Tag: Jeux olympiques d’hiver 2030

  • Vente du Fort-des-Têtes : les opposants aux JO voient rouge

    Vente du Fort-des-Têtes : les opposants aux JO voient rouge

    Les dernières annonces de la Solideo et de la mairie de Briançon ne semblent pas avoir dissipé les inquiétudes, au contraire. Point de cristallisation de cette colère : le projet qui consiste en l’acquisition par la Ville du Fort-des-Têtes, une fortification Vauban du XVIIIe siècle propriété inoccupée de l’armée, pour la somme de 250 000 euros. Le site doit être ensuite revendu à la Solideo, la société de livraison des ouvrages olympiques, qui, après réhabilitation, revendra in fine les bâtiments à des investisseurs privés afin d’en faire des logements en copropriété.

    Un « deal scandaleux », selon Stéphane Faure-Brac, fondateur du collectif local d’alerte sur les Jo 2030 (Caojop) : « Ce que personne ne dit c’est qu’un monument comme celui-là, fait l’objet d’une loi spéciale monument historique, quiconque investit sur le Fort peut défiscaliser énormément. » Pour lui, le projet n’apportera pas une solution de logement pour les Briançonnais, sur un territoire où le logement est rare et très onéreux, mais va plutôt profiter à des acteurs à hauts revenus qui réaliseront des projets immobiliers en défiscalisant leurs investissements.

    La crainte de surcoûts pour le contribuable

    Autre sujet de discorde : les 4,5 km de remparts, actuellement entretenus par l’armée, qui resteront la charge de la municipalité. « Nous, les Briançonnais, on hérite d’un bien inestimable, classé à l’Unesco, et derrière c’est la Solideo tout de suite qui le rachète au même prix, pour être revendu aux promoteurs privés. On appelle ça une captation d’héritage. Plein d’argent public va contribuer à l’entretenir mais on le refile à quelqu’un d’autre qui va faire de l’argent avec ! », dénonce-t-il.

    D’autant que le collectif soupçonne également la Solideo et la Région Paca de sous-estimer le coût de l’opération de réhabilitation du Fort des Têtes et de l’usine de la Schappe. « La réhabilitation du Fort, des remparts et toute la viabilisation nécessaire, puisqu’il n’y a pas de route, d’électricité, d’égouts ou d’eau, plus l’ascenseur valléen, tout ça devait coûter à l’origine 300 millions environ. Là, dans les médias, on nous annonce une réhabilitation à 133 millions, affirme Stéphane Faure-Brac. On redoute qu’il y ait des surcoûts colossaux pour les collectivités. »

    De son côté, au dernier conseil municipal, le maire Arnaud Murgia avait tenu à rassurer quant au bien-fondé du projet, rappelant notamment que le fait d’imposer une part importante de logement en accession sociale serait « une ligne de force », sur laquelle il ne dérogerait pas. En réponse aux critiques sur l’entretien des remparts par la Ville, il avait rappelé que c’était déjà le cas « pour la totalité des autres fortifications sur la commune depuis vingt ans sans que ça n’inquiète personne ». Cela n’a visiblement pas suffi à rassurer les opposants déclarés aux JO 2030.

  • Le Sud conserve uniquement les épreuves haut-alpines

    Le Sud conserve uniquement les épreuves haut-alpines

    Cette fois-ci, la carte des sites ne devrait presque plus bouger. Depuis les balbutiements de la candidature Alpes 2030, certains ouvrages olympiques ont voyagé de station en station au gré des accords et désaccords avec les mairies alpines. La question du ski alpin n’est d’ailleurs pas totalement réglée ; elle devrait l’être dans les prochaines semaines.

    Un pôle était pourtant censé rester inchangé, tant l’entente entre Christian Estrosi (ex-maire Horizons de Nice) et Renaud Muselier était importante. Mais les tournois de hockey sur glace, le patinage artistique et le short-track basculent donc vers la région lyonnaise. Nice a tout perdu, depuis l’élection d’éric Ciotti (UDR), et la région Sud laisse sa voisine Auvergne-Rhône-Alpes organiser la majorité des épreuves. « Les deux régions devaient se partager équitablement les médailles. Finalement, le Sud passe de 52 à 33 médailles avec des épreuves concentrées sur le pôle briançonnais », expliquait, ce lundi, Renaud Muselier.

