Tag: exil

  • Des rencontres pour se souvenir de la guerre d’Espagne

    Des rencontres pour se souvenir de la guerre d’Espagne

    L’espoir puis la guerre. Victorieux dans les urnes en février 1936, le Frente Popular, le Front populaire espagnol, fut réprimé dès juillet par des militaires. Le conflit de trois ans qui s’ensuivit déboucha sur la dictature de Francisco Franco. Neuf décennies après les débuts de la guerre d’Espagne, les Rencontres franco-espagnoles de Montpellier ressusciteront la mémoire des événements qui ont contraint des milliers d’Espagnols à l’exil. La manifestation, portée par l’association Voix de l’extrême Poésie et Culture, mêlera pendant cinq jours des témoignages, des interventions de chercheurs, des propositions artistiques ainsi que des productions d’élèves.

    Décentrer le regard

    La soirée d’ouverture du jeudi 8 octobre sera un premier temps fort, avec la présence du secrétaire d’État espagnol en charge de la « mémoire démocratique ». La venue de Fernando MartÍnez López intervient alors que le gouvernement dirigé par Pedro Sánchez (PSOE) a multiplié les initiatives mémorielles ces dernières années. Le rendez-vous se poursuivra avec la projection du documentaire Entre deux frontières, une mémoire, produit dans le cadre du programme européen Erasmus +. Le film restitue le regard de lycéens espagnols et français sur les traces que le conflit a laissées dans les deux pays. La soirée s’achèvera avec la conférence d’une historienne de l’art sur les engagements du peintre Joan Miró.

    Un des mérites des Rencontres franco-espagnoles est d’apporter des éclairages inédits sur la guerre d’Espagne. Le vendredi 9 octobre, Marisa Martínez Pérsico reviendra sur le départ de sa grand-mère pour l’Argentine en 1938. L’exil vers l’Amérique latine est un pan d’histoire sans doute moins connu par le public français. Le lendemain, la doctorante Léa Barril exposera ses recherches sur les conditions d’accueil effroyables que vécurent des réfugiés espagnols en Isère. L’attitude des autorités françaises de la IIIe République pendant la guerre d’Espagne est un sujet d’étude qui ne cesse d’être approfondi.

    Une autre vocation des Rencontres est d’inscrire l’expérience des réfugiés espagnols dans une histoire globale. C’est pourquoi, depuis plusieurs éditions, la parole est donnée à des organisations venant en aide aux migrants, comme SOS Méditerranée. Cette année, le lundi 12 octobre, c’est l’association France terre d’Asile qui sera reçue. Sa présidente, l’ancienne ministre de l’Éducation nationale entre 2014 et 2017, Najat Vallaud-Belkacem, présentera son livre Réfugiés, ce qu’on ne nous dit pas. Co-écrit avec l’économiste Benjamin Michallet, l’ouvrage vise à désamorcer les idées reçues sur les personnes exilées. « Il nous paraît évident de faire des parallèles avec ce qui s’est passé, ou se passe, ailleurs », explique Manuela Parra, la présidente de Voix de l’extrême, elle-même fille d’exilés espagnols. « Ce n’est pas uniquement l’histoire de la guerre d’Espagne. Nous portons un propos qui se voudrait général et universel », souligne-t-elle.

    Julien Bramy

    *Plus d’informations sur la page Facebook de l’association Voix de l’extrême

  • [Chroniques méditerranéennes] Nous sommes tous Maricarmen !

    [Chroniques méditerranéennes] Nous sommes tous Maricarmen !

