges avec notre direction et la CMA CGM [propriétaire de La Méridionale, Ndlr]. On a demandé que des discussions se rouvrent entre les deux compagnies et que dans l’intervalle, elles suspendent l’affrètement du Massalia », explique Frédéric Alpozzo. Avant de développer la position de la CGT : « On a proposé une solution : suspendre l’affrètement, le Massalia peut ainsi continuer son activité, le personnel est conservé dans les deux compagnies. » La direction de Corsica Linea a notamment proposé un décalage de l’affrètement du Massalia en janvier.

    « Ava Basta ! »

    De son côté, La Méridionale se disait même « arrangeante » pour trouver une porte de sortie. Un début d’avancée certes, mais qui demandait des engagements concrets. Frédéric Alpozzo reste ferme : « C’est à Corsica Linea de suspendre cet affrètement. »

    Justement, le consortium corse CM Holding, à la tête de Corsica Linea, s’est fendu, vendredi après-midi, d’un communiqué à l’intitulé sans équivoque : « Ava Basta ! [Ça suffit en français, Ndlr] ». « Rien ne justifie cette grève. Le dialogue a été tenté. Il se heurte aujourd’hui à une position radicale d’une seule organisation syndicale », juge le consortium. Avant d’assurer que l’affrètement du Massalia est « un projet de réorganisation de notre flotte, qui n’implique aucune suppression de CDI ».

    Notons qu’entre-temps, le STC a décidé de lever son blocage du port de Bastia, annonçant avoir obtenu un protocole d’accord de sortie de grève avec la direction. D’autant que le consortium menace à demi-mot de se retirer de la compagnie : « Les actionnaires ont décidé d’évaluer, d’ici lundi, la forme que prendra leur éventuel engagement futur dans Corsica Linea. Cet engagement n’est pas inconditionnel. » Plus que ça, les actionnaires expliquent qu’une nouvelle stratégie risque d’être mise en place : « La direction de l’entreprise sera informée lundi du cadre de la nouvelle ligne stratégique et sociale décidée par le Consortium. »

    Quoi qu’il en soit, une nouvelle assemblée générale de la CGT des marins de Marseille est prévue, ce samedi matin.

  • La Région accompagnerait le projet pour Fibre Excellence

    La Région accompagnerait le projet pour Fibre Excellence

    En Paca, la Région Sud ne s’est pas engagée financièrement, contrairement à la Région Occitanie, pour aider à redresser l’entreprise Fibre Excellence Provence, liquidée par le tribunal de commerce de Toulouse. « Ce n’est ni la même situation, ni le même format économique, ni les mêmes conditions et on ne sait même pas combien ça vaut, car le liquidateur ne nous a pas encore donné tous les documents », justifie Cyril Juglaret. Le président de la Commission d’appel d’offres de la Région Sud était cependant autour de la table avec Patrick Chauvin pour l’Agglo ACCM et Lucien Limousin, vice-président du Département, pour étudier le nouveau projet porté à Tarascon par les ex-salariés et l’UD CGT 13.

    Cette réunion « de suivi », qui fait suite à la liquidation de l’entreprise, au licenciement de ses 270 salariés, sans compter l’impact sur quelque 5 000 emplois induits dans la filière bois, avait été réclamée par le syndicat. Pour la Région, « la priorité serait évidemment d’essayer de retrouver une activité papetière ». Mais dans l’urgence, elle « ne peut pas se priver de chercher toutes les solutions pour garder une activité sur ses 35 ha inestimables ».

    Au-delà du papier

    Cette fois, le projet pique légèrement l’intérêt : « Il a évolué vers d’autres activités et pas uniquement l’industrie papetière, reconnaît Cyril Juglaret. On peut les accompagner, mais le projet économique leur appartient. » Un engagement qui reste a minima. Or, le temps presse et parallèlement, la Région « continue à prospecter pour la vente du site avec une trentaine de partenaires économiques mobilisés ».

  • Onze syndiqués au tribunal : Carrefour débouté

    Onze syndiqués au tribunal : Carrefour débouté

    C’est une opération d’intimidation », prévient Mohamed Bourras, délégué syndical CGT chez Carrefour – Supply chain qui faisait partie des 11 représentants du personnel (plus un salarié) envoyés par le groupe devant le tribunal mercredi 23 septembre. « C’est un message que la direction a voulu faire passer et qui ne s’adresse pas qu’aux salariés de Saint-Gilles mais à tous les salariés de Carrefour. Ce message est simple  : “Si vous vous mobilisez pour vos conditions de travail et vos salaires, la seule réponse sera les tribunaux”. Le dialogue social chez Carrefour passe par les tribunaux. D’ailleurs, nous, à Saint-Gilles, nous avons plus de 200 dossiers devant les conseillers prud’homaux. »

    Le 16 septembre, les salariés gardois ont en effet débuté un mouvement de grève pour réclamer « l’application d’un accord signé en 2007 sur l’harmonisation de l’intéressement à la productivité qui doit atteindre 25% du salaire de référence ». L’intersyndicale reproche à Carrefour de ne pas appliquer cet accord sur la plateforme de Saint-Gilles. D’après son calcul, cette harmonisation permettrait aux salariés de toucher entre 100 et 120 euros de plus selon leur poste.