    Sept disciplines en attendant la huitième

    Les Jeux Olympiques 2030 n’auront pas lieu dans les Alpes-Maritimes, mais les Hautes-Alpes seront bien hôtes d’une partie de la compétition. Les villages de Montgenèvre et Serre-Chevalier se partageront le ski et snowboard freestyle, avec, au minimum, sept disciplines différentes. Le saut acrobatique, le ski de bosses et le big air se tiendront dans la dernière citée. Montgenèvre accueillera le reste, c’est-à-dire le halfpipe, le slopestyle, le snowboard alpin, ainsi que le ski et le snowboard cross. Le Sud conserve les épreuves les plus modernes et spectaculaires des JO : les sensations fortes seront au rendez-vous pour athlètes et spectateurs. Elles sont également les plus accessibles financièrement, avec des prix plus attractifs que les sports rois que sont l’alpin, le hockey et le biathlon.

    Les Hautes-Alpes devraient empocher une discipline supplémentaire, d’ici à la fin du mois de juin. Cela était convenu de longue date entre les deux régions : les épreuves additionnelles doivent se dérouler dans le Sud. Finalement, seul le ski-alpinisme sera proposé au Comité international olympique (CIO). Pas de freeride, qui avait été un temps évoqué pour la station de La Grave. Hôte d’une étape du tour mondial, Puy-Saint-Vincent est une habituée des grands événements, mais une entrée dans la carte des sites paraît improbable.

    Pour accueillir tous ces sportifs, il faut un village olympique. Basé à Briançon, il sera aménagé sur un site classé, le fort des Têtes. Édifice érigée par Vauban au XVIIIe siècle, il dispose de 36 000 m² et se trouve perché à 1 400 mètres d’altitude. Plus d’un millier d’athlètes y vivront lors de la quinzaine olympique.

    Ces modifications doivent être validées durant la commission exécutive du 11 juin. Ensuite, le CIO décidera, lors de sa 145e session, les 24 et 25 juin à Lausanne, de confirmer ou non la totalité de la carte des sites. Si le dossier est accepté, le comité d’organisation pourra enfin démarrer les différents chantiers. Une nouvelle étape importante dans la préparation des JO 2030.

  • Des ombres sur les JO après le fiasco de Nice

    Des ombres sur les JO après le fiasco de Nice

    « L’histoire retiendra que si nous avons mis 5 ans à construire ce dossier, Monsieur Ciotti l’a détruit en un mois », cingle encore le président (Ren.) de la Région Sud, ce lundi matin, face à la presse. Après l’annonce, vendredi, de l’abandon de l’installation à Nice du pôle glace des Jeux olympiques d’hiver 2030 au profit de Lyon, « les regrets sont immenses », reconnaît Renaud Muselier. Ce dernier avait offert sur un plateau à la deuxième ville de la région le plus gros morceau des Jeux, des épreuves de patinage aux matches de hockey, soit 60% de la billetterie.

    Mais, après le choc, reste à éclaircir les zones d’ombre qui persistent sur ses conséquences. D’abord sur le coût. « L’abandon de Nice signifie l’arrêt de procédures qui étaient arrivées à maturité », déplore le directeur général de la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), Damien Robert. Un marché global de performance était sur le point d’être finalisé pour la construction de la patinoire des Jeux à Nice, mais surtout, la construction de son village olympique avec 400 logements à la clé avait déjà été confiée à un groupement emmené par la Sogeprom. « Sur ces deux consultations, il va falloir indemniser les opérateurs », reconnaît Damien Robert. Les montants restent confidentiels. « Ce qui ne peut pas être indemnisé, c’est tout le temps passé en ingénierie interne, qui a été très intense », précise le directeur général de la Solideo.

    Cérémonie à Marseille ?

    Il faut aussi déterminer si la Région Sud, qui ne conserve finalement qu’un seul (Briançon) des quatre pôles olympiques prévus, peut maintenir le même engagement financier, à hauteur de 100 millions d’euros. « La Région soutient les Jeux, je ne me désengage pas par rapport au Nord [la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Ndlr], insiste Renaud Muselier. Mais, maintenant, il y a une clé de répartition qui a changé et il faut que l’on voie cela de façon sérieuse. »

    Dans le partage initial entre les deux régions, il espérait aussi « un spectacle exceptionnel » pour la cérémonie de clôture des Jeux, face à la baie des Anges, à Nice. « à partir du moment où vous perdez Nice, je ne vois pas très bien comment vous pouvez mettre la soirée de clôture à Nice », estime Renaud Muselier. Lui espère encore conserver un événement suivi par plus de 600 millions de téléspectateurs dans le monde, « ou bien à Marseille au Vélodrome, ou bien autour du lac de Serre-Ponçon ». Mais il craint la réticence des instances olympiques, tandis que l’adjoint marseillais aux sports, Eric Méry (Madmars), indique ne pas avoir été informé d’une telle hypothèse.

