Tag: richesse

  • Faire de l’Étoile et du Garlaban une « réserve de biodiversité »

    Faire de l’Étoile et du Garlaban une « réserve de biodiversité »

    S’appuyant sur son Atlas de la biodiversité lancé en 2022, Aix-Marseille Provence veut créer une « réserve métropolitaine de biodiversité » sur la chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban. Elle va lancer des études de faisabilité en vue d’un classement en zone de protection forte.

    S’inscrivant dans la dynamique de la convention de Rio de 1992 et de la stratégie nationale biodiversité 2030 qui en découle, la Métropole veut doubler la part de ses espaces naturels remarquables protégés d’ici 2035. Aujourd’hui 54% des 314 900 hectares de son territoire ont un statut de protection mais seulement 5% en protection forte.

    Ce ne serait pas pour la collectivité, sa première aire naturelle protégée. Trois sites démonstrateurs ont déjà été inaugurés qui attendent leur classement par arrêté préfectoral de protection de la biodiversité : la Crau du Piboulon entre Alleins et Mallemort porté par une forte mobilisation citoyenne et associative, le Puits de Madame à La Barben et les Versants Nord du Massif de l’Étoile. La création d’une « réserve métropolitaine de biodiversité » sur la chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban se veut le 4e projet structurant.

    Au cœur d’un espace urbain de plus d’1,8 million d’habitants qui comprend 13 communes, la chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban, ce sont 12 254 hectares de territoires naturels à haute valeur écologique, paysagère et patrimoniale. Ils jouissent déjà de deux protections nationales : 10 044 hectares sont inscrits depuis 2007 en zone spéciale de conservation Natura 2000 et depuis 1982 en Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF type I et I).

    Mais ces protections ne suffisent plus face à la pression d’urbanisation, la fréquentation excessive, les feux de forêt, les pollutions diverses, mais aussi le changement climatique et ses conséquences qui accroissent les menaces qui pèsent sur la conservation des habitats naturels. Preuve de cette richesse souvent insoupçonnée, l’Atlas métropolitain de la Biodiversité qui révèle que sur les 6 000 espèces animales et végétales connues, 509 espèces présentent un enjeu de conservation maximal.

    Quid du « Grand parc municipal » ?

    La Métropole a donc lancé, en juin, un appel d’offres afin de désigner une société de conseil et d’ingénierie écologique pour mener des études préalables et des expertises robustes destinées à constituer un dossier de classement de cette future « réserve de biodiversité ». « Le marché sera soutenu financièrement par le Fonds Vert, jusqu’en septembre 2027 », note l’appel d’offres ouvert jusqu’au 31 juillet. Une mission d’animation foncière est également attendue pour approcher les propriétaires dans les zones identifiées à enjeux. Il s’agit de recueillir leur avis, les sensibiliser, les associer à la démarche pour in fine recueillir leur accord de principe.

    Parmi les 1 400 propriétaires fonciers à courtiser, la Ville de Marseille, dont le maire, Benoît Payan (DVG), a fait de la création d’un « Grand parc municipal du pic de l’Étoile » une de ses promesses de campagne. Son projet en lisière ambitionne de renforcer la desserte en bus et le stationnement aux entrées du parc, d’aménager des bancs, des tables, des aires de jeu, des cafés, installer des poubelles, des caméras ou encore de recruter des gardes. Sa compatibilité avec cette future réserve pourrait mettre à l’épreuve son accord de gouvernance passé avec Nicolas Isnard (LR), le président de la Métropole.

  • Ambroise Croizat, une vie sous l’œil de la caméra

    Ambroise Croizat, une vie sous l’œil de la caméra

    « Cest le monument le plus abouti que l’on ait en France. » Autour de cette stèle dédiée à Ambroise Croizat, père de la Sécurité sociale, des ouvriers du bâtiment s’affairent. Mais un homme, aux traits étrangement semblables au buste qui lui fait face, reste pensif devant cette stèle en hommage à l’ancien ministre du Travail (PCF) et secrétaire général de la Fédération de la métallurgie de la CGT. « Le texte a de la gueule », signifie-t-il, avant de désigner « d’un côté le couple de vieux et de l’autre la famille » gravés sur le monument. « Ça symbolise les deux piliers de la Sécu que sont les retraites et les allocations familiales », explique Pierre Caillaud-Croizat, petit-fils de l’architecte de la Sécurité sociale.

