Stéphane Sparagna, le destin contrarié d’un éternel olympien

Symbole d’une jeunesse prometteuse à l’époque où « El Loco » s’asseyait sur sa glacière, Stéphane Sparagna a tourné la page olympienne.

À 31 ans, le défenseur marseillais, originaire de Saint-Loup (10e), a rejoint en début de saison l’USM Endoume-les-Catalans, en Régional 1. « Mon contrat avec l’OM s’est terminé le 30 juin et je n’ai pas été prolongé », raconte-t-il. Comme Sofiane Sidi Ali ou Kassim Abdallah avant son arrivée au staff du SC Aubagne Air-Bel, Sparagna a joué le rôle de « grand frère » auprès des jeunes de la réserve phocéenne.

En quête d’un nouveau projet dans le Sud ou à l’étranger, l’ancien joueur de l’Uspeg a été freiné par une fin de saison compliquée. Opéré d’une hernie en mars, il a vu son temps de jeu diminuer. « Cet été, je n’ai finalement pas eu de proposition intéressante correspondant à mes attentes, dans la région ou ailleurs. Dans le Sud, le principal frein était financier et contractuel », explique-t-il, conscient du coût des contrats fédéraux pour les clubs. Un appel de Guillaume Bosca et Taoufik El Faqyh, avec qui il a évolué respectivement au Red Star et à Aubagne, a finalement rebattu les cartes, ouvrant la voie à un nouveau défi sous les couleurs d’Endoume. Des discussions avec Fos-sur-Mer s’étaient auparavant enlisées, le club s’est montré « frileux » sur les aspects médical et financier.

Sparagna avait aussi été
en contact avec l’AS Cannes
de Djamal Mohamed et le SC Toulon, qui l’avait déjà approché la saison précédente. L’ancien Olympien a aussi reçu des propositions de clubs de deuxième division américaine (USL), sans succès également.

Étiquette « joueur fragile »

Malgré cinq expériences hors de Marseille (Auxerre, Boavista, Villafranquense, Red Star et Aubagne), Sparagna est resté attaché à l’OM. Formé puis lancé chez les professionnels par Marcelo Bielsa, il a pu « boucler la boucle » en passant près de six mois avec le groupe professionnel sous Gennaro Gattuso et Jean-Louis Gasset à partir de janvier 2024.

« C’était deux approches totalement différentes », souligne le défenseur présent dans le groupe à Monaco, à peine un mois après son retour. « Gattuso aimait faire participer beaucoup de jeunes du centre de formation, pas forcément titulaires ou performants, comme des sparring-partners. Ça m’a étonné, car j’ai toujours connu le mérite, mais ce genre d’initiative se fait partout aujourd’hui », observe-t-il, en opposant cette méthode au style plus « traditionnel » de Gasset. « Il était plus proche des joueurs, c’était comme un papa pour nous. » Sparagna a aussi fréquenté brièvement Roberto De Zerbi, dont l’approche lui rappelait Bielsa. « On recherchait tout le temps un peu l’excellence et la perfection. »

Au centre de formation, il a côtoyé Kelyann Bezahaf, « la belle surprise à ses yeux » malgré quelques réticences initiales, Nouhoum Kamissoko, qu’il juge « le plus à même de jouer » grâce à sa maturité, et Keyliane Abdallah, dont il salue la résilience après « une première partie de saison passée où il était un peu au fond du trou ». « On leur a donné l’occasion de s’exprimer et ils ont su la saisir. Le plus dur, désormais, est de maintenir ce rythme, de progresser et de travailler pour enchaîner les bonnes performances », résume celui qui a vécu la même situation douze ans plus tôt.

Son ascension a toutefois été freinée par plusieurs blessures, au genou en 2018, au ménisque en 2019 et aux ligaments croisés en 2022. « J’en ai eu une à chaque fois que j’aurais pu franchir un palier », déplore-t-il, en reconnaissant ne pas avoir su gérer sa carrière sur le plan physique. « Ce qui me frustre le plus, ce n’est pas d’avoir été blessé, mais qu’on m’ait collé l’étiquette de joueur fragile dans ce milieu », confie avec amertume Stéphane Sparagna, marqué par cette image indélébile.

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