    Surtout s’ajoutent des craintes pour le financement de la Ligne nouvelle Provence-Côte d’Azur. Pour accueillir les Jeux, la Région avait obtenu des arbitrages très favorables de l’état, notamment pour la création d’une nouvelle gare proche de l’aéroport de Nice. « Nous continuerons à nous battre pour la Ligne nouvelle, mais il y a des difficultés », reconnaît le président de Région.

    Retombées perdues

    De quoi comprendre le bras de fer épistolaire mené dans le week-end avec le maire d’extrême droite de Nice, éric Ciotti, auquel il reproche d’avoir fait couler l’implantation olympique sur la Côte d’Azur en refusant la transformation temporaire du stade de l’OGC Nice, l’Allianz Riviera, en patinoire le temps de « 3 à 9 matches ». « Au total, le retrait du pôle glace pourrait ainsi priver Nice et la Région Sud d’un impact global compris entre 800 millions et 1,1 milliard d’euros », comptabilisait, samedi, le président de Région. Des chiffres « extravagants », répliquait le maire niçois (UDR), satisfait de sabrer dans 100 millions d’euros d’investissements pour la municipalité.

    « Même sans Nice, l’aventure continue », répète donc ce lundi Renaud Muselier, en remontant le fil de la vingtaine de réunions techniques qui, depuis le 1er avril, ont essayé de trouver une voie de sortie pour répondre aux exigences des fédérations internationales, à commencer par celle de hockey, qui refusait de séparer épreuves masculines et féminines. En vain. « C’est le Comité international olympique qui décide, pas la Région, pas l’état », insiste le président du comité régional olympique Hervé Liberman, élu à la Région, alors que même le président du RN, Jordan Bardella, relayait les accusations ciottistes de « sanction politique ». « éric Ciotti perd les Jeux, qu’il ait le courage de l’assumer », tacle Renaud Muselier, qui balaie encore les craintes environnementales et répète que « le retour de la flamme olympique en France, c’est grâce à nous ».

    Trois élus quittent la majorité régionale

    Dans la foulée de l’abandon du pôle glace des JO 2030 à Nice, Roger Roux, maire de Beaulieu, Bruno Bettati, maire de La Gaude, et Colette Fabron, maire de Saint-Etienne-de-Tinée, ont annoncé quitter immédiatement la majorité régionale où ils siégeaient, révèle ce samedi Nice Matin. Dans un courrier, ils dénoncent « une incapacité à entendre les avertissements et une tendance à privilégier les postures politiques au détriment de l’intérêt général ». « Ils sont achetés ou menacés par le maire de Nice, réplique Renaud Muselier. Je les ai appelés, ils m’ont dit : je n’ai rien contre toi, mais maintenant j’ai besoin de la Métropole. » Dirigée aujourd’hui par un certain Éric Ciotti (UDR).

  • Glissa Nissa

    Glissa Nissa

    Inimaginable. La deuxième ville de la région, Nice, qui devait être le cœur battant des Alpes du Sud à l’occasion des Jeux olympiques d’hiver de 2030, s’est auto-sabordée.

    Par entêtement, courte vue, inimitié politique, le nouveau maire d’extrême droite de Nice, Éric Ciotti, a pris la responsabilité de faire perdre à sa ville le pôle glace olympique. Une glissade qui emporte dans sa chute la cérémonie de clôture des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030. Un moment d’exposition mondiale pour Nice quand on sait que pour les Jeux d’hiver de Milan-Cortina, près de 3 milliards de téléspectateurs cumulés à travers le monde ont suivi la compétition et que la seule cérémonie de clôture représentant une audience mondiale estimée à 600 millions de téléspectateurs.

    Au-delà de la bérézina

    Un non-sens alors que tous les maires du monde envient une telle promotion de leur ville à l’international.

    Pire, la situation va engendrer une perte, selon les estimations, de 800 millions et 1,1 milliard d’euros pour Nice et la région, en investissements, en retombées touristiques, en héritage dans les infrastructures et les logements… Le choix du recroquevillement, de l’immobilisme, de l’isolationnisme chers à l’extrême droite équivaut à punir les habitants et le tissu économique de toute une partie de la région.

    Face à ce grand gâchis, la proposition de repositionner la cérémonie de clôture à Marseille ou sur le lac de Serre-Ponçon doit être étudiée collectivement pour transformer cette bérézina niçoise en réussite collective pour nos territoires.

  • Contre les JO 2030

    Contre les JO 2030

    Ils dénoncent notamment l’absence de concertation des populations des territoires concernés. Ils s’opposent également à la « bétonisation et destruction des montagnes pour quelques privilégiés ». Les militants annoncent que la mobilisation va continuer
    à Marseille.