    Ce dernier est accompagné du journaliste Emmanuel Defouloy et d’Aubin Hellot, réalisateur, en pleine production d’un film biographique retraçant la vie d’Ambroise Croizat. Le passage à Port-de-Bouc était obligé : « Il est passé en 1947 pour soutenir la grève. Alors la classe ouvrière a voulu lui rendre hommage en érigeant cette stèle », retrace le maire (PCF), Laurent Belsola, devant la caméra, face au monument, lors d’un échange avec Maixent Bitan de l’Union locale CGT, venant en conclusion du film. « Il y a une grande culture ouvrière à Port-de-Bouc, c’était normal de lui rendre hommage, estime le syndicaliste. La Sécu couvre tous les soucis des travailleurs de la naissance à la mort. Ambroise Croizat a érigé une première pierre du système idéal d’émancipation populaire, grâce à la cotisation sociale et la richesse produite par les travailleurs. »

    C’est à la mort du père de la Sécu, en 1951, que la CGT, le PCF et les ouvriers port-de-boucains ont érigé cette stèle, l’année suivante. « La préfecture avait mis son veto », rappelle Pierre Caillaud-Croizat. « Oui, mais la mairie communiste et la CGT ont fortement insisté et le préfet a cédé », relève dans un sourire Laurent Belsola.

    « Un outil d’éducation populaire »

    « La Sécu vient d’un projet de société basé sur la solidarité et l’émancipation, reprend Pierre Caillaud-Croizat. Les Français sont 86% à manifester leur attachement à la Sécu. Je rêve de remettre les complémentaires dans le giron de la Sécu, car le système assurantiel coûtera toujours plus cher que le solidaire. Il faut faire comprendre aux jeunes que le libéralisme et la loi du plus fort ne servent que quelques-uns. »

    C’est justement l’enjeu de formation syndicale que soulève Maixent Bitan, après la séquence. « Quand on fait une formation à la lecture de fiche de paye pour des minots de 18 ans, ce n’est pas toujours simple. Utiliser des extraits de votre film pourra nous servir en interne », suggère le responsable CGT. C’est l’esprit de l’auteur. « On fait du cinéma d’éducation populaire », assume Emmanuel Defouloy. Aubin Hellot détaille : « On retrace la vie d’Ambroise Croizat à partir de l’ouvrier syndicaliste jusqu’au ministère où il construira le système social français. » Mais aussi « comment s’est construite la victoire à partir de la grande répétition de 1936 et du système social des métallos, qu’il a ensuite étendu à tout le pays », précise-t-il.

    Pierre Caillaud-Croizat va plus loin : « Le film apporte un éclairage à l’histoire officielle, qui laisse penser que la Sécu est née de la bonne volonté d’un gouvernement bourgeois. » Alors que « c’est le résultat de très longues luttes et de la mobilisation du monde du travail. Quand Croizat est arrivé au ministère, il y avait les ordonnances, mais il fallait les concrétiser. Les travailleurs ont rénové les bâtiments des futures caisses puis formé les administrateurs, c’est comme ça que ça a vu le jour, en un an », conclut-il.

    Le tournage se poursuit jusqu’en septembre, avec pour ambition une première diffusion à l’Assemblée nationale, lors de la pose d’une plaque dédiée au député Croizat, à sa place historique.

    Un « instrument de combat politique » présenté à l’Union locale CGT

    L’auteur et le réalisateur étaient à l’Union locale CGT, jeudi en fin de journée, pour un échange avec des syndicalistes et élus de la Ville. « C’est un documentaire d’une durée de 1h10 sur la vie de Croizat, pas sur la Sécu. C’est le mouvement ouvrier, des millions de personnes en lutte qui ont bâti notre modèle social avec le seul ministre du Travail ouvrier depuis 1906 », explique Emmanuel Defouloy. « Un instrument de combat politique qui sortira début 2027, c’est pas anodin », pour Aubin Hellot. « On s’inscrit dans la tradition d’éducation populaire de la CGT », complète Pierre Caillaud-Croizat.

