Une nouvelle manifestation d’étudiants et de lycéens s’est déroulée dans le calme à Avignon, ce jeudi 8 octobre. Si les forces de l’ordre sont restées en retrait, les images des violences de la semaine précédente, notamment devant les lycées Philippe-de-Girard et Théodore-Aubanel, étaient dans toutes les têtes.
La mobilisation a débuté simultanément devant le lycée Mistral et l’université. Après une heure de chants, entourés une nouvelle fois par les syndicats et les parents d’élèves, les lycéens ont rejoint les étudiants le long des remparts, à proximité de la porte Saint-Lazare, sous le regard de quelques policiers restés, pour la plupart, à distance.
« Ce matin, lorsqu’on a installé nos banderoles, on a discuté avec des policiers qui nous ont demandé d’enlever les messages anti-police et de laisser rentrer les étudiants qui le souhaitent. Ce qu’on a fait pour faciliter la médiation », témoigne Julien, étudiant en L3 Info-com, mobilisé devant l’établissement. À l’arrivée des lycéens, qui entonnaient parfois en chœur des slogans comme « Tout le monde déteste la police », consigne a été donnée aux plus jeunes d’éviter ces mots « pour rester en bons termes », nous confie-t-on. L’Université a finalement été fermée vers 10h. « Victoire ! » s’exclame un étudiant dans un haut-parleur. Tandis que d’autres calment les ardeurs de certains qui tentent d’allumer des feux.
Cette consigne témoigne de la crainte exprimée par certains participants. « Hier, alors qu’on était déjà mobilisés ici, quelques agents sont venus et étaient clairement intimidants, tout en ayant de l’autre côté des agents de sécurité qui menaçaient de nous gazer. On a l’impression qu’ils profitent de ce statut pour nous faire peur », regrette Camille, en L2 SVT en Cité des Papes et membre de l’Union étudiante d’Avignon. « Il n’y a vraiment pas besoin d’être violent avec nous. On le voit que tout se passe bien », abonde à ses côtés Julie, en L3 de droit et qui fait également partie de l’Union étudiante. « On a vu comment cela s’est passé la semaine dernière, avec des images horribles. On veut montrer que c’est possible de dialoguer, mais on n’a personne pour cela », poursuit Mathieu, lycéen à Aubanel. Une délégation avait été reçue, lundi, par la direction académique de Vaucluse. « Maintenant, on attend des actes. Une réunion ne remplacera jamais un professeur ou ne baissera pas le nombre d’élèves dans une classe. J’espère que l’on sera entendus », réitère Nino, élève de terminale au lycée Mistral.
Le député de la circonscription, Raphaël Arnault (LFI), n’était pas présent ce jeudi, retenu à l’Assemblée nationale, mais il avait participé au rassemblement mardi. Il expliquait alors qu’« il y a beaucoup d’adultes aussi pour éviter les violences policières, comme on a pu les voir devant le lycée Philippe-de-Girard. Il y a de la peur pour les enfants. » Et de regretter les attaques envers LFI, assurant qu’il « y a moins de violences partout où on s’est rendus » et pointant une « politique politicienne autour de ce mouvement ».
Pour Étienne Raoul, secrétaire général de FO Vaucluse, qui « entend dans les slogans » la fracture entre ces jeunes et la police, le discours n’est pas le même. Notamment car, au sein de son organisation, existe un syndicat de policiers, Un1té. Il assure « travailler avec eux pour que tout se passe au mieux » et « dénonce les violences quand il y en a ». « Ce qu’on dénonce, c’est la répression d’État par les ordres qui sont donnés. C’est ça, le véritable problème de fond. On l’a vu ce mardi et ce matin, il n’y a pas eu d’incident sans sommation, ni provocation », poursuit-il.

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