  • Le patinage de vitesse glisse vers les Pays-Bas

    Le patinage de vitesse glisse vers les Pays-Bas

    Un temple, un mythe, un monument. Le Thialf, basé à Heerenveen, aux Pays-Bas, devrait accueillir les épreuves de patinage de vitesse lors des Jeux olympiques 2030 en France. L’anneau néerlandais est l’une des meilleures pistes du monde, dans un pays vivant pour ce sport loin d’être développé dans l’Hexagone. En effet, aucune piste de 400 mètres n’existe sur le sol français, la délocalisation de ces épreuves était donc obligatoire. Les Néerlandais étaient en concurrence avec l’Oval Lingotto de Turin, mais ils ont finalement été choisis au détriment des Lombards.

    Lieu hôte de nombreuses étapes de Coupe du monde et de divers championnats internationaux, le Thialf est un anneau ultramoderne. Une longue piste et plusieurs d’une distance plus courte pour le short-track, la décision est évidente pour le coach des Bleus Alain Nègre. « Entre l’Italie et les Pays-Bas, notre choix est clair : on choisit le Thialf », disait-il en début d’année à Franceinfo.

    12 500 spectateurs pourront assister à ces épreuves sur glace et l’équipe de France a l’assurance de pouvoir s’entraîner à Heerenveen jusqu’à l’échéance olympique. Au pied du podium lors des JO 2026, le tricolore Timothy Loubineaud espérait encore que la France puisse accueillir le patinage de vitesse. Ces athlètes seront donc isolés près de la mer du Nord lorsque les autres sportifs prendront leurs quartiers dans les Alpes.

    Ce choix du Thialf doit être entériné lors du prochain bureau exécutif du comité d’organisation, le 4 juin. C’est à cette date que nous devrions connaître la totalité de la carte des sites pour 2030. Les dernières incertitudes : le hockey niçois, le ski alpin avec Méribel, Val d’Isère et Courchevel et les sites des sports additionnels. Trois semaines intenses arrivent pour le Cojop.

  • Vincent Roberti, directeur général surprise des JO 2030

    Vincent Roberti, directeur général surprise des JO 2030

    Non, Jean-François Vilotte, directeur général de la Fédération Française de Football, ne participera pas à l’aventure Alpes Françaises 2030. À la surprise générale, le préfet du Tarn-et-Garonne Vincent Roberti s’apprête à être nommé directeur général (DG) du comité d’organisation des JO d’hiver. L’homme, âgé de 59 ans, devrait être intronisé ce lundi 11 mai, durant le bureau exécutif.

    Son nom n’avait alors jamais filtré, mais il figurait bien dans une liste élargie de 51 candidats. Jean-François Vilotte, pas officiellement candidat mais pressenti, a lui préféré se concentrer sur ses missions auprès de la « 3F », avec en ligne de mire la Coupe du monde de football dans à peine plus d’un mois (du 11 juin au 19 juillet).

    Ingénieur de formation, énarque, Vincent Roberti n’est pas non plus totalement étranger au monde de la montagne. Il connaît la région Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) pour y avoir vécu. Il a également dirigé le conseil départemental de l’Isère durant quatre années. « C’est Roberti, très bien, bienvenue. Il faut que ça marche », glisse le président de la Région Sud Renaud Muselier au journal L’équipe.

    Le 11 février, suite à de nombreux désaccords, Cyril Linette avait dû quitter son poste de directeur général et laissait donc Edgar Grospiron, président du Cojop, seul aux manettes. Aussi annoncé sur la sellette, le champion olympique 1992 de ski de bosses a redressé la barre et continue de mener le comité d’organisation. Un intérim avait été réalisé par Michel Cadot, ex-délégué interministériel aux JO 2024.

    Déjà des missions

    sur la table

    Le successeur de Cyril Linette a donc bien le profil d’un dirigeant et affiche une certaine complémentarité avec le patron du Cojop 2030, Edgar Grospiron. Fabrice Pannekoucke, président de la Région Aura, disait lui que Vincent Roberti lui « a fait très bonne impression. C’est un grand serviteur de l’État et il a toutes les qualités qu’il faut ». L’heure est maintenant au travail pour celui qui devrait donc être nommé dès lundi. Plusieurs missions s’offrent directement à lui. Comme évoqué lors de la conférence de presse de la Solideo, la semaine dernière, Alpes Françaises 2030 a jusqu’à début juin pour dévoiler la ville hôte du hockey sur glace. Outre Nice, Lyon et Paris sont désormais candidates et le CIO n’accordera pas davantage de délais pour étudier les différentes options.