  • [Passerelle interculturelle] 45 traditions du patrimoine immatériel de l’Unesco racontent l’histoire de la Chine

    [Passerelle interculturelle] 45 traditions du patrimoine immatériel de l’Unesco racontent l’histoire de la Chine

    Avec cette mise à jour, la Chine compte désormais 45 traditions inscrites sur les listes du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. C’est le plus grand nombre au monde. Ces traditions couvrent de nombreux domaines. Elles permettent de mieux comprendre la longue histoire de la Chine et la diversité de sa culture.

    La présence de la Chine sur les listes de l’Unesco a commencé en 2001, avec la reconnaissance de l’opéra Kunqu. Dans les années suivantes, d’autres traditions ont été inscrites, comme la musique du guqin, le Muqam ouïgour du Xinjiang et le chant long mongol. Ensemble, elles montrent la richesse de la culture traditionnelle chinoise.

    De nombreuses traditions reconnues par l’Unesco montrent une esthétique chinoise très particulière. La calligraphie chinoise, la gravure de sceaux et le papier découpé transforment des matériaux simples en formes artistiques. À travers les traits du pinceau, les sceaux gravés et les dessins découpés dans le papier, ces arts transmettent depuis des générations un sens unique de la beauté.

    Les savoir-faire traditionnels sont aussi une partie importante du patrimoine immatériel chinois. Les techniques de construction en bois, le tissage du brocart Yunjin de Nanjing, la sériciculture et les techniques de fabrication de la soie, ainsi que la cuisson du céladon de Longquan, montrent l’union entre l’utilité et l’art.

    Le reflet des 56 groupes ethniques de Chine

    Les fêtes et les coutumes populaires restent très présentes dans la vie quotidienne. La Fête du Printemps et la Fête des Bateaux-Dragons réunissent encore les familles et les communautés. Des traditions maritimes, comme les croyances et coutumes liées à Mazu ou la cérémonie Wangkang, se sont diffusées au-delà de leur région d’origine et sont reconnues dans différentes cultures.

    Le patrimoine culturel immatériel chinois reflète aussi les traditions des 56 groupes ethniques de Chine. Le Nanyin, le Grand Chant du peuple Dong, l’opéra tibétain et les arts Regong ont chacun leurs propres caractéristiques. Ensemble, ils montrent la diversité culturelle qui a façonné la civilisation chinoise au fil des siècles.

    D’autres formes de patrimoine conservent des savoirs traditionnels et des façons de penser anciennes. L’acupuncture et la moxibustion, le taijiquan et le zhusuan chinois, c’est-à-dire le calcul traditionnel avec le boulier, continuent d’influencer la vie moderne tout en transmettant une sagesse ancienne.

    En même temps, certaines traditions rencontrent des difficultés pour être transmises aux nouvelles générations. L’impression à caractères mobiles en bois, la technique des cloisons étanches des jonques chinoises et le Meshrep ont été inscrits sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente de l’Unesco. Cela montre l’importance de poursuivre les efforts de protection et de soutien.

  • [1er-Mai] À Martigues, les regards tournés vers la pétrochimie en lutte pour sa survie

    [1er-Mai] À Martigues, les regards tournés vers la pétrochimie en lutte pour sa survie

    Martigues est une ville ouvrière, populaire, profondément attachée à la solidarité et à la défense de l’industrie, de l’emploi et des services publics », lance Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues, au moment d’entamer la manifestation du 1er-Mai organisée par l’Union locale CGT de Martigues sur l’esplanade Félix-Ziem.

    La journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs prend une dimension particulière sur ce territoire industriel. Si les industries martégales et du bassin d’emplois sont citées par le maire, c’est qu’elles arrivent à un tournant. Le secrétaire du syndicat CGT Kem One Lavéra Geoffrey Del Baldo, dans le cortège, l’illustre. « Il faut maintenir cette date de lutte, particulièrement quand on voit l’industrie qui s’appauvrit de plus en plus. Chez nous, les fonds de pension qui ne mettent pas d’argent dans nos outils les transforment en mini-bombes ! », ose le syndicaliste, en référence aux propriétaires de Kem One, 1er producteur français de PVC. Il précise son propos : « La moindre fuite chez nous aura un impact sur les salariés, mais aussi sur la population. On parle de composés volatils cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques CMR. » Alors pour Geoffrey Del Baldo, « la première priorité est de maintenir et pérenniser les outils, donc les emplois et la richesse de la région », à l’heure des grandes annonces de nouveaux projets industriels et de décarbonation.

