[Grève du 5 novembre] Paroles de syndicalistes (2/5)

Olivier Gérard, enseignant et secrétaire général CGT Éduc’action 83

« La seule chose qui m’inquiète pour être honnête, c’est la météo, qui peut être un frein pour la mobilisation. Pour le reste, c’est clair qu’on est dans un bon moment de consensus entre les organisations. Une bonne partie des derniers samedis ont été réussis, et ça aide pour la continuité de la mobilisation, mais on ne gagnera que par la grève. Il faut mettre cette idée au centre, et le fait qu’elle soit populaire est très positif. On est dans un moment où les gens ont très largement compris qu’il fallait se mettre à l’arrêt pour faire avancer les choses. Je le vois au sein des écoles : beaucoup plus de collègues seront dans la rue, dans des établissements où il n’y a pas forcément l’habitude de faire grève. Le plan opposé, le patronat, les institutions, on les met à mal quand il n’y a plus de travailleurs car le business ne fonctionne plus. Il en va de même pour la fonction publique, et ce mouvement doit aussi faire prendre conscience de son importance. »

Eric Gorrias, Secrétaire départemental adjoint et élu ferroviaire Unsa 83

« On ne parle même plus de syndicat, on est unitaire sur tous les points que l’on défend. Nous ne sommes pas toujours d’accord sur nos orientations, mais le gouvernement a réussi le tour de force de nous réunir, ce qui devrait l’interroger. Le 5 novembre, ce n’est pas juste une date comme ça, c’est la continuité des manifestations, en convergence avec les lycéens et étudiants. Le ferroviaire sera associé de manière unitaire (CGT, Unsa, CFDT, SUD-Rail), car on a tous les mêmes problèmes. Ils sont liés à l’inflation, la hausse des prix du carburant et de l’énergie. Des familles n’ont plus aucune ressource le 10 du mois. On porte aussi la question du gel du point d’indice pour la fonction publique, un personnel hospitalier public en sous-effectif, qui n’y arrive plus. Ces conditions de travail détériorées, on les sent dans toutes les administrations. On espère qu’il y aura un après 5 novembre et que le gouvernement va arrêter d’être sourd et entendre la colère qui remonte de la rue. »

Olivier Rosay, Postier, secrétaire départemental Solidaire.s du Var

« Il y a en ce moment un consensus entre les organisations syndicales qui est lié à une colère sociale généralisée. En période préélectorale, à quelques mois des élections présidentielles, jamais on n’avait connu un tel mouvement social. L’enjeu de ce jeudi sera de mettre encore une fois en avant les revendications du monde du travail. On est nombreux à subir de mauvaises conditions au quotidien, et celles-ci ne se limitent pas au monde du public, mais sont aussi présentes dans le commerce, la métallurgie, l’industrie, dans toute la sphère du privé. Aujourd’hui, la majorité des salariés sont au Smic ou le dépassent tout juste, les couches populaires n’arrivent plus à boucler leurs fins de mois, c’est pour cela que ça craque. À la Poste, on fait le travail pour essayer de mobiliser un maximum de nos collègues. Ça demande parfois des efforts, mais on voit qu’ils y sont sensibles, même si la mobilisation des équipes syndicales reste toujours le fait du volontarisme. »

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