Comme chaque année depuis six ans, Gilles Roumieux va diffuser la prochaine brochure réalisée par ses élèves. Celle-ci s’intitule Touche pas à ma planète et permet de connaître les réflexions d’adolescents alésiens sur la menace du dérèglement climatique. Loin d’être anonyme, le travail réalisé au collège Jean-Racine d’Alès est désormais connu partout en France. Les cinq premières brochures se sont en effet écoulées à plus de 100 000 exemplaires. « C’est environ 20 000 brochures diffusées chaque année grâce au soutien de la Casden [banque coopérative de la fonction publique, Ndlr], qui les distribue dans tous les Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation », précise le professeur d’histoire-géographie. La brochure sur le harcèlement scolaire, qui avait été accompagnée d’une exposition diffusée partout dans le Gard, obtient même régulièrement de nouvelles commandes.
Après l’école, la démocratie, les écrans et le harcèlement scolaire, Gilles Roumieux s’attaque désormais à l’environnement, un « univers que je connais moins » que les thèmes précédents mais auquel « la sensibilisation des adolescents est essentielle ». Pour cette édition, le professeur a fait appel à la géographe Catherine Bernié-Boissard, qui signe la préface de la brochure. Celle-ci espère ainsi que ces écrits « puissent susciter un élan, rassembler et donner envie d’agir ».
de l’instruction
Si la jeunesse semble plus sensibilisée aux problématiques environnementales, Gilles Roumieux a été surpris par la distance mise par les élèves avec le danger encouru : « Ce n’est qu’un échantillon de 50 élèves, mais je remarque qu’ils sont conscients des dangers sans toutefois que ce soit leur préoccupation essentielle. Comme nous sommes dans une époque d’instantanéité, ils ont du mal à se projeter vers l’avenir, même s’ils constatent des phénomènes météorologiques de plus en plus intenses. Je pense que ce travail a permis une prise de conscience. Seuls quelques élèves ont reconnu en parler en famille par exemple. »
Si les élèves consentent à faire des efforts, dans le tri des déchets ou dans l’économie de l’eau par exemple, ils restent par contre réfractaires à modifier leur approche du numérique, pourtant très énergivore. Mais comme pour le harcèlement ou les écrans, ils sont demandeurs de plus d’instruction sur le sujet à l’école. « Ils voudraient qu’on en parle en cours de SVT de manière plus approfondie et qu’on les fasse participer à des actions. Ils ont dit qu’ils voudraient être davantage sensibilisés par des acteurs de terrain qui viendraient de l’extérieur. Ils pensent que l’école devrait faire davantage sur ce sujet », confirme Gilles Roumieux.
Une cérémonie de remise des brochures aux parents sera organisée à la mairie d’Alès le mercredi 10 juin (17h30) et une dédicace des élèves est également prévue.

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