Tag: spartiates

  • [Entretien] Jonathan Zwikel : « Ces duels à Rouen et à Amiens représentent un énorme défi »

    [Entretien] Jonathan Zwikel : « Ces duels à Rouen et à Amiens représentent un énorme défi »

    La Marseillaise : Vous êtes leaders de Ligue Magnus après neuf journées avec une seule défaite. Comment analysez-vous ce début de saison ?

    Jonathan Zwikel : Le bilan comptable est positif, avec des points précieux dans la course aux play-offs. Mais le plus encourageant reste le contenu, la cohésion et la motivation du groupe. L’équipe est soudée, suit les consignes et va dans le même sens, ce qui permet d’aborder plus sereinement certains aléas.

    Comment vous adaptez-vous
    à la vague de blessures que vous connaissez depuis la première journée de championnat
     ?

    J.Z. : Elles ont particulièrement touché des joueurs clés de notre effectif. Nous avons d’ailleurs appris qu’Albin Nilsson sera absent au moins dix jours après avoir subi une commotion sur une charge [face aux Rapaces de Gap, ndlr]. Il faut anticiper la profondeur de l’effectif, mais lorsque les absences s’enchaînent aussi tôt dans la saison, nous devons réagir rapidement. L’objectif est d’éviter de trop solliciter les mêmes joueurs, au risque de provoquer de nouvelles blessures. Nous avons donc travaillé rapidement pour trouver des solutions en recrutant Anton Gradin et Jesper Larinmaa comme jokers.

    Y a-t-il un match référence depuis le début de saison ?

    J.Z. : Notre premier match à domicile contre Briançon a été difficile, notamment en raison d’une mauvaise gestion des émotions et d’un manque de cohérence. C’est celui qui nous a le plus appris. Nous avons compris que mettre de l’énergie sans coordination ni cadre ne suffisait pas. Le fait d’avoir vécu cette expérience, puis d’avoir identifié ensemble ce qui n’avait pas fonctionné, nous a beaucoup aidés pour la suite.

    Sur quel point votre équipe
    a-t-elle le plus progressé
     ?

    J.Z. : La saison dernière, certains n’en avaient pas les moyens ou l’envie, ce qui suffisait à déséquilibrer l’équipe. Cette année, le groupe croit dans le plan et possède les capacités pour le mettre en œuvre. Cela n’empêche pas les erreurs ou les périodes plus difficiles, mais cette cohérence est essentielle.

    Quel impact aura l’enchaînement des déplacements à Rouen et Amiens, jeudi et vendredi ?

    J.Z. : Les joueurs de hockey ont l’habitude d’enchaîner les efforts malgré la fatigue et les petits pépins physiques. Amiens bénéficiera toutefois d’un avantage puisqu’ils n’auront pas joué la veille. Les joueurs savent gérer ce type de situation, même si deux matchs consécutifs restent peu fréquents.

    Que ressentez-vous lorsque vous retournez à Rouen, où vous avez débuté et conclu votre carrière ?

    J.Z. : C’est un club particulier pour moi. Ma famille, mes amis d’enfance et plusieurs personnes du club y sont toujours. C’est aussi le club où j’ai été formé et où j’ai commencé puis terminé ma carrière. J’ai toujours plaisir à y retourner et je m’y sens encore un peu chez moi. Avec le temps, l’émotion est moins forte qu’au premier déplacement, mais retrouver ces personnes et ces souvenirs reste agréable. Une fois le match commencé, je me concentre toutefois sur notre objectif.

    Quels souvenirs gardez-vous
    de votre passage à Rouen
     ?

    J.Z. : Les saisons 2009-2010 et 2010-2011 restent marquantes. Nous avons remporté deux titres de champion avec mon frère, ainsi qu’une Coupe de France et une Coupe de la Ligue. Je retiens particulièrement la finale de 2010 contre Angers. Après avoir perdu les deux premiers matchs, nous avons remporté les deux suivants avant de gagner le match décisif à Rouen. Mon frère et moi jouions sur la même ligne et avions chacun marqué lors de cette rencontre. C’est un souvenir très fort que nous partageons.

    Comment analysez-vous les deux rencontres à venir ?