    Négociations en cours

    Sur les 420 salariés du site, près de 150 ont donc participé au mouvement de grève parce que « comme beaucoup de salariés en France, ça devient très compliqué de finir le mois notamment à cause d’un prix de l’essence à 2,30 euros ». Après trois jours de mobilisation, la direction de Carrefour a donc assigné douze salariés en justice, leur reprochant d’avoir bloqué le site. Le lendemain de l’audience, le jeudi 24 septembre, la justice a finalement donné raison à tous les salariés et débouté Carrefour. « À aucun moment nous n’avons bloqué le site. Nous étions sur un ralentissement d’activité. Nous ne sommes pas des voyous. Nous ne sommes que des salariés qui faisons la richesse de cette entreprise et qui cherchons juste un minimum de reconnaissance », précise Mohamed Bourras. Suite à ce mouvement de grève, la direction nationale de Carrefour a envoyé une représentante pour négocier. Les salariés ont donc levé la grève pour laisser les négociations se dérouler dans le calme fin septembre. Mais Mohamed Bourras prévient : s’il n’y a pas d’avancée avant le 2 octobre, le mouvement repartira.

  • Dix jours pour célébrer les 90 ans du Front populaire à Alès

    Dix jours pour célébrer les 90 ans du Front populaire à Alès

    Après Toulouse et Montpellier, les célébrations du Front populaire font étape à Alès du 5 au 16 octobre. Les syndicats et la Région ont présenté la programmation de ces dix jours lundi 28 septembre à la Bourse du travail d’Alès. Un point presse qui fut surtout l’occasion de tisser des liens entre la situation en 1936 et celle de 2026 et de souligner l’importance de la mobilisation.

    « Il y a beaucoup de convergences entre 1936 et aujourd’hui », confirme l’élue régionale Aurélie Genolher. « C’était la crise économique marquée par beaucoup de mutations. La question du partage des richesses était récurrente. Les salariés se mobilisaient pour le temps de travail hebdomadaire quand la France sort aujourd’hui d’une bataille sur les retraites. Le fascisme qui montait. Cette célébration du Front populaire sert aussi à se rappeler que l’extrême droite, on l’a déjà essayée. »

    À ses côtés, la CGT abonde. Pour le syndicat, les conquis sociaux et la lutte contre le fascisme vont de pair. « L’important c’est de rappeler que les conquis sociaux ne sont pas des cadeaux qui sont arrivés d’un seul coup. Ce sont des combats menés quand les travailleurs étaient unis. Le but c’est aussi d’amener de l’espoir pour ne pas se laisser bercer par les idées d’extrême droite », ajoute Martine Sagit, secrétaire de l’UL CGT d’Alès. « Réduire le Front populaire à l’image des premiers départs en vacances serait oublier l’essentiel. Pour le mouvement syndical, le Front populaire constitue d’abord une formidable avancée de la démocratie sociale. Il marque l’entrée dans une époque où les salariés deviennent davantage acteurs de leur destin collectif », précise de son côté Gérard Delahaye, de la CFDT.

    Une exposition

    et deux débats

    Pour célébrer ces conquis sociaux, la Bourse du travail accueille l’exposition « L’héritage de 1936 : culture, loisirs, éducation populaire » qui met notamment en lumière la protection sociale, les droits des femmes, la représentation collective des salariés et le temps de travail. « Cette exposition permet aussi de valoriser la Bourse du travail et c’est important dans cette période où nombre de Bourses du travail sont attaquées partout en France », ajoute Martine Sagit (voir dossier p 4 à 8).

    Le vernissage de l’exposition est organisé lundi 5 octobre (19h). Il sera suivi par une conférence-débat animée par Françoise Verna, rédactrice en cheffe adjointe de La Marseillaise. Autour de la table sera notamment présent Jean Vanhaute, président de l’Institut histoire sociale CGT du Gard. « 90 ans plus tard, les défis ont changé, mais les aspirations demeurent : vivre dignement de son travail, être protégé face aux risques de la vie, être respecté dans ses droits, disposer de temps pour soi et pour les autres, progresser vers l’égalité. C’est ce message que nous avons souhaité transmettre à travers cette exposition », explique Gérard Delahaye.