    « Lavéra a été payé par les impôts des Français »

    Le secrétaire général de l’UL CGT Daniel Bretonès, originaire du syndicat de Naphtachimie, abonde en ce sens. « Toutes les industries du bassin sont vieillissantes. Il faut qu’elles transitionnent car on ne peut plus polluer et consommer autant qu’avant. On jette de l’énergie, cramée à la torche alors que des idées de recyclage ont été abandonnées faute d’investissements », explique-t-il. Avant de parler décarbonation, le syndicaliste est catégorique : « La première condition est que l’outil soit fiable et sécurisé face aux risques de feu, d’explosion ou autres. »

    Daniel Bretonès rappelle que « Lavéra a été payé par les impôts des Français, mais depuis que le privé a racheté, il encaisse les ronds mais n’investit pas dans l’outil vieillissant, datant des années 1960-1970 », déplore-t-il. Pire, « ces fonds de pension qui rachètent tout sont des vampires : ils font des montages financiers pour racheter une boîte sans investir, les mettent en déficit et l’État ne fait rien », en référence à la situation de Kem One. Ce n’est pas un hasard : « Kem One est le premier client de Naphtachimie et LyondellBasell. S’ils ferment, c’est toute la chimie locale et les 20 000 emplois induits qui tombent avec », avertit le responsable.

    ArcelorMittal est aussi source d’inquiétudes. Jean-Luc Ruffin, secrétaire CGT du comité d’entreprise européen présent dans le cortège, affirme que « le redémarrage du 2e haut-fourneau est court-termiste. On sera le 11 juin devant l’Assemblée pour défendre la niche parlementaire du PCF sur la nationalisation d’ArcelorMittal » proposée par la CGT. Martigues donne sa raison d’être à la journée de lutte des travailleurs.

    « Si Kem One tombe, toute la chimie locale tombe avec les 20 000 emplois concernés »

  • À Marseille, un gendarme corrompu au service d’un escroc fini

    À Marseille, un gendarme corrompu au service d’un escroc fini

    Un gendarme de la brigade de surveillance du littoral de Marseille a été condamné, lundi, à trois ans de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction de la fonction publique pour corruption passive par personne dépositaire de l’autorité publique et détournement de données de fichiers d’État.

    Le commanditaire, Dany Hadid, était à la tête du restaurant Al Baladi, promenade Georges Pompidou (8e), où le gendarme se régalait gratuitement. Ce Libanais de 51 ans, connu pour avoir été condamné pour de nombreuses escroqueries, a écopé de trois ans de prison ferme assortis d’un mandat de dépôt pour corruption active. Le tribunal a accepté la confusion partielle de sa peine à hauteur d’une année avec sa dernière condamnation, en septembre 2023, à six ans de prison, qu’il purge pour des faits similaires. Dany Hadid, écroué à Luynes, avait escroqué un couple d’entrepreneurs marseillais de 853 000 euros et un commerçant arménien de 90 000 euros, en se faisant passer pour un agent de la DGSE. En 2017, il avait écopé de 5 ans de prison, à Versailles, pour avoir ruiné un restaurateur égyptien avec la complicité d’un ex-musicien de la fanfare de la gendarmerie.

    Appâté par une promesse de prêt de 100 000 euros à taux zéro, l’adjudant Jamel M., 48 ans, était intervenu d’octobre à décembre 2022 pour mettre la pression sur des commerçants. Loin de ses fonctions de surveillance des trafics maritimes et dissimulant l’intervention à ses collègues, il s’était rendu, en tenue militaire et en véhicule de gendarmerie, dans un restaurant libanais concurrent de Hadid au prétexte de vérifier qu’un salarié en arrêt maladie y travaillait, puis il s’était présenté dans l’épicerie fine de l’épouse pour réclamer une dette de 10 000 euros. « Je demandais juste aux personnes de payer. Je ne pensais pas faire peur. Quand j’ai dit “de toute façon, on va le retrouver”, ça voulait dire que la justice allait s’occuper de lui », a-t-il expliqué à l’audience du 10 février. Le militaire utilisait aussi son contact à l’Urssaf pour organiser un contrôle administratif auprès d’un restaurateur concurrent de Hadid et obtenir des infos dans le cadre d’un litige professionnel avec un employé.