    J.Z. : Ce double déplacement représente un énorme défi. Rouen a construit une équipe très complète, avec de grandes ambitions et des joueurs de qualité à tous les postes. Même si nous les avons battus à domicile, gagner chez eux sera très difficile. À Amiens, il faudra enchaîner. Malgré son classement, elle possède une réelle valeur et a été pénalisée en début de saison par des blessures. C’est une équipe physique, qui joue avec beaucoup d’intensité.

  • [Entretien] Laura Fleury : « Je serai à 100% avec Gap pour cette rencontre »

    [Entretien] Laura Fleury : « Je serai à 100% avec Gap pour cette rencontre »

    La Marseillaise : Vous êtes la première femme de l’histoire à être manager général d’un club de Ligue Magnus. Comment se passent vos premiers mois à la tête des Rapaces de Gap ?

    Laura Fleury : Ça se passe très bien. C’est un gros challenge, compte tenu du contexte autour de l’équipe de Gap, avec beaucoup de travail en tant que manager général. Mais c’est un beau défi. La dynamique et le projet commencent à prendre, même s’il reste beaucoup à faire pour construire quelque chose de pérenne et durable. On commence à poser les bases et c’est ce qui est encourageant.

    Comment analysez-vous votre effectif pour cette saison ?

    L.F. : L’équipe est composée de joueurs de qualité, aussi bien sportivement qu’humainement. C’est essentiel pour créer un vrai collectif, dont Gap a besoin aujourd’hui. Il reste des choses à améliorer, mais nous avons déjà vu de belles choses. Au-delà des victoires, l’objectif est de construire un groupe solide et de poursuivre cette dynamique.

    Sur quoi repose l’identité des Rapaces de Gap, selon vous ?

    L.F. : Elle repose d’abord sur l’histoire du hockey à Gap, son palmarès et ses victoires. Même en reconstruction, nous devons garder l’ambition de retrouver progressivement le haut du tableau et le meilleur niveau du hockey français. Le chemin est encore long, mais nous voulons avancer de manière progressive et solide. Notre identité repose aussi sur un public fidèle et connaisseur, présent depuis des générations. Sa ferveur est particulière et différente de celle de Marseille, mais elle implique une vraie exigence pour être à la hauteur de ses attentes.

    Vous avez démissionné, lundi, de vos fonctions de présidente du Marseille Hockey club amateur pour vous consacrer pleinement aux Rapaces. Est-ce particulier d’affronter les Spartiates quelques jours seulement après l’annonce de votre départ ?

    L.F. : Je mentirais si je disais que ce match n’a pas une saveur particulière pour moi. Marseille est un club de la région que je connais bien et que j’apprécie, mais ce match vaut les mêmes points que les autres. Il pourra être plus engagé en raison de la proximité entre les deux clubs, mais dès le coup d’envoi, je serai pleinement concentrée sur Gap et derrière mon équipe. La rivalité est évidemment sportive et existe à chaque match, avec une saveur particulière pour un derby, comme Briançon. Mais au-delà du terrain, nos enjeux sont communs, à savoir développer le hockey français. Je suis désolée pour mes amis marseillais, mais je serai à 100% avec Gap pour cette rencontre.

  • Paul Joubert, petit rapace pugnace installé dans le nid des Spartiates

    Paul Joubert, petit rapace pugnace installé dans le nid des Spartiates

    Le petit rapace s’est envolé de ses propres ailes. Paul Joubert, pensionnaire des Spartiates de Marseille formé à Gap, s’apprête à affronter son ancien club, ce vendredi à 20h30, au Palais omnisports, lors de la 9e journée de Ligue Magnus.

    « Je suis arrivé à Gap à l’âge de 10 ans et j’y ai franchi les étapes jusqu’à mes 17 ans, avant de commencer à m’y entraîner en professionnel durant six saisons », raconte l’attaquant de 26 ans. « Ils m’ont donné ma chance du début à la fin, avec notamment deux finales de Coupe de France et plusieurs saisons dans le top 5. C’était une équipe forte de Magnus et je leur dois énormément. Je suis là où j’en suis aujourd’hui grâce à eux », reconnaît celui qui a d’abord été prêté dans la cité phocéenne entre 2019 et 2023, avant d’y signer définitivement.

    De nombreux Spartiates ont évolué à un moment de leur carrière à Gap, à l’instar du capitaine Fabien Colotti, son assistant Fabien Bourgeois, du gardien Florian Gourdin et du défenseur Yohan Coulaud. « ça prouve que c’était une belle place de hockey auparavant », souligne l’enfant des Rapaces, conscient que les Gapençais ont systématiquement terminé à la dernière place de Magnus lors des trois dernières saisons.