    L’anneau de patinage de vitesse doit également se trouver un lieu d’accueil. Nous savons déjà qu’il sera situé hors de France : les Pays-Bas et l’Italie sont les deux pistes envisagées. Autrement dit, la finalisation de la carte des sites constitue le chantier prioritaire. Dans la même dynamique, le Cojop va devoir désigner les sports additionnels que le Comité international olympique devra ensuite valider. Ce dernier a fermé la porte aux sports sans neige, c’est-à-dire le trail ou le gravel. Reste donc le ski et snowboard freeride, l’escalade sur glace, alors que le ski-alpinisme doit encore être confirmé.

    Les premiers mois de Vincent Roberti seront donc décisifs pour éviter que le Cojop n’entre dans une zone critique et pour maintenir le cap fixé.

  • [Entretien exclusif] Renaud Muselier et Jean Castex « Les JO, accélérateur de la révolution ferroviaire »

    [Entretien exclusif] Renaud Muselier et Jean Castex « Les JO, accélérateur de la révolution ferroviaire »

    La Marseillaise : Vous avez fait ensemble des annonces importantes pour le ferroviaire dans la région. Peut-on parler d’un « effet Jeux olympiques » ?

    Renaud Muselier : Il y a incontestablement un effet JO dans la région, pas simplement sur le ferroviaire. Mais nous avions commencé par le premier budget vert d’Europe, ce qui entraîne la décarbonation. Dans une région où on ne peut pas avoir de route et dans laquelle il faut des trains. La boucle est bouclée. On a fait ce qu’il fallait sur l’arc bucco-rhodanien, pour libérer, organiser, structurer Tarascon, Arles, Miramas, la Côte bleue, donc l’Ouest de Marseille. On a, sur la Métropole niçoise, réglé le problème de Nice-Breil, ce qu’on appelle le train des merveilles, mais aussi le Nice-Digne, le train des pignes. On a obtenu des moyens pour la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur qui est le premier maillon de l’arc méditerranéen entre l’Italie et l’Espagne, financé par l’Europe. Dans le cadre de l’application des règles européennes transcrites dans le droit français, nous avons fait des appels à concurrence. Quel est l’accélérateur de la révolution ferroviaire ? Oui, c’est l’effet Jeux. Il permet d’obtenir plus vite les livraisons, l’organisation d’une structuration qui a été anticipée depuis longtemps.

    Jean Castex : Les JO d’hiver c’est le bébé de Renaud Muselier, mais permettez-moi de rappeler qu’avant d’être Premier ministre, j’ai été délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Cela me permet de dire que des Jeux réussis, ce sont ceux qui laissent un héritage sur le territoire sur lequel ils sont organisés. Je ne peux que me réjouir, avec ma casquette de président de la SNCF, qu’Alpes 2030 aura un héritage ferroviaire majeur. La ligne des Alpes sur laquelle nous nous trouvions, mardi, avec le président Muselier, en est l’illustration. La force de la région, c’est d’avoir su drainer une partie des financements olympiques sur un objet ferroviaire qui va rester bien au-delà de l’échéance de 2030. L’ambition est là. Bravo la région ! Après, il faut réaliser. L’avantage des Jeux, je l’ai mesuré à Paris, c’est qu’il y a une échéance. On ne peut pas dire au monde entier qu’on n’est pas prêt et que, finalement, on va les faire en 2032. On sait faire. On a fait des lois olympiques pour accélérer les procédures. C’est aussi une vertu des Jeux de nous apprendre à travailler autrement pour rendre possible ce qui d’ordinaire est impossible ou, du moins, très difficile.

    Quel impact de cet héritage ferroviaire sur la vie quotidienne de la population ?

    Jean Castex : La ligne des Alpes, mais ce n’est pas la seule, a un taux de régularité qui peut être amélioré. C’est ça que regardent nos concitoyens. Le cumul de l’ouverture à la concurrence lot n° 3 et des travaux olympiques va nous permettre d’agir sur tous les registres avec des impacts concrets pour nos concitoyens. Augmentation de l’offre ferroviaire à terme de 30%, ça veut dire par exemple un train par heure à heure de pointe. Dans les causes des retards, aujourd’hui, il y a la vétusté de l’infrastructure. À l’issue des 340 millions d’euros qu’on va engager sur la ligne Marseille-Briançon, tout cela va changer. La région va, par ailleurs, commander de nouvelles rames, certains retards étant liés à des pannes sur des rames anciennes. On va construire également un atelier de maintenance à Briançon. Bravo la région ! On comprend bien que rapprocher la maintenance de la ligne accroît la performance. Des pannes, il peut y en avoir, c’est inévitable. La question c’est : dans quel délai on peut les réparer.

    Donc, vous considérez que ce ne sont pas seulement des investissements pour transporter une masse de touristes durant les 15 jours des Jeux ?