    « Somos todos Maricarmen » ont scandé des milliers de personnes lors de manifestations à travers le pays après l’expulsion de Maricarmen âgée de 87 ans de son appartement, mercredi à Madrid dans le quartier du Retiro. Un appartement, dans lequel elle vivait depuis 70 ans. Évacuée sur son fauteuil roulant compte tenu de son handicap et dirigée sur un hôpital, en attendant son relogement chez un cousin, cette expulsion a suscité dans tout le pays une vague d’indignation, Maricarmen devenant malgré elle le symbole de la lutte pour le droit au logement et contre les expulsions. C’est après une longue bataille juridique que le fonds spéculatif qui avait acquis cet appartement d’un précédent propriétaire a eu gain de cause. En augmentant le loyer de 275% soit 2 650 euros par mois le fond « vautour » mettait Maricarmen en difficulté pour s’acquitter de ses loyers. Depuis le siège de l’ONU à New York où Pedro Sanchez se trouvait mercredi, le chef du gouvernement a réagi en dénonçant « une tragédie nationale que nous ne pouvons accepter », du côté de Sumar les partenaires du gouvernement dénoncent eux « la passivité de la ministre du logement ». Sumar qui se saisit de cette affaire pour porter au conseil des ministres de mardi, la demande d’expropriation du logement de son propriétaire le fonds spéculatif Urbagesa. La porte-parole de Sumar, Veronica Martinez, a déclaré jeudi « nous voulons mettre fin à cette injustice et envoyer un message clair aux spéculateurs et aux fonds vautours : le logement est un droit, pas un commerce ». Cette demande d’expropriation d’Urbagesa « doit marquer un tournant face à la spéculation immobilière. C’est pourquoi nous proposons également des modifications législatives afin qu’une telle situation ne puisse plus jamais se produire », a ajouté la porte-parole de Sumar. L’expulsion de Maricarmen remet sur le devant de la scène la politique du logement du gouvernement, une politique largement insuffisante, et par certains aspects incompréhensible, de la part d’un exécutif de gauche. Pour preuve le vote des députés du PSOE le 15 septembre lors d’une séance des Cortès, ceux-ci ont rejeté avec la droite l’examen de la loi proposée par le groupe Sumar qui interdit de vendre des appartements à des grands fonds d’investissement dont l’objectif est le commerce du logement. Avec les votes du PP, de Vox, de Junts (indépendantistes catalans) et l’abstention du PSOE le Congrès des députés a repoussé toute possibilité de prendre en considération l’examen de cette proposition de loi.

    Ce vote des députés socialistes montre clairement les différences au sein de la coalition gouvernementale en matière de politique du logement. Ce texte qui fut déjà présenté en novembre 2025, avait été repoussé grâce aussi à une abstention des députés du PSOE. Difficile de comprendre l’attitude des députés socialistes, qui ne traduisent pas dans leurs actes les politiques promises auprès des électeurs de gauche souvent victimes des spéculateurs. Les manifestations qui se multiplient dans le pays, comme encore ce samedi, dénonçant la main mise des fonds spéculateurs sur le logement et contre les expulsions vont probablement rappeler aux ministres la politique sur laquelle ils se sont engagés. Les ministres communistes au gouvernement et la coalition Sumar au Congrès des députés entendent bien dans les jours qui viennent faire bouger les lignes. Les bonnes déclarations de Pedro Sanchez dénonçant « une tragédie nationale » et l’incapacité de la droite locale à régler les problèmes de logement à Madrid, ne suffiront pas tant que ne seront pas pris des actes concrets et législatifs contre les fonds spéculatifs et pour le droit au logement.

    Journaliste, président de l’Association pour le souvenir de l’exil républicain espagnol (Aseref)

  • À Montpellier, le cri d’alerte d’un militant pacifique palestinien

    À Montpellier, le cri d’alerte d’un militant pacifique palestinien

    Il devait être accompagné de Mahmoud Zwahre. Son homologue militant et chercheur ayant dû rentrer précipitamment en Palestine en raison du décès de son neveu, Mohammed Khatib a livré seul son témoignage, mercredi 9 septembre, salle Pelloutier à Montpellier. La veille face à la presse locale, ce militant cofondateur du Comité de coordination de la lutte populaire (PSCC) avait donné un premier récit glaçant.