    « Est-ce normal de régler des litiges à l’amiable dans le cadre de vos fonctions de gendarme ? Vous n’étiez pas respectueux, vous avez mis la pression », a opposé le procureur, qui a requis 3 ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique. « Il m’a proposé de lui-même ce prêt sans contrepartie », a contesté le gendarme, muté depuis à Toulon. Il était bien noté et apprécié de sa hiérarchie. Le prêt devait prendre la forme d’une prise de participation au capital de MMMT, une société basée à Dubaï spécialisée dans l’extraction d’or et de diamants que le gendarme gère, ayant investi 270 000 euros provenant de la cryptomonnaie… Ce militaire décidément singulier possède aussi des comptes bancaires à l’étranger et sept appartements à Marseille qu’il loue, tout en vivant dans un logement de l’armée.

    « J’ai été bête sur ce coup-là, ça me rend malade. Je crois en l’humain, je lui ai fait confiance, je le considérais comme un ami, je n’ai pas cherché à comprendre », a dit le gendarme, qui réfute tout lien entre le prêt et les services rendus. Il était aussi reproché au pandore, qui avait accès aux fichiers d’État : 24 consultations au fichier de traitement des antécédents judiciaires, 16 au fichier des personnes recherchées, 17 au fichier des permis de conduire et 10 au fichier des véhicules, entre 2020 et 2023. Le tribunal a jugé « peu convaincantes » ses explications selon lesquelles « c’était pour montrer à des stagiaires de 3e ».

    Les 315 appels téléphoniques et SMS échangés entre les deux hommes établissent « un concert frauduleux », a estimé le tribunal, qui a toutefois relaxé le gendarme de tentative d’extorsion, car rien n’indique qu’il ait exercé des menaces ou des violences. Les restaurateurs victimes n’avaient pas voulu témoigner dans la procédure.

  • Des vœux revendicatifs pour les portuaires CGT

    Des vœux revendicatifs pour les portuaires CGT

    Des portuaires de Marseille mais aussi de Fos-sur-Mer ont assisté nombreux ce jeudi 22 janvier aux vœux de la CGT. L’occasion pour leur secrétaire général, Pascal Galéoté, de contextualiser ce traditionnel exercice. D’abord, la situation internationale qui concerne au premier chef un port ouvert sur le monde.

    Santé, paix, solidarité, « ces mots peuvent paraître simples mais ils prennent aujourd’hui une résonance toute particulière dans un monde traversé par l’instabilité, les conflits et les dérives autoritaires » pose-t-il. Et de revenir sur un « Donald Trump qui se pose en arbitre du monde et en tuteur autoproclamé des nations ». Il rappelle à quel point le « discours politique s’est décomplexé, glissant sans retenue d’une droite conservatrice vers une extrême droite agressive, autoritaire et prédatrice ». Déplorant la multiplication des interventions militaires, en dehors « du droit international, du rôle de l’ONU et de la souveraineté des peuples », le syndicaliste souligne le cas du Venezuela, revient sur les velléités de Trump de capter les ressources fossiles du Groenland.

    La domination par la force. Une logique « que nous retrouvons en France » décline Pascal Galéoté déplorant « la concentration des pouvoirs, l’arrogance et l’autoritarisme » qui entraîne le pays vers « l’impasse démocratique ». Jusqu’à user du 49-3 faute de pouvoir voter un budget, après avoir « refusé de nommer un Premier ministre issu du Nouveau front populaire pourtant arrivé en tête aux dernières législatives ».

    Remise en cause du 1er mai

    Et de dénoncer le creusement des inégalités, les aides aux entreprises qui atteignent des sommets « sans aucune contrepartie sociale, salariale, environnementale ou industrielle ». Il enchaîne sur la remise en cause des « repères sociaux, des droits collectifs et de nos symboles ». Il entend par là le détricotage du 1er mai avec une proposition de loi LR, soutenue par les macronistes et le RN, pour autoriser ce jour-là le travail de certains secteurs, restaurants, fleuristes ou culture, en débat ce jeudi à l’Assemblée nationale. Pas question pour lui de « s’attaquer aux droits sociaux et à l’histoire ouvrière ».

