L’heure est cruciale : le tribunal de commerce de Toulouse se prononce ce lundi après-midi sur l’avenir de Fibre Excellence. C’est l’audience de la dernière chance pour le groupe de pâte à papier placé en redressement judiciaire en avril dernier. Une seule offre de reprise, déposée mi-juin par l’entrepreneur Matthieu Pigasse, a reçu le soutien à la fois des salariés, des syndicats et des collectivités locales. Projet qui a fait renaître l’espoir au sein de toute la filière. C’était sans compter sur la fin de non-recevoir opposée par le gouvernement. Jusqu’à la dernière minute, la CGT a poussé l’exécutif à soutenir le projet : « Plus que jamais, l’État doit agir pour la préservation de ce fleuron industriel français. » Et pour cause : « Il dispose des leviers pour ce faire : au-delà des plus de 100 millions d’euros mobilisés depuis 2020 dans cette entreprise, il peut agir sur les tarifs de l’électricité [produite à partir des copeaux de bois et vendue à EDF], la régulation du marché du bois, les garanties financières… », écrit la CGT ce vendredi.
Car sur les sites de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, et Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, l’inquiétude plane. Un sentiment alimenté par les propos de Roland Lescure, qui a jugé l’offre « pas au niveau » et accusé Matthieu Pigasse de faire « de la politique », estimant que le financier entraînerait les salariés vers un « cauchemar » économique : « Cette déclaration est indigne de la part du ministre, qui s’acharne à décrédibiliser cette offre par pur calcul politicien. Au contraire, un tel projet devrait recevoir le plein soutien du gouvernement compte tenu des enjeux qui le traversent », estime le syndicat.
Les salariés qui ont annoncé placer les deux usines « sous protection », en les occupant à durée indéterminée, redoutent la liquidation judiciaire de Fibre Excellence. Si tel était le cas, les 660 salariés de Tarascon et Saint-Gaudens, les 228 de la Chapelle-Darblay, et les 10 000 emplois indirects s’ajouteront aux centaines de milliers détruits dans l’industrie par la macronie depuis son accession au pouvoir. Un bilan désastreux, loin de la réindustrialisation promise. « Si l’État ne suit pas, c’est lui seul qui condamne la filière et les milliers d’emplois qui en découlent », prévient la centrale de Montreuil.



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