    En compagnie de militants de l’AFPS 34, il décrit les deux stratégies distinctes de l’État d’Israël. D’un côté, la « terreur à Gaza » où les frappes de l’armée israélienne se poursuivent malgré l’accord de cessez-le-feu, ce qui a déjà coûté la vie au moins 73 600 civils (hors disparus). « 74 200 enfants de moins de 5 ans ont besoin d’un traitement, 24 600 femmes enceintes souffrent de malnutrition aiguë. C’est orchestré car seuls 200 camions par jour entrent à Gaza au lieu des 600 autorisés », dénonce Évelyne Duval (AFPS).

    De l’autre côté, en Cisjordanie, M. Khatib pointe une logique de « transplantation méthodique » des populations. « L’armée israélienne n’intervient pas directement, si ce n’est pour faciliter aux colons israéliens l’accès aux terres occupées. » Une opération de longue haleine destinée selon lui à « anéantir les conditions de vie des Palestiniens et les pousser à l’exil ». Du côté d’Al Maghayer, à l’est de Ramallah, 27 communautés ont été détruites, assure-t-il.

    Le militant raconte comment les colons armés s’en prennent à des Palestiniens isolés, notamment des paysans dans des fermes qu’ils s’approprient. « Ils attaquent les maisons, en portant des coups, parfois en assassinant, choisissent un terrain et font du pâturage. » Afin de coordonner les déplacements des colons, des routes interdites aux Palestiniens ont été construites entre les villages occupés. En octobre, débutera la cueillette des olives. Mohammed redoute le « châtiment des colons » et de nouveaux « morts » car « les Palestiniens ne renonceront jamais à leurs vergers ». C’est pourquoi il appelle les militants internationaux à se mobiliser. « Quand ils sont présents aux côtés des familles, les colons ne se comportent pas pareil. »

    Dans les villes, les populations sont peu à peu confinées. Et la violence fait là aussi son apparition. « L’ambassadeur des USA prétend que ce sont des opérations isolées alors qu’il s’agit d’une stratégie au plus haut sommet de l’État. Le but est d’annexer les terres et changer le statut juridique de la Cisjordanie. »

    De sombres projets contre lesquels résistent les militants non armés du PSCC. Depuis son village de Bil’in, Mohammed et les siens organisent régulièrement des manifestations culturelles, parfois sous les traits de personnages d’Avatar pour dire la résistance non violente. Dès 2004, c’est elle qui avait permis la conservation de villages que l’édification d’un mur d’apartheid devait confisquer au profit d’Israël, la Cour suprême israélienne ayant donné raison à ce village frontalier. Aujourd’hui, le PSCC mène des actions de reconstruction et d’entraide appelées « Faz3a ». « On essaie d’amener l’eau, l’électricité, d’éviter les démolitions de maisons », explique-t-il.

    S’il n’attend pas grand-chose des élections législatives israéliennes du 27 octobre, il est convaincu que « le départ du gouvernement d’extrême droite de B. Netanyahou faciliterait les procédures ». Car depuis le 7 octobre 2023, Israël ne reconnaît plus le droit international. Pourtant condamnée par la Cour internationale de justice et rappelé à l’ordre par l’ONU, « elle ne rend plus de comptes », grâce à la protection américaine de l’allié Donald Trump.

    Voilà pourquoi, en plus de leur courage, les militants du PSCC comptent sur un sursaut de la communauté internationale, dont la France. « L’Europe est incapable de prendre des décisions, elle doit réagir ». De son côté, Mohammed ne lâchera pas. « Il y aura des martyrs mais notre maintien sur le territoire est notre outil de résistance. » Et Robert Kissous (AFPS 34) de conclure : « En 3 ans, plus d’un millier de Palestiniens ont été tués en Cisjordanie. Il faut empêcher ce nettoyage ethnique, retrouver la possibilité d’un État palestinien et le droit du peuple à s’autodéterminer. »

  • La lumière d’Alpha, un jeune migrant aux multiples talents

    La lumière d’Alpha, un jeune migrant aux multiples talents

    C’est dans la médiathèque du Pont du Las que les militants de la section de Toulon-La Seyne tombent sur quelques œuvres d’Alpha Boubacar Barry. « J’ai trouvé ça intéressant, donc je suis allé voir la directrice pour lui demander qui en était à l’origine », explique son président Roland Biache.

