Ne pas lâcher la proie pour l’ombre

De quoi Parcoursup est-il le nom ? D’abord d’une grande opacité : depuis sa mise en place, l’avenir de nos enfants est confié à un algorithme obscur qui gère la pénurie des places dans l’enseignement supérieur. Ensuite, c’est aussi le nom d’une grande angoisse parmi les jeunes et dans les familles liée au sentiment de ne pas avoir de prise sur son destin quels que soient les efforts produits. Enfin, Parcoursup, c’est le nom d’une interface numérique qui masque le problème du manque de moyens dans l’enseignement supérieur français alors qu’on estime qu’entre 2004 et 2024, le nombre d’étudiants a augmenté de 33%, tandis que celui des enseignants titulaires du supérieur a diminué de 8%.

Sous la pression du mouvement lycéen, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé que cette plateforme d’orientation post-bac sera remplacée en 2028, après une « évolution forte » vers plus de transparence l’an prochain.

La jeunesse mérite mieux

C’est le sens du débat sans-vote qui est programmé, ce mercredi, à l’Assemblée nationale.

Les lycéens mobilisés comme les parlementaires ne doivent pas lâcher la proie pour l’ombre : si le gouvernement semble prêt à jeter symboliquement Parcoursup par-dessus bord pour tenter de trouver l’apaisement, c’est bien la politique qui est derrière cette plateforme qu’il faut abandonner. Une politique d’austérité et de gestion de la pénurie.

La réalité est là : en plus des insatisfactions et des injustices produites par ce système, 126 500 candidats sont restés sans affectation cette année et 150 000 jeunes sont contraints de se tourner vers le privé, au prix de frais exorbitants et de l’endettement de leurs familles.

La jeunesse mérite mieux.

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