    Un homme de caractère

    Joueur complet, efficace offensivement et responsable défensivement, Paul Joubert affiche sur la glace un caractère bien trempé. « Il ne faut pas trop venir me chercher, il ne faut pas chercher mes coéquipiers, sinon, je sais que je répondrai présent », prévient-il, en assumant totalement son côté provocateur avec les défenseurs adverses.

    « J’aime faire sortir l’adversaire de son match. À chaque coup, je réponds pour lui faire comprendre qu’il n’aura pas une soirée tranquille. C’est un avantage, tant qu’il ne faut pas aller trop loin pour ne pas sortir moi-même de mon match », souligne le Haut-Savoyard.

    Sa malice lui a parfois joué des tours, notamment lors de sa première saison avec les Spartiates, où il reconnaît volontiers en avoir « fait un peu trop ». « Des fois, les joueurs pètent les plombs. Je vais toujours avoir un petit coup aux engagements. Non pas contre l’adversaire spécialement, mais parce que ça me permet d’entrer dans mon match », confie l’international français, persuadé qu’un hockeyeur ne peut pas « s’en sortir sans un minimum de caractère ». « Je ne suis pas le joueur le plus talentueux et j’utilise donc mes qualités mentales pour faire la différence. Je pense que sinon, je n’aurais pas eu la même carrière », explique-t-il, en comparant son profil à celui de l’ancien international tricolore Valentin Claireaux, originaire de Saint-Pierre-et-Miquelon.

    Un archipel proche du Canada que connaît particulièrement Paul Joubert, puisqu’il y a grandi une partie de son enfance. « C’est là-bas que j’ai découvert le hockey qui est le sport numéro un », raconte celui qui s’est également essayé au football et au judo sur l’île.

    « On jouait au hockey dans la rue, dans les couloirs, partout. J‘ai eu un attachement pour ce sport qui n’est pas commun. Et pour un petit métropolitain, c’était vraiment fantastique », lance le passionné des Canadiens de Montréal, club phare de la Ligue nationale de hockey nord-américaine (NHL).

    Une migration décisive dans la vie de l’ancien rapace.

    Garder le statut de leader contre Gap

    Les hockeyeurs marseillais, nouveaux leaders de Ligue Magnus depuis leur victoire dimanche sur la glace des Brûleurs de Loups de Grenoble, reçoivent les Rapaces de Gap, ce vendredi (20h30) au Palais Omnisports de Marseille, pour le compte de la 9e journée du championnat. « C’est une équipe difficile à manœuvrer », souligne Luc Tardif, l’entraîneur des Spartiates, très satisfait du début de saison de ses protégés. « La balle tombe du bon côté pour le moment, parce que le contenu de nos matches est bon, avec de la constance », ajoute le technicien phocéen. C.K.

  • Cinquième victoire de suite pour les Spartiates

    Cinquième victoire de suite pour les Spartiates

    Plus rien ne les arrête. Les Spartiates de Marseille ont enchaîné un cinquième succès consécutif, vendredi soir à domicile, face aux Ducs d’Angers (4-1). Cette sixième victoire de la saison leur permet de conserver leur deuxième place en Ligue Magnus, avec une longueur de retard sur les Brûleurs de Loups de Grenoble, leur prochain adversaire ce dimanche (18h15).

    Il y avait une petite surprise sur la feuille de match du jour. L’attaquant finlandais Jesper Larinmaa (28 ans), récemment passé par les Gothiques d’Amiens et les Aigles de Nice, a signé vendredi avec le club phocéen, suite aux nombreuses blessures survenues ces dernières semaines dans le secteur offensif.

    Duel fratricide

    Pour cette septième journée face aux Ducs d’Angers, troisièmes au classement de la Ligue Magnus juste derrière les hockeyeurs marseillais avant le coup d’envoi, Oscar Gustafsson et Adel Koudri manquaient toujours à l’appel, sans compter les absences de Maxime Corvez, Teddy Da Costa et Grégoire Gonnard.

    Mais un retour de taille a été annoncé une heure avant le coup d’envoi : celui d’Emil Tavernier. Le jeune attaquant des Spartiates, auteur de trois buts depuis le début de la saison, était présent dans la quatrième ligne phocéenne pour faire face à son frère aîné, Sami, meilleur buteur et meilleur pointeur du championnat. Le benjamin de la fratrie s’est illustré après l’ouverture du score de Timothé Quattrone. Premier round en faveur du Tavernier marseillais.

