Tag: exil

  • La Saison Méditerranée s’amarre à Marseille

    La Saison Méditerranée s’amarre à Marseille

    Un cycle culturel imposé par Emmanuel Macron en 2023 dans le but de « célébrer l’identité profondément méditerranéenne de la France et la richesse des liens exceptionnels qui unissent les populations », écrit le président de la République. « Un temps fort de diplomatie culturelle », se laisse même aller la déléguée interministérielle à la Méditerranée, Nadia Hai. Parmi les membres du gouvernement annoncés au Pharo, lors de la cérémonie officielle de lancement, vendredi, le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot ou celle de la culture Catherine Pégard. Au menu de cette soirée, le vernissage de Mar Nostro – Notre mer, œuvre du collectif franco-syrien UV LAB, avant un concert, à 19h30, du chanteur de raï Sofiane Saidi qui invite Camélia Jordana pour une création rendant « hommage à l’Algérie, aux femmes et à la musique comme voie de résistance ». Intitulée « Arriver, partir, revenir » et constituée de nombreuses expositions, concerts et autres spectacles, la séquence d’ouverture marseillaise s’étendra dans la ville comme une grande fête culturelle, trouvant son point d’orgue le 23 mai par une immense Symphonie portuaire rassemblant musiciens amateurs et professionnels marseillais et méditerranéens sous la direction de Raphaël Imbert, sur l’esplanade du J1 et le site du Grand port maritime de Marseille.

    Œuvres diasporiques

    « Mettre en lumière les jeunesses méditerranéennes des diasporas de France » : tel est, selon Eva Nguyen Binh, présidente de l’Institut français, le leitmotiv de la Saison Méditerranée qui trouvera sa traduction dans « une programmation polyphonique illustrant la pluralité de ses voix », complète Julie Kretzschmar, commissaire générale de l’événement. Majoritairement irriguée par les guerres comme les exils, l’histoire comme le présent, la Saison Méditerranée tisse essentiellement ses récits en lien avec l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, l’Égypte, le Liban et la Palestine. Premières illustrations prévues dès le 15 et 16 mai, avec l’ouverture au public d’une dizaine d’expositions.

  • À Marseille, des rendez-vous artistiques pour le Soudan

    À Marseille, des rendez-vous artistiques pour le Soudan

    Depuis trois ans, une guerre oppose le commandant Mohamed Hamdane Daglo au général Abdel Fattah Burhan dans une course pour le pouvoir. Les affrontements entre ces deux factions rivales ont causé la mort de plus de 150 000 personnes en plus de centaines de viols et de millions de disparus. Face à « la pire crise humanitaire au monde », selon l’ONU, des artistes et activistes s’engagent à Marseille.

    L’art pour parler de luttes et d’exil

    Plusieurs événements sont prévus durant ce mois de mai, à commencer par une projection du film documentaire Soudan, souviens-toi, réalisé par Hind Meddeb. La réalisatrice retrace la lutte de jeunes soudanais lors de la révolution contre Omar Al Beshir, dictateur déchu en 2019. La soirée se poursuivra autour d’un repas caritatif et d’une vente de t-shirts, le 10 mai de 18h à 21h à la Dar, 127 rue d’Aubagne. Les dons seront reversés à des caisses de solidarité soudanaises.

    Le 14 mai, le vernissage de l’exposition « Quant au Soudan, je le porterai en moi », organisée par les journalistes Elliot Brachet et Arthur Larie et financé par Avaaz, se tiendra à la librairie Maupetit, dès 17h30. Les clichés de six jeunes photographes soudanais seront exposés jusqu’au 20 juin.

  • À la Plaine, la danse comme plaidoyer d’hospitalité

    À la Plaine, la danse comme plaidoyer d’hospitalité

    Mêlant performances artistiques, ateliers danse et plaidoyer pour l’accueil des personnes exilées, ce festival militant, porté par Swag (Share what art gives) studio souffle un air frais dans un contexte marqué par le repli et les discours réactionnaires. « C’est un événement qui fait exister la danse comme un outil politique », résume Pauline Terestchenko, cofondatrice de Swag Studio et coorganisatrice du festival. Sur scène danseurs et artistes sont professeurs du Swag studio. Ils viennent du Mali, de Guinée, d’Ukraine, de Russie, du Mexique, du Brésil…

    « Changer le narratif autour de la migration »

    « L’idée de l’événement est d’être au centre de l’espace public pour leur donner l’occasion de montrer leur talent en public et de changer le narratif autour de la migration. On y porte aussi une parole de plaidoyer par des acteurs engagés sur les thématiques d’accueil, des militants associatifs ou des artistes qui livrent eux-mêmes un témoignage d’exil », poursuit Pauline Terestchenko au moment où Sidibé, venu de Guinée, livre un récit rappé de son parcours.