    L’exposition sera aussi accessible pour les scolaires, qui repartiront avec le supplément de La Marseillaise sur le Front populaire et un livret sur les événements de 1936. Quatre classes de collège ont déjà prévu de venir la découvrir. Les élèves seront alors accompagnés par des militants de la CGT et/ou de la CFDT et pourront échanger avec eux. En parallèle de cette exposition, quatre petits documentaires sont proposés dans la salle adjacente sur le fondateur de la sécurité sociale Ambroise Croizat, le droit de vote des femmes, les origines des congés payés et le Front populaire.

    La CFDT organise ensuite un débat le vendredi 9 octobre (17h) sur « la démocratie face aux fascismes », avec Gérald Six, secrétaire général de la CFDT Occitanie et Sébastien Volpelliere, délégué syndical central. Puis un temps festif « guinguette dans l’esprit de 1936 » clôturera ces dix jours le vendredi 16 octobre (19h-21h30), avec le repas organisé par la cantine solidaire de Rochebelle. La soirée se terminera en musique avec deux concerts.

  • Les attaques contre les Bourses du travail se multiplient

    Les attaques contre les Bourses du travail se multiplient

    Si pendant la campagne des élections municipales le Rassemblement national ne parle que de sécurité et de nouveaux moyens alloués à la police, ses premières décisions une fois élu pourraient être écrites à l’avance. Le programme est simple : annuler tous les événements culturels qui ne leur conviennent pas, couper les subventions aux associations, notamment celles à vocation sociale, puis déloger les syndicats. La troisième phase est lancée à Bagnols-sur-Cèze. Après avoir annulé une dizaine de spectacles à son arrivée puis supprimé une aide de 190 000 euros à deux centres sociaux, Pascale Bordes (RN) a donc demandé aux associations et aux syndicats de quitter leurs locaux de Mendès-France d’ici le 30 novembre.

    Si cette décision pouvait logiquement être attendue, la demi-douzaine d’associations sur place qui partagent ces locaux avec la CGT, la CFDT, FO et la CFTC a été surprise par cette décision. Pour l’heure, associations et syndicats ont décidé d’écrire à la municipalité pour lui demander des précisions, notamment concernant l’avenir du bâtiment. Ils n’ont reçu aucune réponse. Si la CGT a déjà annoncé qu’elle ne quitterait pas les locaux dans ces conditions et qu’elle était prête à se battre, les autres syndicats et les associations disent encore attendre quinze jours avant de communiquer et d’agir. « Nous n’avons reçu aucune réponse à nos différents courriers, ni aucun retour sur l’engagement de la municipalité à revenir vers les syndicats et les associations pour donner la position de sa majorité sur le décalage de la date d’expulsion », précise Pascal Le Boulch, secrétaire de l’UL CGT de Bagnols, qui souhaite désormais interpeller la communauté d’agglomération et la préfecture.

    Les Bourses du travail transformées en ZAD

    Les syndicats bagnolais s’apprêtent donc à rentrer en résistance, comme le font leurs collègues à Arles et Carcassonne. Dans la préfecture de l’Aude, le nouveau maire Christophe Barthès (RN) a décidé dès le 30 avril, pour son deuxième conseil municipal, de mettre fin à la mise à disposition des locaux municipaux occupés par la CGT, la CFDT, Solidaires et la FSU. Rapidement les quatre syndicats se sont mis d’accord pour s’opposer à cette expulsion. Début juin, un commissaire de justice est venu constater que les syndicats occupaient toujours les locaux et la CGT a alors indiqué vouloir engager une procédure judiciaire. Lors d’une manifestation devant la mairie pour s’opposer à cette décision le 26 juin, le maire n’a pas hésité à sortir un tuyau d’arrosage et à asperger les manifestants depuis sa fenêtre. En attendant une éventuelle décision du tribunal, les syndicats continuent d’occuper leurs locaux.

    Une situation similaire se déroule à Arles. Il y a trois ans, le maire Patrick de Carolis (Horizons) a lui aussi refusé de renouveler la convention permettant à l’UL CGT d’occuper la Bourse du travail, comme c’est le cas depuis 120 ans. Le 9 juillet, le tribunal administratif de Marseille a finalement donné raison au maire et a demandé à la CGT de libérer les locaux occupés. Il prévoit une astreinte de 50 euros par jour si les mesures d’exécution ne sont pas justifiées dans les deux mois suivant la notification du jugement.

    Mais malgré cette décision, la CGT résiste et demande un moratoire sur les expulsions des syndicats de leurs locaux. Le 17 septembre, Sophie Binet, la secrétaire nationale de la CGT, s’est déplacée à Arles pour affirmer que la Bourse du travail était désormais une « zone à défendre » (ZAD).

    Non loin de là, la Maison des syndicats de Tarascon pourrait aussi se transformer en ZAD. Là aussi, le maire RN nouvellement élu, Alexandre Ducouret, a mis fin à la convention d’occupation des locaux par la CGT et FO notamment. Et là aussi, les syndicats ont refusé de partir. Le bras de fer entre les nouveaux maires d’extrême droite et les syndicats est lancé.