    MARSEILLE 4 – ANGERS 1

    7e journée de Ligue Magnus

    Tiers-temps : 1-0, 2-1, 1-0.

    Au Palais Omnisports Marseille Grand-Est (4 512 spectateurs)

    Arbitres : MM. Scolari et Peyre

    Buts : Quattrone (16’), E. Tavernier (25’), Ivanov (34’), Gradin (60’) pour Marseille ; Melin (33’) pour Angers

    MARSEILLE : Kasik, Gourdin (g) – Ishida, Coulaud, Spinozzi, Cantagallo, Petersson, Bourgeois (A) – Joubert, Larinmaa, Colotti (C), Gradin, Dair, MacIntyre, E. Tavernier, Ivanov, Dufek (A), Quattrone, Limtong, Nilsson.

    Entraîneur : Luc Tardif

  • Duel de haut de tableau pour les Spartiates

    Duel de haut de tableau pour les Spartiates

    Les Spartiates de Marseille sont en pleine bourre. Le club phocéen effectue le meilleur début de saison de son histoire avec 14 points pris en seulement six matches joués. Ces performances permettent aux joueurs de Luc Tardif Junior d’occuper la 2e place provisoire en Ligue Magnus. Un bond en avant conséquent, juste avant d’affronter une autre formation en forme : Angers.

    Les Ducs débarquent au Palais omnisports, ce vendredi, dans une position favorable, puisqu’ils sont les poursuivants des Marseillais, à la 3e place. Un point seulement sépare les deux entités avant le face-à-face sur le glaçon du Pomge. Disons que Marseille et Angers n’ont pas non plus affronté les mêmes équipes, avec des Ducs opposés aux quatre derniers du championnat lors de ses premiers matches. Pendant ce temps-là, les Spartiates sont allés gagner chez le champion en titre, Bordeaux (5-2), à Chamonix (3-2), et ont battu Nice 4-3 dans le derby. Les Dragons de Rouen, parmi les historiques de la Magnus, ont aussi subi la loi du dernier arrivé dans l’élite avec une défaite 5-1 sur les bords de la Méditerranée. Déjà des rencontres références pour un effectif marseillais de plus en plus ambitieux.

    Pléiade de buteurs

    pour les Spartiates

    Malgré les blessures d’Emil Tavernier et de la recrue, transfuge des Brûleurs de Loups de Grenoble, Adel Koudri, deux éléments forts de l’effectif, chacun a pris ses responsabilités. Ce ne sont pas moins de 12 joueurs différents qui ont inscrit les 20 buts marseillais depuis l’entame de l’exercice 2026-2027. Luc Tardif Junior peut compter sur tout le monde, dans ce long marathon qu’est la phase régulière de Ligue Magnus. Par ailleurs, les Spartiates connaissent leur adversaire en 16e de finale de Coupe de France. Le 20 ou le 21 octobre, ils se déplaceront chez les Haut-Savoyards de Morzine-Avoriaz, club de deuxième division.

  • [Entretien] Luc Tardif Senior : « Fier de voir que le hockey est de plus en plus mondial »

    [Entretien] Luc Tardif Senior : « Fier de voir que le hockey est de plus en plus mondial »

    La Marseillaise : Quel bilan dressez-vous de votre passage à la tête de la Fédération internationale de hockey ?

    Luc Tardif Senior : Il faut d’abord poser le contexte de mon arrivée à la tête de la fédération. J’ai fait cinq années de mandat, depuis 2021. On avait les conséquences du Covid. On a été obligé d’annuler le Mondial en Suisse puis de déplacer le suivant de Minsk à Riga, sans spectateurs, dans une bulle. En 2022, nous avons eu les Jeux Olympiques de Pékin, également dans une bulle. Elle était superbe avec deux tests PCR quotidiens, mais il fallait gérer les protocoles, les quarantaines. Ces JO étaient tout de même un succès, puis la guerre en Ukraine a éclaté dans la foulée. Nous avons dû revoir toutes nos compétitions dans un court laps de temps avec l’exclusion de la Russie. En tout cas, nous pouvons être fiers de voir que le hockey est de plus en plus mondial. On y joue sur tous les continents, même en Afrique, dans les pays du Golfe. L’avenir s’annonce assez bon, même si on espère que la situation géopolitique s’améliore. Maintenant que mon mandat se termine, je vais prendre un peu de recul. Mais je reste membre à vie de la Fédération internationale de hockey.

