Des films diasporiques voyagent à Marseille

« Ce festival incarne la volonté de la Ville de s’ouvrir davantage au monde et de renforcer les liens diplomatiques et culturels par la célébration du cinéma », expliquait l’an passé, la première adjointe au maire de Marseille, Michèle Rubirola, pour justifier la création des Rencontres internationales du cinéma. Fort du succès de cette première mouture, voilà qu’une deuxième édition, toujours gratuite, vient pointer le bout de son nez, du 4 au 7 novembre à l’Alcazar et au Château de la Buzine, pour mettre cette fois en lumière « des œuvres cinématographiques portant sur les diasporas, réalisées ou portées par des acteurs culturels du territoire marseillais », souligne la municipalité à propos de cette série de projections gratuites saluée par un prix destiné à « récompenser la force narrative d’un film, la rigueur de son point de vue et sa résonance avec les enjeux contemporains liés aux diasporas ».

Neuf œuvres seront projetées, dont un certain nombre en partenariat avec des consulats : d’abord celui de Roumanie pour La guerre du Roi, de Trevor Poots et John Florescu, qui éclaire l’histoire de Michel Ier de Roumanie, jeune monarque alors à la tête de ce pays lors de son entrée dans la deuxième guerre mondiale. La Lettonie sera également représentée avec Plus qu’une danse, documentaire qui « retrace le parcours de Selga Apse et de son groupe de danse folklorique letton Daugavina », stipule le programme.

Contrastes et réalité

Mais c’est Dans la peau, de Pascal Tessaud, qui ouvrira le bal de ces rencontres à la bibliothèque de l’Alcazar. Certainement l’un des films réalisés sur Marseille les plus réussis de ces dernières années. Un exercice de style qui louvoie entre la romance et la chronique sociale, et parfois même vers le film de danse. L’histoire de Kaleem, trentenaire qui revient vivre dans le quartier de la Savine après un passage à l’ombre. Travaillant désormais sur des chantiers, mais poursuivant toujours ses rêves de danse, il rencontre Marie, architecte BCBG dont il s’amourache. « Les films sur les quartiers sont la plupart du temps virils, avec des armes. Moi, j’avais envie de parler d’amour », expliquait à La Marseillaise Pascal Tessaud, au lancement de ce film de contrastes entre deux Marseille, du Nord et du Sud, qui se croisent mais ne se rencontrent jamais.

La clôture du festival coïncidera quant à elle avec la projection de Welcome to Europe. Réalisé par Thomas Bornot et Cyril Montana, un documentaire qui aborde le thème de l’immigration et « son instrumentalisation qui créé un climat de peur en Europe ». Une déconstruction par les faits « à travers le regard d’un petit-fils de réfugié espagnol, qui part sur les traces des exilés, de la France jusqu’en Méditerranée ». Un parcours mis en parallèle avec celui d’un jeune Afghan arrivé en France.

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