Afin d’anticiper ses besoins capacitaires et fixer ses objectifs pour la dizaine d’années à venir, le Service départemental d’incendie et de secours des Hautes-Alpes (Sdis 05) a prévu une révision du Schéma départemental d’analyse et de couverture des risques (SDACR), en vigueur depuis fin 2016, pour la période 2027-2031.
« Il s’agit d’un document qui anticipe les risques générés par les évolutions du territoire, et qui mesure ce que devrait être notre Sdis pour y faire face », a expliqué mardi le directeur départemental du Sdis Alain Juge, devant le Conseil départemental, appelé à rendre un avis consultatif. Plus d’un an de travaux ont été nécessaires pour finaliser le document.
Le colonel a commencé par dresser le contexte territorial, qui définit les stratégies privilégiées : « Dans les Hautes-Alpes, nous avons une fréquentation touristique extrêmement importante, avec une population multipliée par 4 en période hivernale et estivale, et qui est de plus en plus importante au printemps et en automne. Nous constatons également un vieillissement de la population, car les jeunes partent faire leurs études et ne reviennent plus, ce qui demande davantage de services de secours à la personne. Enfin, nous avons le changement climatique. Nous en avons fait les frais cet été : même la montagne à très haute altitude n’est plus à l’abri des feux de forêts. »
Pour établir des objectifs, le Sdis a analysé les différents risques et sa capacité de réponse. Il y a d’une part les risques courants, dont la fréquence est élevée mais la gravité faible. « C’est ce qui se passe tous les jours quand vous voyez un véhicule de secours intervenir sur un feu de poubelle ou une inondation par exemple, précise le colonel. Notre modèle réside sur la disponibilité des pompiers volontaires. Sur nos 34 unités opérationnelles, deux fonctionnent avec une garde permanente, et 32 autres reposent sur l’engagement des volontaires. C’est 95 % de notre effectif. Il faut donc poursuivre le recrutement et le maintien de ce vivier. Il n’y a pas de petits centres, il faut tous les maintenir. » Pour « garder ce modèle historique », le conventionnement avec les employeurs publics comme privés est essentiel.
Viennent ensuite les risques complexes, qui eux, se produisent très rarement mais dont la gravité est élevée, comme un accident de bus, un train qui déraille ou un incendie en station de ski. « Nous nous sommes demandé quelle était notre réponse capacitaire, a poursuivi Alain Juge, tout en sachant qu’en première intention, c’est le centre le plus proche qui intervient. » Si ce n’est pas suffisant, les autres sont sollicités, puis, si besoin, des renforts extra-départementaux sont appelés. « C’est ce qui s’est passé avec les incendies de cet été, a rappelé le colonel. On ne peut pas répondre tout seuls, la solidarité nationale est essentielle pour ces risques complexes. »
Cette révision du SDACR doit encore être sujette à différent avis consultatifs dans les prochaines semaines, avant qu’un arrêté préfectoral ne le valide fin décembre.
« Ici, 95 %
des sapeurs-pompiers sont volontaires »

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