    Après la période Covid, l’engouement autour du hockey sur glace a pris encore plus d’ampleur, non ?

    L.T. : Depuis 2024, nos championnats du monde sont revenus à la normale. À Prague, à Zurich, au Danemark, les réussites ont été immenses et ont généré des recettes pour financer toutes nos activités de développement. Les JO de Milan ont été ensuite une fierté. Ça a été deux ans de travail avec le CIO, les associations de joueurs, pour enfin ramener les joueurs de la ligue nord-américaine. Ils étaient absents depuis Sotchi 2014. Le niveau de la compétition a été extrêmement élevé, avec un impact médiatique énorme, à travers les réseaux sociaux et la télévision. Concernant les négociations pour 2030, je ne suis absolument pas inquiet. Les joueurs ont goûté à ce qu’est l’esprit olympique, je reste optimiste.

    Deux ans après les Mondiaux 2028 à Paris et Lyon, la France accueillera les Jeux Olympiques d’hiver. Comment voyez-vous cette compétition ?

    L.T. : Il y a eu un départ chaotique. On a eu des réunions avec le comité d’organisation pour s’assurer que les tournois masculin et féminin se déroulent dans des conditions dignes d’une telle compétition. Ça va être le cas et nous avons validé les sites. Ils sont déjà construits et, à Lyon, nous aurons donc une grande répétition avec les Mondiaux, deux ans avant. C’est un grand luxe. Je suis très confiant pour le hockey et puis il y aura d’autres compétitions comme le short-track, le patinage artistique, donc il y aura vraiment un esprit olympique dans la ville. Mon seul regret, c’est que si le hockey était resté à Nice, il y aurait eu une patinoire en plus qui serait restée pour les Aigles, le club de la ville.

    Comment jugez-vous l’évolution de la Ligue Magnus ?

    L.T. : Je la vois grandir et mûrir. Le niveau global se resserre, il y a toujours une ou deux équipes au-dessus, mais aucun match n’est joué d’avance. L’apport des Spartiates est essentiel car cela amène un souffle nouveau. Il n’y a jamais rien d’écrit, parce que certains pensaient que ce n’était pas une place du hockey, mais ils ont revu leur copie. Globalement, les équipes sont beaucoup plus professionnelles et ça permet l’éclosion de jeunes joueurs. Il faut continuer de faire en sorte qu’il y ait des équipements. Surtout que les patinoires ont un taux de remplissage que l’on a jamais vu.

    Quel regard portez-vous sur le rôle de votre fils, Luc Tardif Junior, au sein des Spartiates ?

    L.T. : Quand Luc est arrivé à Marseille, l’équipe évoluait en Division 3 [la 4e division française, Ndlr]. Il y avait peu de budget, pas d’organisation. Il était coach, chauffeur de bus et sa femme lavait les maillots. Après, il y a eu des aides, une reconnaissance des pouvoirs publics. Tout s’est amélioré, ils sont montés jusqu’en Division 1. Jonathan [Zwikel, son beau-fils, Ndlr] est arrivé pour professionnaliser le club. Je trouve qu’ils sont montés en puissance et ils ont eu la chance de trouver Eric Lagache, chef d’entreprise passionné, pour monter en Ligue Magnus.

  • Spartiates à l’accent suédois

    Spartiates à l’accent suédois

    Il y a quasiment deux fois plus de Suédois à avoir porté le maillot des Spartiates que celui de l’Olympique de Marseille. Avec l’arrivée en dernière minute d’Anton Gradin la semaine passée, survenue suite à la vague importante de blessures, notamment sur le secteur offensif marseillais, à l’image d’Adel Koudri, Oscar Gustafsson et Emil Tavernier, la formation marseillaise a attiré son treizième joueur en provenance du pays des Trois Couronnes. « Quand on regarde des profils et qu’on veut certains joueurs, on n’est pas forcément focus sur la nationalité. Ça vient un peu en deuxième temps. Maintenant, les Suédois, ils ont des bons joueurs », reconnaît Luc Tardif, l’entraîneur des Spartiates. Par ailleurs, son demi-frère Jonathan Zwikel, directeur général du club, et Damien Fleury, directeur du développement des jeunes au Marseille Hockey Club Amateur (MHCA), ont tous les deux déjà évolué dans le championnat suédois. Mais « il n’y a pas une filière en particulier », selon Luc Tardif, conscient que de plus étroites relations ont été tissées avec d’autres pays étrangers. Au classement historique des nationalités étrangères les plus représentées au sein de la structure marseillaise, la Suède n’arrive qu’en quatrième position. La République Tchèque arrive en tête avec 19 joueurs, suivie par le Canada (18) et la Finlande (16), mais devant les États-Unis (11) et la Russie (8).