    Renaud Muselier : Je pense d’abord aux citoyens de la région qui sont entre les trois grandes métropoles voire quatre avec Avignon, plus les bassins de vie enclavés dans nos terres. Je commence par là. Par exemple, au-delà de l’augmentation des trains dont a parlé le président Castex, on diminue le prix du billet de 20% pour les abonnés. Parallèlement, il augmente de 20%pour le ticket unique. Donc, celui qui vient en vacances, il prend le train et il paye beaucoup plus cher. C’est le seul moyen que l’on a pour désengorger, décarboner, fluidifier, organiser, structurer en refaisant la totalité de nos gares. On nous avait accusés, au début du mandat, de vouloir fermer des gares. On n’en ferme aucune. Au contraire ! On crée des pôles multimodaux partout avec le train, les cars Zou! qui ont été augmentés et décarbonés, les parkings, les prises de recharge, les vélos…

    Jean Castex : La force des Jeux et du président Muselier, c’est d’avoir réussi à attirer des financements extérieurs à la région. Nous avons posé, ensemble, le premier cube du Pôle d’échange multimodal de la gare de Briançon. C’est un projet ambitieux de 20 millions d’euros qui sera financé par la Solidéo [Société de livraison des ouvrages olympiques Ndlr]. Ce ne sont pas des fonds régionaux, pas des fonds SNCF.

    Il est aussi question, avec votre déplacement, Jean Castex, d’ouverture à la concurrence. Et puis… finalement, c’est l’opérateur historique qui l’emporte ? Cela n’aurait‑il pas été plus simple d’avancer sans en passer par là ?

    Renaud Muselier : On augmente de 30% le niveau de service. La concurrence a quelque chose de bon, c’est qu’en sortant du monopole, tout le monde se retrousse les manches. Que le meilleur gagne. Dans les lots ouverts, il y en a quand même un qui a été gagné par un concurrent. Nous avons été les premiers en France à ouvrir la concurrence, il a fallu que la SNCF s’adapte.

    Jean Castex : Évidemment, c’est un challenge pour la SNCF, mais on aime bien être challengé. Ne croyons pas que le service public soit incompatible avec l’amélioration de la performance, à l’adaptation à des attentes nouvelles… Le monde bouge. Mais, vous vous en doutez bien, c’est un challenge quand vous êtes en monopole depuis quand même 1937. Je le dis : l’objectif stratégique de la SNCF est de se succéder à elle-même. Elle est mise en concurrence, c’est la loi. Les autorités organisatrices des transports sont exigeantes, M. Muselier l’a rappelé. Nous devons faire des offres qui sont performantes sans nous renier, sans casser le jouet. On reste la SNCF ! On a des valeurs de service public auxquelles je suis parfaitement attaché, mais les modalités évoluent. Cela suppose un processus d’accompagnement du changement, par le dialogue social. Qu’est-ce qui résout l’équation ? L’accroissement de l’offre. C’est-à-dire qu’on nous donne des moyens, que l’on peut investir… Si on restait à offre constante, sans aucun moyen d’évoluer à l’investissement, on pourrait se dire « tout ça pour ça ». Non ! Ce n’est pas comme ça. On est heureux de garder ce service, on veut gagner tous les lots, même si on ne les gagne pas tous, c’est la loi du genre. Le point commun avec l’autorité organisatrice des transports, c’est que l’on est satisfait quand nos voyageurs, nos usagers, le sont aussi.

    Votre prédécesseur à la tête de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, avait quand même reconnu qu’il avait un doute sur l’efficience économique de la concurrence. Est-ce que vous partagez ce doute ?

    Jean Castex : Aucun système n’est jamais parfait, bien entendu. J’ai d’ailleurs appelé de mes vœux la constitution d’un observatoire neutre. Vous le savez, le TGV est lui aussi ouvert à la concurrence. Il y a des dessertes qui sont très rentables et d’autres qui sont déficitaires. C’est comme ça, parce que le TGV va partout et je tiens à ce que ça continue. Il n’y a pas besoin d’être docteur en gestion. Si les aimables concurrents ne vont que sur les sections rentables pour laisser à la SNCF les dessertes non rentables ça ne fonctionne pas. Pour moi, oui à l’ouverture à la concurrence, mais avec des obligations et des règles du jeu qui sont les mêmes pour tous. L’aménagement du territoire, c’est la péréquation. Les élus politiques des territoires le savent et ont ce souci.

    Renaud Muselier : Oui, d’ailleurs, nous-mêmes en tant qu’autorité organisatrice des transports, on a intégré cette exigence. On a toujours fait des lots équilibrés. On sait bien quels sont les territoires sur lesquels il y a beaucoup de monde et les autres.

