À Aix, les lycéens s’appuient sur l’intersyndicale

Lundi, puis mardi, ceux qui le pouvaient poursuivaient la mobilisation devant les facs et les lycées. Les foules compactes se sont toutefois clairsemées en ce début de semaine. Devant les grilles des établissements qui, pour la plupart à Aix, ont pu maintenir leurs cours, on avance une explication.

« Au moins, quand on est peu nombreux, on arrive à mettre en place un blocus efficace. Si les cours sont maintenus, les élèves sont obligés de se rendre en classe. On est mineurs, nos parents décident encore », constate Léo*, qui participait ce mardi à une tentative de blocus sur Vauvenargues. Parmi les lycéens, certains sont venus en soutien et ne déclarent pas forfait. « Il y a eu les vacances, il faut que le mouvement se remette en route, ça ne fait que 48 heures qu’on est revenus. Je compte sur la mobilisation du 5 novembre pour qu’on retrouve encore plein de monde dans les rues. Ça promet d’être quelque chose : il y a des grèves annoncées sur Aix, des travailleurs qui nous rejoignent. Le 17 octobre, mais en mieux », espère Lisa*, du lycée Zola. Elle sera dans les rangs et ne se contente pas des « demi-mesures » proposées par le gouvernement. « On a demandé à avoir une baguette, on nous a donné les miettes », résume l’élève de terminale.

« Je n’ai pas pu participer à la dernière mobilisation intersyndicale, mais j’y serai, juste pour voir de mes yeux que notre mouvement peut être soutenu. J’avais un peu l’impression qu’on devait gérer ça seuls, alors qu’on n’a pas forcément les codes pour manifester », ajoute, plus loin, Samir.

Les étudiants ont eux aussi rejoint cette énième semaine de mobilisation. D’abord en soutien aux lycéens, puis pour défendre leurs propres revendications. « Énormément d’universités ont bloqué (ce mardi). Ça montre que le gouvernement est en perdition puisqu’il n’arrive pas à éteindre le mouvement. Ça n’augure que de bonnes choses pour le 5 novembre. On constate une belle victoire pour l’instant », souligne Yanis Dufresnes pour l’Union Étudiante.

Un « relais important »

Les étudiants de Sciences Po battront eux aussi le pavé de la capitale provençale aux côtés de l’intersyndicale. « Le gros du mouvement sera bien ce jeudi. Mais c’est aussi la conséquence de longues semaines de lutte, où personne n’a lâché. On a montré qu’on était là, déterminés », rappelle une étudiante en sciences politiques. « Jeudi sera un grand moment », assure Paul Maille.

« Une chose est sûre : rejoindre l’intersyndicale nous assure un cadre pour la mobilisation, une certaine prise au sérieux, une crédibilité du point de vue des responsables politiques comme du grand public, mais aussi une certaine sécurité. Les forces de l’ordre ne chargent pas les cortèges encadrés par les syndicats », estime Tom, étudiant. Un avis partagé par Mila, rencontrée lors d’un rassemblement devant le commissariat de police, mardi. « L’intersyndicale permet de mieux faire entendre la mobilisation. On peut organiser des choses sans les syndicats, mais ils constituent un relais important. Il faut répondre à l’appel pour que le mouvement continue », souligne cette étudiante en licence. Elle rejoindra les rangs de la manifestation, qu’elle juge davantage rassurants : « Quand les manifestations sont déclarées par les syndicats et autorisées, les gens ont moins peur de se faire réprimer ».

À l’appel de l’intersyndicale lycéenne, une assemblée générale s’est tenue mardi, dans les locaux prêtés par la MJC Prévert. Une ligne directrice se dégage : « Convaincre de venir manifester […] ; quand il y a du monde devant les lycées, on doit proposer un cortège », avance l’un d’eux. Un mot d’ordre résume l’état d’esprit : discuter, structurer et tenter de faire converger les luttes.

* Le prénom a été changé

« On a demandé une baguette,
on nous a donné les miettes »

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