Fabien Roussel veut « le partage des richesses au centre du débat »

« Notre pays traverse une crise extrêmement grave. Le chef de l’État et ses gouvernements successifs en portent la responsabilité politique », martèle Fabien Roussel, mardi, lors d’une conférence de presse depuis le siège du Parti communiste français.

Une situation qui découle de « l’absence de réponse aux revendications sociales qui s’additionnent depuis dix ans et qui, avec la crise énergétique, deviennent tout simplement vitales pour des millions de nos compatriotes ». Le chef des communistes pointe également la responsabilité de l’exécutif dans « une gestion aussi désastreuse du maintien de l’ordre » lors de la journée de mobilisation « d’une ampleur inédite » de samedi et des semaines précédentes.

Apportant son soutien aux milliers de manifestants ainsi qu’aux personnes touchées par les violences, dont les élus et les commerçants, il l’assure : « Le pillage et le saccage ne sont pas des actes politiques, ce sont les ennemis des mouvements sociaux, des manifestants qui se mobilisent, eux, pacifiquement. C’est pourquoi, je le redis, leurs auteurs doivent être à chaque fois et retrouvés et condamnés. »

Commission d’enquête parlementaire

C’est pourquoi la présidente groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste – Kanaky (CRCE-K) au Sénat, la sénatrice (PCF) Cécile Cukierman, va demander une commission d’enquête parlementaire afin de « faire toute la lumière, non seulement sur les agissements de ces groupes de voyous, violents, mais aussi sur les défaillances du dispositif du maintien de l’ordre ». Pour le candidat à l’élection présidentielle, « le maintien de l’ordre ne constitue pas une réponse en soi à une mobilisation sociale d’ampleur. L’issue ne peut être que politique ».

Pour lutter contre la vie chère, Fabien Roussel préconise la baisse de la TVA sur les énergies, le carburant, l’électricité, le gaz. Une augmentation du Smic, « mais surtout des salaires et des pensions qui ne sont pas indexés sur l’inflation ». Pour ce faire, les communistes demandent l’ouverture d’une véritable conférence sociale, avec les syndicats et le patronat, à laquelle les organisations de jeunesse seront associées. « Il faut mettre la question du partage des richesses au centre du débat. Les travailleurs créent des richesses, ils doivent pouvoir en vivre », insiste Fabien Roussel.

Pour la jeunesse, il demande l’abrogation de Parcoursup, l’embauche d’enseignants et, comme le réclament les syndicats étudiants, la mise en œuvre du plan d’urgence de 10 milliards d’euros afin d’améliorer les conditions d’études et créer des places supplémentaires dans l’enseignement supérieur. « L’argent existe », pousse le dirigeant politique, qui appelle à réorienter le Projet de loi de finances (PLF) pour 2027 actuellement en examen à l’Assemblée nationale.

Il rappelle que « pendant que les salaires stagnent, les grandes fortunes continuent de s’enrichir de manière indécente dans notre pays ». Avec des dividendes versés par les entreprises du CAC 40 à leurs actionnaires qui auraient atteint 100 milliards d’euros sur la seule année 2026. Dans ce contexte, celui qui est également maire de Saint-Amand-les-Eaux demande au gouvernement de « renoncer aux plus de 6 milliards d’euros supplémentaires prévus pour le budget militaire afin de donner la priorité à l’école, à la santé, au salaire, à l’emploi et à la transition écologique ».

Le leader du PCF appelle enfin à répondre à l’appel intersyndical à manifester le 5 novembre prochain : « Continuons à nous mobiliser pour obliger le gouvernement à répondre enfin aux urgences que nous exprimons légitimement ».

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