    En matière de dérive, il revient aussi sur cette Une du journal La Provence le 14 janvier, sur les « grands procès de 2026 », le mettant au même niveau notamment que le chef du clan Yoda. Si depuis, le directeur de la rédaction, Olivier Biscaye, s’est fendu d’une adresse aux lecteurs, réfutant « l’idée d’avoir voulu porter atteinte à l’honneur » du responsable CGT, une rencontre a eu lieu ce jeudi matin indique Pascal Galéoté, entre « notre fédération, l’Union départementale » et « la numéro 2 de CMA et le directeur du pôle média ». « Profondément attaché à la liberté de la presse », il estime qu’elle « implique des responsabilités ».

    Fort de 42 500 emplois portuaires pour 54 métiers, soit « des dizaines de milliers de familles », il s’inquiète aussi de l’avenir, alors que la campagne des municipales bat son plein. « L’espace portuaire n’est pas un espace de loisirs », assène-t-il. Sans industrie, le port deviendrait « une coquille logistique fragile, soumise à la volatilité des trafics et à une concurrence internationale féroce », prévient-il, « la transition écologique ne peut se résumer à une opposition simpliste entre la fin du monde et la fin du mois ». Malgré un chiffre d’affaires en hausse de 245 millions d’euros, le bilan d’activité reste contrasté analyse-t-il, « le port doit beaucoup à ses activités passagers, à la réparation navale et à la fourniture de ses services essentiels comme l’eau et l’électricité ».

    « Une conjoncture instable », qui ne doit pas faire oublier que ce résultat est celui d’une « capacité collective à produire de la richesse » martèle Pascal Galéoté, fier de revendications qui ont permis la création de 37 emplois supplémentaires en 2025, « dont 4 négociés hier soir pour l’activité voyageurs », de « 87 nouvelles adhésions en 2025 pour atteindre les 867 syndiqués ».

    « L’espace portuaire n’est pas un espace de loisirs »

  • La cinémathèque repère ses futurs locaux phocéens

    La cinémathèque repère ses futurs locaux phocéens

    Il faut se projeter pour le moment entre les grues, les parpaings et les isolants. Mais c’est bien au 50 chemin de la Madrague-ville à Marseille (15e) que la cinémathèque française posera ses valises, en janvier 2027. Ce mercredi, le président du Centre national du cinéma (CNC), Gaëtan Bruel, le président de la cinémathèque française et réalisateur, Costa-Gavras, et le directeur général de l’institution, Frédéric Bonnaud, sont venus visiter ce qui deviendra une salle de projection, un auditorium et une salle d’exposition pour leur antenne marseillaise.

    C’est au sein du campus de 18 000 m2 de l’école d’informatique la Plateforme, fondée et dirigée par Cyril Zimmermann, que l’institution va prendre ses quartiers. Avec une salle de projection de 124 places, une salle d’exposition de 400 m2 et un pôle éducatif, l’institution du 7e art bénéficiera d’un espace de 1 500 m2 sur le campus. Un auditorium pouvant accueillir jusqu’à 550 personnes pourra également être utilisé par la cinémathèque, lors de grands événements.

    Pas de hasard

    « Le but est de faire de cet endroit un village apprenant, explique Cyril Zimmermann. Les projections et les expositions pourront attirer les étudiants, mais aussi les résidents du quartier et tous les habitants de Marseille. » Originalement prévue aux docks des suds, c’est finalement en plein centre du quartier des crottes que l’antenne prendra vie. Ironique pour le réalisateur et président de la cinémathèque, Costa-Gavras, qui aimait beaucoup travailler avec Yves Montand, né dans ce quartier. « J’étais souvent venu le visiter avec Yves Montand », se souvient le cinéaste âgé de 92 ans.

    Créée en 1936, avec comme mission de collecter, restaurer et diffuser le patrimoine cinématographique mondial, c’est la première fois de son histoire que cette institution se délocalise. Et Marseille n’a pas été choisie au hasard.

    « Il y avait un enjeu à reconnaître ce que l’on doit à Marseille dans le domaine du cinéma et de l’image animée, insiste Gaëtan Bruel, président du CNC. C’est une ville, un territoire, qui, de [Marcel] Pagnol à [Jean] Giono jusqu’à [Robert] Guédiguian et [Cédric] Jiménez, a donné à notre pays certains de ses plus grands talents. » Un domaine qui s’est d’ailleurs développé dans la cité phocéenne avec l’arrivée de la Cinéfabrique, une école d’audiovisuel gratuite, ou encore la base logistique créée il y a deux ans, CinéMabase, dans le cadre du plan Marseille en grand.