    Autour de la scène, un village rassemble une douzaine de structures engagées pour l’accueil et la lutte contre le racisme : SOS Med, Sol en Si, Le Refuge, Singa, Réseau Hospitalité, The Baobab Project ou l’Auberge marseillaise. « Hébergement citoyen, accès aux droits, loisirs, culture… Les formes d’engagement sont multiples », explique l’organisatrice pointant un immense totem où le public peut se porter volontaire pour une mission bénévole pour ces assos en glissant celle de son choix dans une urne. Une manière de transformer l’émotion artistique en mobilisation citoyenne. « C’est en ça que cet événement fait de la danse un levier d’engagement sur les questions d’accueil », conclut Pauline Terestchenko.

  • Des films diasporiques voyagent à Marseille

    Des films diasporiques voyagent à Marseille

    « Ce festival incarne la volonté de la Ville de s’ouvrir davantage au monde et de renforcer les liens diplomatiques et culturels par la célébration du cinéma », expliquait l’an passé, la première adjointe au maire de Marseille, Michèle Rubirola, pour justifier la création des Rencontres internationales du cinéma. Fort du succès de cette première mouture, voilà qu’une deuxième édition, toujours gratuite, vient pointer le bout de son nez, du 4 au 7 novembre à l’Alcazar et au Château de la Buzine, pour mettre cette fois en lumière « des œuvres cinématographiques portant sur les diasporas, réalisées ou portées par des acteurs culturels du territoire marseillais », souligne la municipalité à propos de cette série de projections gratuites saluée par un prix destiné à « récompenser la force narrative d’un film, la rigueur de son point de vue et sa résonance avec les enjeux contemporains liés aux diasporas ».

    Neuf œuvres seront projetées, dont un certain nombre en partenariat avec des consulats : d’abord celui de Roumanie pour La guerre du Roi, de Trevor Poots et John Florescu, qui éclaire l’histoire de Michel Ier de Roumanie, jeune monarque alors à la tête de ce pays lors de son entrée dans la deuxième guerre mondiale. La Lettonie sera également représentée avec Plus qu’une danse, documentaire qui « retrace le parcours de Selga Apse et de son groupe de danse folklorique letton Daugavina », stipule le programme.

    Contrastes et réalité

    Mais c’est Dans la peau, de Pascal Tessaud, qui ouvrira le bal de ces rencontres à la bibliothèque de l’Alcazar. Certainement l’un des films réalisés sur Marseille les plus réussis de ces dernières années. Un exercice de style qui louvoie entre la romance et la chronique sociale, et parfois même vers le film de danse. L’histoire de Kaleem, trentenaire qui revient vivre dans le quartier de la Savine après un passage à l’ombre. Travaillant désormais sur des chantiers, mais poursuivant toujours ses rêves de danse, il rencontre Marie, architecte BCBG dont il s’amourache. « Les films sur les quartiers sont la plupart du temps virils, avec des armes. Moi, j’avais envie de parler d’amour », expliquait à La Marseillaise Pascal Tessaud, au lancement de ce film de contrastes entre deux Marseille, du Nord et du Sud, qui se croisent mais ne se rencontrent jamais.

    La clôture du festival coïncidera quant à elle avec la projection de Welcome to Europe. Réalisé par Thomas Bornot et Cyril Montana, un documentaire qui aborde le thème de l’immigration et « son instrumentalisation qui créé un climat de peur en Europe ». Une déconstruction par les faits « à travers le regard d’un petit-fils de réfugié espagnol, qui part sur les traces des exilés, de la France jusqu’en Méditerranée ». Un parcours mis en parallèle avec celui d’un jeune Afghan arrivé en France.