    Philosophie adéquate

    Pour ce quatrième exercice en Ligue Magnus, les Spartiates comptent quatre Suédois dans leurs rangs : le défenseur Bobbo Petersson, puis les attaquants Albin Nilsson, Oscar Gustafsson et Anton Gradin. « C’est une bonne destination pour les Suédois, parce que je pense que nous sommes des joueurs assez durs. Ils travaillent fort et veulent performer en tant que membre à part entière de l’équipe. Ça correspond à la philosophie que le club met en place depuis plusieurs saisons maintenant. C’est un match parfait », lance David Åslin, pensionnaire du Palais Omnisports Marseille Grand-Est lors de la deuxième partie de saison 2023-2024. Comme Anton Gradin, et très probablement la future recrue qui devrait être annoncée prochainement selon une source proche du club, l’attaquant expérimenté de 37 ans avait débarqué dans la cité phocéenne en cours de saison comme renfort. Il a inscrit neuf buts et délivré treize passes décisives en seulement 31 rencontres de saison régulière. Lors de son départ à l’intersaison suivante, les Spartiates ont recruté trois autres Suédois : le gardien Stefan Steen, puis les défenseurs Viktor Björkung et Albin Lindgren. Le premier a été recruté comme « joker médical » afin de pallier la blessure du gardien titulaire à cette époque, Marek Ciliak, mais les deux autres se sont imposés comme des éléments forts de la défense marseillaise, surtout Björkung avec ses 7 buts et ses 30 passes décisives. Depuis Johan Hedberg, en 2012-2013, chaque hockeyeur suédois a, à sa manière, laissé son empreinte aux Spartiates de Marseille.

  • [Hockey sur glace] Les Marseillais prêts à défier les Niçois avec un renfort

    [Hockey sur glace] Les Marseillais prêts à défier les Niçois avec un renfort

    C’est le derby du Sud. Auteurs d’un bon début de saison, les Spartiates de Marseille vont accueillir les Aigles de Nice, ce dimanche (18h30) au Palais omnisports Marseille grand-est, à l’occasion de la cinquième journée de Ligue Magnus. Les deux formations se sont récemment affrontées lors du Trophée de la Région Sud, où les protégés de Luc Tardif ont remporté la finale devant leurs supporters. Le premier « round » a été donc remporté par les Spartiates, mais les Aigles n’ont pas dit leur dernier mot. Victorieux des Gothiques d’Amiens (4-3, ap.) et du Hormadi d’Anglet (3-2), avant d’être défaits sur le fil par les Jokers de Cergy-Pontoise aux tirs au but (6-5, ap.), les Niçois ont pu compter sur l’efficacité d’Hugo Nogaretto, décisif à quatre reprises.

    Un attaquant suédois peut

    en cacher un autre

    Après Adel Koudri, l’attaquant suédois Oscar Gustafsson s’est à son tour blessé, lors du match face aux Dragons de Rouen. Avec deux absents sur le secteur offensif, le staff des Spartiates a engagé Anton Gradin. Vice-champion d’HockeyAllsvenkan (championnat suédois) en 2023-2024 et sans club depuis la faillite du club norvégien du Sparta Sarpsborg, le Scandinave est déjà auteur d’une passe décisive et d’un but, vendredi, contre Bordeaux.

  • Grandes voix des Spartiates

    Grandes voix des Spartiates

    Perchés à quelques mètres au-dessus de la glace, ils bénéficient d’une vue imprenable sur le jeu. Depuis le début de la saison, Alain et Avesta, deux fervents supporters des Spartiates de Marseille, font partie du quatuor de commentateurs « bénévoles » qui se relaient lors des matches à domicile diffusés sur Magnus TV, la plateforme officielle du championnat. « Il y a pas mal d’improvisation parce que ça va très vite », confie Alain, passionné de hockey sur glace depuis de nombreuses années. Il suit les Spartiates depuis la saison 2015-2016, celle où le club marseillais a accédé à la Division 2, soit le troisième échelon national.