    La rencontre se produit et il leur raconte son parcours qui va l’amener, à 14 ans à peine, à prendre le chemin de l’exil suite au décès de son père. Entamant un périple difficile de Guinée Conakry, son pays, jusqu’à Toulon, en passant par le Mali, l’Algérie et l’Espagne. Son oncle qui l’accompagnait perdra la vie au cours de la traversée de la Méditerranée.

    Mais ce n’est pas pour évoquer le drame vécu quotidiennement par ceux qu’on appelle les migrants que les défenseurs des droits humains ont accepté de nous rencontrer aujourd’hui. Mais plutôt, pour mettre en avant une prise en charge réussie de ce mineur isolé très talentueux. Son absence le jour de la rencontre va leur permettre de brosser sans retenue son portrait.

    « C’est un gamin un peu exceptionnel, extrêmement débrouillard avec un niveau de communication qui est largement supérieur au commun des mortels », confie Roland Biache.

    Si bien que le jeune Peul a non seulement réussi le circuit de l’intégration mais est parvenu aussi à se constituer « un réseau hyper étendu ». « Il est toujours en train de réfléchir, de créer », ajoute responsable associatif. Un jeune artiste doué qui sait aussi parler de ses peintures qui retracent son histoire, son parcours.

    La Ligue a photographié l’ensemble de ses œuvres pour réaliser une expo itinérante sur bâches et faire découvrir son travail. Au-delà d’être peintre, il est également conteur et a monté une chaîne YouTube qui s’appelle Bab TV, BAB dans laquelle il commente le monde. « On a l’impression qu’il a vécu plusieurs vies », précise Roland Duthach. Et comme ça ne suffisait pas, il vient de créer une collection de vêtements. Et il fait défiler ses camarades du lycée Claret où il est actuellement scolarisé.

    Histoire d’un parcours

    « Ces jeunes-là ne viennent pas, comme disait l’autre, voler le pain au chocolat des petits Français. Ils viennent parce que leur situation personnelle a fait qu’ils n’ont eu que le choix de partir », profitent pour rappeler les militants des droits humains. Alpha évoque aussi la rencontre avec les policiers dans certains pays, les agressions subies. C’est l’histoire d’un parcours migratoire qui se termine bien, du moins à ce jour. Mais bientôt majeur, ça pourrait peut-être se compliquer « vu la politique migratoire aujourd’hui de l’actuel gouvernement ». « Parce qu’en la matière, je ne sais pas ce que le Rassemblement national pourrait faire de plus si par malheur il arrivait au pouvoir », tempête Roland Biache. Et de poursuivre : « Le drame dans l’histoire, c’est que c’est une vraie perte pour son pays. On ne parle pas suffisamment de ça, je trouve. De tous ces talents obligés de partir pour des raisons politiques, mais qui feraient la renommée de leurs pays, qui feraient leur richesse ».

    La section de Toulon-La Seyne de la LDH est en tout cas très fière d’accompagner ce jeune homme dont on devrait continuer à entendre parler dans le milieu de la culture et des arts.

    « Ce qui est assez exceptionnel c’est qu’il arrive également à agréger les énergies, à agréger un tas de monde autour de lui qu’il fait aussi avancer », conclut Roland Dutach. Comme ses copains de classe.

    Une force transmise par ses parents, a expliqué Alpha : « Ma mère nous répétait toujours de ne jamais voir notre souffrance comme une malédiction, mais comme une arme pour construire notre avenir. Et me disait souvent : “Sors, avance, vise haut, va jusqu’aux étoiles” ».