    Jean Castex : Sur les TGV, c’est une activité « librement organisée », il n’y a pas d’autorité organisatrice des transports comme pour les TER avec les Régions. Mais attention, on est sur du service à la Nation ! Le train c’est un atout de développement du territoire.

    C’est le cas aussi pour les trains de nuit, vous reconnaissez cette logique ?

    Renaud Muselier : La desserte de Marseille ou Nice, ce n’est pas la même chose que la desserte de Briançon. Quand on arrive sur Briançon, on voit bien que tout le matériel est obsolète. C’est un peu compliqué aussi parce que, si nous nous avons fait des efforts, on se connecte à un autre réseau sur une autre région qui ne fait pas forcément les mêmes efforts en termes d’électrification. Donc, si on veut être prêt pour 2030, le train de nuit a une importance capitale pour circuler entre la capitale et les Hautes-Alpes. On a la nécessité de commander les locomotives et les rames, d’ici la fin de l’année. On a un allié qui est le ministre des Transports.

    Jean Castex : Tout à fait. Vous avez devant vous le Premier ministre qui a relancé les trains de nuit, rouvert le Paris-Nice, mais aussi le Paris-Tarbes ou le Paris-Aurillac. Je crois au train de nuit, les faits me donnent raison parce que ça marche. Je me suis rendu lundi soir – pas un week-end – à Briançon par train de nuit. Il était quasiment plein. Le Paris-Nice fonctionne très bien. Sur ce type de train, qu’on appelle intercités, c’est l’État l’autorité organisatrice des transports. Ils vont aussi être mis en concurrence. Ce serait un crève-cœur que ce ne soit plus la SNCF qui les exploite. Sur Paris-Briançon en particulier, je vais remercier les Jeux et M. Muselier : Les voies vont être refaites de Veynes à Briançon. Ensuite, il y a la section entre Veynes et Valence qui mériterait sans doute le même effort d’investissement. Mais le vrai sujet sur cette ligne, c’est le matériel roulant. Depuis Paris-Austerlitz jusqu’à Valence, le train roule avec une locomotive électrique, puis à 4h du matin, on met une locomotive diesel jusqu’à Briançon. Ces locomotives sont fragiles et en nombre limité. Elles expliquent beaucoup d’annulations, de problèmes, dont je suis parfaitement conscient. Nous attendons le résultat des appels d’offres lancés par l’État pour des locomotives bimodes, neuves, qui permettraient de ne pas en changer sur la longueur du trajet, économisant un temps précieux.

    Renaud Muselier : Ces locomotives seront livrées prioritairement chez nous, parce qu’on a les Jeux !

    M. Castex, vous avez rencontré à Marseille les organisations syndicales, qui redoutent un scénario semblable à celui vécu à France télécom, avec les bouleversements liés à la concurrence. Que répondez-vous ?

    Jean Castex : Je suis à l’écoute et je comprends les inquiétudes. C’est normal que les processus de changement inquiètent. Mon devoir, c’est d’écouter, de comprendre, mais aussi de trouver les voies et moyens pour rassurer. Tout ce que l’on vient de se dire montre qu’il n’y a, en aucun cas, un abandon du service public ferroviaire ou de la SNCF puisque ceux qui ont la capacité de choisir, nous choisissent. On investit de plus en plus dans le ferroviaire, on a de plus en plus de voyageurs. Effectivement, il faut prévenir les risques psychosociaux. Chaque agent doit être traité avec l’attention qu’il mérite. Ne doutez pas de ma détermination sur le sujet. La réussite pour nos usagers ne peut pas se faire sans réussite pour nos agents.

    Avez-vous quantifié l’effet de ces grands chantiers ferroviaires sur l’économie régionale, sur l’emploi ?

    Renaud Muselier : Dans la globalité des Jeux, après avoir fait notre rencontre « meet the buyers » sur les appels d’offres avec les entreprises, on peut estimer à la louche que c’est 4 milliards d’euros investis pour les Jeux. Ce qui fait 2,1 milliards pour la Région Sud, dont 700 millions pour le pôle de Briançon, 700 pour le pôle Alpes-Maritimes et 700 qui vont arriver sur le reste de la région. C’est un effet de levier économique très important, sans compter l’héritage.

  • Les premiers chantiers lancés pour les JO 2030

    Les premiers chantiers lancés pour les JO 2030

    Douze mois après son lancement officiel, la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) a convié, ce mercredi, la presse pour dresser un premier bilan et s’étendre sur les chantiers à venir. Quatre acteurs étaient présents, à l’Hôtel de Région, à Marseille pour détailler les principaux sujets. Fabrice Pannekoucke et Renaud Muselier, présidents des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Sud, étaient accompagnés du directeur général exécutif de la Solideo, Damien Robert, et du délégué interministériel aux Jeux Olympiques, Pierre-Antoine Molina.

