La Marseillaise : Quel bilan dressez-vous de votre passage à la tête de la Fédération internationale de hockey ?
Luc Tardif Senior : Il faut d’abord poser le contexte de mon arrivée à la tête de la fédération. J’ai fait cinq années de mandat, depuis 2021. On avait les conséquences du Covid. On a été obligé d’annuler le Mondial en Suisse puis de déplacer le suivant de Minsk à Riga, sans spectateurs, dans une bulle. En 2022, nous avons eu les Jeux Olympiques de Pékin, également dans une bulle. Elle était superbe avec deux tests PCR quotidiens, mais il fallait gérer les protocoles, les quarantaines. Ces JO étaient tout de même un succès, puis la guerre en Ukraine a éclaté dans la foulée. Nous avons dû revoir toutes nos compétitions dans un court laps de temps avec l’exclusion de la Russie. En tout cas, nous pouvons être fiers de voir que le hockey est de plus en plus mondial. On y joue sur tous les continents, même en Afrique, dans les pays du Golfe. L’avenir s’annonce assez bon, même si on espère que la situation géopolitique s’améliore. Maintenant que mon mandat se termine, je vais prendre un peu de recul. Mais je reste membre à vie de la Fédération internationale de hockey.
Après la période Covid, l’engouement autour du hockey sur glace a pris encore plus d’ampleur, non ?
L.T. : Depuis 2024, nos championnats du monde sont revenus à la normale. À Prague, à Zurich, au Danemark, les réussites ont été immenses et ont généré des recettes pour financer toutes nos activités de développement. Les JO de Milan ont été ensuite une fierté. Ça a été deux ans de travail avec le CIO, les associations de joueurs, pour enfin ramener les joueurs de la ligue nord-américaine. Ils étaient absents depuis Sotchi 2014. Le niveau de la compétition a été extrêmement élevé, avec un impact médiatique énorme, à travers les réseaux sociaux et la télévision. Concernant les négociations pour 2030, je ne suis absolument pas inquiet. Les joueurs ont goûté à ce qu’est l’esprit olympique, je reste optimiste.
Deux ans après les Mondiaux 2028 à Paris et Lyon, la France accueillera les Jeux Olympiques d’hiver. Comment voyez-vous cette compétition ?
L.T. : Il y a eu un départ chaotique. On a eu des réunions avec le comité d’organisation pour s’assurer que les tournois masculin et féminin se déroulent dans des conditions dignes d’une telle compétition. Ça va être le cas et nous avons validé les sites. Ils sont déjà construits et, à Lyon, nous aurons donc une grande répétition avec les Mondiaux, deux ans avant. C’est un grand luxe. Je suis très confiant pour le hockey et puis il y aura d’autres compétitions comme le short-track, le patinage artistique, donc il y aura vraiment un esprit olympique dans la ville. Mon seul regret, c’est que si le hockey était resté à Nice, il y aurait eu une patinoire en plus qui serait restée pour les Aigles, le club de la ville.
Comment jugez-vous l’évolution de la Ligue Magnus ?
L.T. : Je la vois grandir et mûrir. Le niveau global se resserre, il y a toujours une ou deux équipes au-dessus, mais aucun match n’est joué d’avance. L’apport des Spartiates est essentiel car cela amène un souffle nouveau. Il n’y a jamais rien d’écrit, parce que certains pensaient que ce n’était pas une place du hockey, mais ils ont revu leur copie. Globalement, les équipes sont beaucoup plus professionnelles et ça permet l’éclosion de jeunes joueurs. Il faut continuer de faire en sorte qu’il y ait des équipements. Surtout que les patinoires ont un taux de remplissage que l’on a jamais vu.
Quel regard portez-vous sur le rôle de votre fils, Luc Tardif Junior, au sein des Spartiates ?
L.T. : Quand Luc est arrivé à Marseille, l’équipe évoluait en Division 3 [la 4e division française, Ndlr]. Il y avait peu de budget, pas d’organisation. Il était coach, chauffeur de bus et sa femme lavait les maillots. Après, il y a eu des aides, une reconnaissance des pouvoirs publics. Tout s’est amélioré, ils sont montés jusqu’en Division 1. Jonathan [Zwikel, son beau-fils, Ndlr] est arrivé pour professionnaliser le club. Je trouve qu’ils sont montés en puissance et ils ont eu la chance de trouver Eric Lagache, chef d’entreprise passionné, pour monter en Ligue Magnus.

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