Dans le sillage de travailleuses saisonnières marocaines en Andalousie, Les fraises raconte leur exil et dur labeur. Jusqu’à ce qu’elles ne se révoltent contre « tout un système d’exploitation, au risque de tout perdre ». Réalisé par Laïla Marrakchi et projeté le 7 novembre à l’Arplexe, le film d’ouverture de Films Femmes Méditerranée, qui donne le ton, pugnace, de ce festival qui entend offrir, à travers le septième art, « un espace où le regard de femmes venues des deux rives de la Méditerranée peut se rencontrer et rencontrer le public », résume sa présidente Marcelle Callier. « Sur ses rives, des femmes vivent, créent, résistent, transmettent et inventent chaque jour de nouvelles façons de raconter le monde », souligne-t-elle. Illustration, un peu plus tôt lors de cette journée, à 14h30 à l’Alcazar, avec une table ronde autour de « la jeune génération de réalisatrices libanaises » et surtout Julia Kassar. Cette grande comédienne sera l’invitée d’honneur d’une manifestation qui mettra en lumière le pays du cèdre « dont les images racontent depuis des décennies les blessures, les bouleversements, les guerres mais aussi l’extraordinaire vitalité d’une société toujours debout », situe Marcelle Callier. Avec l’idée de « célébrer des cinéastes qui refusent l’effacement, transforment l’expérience en récit et la mémoire en création ». Le cinéma Les Variétés abritera, lui, la projection de Solitaire de Sophie Boutros, avec Julia Kassar au casting. Sorti il y a 10 ans, une histoire d’amour entre une Libanaise et un Syrien qui ravive les plaies de la guerre au sein d’une famille.
L’Artplexe accueillera aussi une session de courts-métrages libanais témoignant des forces comme des failles de ses habitants. Le cinéma La Baleine sera pour sa part le théâtre de L’heure de la libération a sonné (1974), documentaire d’Heiny Srour qui traite de la lutte du Front populaire pour la libération d’Oman et du Golfe arabe, « seul document au monde sur une expérience totalement laïque, démocratique et féministe en terre arabe et musulmane ». Films Femmes Méditerranée offrira aussi une photographie d’autres luttes, intimes et politiques, à l’œuvre ailleurs. Parmi les autres projections, celle de Between dreams and hope, autour de « la vie amoureuse, sociale et juridique d’une personne en transition » dans la société iranienne, ou encore à quoi rêvent les Maknines ?, dans les pas de « deux jeunes Algériens qui s’apprêtent à tout quitter pour traverser la Méditerranée ».

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