    Une richesse et un dynamisme que la cinémathèque tient à mettre en avant, en faisant de Marseille le sujet de la première exposition qui aura lieu au 50 chemin de la Madrague-ville. « Le but sera de montrer la ville elle-même à travers le 7e art et la télévision, explique le directeur général de l’institution, Frédéric Bonnaud. Et il y en aura des choses à montrer », s’enthousiasme-t-il.

    Ouverture prévue pour janvier 2027 pour les séances de cinéma, et au printemps de la même année pour la première exposition de l’antenne marseillaise de la Cinémathèque française.

  • à Aix, les travailleurs mobilisés pour les salaires

    à Aix, les travailleurs mobilisés pour les salaires

    Ils étaient un peu moins nombreux à défiler, ce jeudi, au départ du rectorat. 350 selon la police, 1 000 selon l’intersyndicale. Mais dans une démarche « tout aussi unitaire », prévient la CGT. Rejoints par des étudiants davantage mobilisés pour la libération de la Palestine, les corps de métiers du privé, du public, mais aussi les indépendants, aux salaires minimums ou plus élevés, ont battu le pavé.

    Certains par « ras-le-bol » de leur précarité, d’autre part solidarité, à l’image de Thierry, contrôleur aérien proche de la retraite. « Je le fais pour mes copains, ma famille, mes enfants. C’est une vision du monde sur l’avenir qui m’inquiète. Si je ne me plains pas de ma situation personnelle, je suis en grève pour le collectif. Je suis inquiet sur tout, notamment la précarité financière. Il y a un problème de partage de richesse », se désole-t-il.

    « Ce qu’il se passe aujourd’hui ne va pas. Les fonctionnaires ne sont plus reconnus ni valorisés, puisqu’on se retrouve avec aucune augmentation du point d’indice des grilles indiciaires. Il faut arriver à trouver une solution pour que ce ne soit pas toujours les mêmes qui trinquent de cette politique qui se met en place », souligne de son côté Alain Capus, responsable FSU des territoriaux pour la mairie d’Aix. La question des salaires, revient régulièrement dans le cortège.

    « Désespérant »

    « Le mien n’a pas augmenté depuis la nuit des temps ! Difficile, de boucler les fins de mois », résume simplement Linda, gestionnaire. « Nos salaires n’ont pas évolué de manière satisfaisante sur les 20 dernières années (…). Le gel d’indice qu’on nous annonce est encore un coup de rabot sur nos salaires, nos conditions de travail qui ne s’améliorent pas… C’est très compliqué », confie Aurélie Zanutto, déléguée CGT pour l’hôpital de Montperrin.

    Même constat pour Linda et Valérie, assistantes sociales, syndiquées CGT et FSU : « On a eu droit, l’an passé, à une réorganisation de notre service : résultat, on a toutes les collègues avec un établissement supplémentaire, une surcharge, des conditions pas satisfaisantes. (…) Plus rien n’a de sens. Notre salaire n’a pas augmenté, on a réussi à avoir, en 2024, des primes. On est démunis, on accueille les élèves, mais on n’a plus de fonds sociaux pour les aider. C’est désespérant. » Des prises de paroles ont conclu la mobilisation.

  • Sur les traces des lieux de luttes féministes

    Sur les traces des lieux de luttes féministes

    « Les femmes ont beaucoup agi à Marseille, mais il y a peu d’archives. J’avais donc envie de les faire parler de leur ville, leurs luttes et leur parcours. » C’est ainsi que Margaux Mazellier débute la visite guidée des lieux de luttes féministes marseillais ce dimanche.

    Journaliste et autrice de Marseille trop puissante, qui trace le portrait des Marseillaises qui ont lutté pour leur ville, Margaux Mazellier a créé cette visite avec Lucille Florenza, anthropologue du genre et du travail. « Cette balade, c’est un moyen de faire vivre les archives », affirme la chercheuse.

    C’est devant la librairie « Odeur du temps » que le rendez-vous est donné. Ici, en 1976, Antoinette Fouque du mouvement de libération des femmes (MLF) ouvre l’antenne marseillaise de la librairie des femmes. « Ce lieu devient un endroit hyper important pour toutes les femmes qui militent, explique la journaliste. Mais c’est aussi un espace où certaines militantes ressentent du mépris de la part des militantes parisiennes, qui prennent parfois les Marseillaises de haut », continue-t-elle.