    « Ces jeunes
    ne viennent pas voler le pain au chocolat des petits Français. Ils viennent parce que leur situation a fait qu’ils n’ont eu que le choix
    de partir. »

  • La Saison Méditerranée s’amarre à Marseille

    La Saison Méditerranée s’amarre à Marseille

    Un cycle culturel imposé par Emmanuel Macron en 2023 dans le but de « célébrer l’identité profondément méditerranéenne de la France et la richesse des liens exceptionnels qui unissent les populations », écrit le président de la République. « Un temps fort de diplomatie culturelle », se laisse même aller la déléguée interministérielle à la Méditerranée, Nadia Hai. Parmi les membres du gouvernement annoncés au Pharo, lors de la cérémonie officielle de lancement, vendredi, le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot ou celle de la culture Catherine Pégard. Au menu de cette soirée, le vernissage de Mar Nostro – Notre mer, œuvre du collectif franco-syrien UV LAB, avant un concert, à 19h30, du chanteur de raï Sofiane Saidi qui invite Camélia Jordana pour une création rendant « hommage à l’Algérie, aux femmes et à la musique comme voie de résistance ». Intitulée « Arriver, partir, revenir » et constituée de nombreuses expositions, concerts et autres spectacles, la séquence d’ouverture marseillaise s’étendra dans la ville comme une grande fête culturelle, trouvant son point d’orgue le 23 mai par une immense Symphonie portuaire rassemblant musiciens amateurs et professionnels marseillais et méditerranéens sous la direction de Raphaël Imbert, sur l’esplanade du J1 et le site du Grand port maritime de Marseille.

    Œuvres diasporiques

    « Mettre en lumière les jeunesses méditerranéennes des diasporas de France » : tel est, selon Eva Nguyen Binh, présidente de l’Institut français, le leitmotiv de la Saison Méditerranée qui trouvera sa traduction dans « une programmation polyphonique illustrant la pluralité de ses voix », complète Julie Kretzschmar, commissaire générale de l’événement. Majoritairement irriguée par les guerres comme les exils, l’histoire comme le présent, la Saison Méditerranée tisse essentiellement ses récits en lien avec l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, l’Égypte, le Liban et la Palestine. Premières illustrations prévues dès le 15 et 16 mai, avec l’ouverture au public d’une dizaine d’expositions.

  • À Marseille, des rendez-vous artistiques pour le Soudan

    À Marseille, des rendez-vous artistiques pour le Soudan

    Depuis trois ans, une guerre oppose le commandant Mohamed Hamdane Daglo au général Abdel Fattah Burhan dans une course pour le pouvoir. Les affrontements entre ces deux factions rivales ont causé la mort de plus de 150 000 personnes en plus de centaines de viols et de millions de disparus. Face à « la pire crise humanitaire au monde », selon l’ONU, des artistes et activistes s’engagent à Marseille.

    L’art pour parler de luttes et d’exil

    Plusieurs événements sont prévus durant ce mois de mai, à commencer par une projection du film documentaire Soudan, souviens-toi, réalisé par Hind Meddeb. La réalisatrice retrace la lutte de jeunes soudanais lors de la révolution contre Omar Al Beshir, dictateur déchu en 2019. La soirée se poursuivra autour d’un repas caritatif et d’une vente de t-shirts, le 10 mai de 18h à 21h à la Dar, 127 rue d’Aubagne. Les dons seront reversés à des caisses de solidarité soudanaises.

    Le 14 mai, le vernissage de l’exposition « Quant au Soudan, je le porterai en moi », organisée par les journalistes Elliot Brachet et Arthur Larie et financé par Avaaz, se tiendra à la librairie Maupetit, dès 17h30. Les clichés de six jeunes photographes soudanais seront exposés jusqu’au 20 juin.

  • À la Plaine, la danse comme plaidoyer d’hospitalité

    À la Plaine, la danse comme plaidoyer d’hospitalité

    Mêlant performances artistiques, ateliers danse et plaidoyer pour l’accueil des personnes exilées, ce festival militant, porté par Swag (Share what art gives) studio souffle un air frais dans un contexte marqué par le repli et les discours réactionnaires. « C’est un événement qui fait exister la danse comme un outil politique », résume Pauline Terestchenko, cofondatrice de Swag Studio et coorganisatrice du festival. Sur scène danseurs et artistes sont professeurs du Swag studio. Ils viennent du Mali, de Guinée, d’Ukraine, de Russie, du Mexique, du Brésil…

    « Changer le narratif autour de la migration »

    « L’idée de l’événement est d’être au centre de l’espace public pour leur donner l’occasion de montrer leur talent en public et de changer le narratif autour de la migration. On y porte aussi une parole de plaidoyer par des acteurs engagés sur les thématiques d’accueil, des militants associatifs ou des artistes qui livrent eux-mêmes un témoignage d’exil », poursuit Pauline Terestchenko au moment où Sidibé, venu de Guinée, livre un récit rappé de son parcours.