    Ces quatre personnages clés de l’engrenage Alpes 2030 ont, dans un premier temps, détaillé le bilan de l’an 1 de la société de livraison. Renaud Muselier s’est félicité du lancement de la fusée : « La mission est engagée et les financements sécurisés. En un an, la Solideo est pleinement opérationnelle, avec 55 collaborateurs recrutés. Livrer les 40 ouvrages sera le cœur de notre réalisation. Ces ouvrages seront ensuite transformés en logements et équipements dans le cadre de l’héritage des Jeux. » Parmi les premiers travaux, nous retrouvons, pêle-mêle, les villages olympiques de Bozel, Nice, Briançon et Saint-Jean-de-Sixt, mais aussi la modernisation de la piste de bobsleigh de La Plagne et des tremplins du Praz, basés à Courchevel.

    Premier anniversaire

    Après avoir salué le travail des équipes de la Solideo, du Cojop et des partenaires institutionnels, Fabrice Pannekoucke a débuté une projection vers l’échéance de l’hiver 2030. L’ex-maire de Moûtiers (Savoie) a évoqué le besoin de s’inspirer de ce qui a été fait. « Pour nous, beaucoup de choses se sont passées en un an, dont les Jeux olympiques de Milan – Cortina d’Ampezzo. Nous avons été sur place, en observation et à l’écoute. Il y a une volonté de copier ce qui a marché et de cibler les carences pour les décortiquer et les améliorer », décrypte-t-il. L’homme de 50 ans évoqua également ses rencontres avec ses homologues de l’Utah, hôte des JO 2034, et de Suisse, où la candidature pour 2038 est encore embryonnaire. Le DG de la Solideo Damien Robert a précisé les prochaines étapes clés, pour être dans les temps. « 2025 était l’année de la conception, 2026 sera celle de la mise en œuvre des projets et de la phase des travaux, ainsi que des concertations et du lancement des marchés. » Justement, ces marchés représenteront 2 milliards d’euros et un fonds d’innovation a été créé lors du 6e conseil d’administration, ce mercredi. Le président de la région AURA ajoute : « Un tiers du marché sera dédié à des TPE et PME, contre 25% lors de Paris 2024. » Renaud Muselier a quant à lui assuré que des concertations publiques se tiendront dans les villages abritant les 40 ouvrages. Un calendrier est prêt pour les trois prochains mois, à propos de ce sujet qui a pu inquiéter les habitants de certaines localités. Le quatuor savait pertinemment qu’il ne pourrait pas éviter les questions sur les patinoires de Nice.

    Date limite début juin pour Nice

    Le hockey-sur-glace ne possède pas encore de domicile fixe. L’élection d’Éric Ciotti (UDR) dans la cité azuréenne a rebattu les cartes et l’édile fraîchement élu s’est opposé aux patinoires de l’Allianz Riviera. Ce dont nous pouvons être sûrs, c’est que le village olympique et le complexe omnisports olympique (COOL) ont été validés par la municipalité. Renaud Muselier a réaffirmé son souhait « de conserver la totalité des épreuves de glace à Nice ». D’autres options sont cependant à l’étude par le Cojop, avec des candidatures lyonnaise et parisienne sur la table. Une révision de la carte des sites a été lancée et l’hôte du hockey masculin devrait être connu début juin. Il devra l’être obligatoirement avant la 146e session du Comité International Olympique (CIO), les 24 et 25 juin.

    Jamais un pays n’a obtenu un laps de temps aussi court pour organiser des Jeux d’hiver (5 ans et demi), mais l’inquiétude n’est pas à l’ordre du jour.

  • Paris entre en piste pour le hockey en cas d’impasse à Nice

    Paris entre en piste pour le hockey en cas d’impasse à Nice

    Paris Entertainment Company, exploitant de l’Accor Arena et de l’Adidas Arena, société majoritairement détenue par la Ville de Paris, met en avant son expérience des grands événements sportifs et son implication dans Paris 2024. Cette initiative intervient dans un contexte d’incertitude autour du pôle de glace de Nice, fragilisé par l’arrivée du nouveau maire (UDR), Éric Ciotti, et son refus de certains aménagements prévus. Et trois semaines après la proposition du maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, d’accueillir des compétitions de glace au cas où Nice serait écartée des sites olympiques.

    Mais dans un communiqué jeudi soir, la Région Paca a indiqué que « les études menées démontrent la faisabilité technique du projet » dit « des Arboras », du nom du stade privilégié par Eric Ciotti pour accueillir le hockey masculin. « Il convient désormais de poursuivre le travail sur sa faisabilité calendaire et financière » avec une nouvelle réunion prévue lundi, poursuit la Région.