    La visite se poursuit au 81 rue Sénac de Meilhan, où a ouvert en 1974 le centre d’orientation de documentation et d’information des femmes (Codif). « C’était une spécificité marseillaise qui a pu être créée grâce au soutien de la municipalité de gauche de Gaston Defferre », raconte l’une des guides. Ce lieu fut une espace de réunion pour de nombreux groupes féministes et, à travers sa revue Femmes infos Marseille, un endroit de diffusion des informations.

    L’arrêt suivant, devant ce que fut le premier bar lesbien marseillais Douce amère, permet d’évoquer Patricia Guillaume. Lesbienne, elle ne parvient pas à trouver sa place ni dans les groupes de parole féministes, ni dans les lieux homosexuels. Elle décide donc de créer son propre espace avec d’autres lesbiennes en 1982.

    Une visite de deux heures qui laisse entrevoir la richesse des luttes féministes marseillaises, leur diversité et leurs conflits internes.

  • Un tissu toulonnais riche et soutenu pour favoriser la cohésion sociale

    Un tissu toulonnais riche et soutenu pour favoriser la cohésion sociale

    « Nous avons vraiment à cœur de mettre en lumière la richesse du tissu associatif de la ville de Toulon et tous les bénévoles qui le font vivre », commence l’adjointe au maire Caroline Depallens qui a en charge parmi ses fonctions l’organisation du Forum des associations. Une vitalité expliquée par une politique volontariste de la municipalité qui, malgré les crises, a non seulement maintenu les dotations aux associations mais est parvenue à les augmenter, lorsqu’ailleurs elles faisaient les frais de rigueur budgétaire. L’élue insiste sur leur rôle joué par toutes ces structures dans le maintien de la cohésion sociale fortement ébranlée « en créant du lien entre les personnes ».

    À ses côtés Caroline Giran, également impliquée dans le déroulement de la manifestation rappelle que « les associations sont un des outils de la mise en œuvre des politiques publiques, des corps intermédiaires sans lesquels on ne pourrait pas faire grand-chose ».

    Pour donner à voir cette diversité, 330 associations qui œuvrent dans les solidarités, le sport, la culture, le développement durable ou encore la santé vont se retrouver ce samedi sur les trois étages du Palais des Congrès Neptune ainsi que sur son parvis. Un rendez-vous auquel chaque année le public répond présent. Ainsi en 2024, ce sont 12 000 personnes qui sont venues sur les stands s’informer sur les nombreuses activités proposées, prendre des contacts, ou s’engager eux-mêmes à faire vivre la solidarité en donnant de leur temps.

    12 000 personnes

    « Le bénévolat, c’est le don de soi pour le vivre-ensemble », reprend Caroline Depallens pour qui « la solidarité est l’essence même d’une ville ». Et de poursuivre : « Faire attention humainement à l’autre c’est primordial, surtout dans la période. »

    L’occasion aussi de mettre en lumière les Comités d’intérêts locaux (CIL) qui sont de véritables courroies de transmission entre les habitants et la municipalité. Ils seront cette année regroupés à l’entrée du Palais Neptune. « Ils sont un quartier. Et un quartier plus un quartier plus un quartier, ça fait la richesse de la ville », insiste l’élue.

    Une journée donc pour trouver une activité sociale, éthique, physique ou culturelle, et se connecter physiquement aux autres et à la vie de la cité, en allant à la rencontre de tous ceux qui œuvrent déjà au service de la collectivité. Avec en prime des démonstrations, entre autres de danses et d’arts martiaux. Et des conférences aussi. Parmi elles, on peut noter à 10h45 celle intitulée « une bonne assurance », animée par l’association de consommateurs UFC Que Choisir. Ou à 11h30, « Sensibilisation aux enjeux de l’énergie et du climat », par The Shifters, l’organisation qui milite pour la décarbonation de l’économie. Et à 14h45, « le changement climatique », animée par l’Association varoise pour la sauvegarde de l’agriculture, de la Nature et de l’Environnement.

    La vie associative permet aussi cela, de se lever pour faire face aux grands défis et devenir soi-même acteur du changement. Ou du moins tenter d’éclairer les consciences.