    Autour de la scène, un village rassemble une douzaine de structures engagées pour l’accueil et la lutte contre le racisme : SOS Med, Sol en Si, Le Refuge, Singa, Réseau Hospitalité, The Baobab Project ou l’Auberge marseillaise. « Hébergement citoyen, accès aux droits, loisirs, culture… Les formes d’engagement sont multiples », explique l’organisatrice pointant un immense totem où le public peut se porter volontaire pour une mission bénévole pour ces assos en glissant celle de son choix dans une urne. Une manière de transformer l’émotion artistique en mobilisation citoyenne. « C’est en ça que cet événement fait de la danse un levier d’engagement sur les questions d’accueil », conclut Pauline Terestchenko.

  • Des films diasporiques voyagent à Marseille

    Des films diasporiques voyagent à Marseille

    « Ce festival incarne la volonté de la Ville de s’ouvrir davantage au monde et de renforcer les liens diplomatiques et culturels par la célébration du cinéma », expliquait l’an passé, la première adjointe au maire de Marseille, Michèle Rubirola, pour justifier la création des Rencontres internationales du cinéma. Fort du succès de cette première mouture, voilà qu’une deuxième édition, toujours gratuite, vient pointer le bout de son nez, du 4 au 7 novembre à l’Alcazar et au Château de la Buzine, pour mettre cette fois en lumière « des œuvres cinématographiques portant sur les diasporas, réalisées ou portées par des acteurs culturels du territoire marseillais », souligne la municipalité à propos de cette série de projections gratuites saluée par un prix destiné à « récompenser la force narrative d’un film, la rigueur de son point de vue et sa résonance avec les enjeux contemporains liés aux diasporas ».

    Neuf œuvres seront projetées, dont un certain nombre en partenariat avec des consulats : d’abord celui de Roumanie pour La guerre du Roi, de Trevor Poots et John Florescu, qui éclaire l’histoire de Michel Ier de Roumanie, jeune monarque alors à la tête de ce pays lors de son entrée dans la deuxième guerre mondiale. La Lettonie sera également représentée avec Plus qu’une danse, documentaire qui « retrace le parcours de Selga Apse et de son groupe de danse folklorique letton Daugavina », stipule le programme.

    Contrastes et réalité

    Mais c’est Dans la peau, de Pascal Tessaud, qui ouvrira le bal de ces rencontres à la bibliothèque de l’Alcazar. Certainement l’un des films réalisés sur Marseille les plus réussis de ces dernières années. Un exercice de style qui louvoie entre la romance et la chronique sociale, et parfois même vers le film de danse. L’histoire de Kaleem, trentenaire qui revient vivre dans le quartier de la Savine après un passage à l’ombre. Travaillant désormais sur des chantiers, mais poursuivant toujours ses rêves de danse, il rencontre Marie, architecte BCBG dont il s’amourache. « Les films sur les quartiers sont la plupart du temps virils, avec des armes. Moi, j’avais envie de parler d’amour », expliquait à La Marseillaise Pascal Tessaud, au lancement de ce film de contrastes entre deux Marseille, du Nord et du Sud, qui se croisent mais ne se rencontrent jamais.

    La clôture du festival coïncidera quant à elle avec la projection de Welcome to Europe. Réalisé par Thomas Bornot et Cyril Montana, un documentaire qui aborde le thème de l’immigration et « son instrumentalisation qui créé un climat de peur en Europe ». Une déconstruction par les faits « à travers le regard d’un petit-fils de réfugié espagnol, qui part sur les traces des exilés, de la France jusqu’en Méditerranée ». Un parcours mis en parallèle avec celui d’un jeune Afghan arrivé en France.