    Et quand l’association lui a proposé de devenir commentateur, lors de la montée en Ligue Magnus en 2023, il n’a pas hésité à accepter le challenge. « C’est vrai que je parle assez facilement et du coup je me suis pris au jeu », raconte le membre de l’ancien groupe de supporters, Dark Spartan, où sa voix était déjà un atout au mégaphone. Pour cette rentrée des Spartiates, l’expérimenté commentateur est désormais accompagné d’Avesta, supporter « récent » des hockeyeurs marseillais. « Je les ai découverts par le biais d’amis. Je suis venu une première fois et j’ai trouvé ça incroyable. Je me suis rapidement pris de passion pour cette équipe et ce sport, où je trouvais tout ce que je ne retrouvais plus dans le football : de la combativité et de l’intensité. C’est vraiment un amour tardif, mais c’est vraiment génial », souligne le jeune homme au béret blanc, dans le style Peaky Blinders.

    « À la sauce marseillaise »

    Derrière ses lunettes teintées, Avesta cherche également à « retransmettre les émotions » qu’il vit au bord de la glace. Ce qu’il faisait déjà durant son enfance lorsqu’il commentait ses matches de PES [Pro Evolution Soccer, célèbre jeu vidéo de football, Ndlr] tout seul dans sa chambre. Sauf que le jeune bénévole se retrouve aujourd’hui à décrypter des rencontres de hockey sur glace pour plusieurs milliers d’auditeurs. Surtout quand le flux est parfois repris par Sport en France et BFM Marseille Provence, où les supporters des équipes adverses sont nombreux à être devant leur téléviseur. « De base, on s’adresse à des passionnés de hockey qui ne tombent pas par hasard sur le match et payent exprès un abonnement pour voir leurs équipes favorites. Mais on doit également ne pas oublier que certains peuvent parfois découvrir ce sport pour la première fois. Il faut savoir expliquer certaines actions et vulgariser le hockey », détaille Alain. Face aux Dragons de Rouen mardi, les deux commentateurs sont montés à quatre reprises dans les aigus, sur les quatre buts inscrits par les Spartiates. « (Emil) Tavernieeeer ! », a lancé par deux fois Avesta, conscient que le jeune attaquant finno-français a marqué les esprits des spectateurs présents dans la patinoire et devant leur écran.

    « On essaie d’être le plus objectif possible, mais toujours à la sauce marseillaise », sourit le jeune Phocéen, pourtant originaire de la Capitale. « On essaie de mettre vraiment la ferveur qu’on a au fond de nous », ajoute-t-il, en donnant des surnoms aux hockeyeurs locaux comme « le bouclier » pour le gardien tchèque Libor Kasik, plébiscité par le public à chaque match.

  • L’ambiance du Vélodrome résonne chez les Spartiates

    L’ambiance du Vélodrome résonne chez les Spartiates

    Des tambours percutants, des chants « pro-Marseillais » et un capo, mégaphone en main, pour orchestrer les encouragements.

    Les yeux fermés, on pourrait facilement se croire dans l’un des virages bouillonnants du stade Vélodrome. Pourtant, cette ferveur ne se limite pas à l’enceinte olympienne. Au Palais omnisports Marseille Grand-Est, près de 5 000 supporters donnent régulièrement de la voix pour les Spartiates. Parmi eux, l’« Unité Spartiate », un groupe d’une quarantaine d’adhérents à l’aube de sa quatrième saison en Ligue Magnus, qui soutient l’équipe corps et âme. « On reste des Marseillais avant tout, peu importe l’endroit où on se trouve », souligne son président, Sébastien Guyon.

    Recette marseillo-américaine

    Il a découvert les Spartiates dès leurs débuts, lors de la saison 2012-2013, alors que l’équipe s’appelait encore les « Gabians ». « On se rattache à tellement de valeurs. C’est très identitaire, avec de la puissance, du physique et de la rapidité dans le jeu. C’est vraiment ce qui correspond à l’ADN de Marseille et des Marseillais », explique-t-il. Une identité locale qui se mêle aux codes du hockey sur glace nord-américain, basée sur le sens du spectacle, de l’expérience technologique et sonore, et des animations entre les tiers-temps.

    Pour encourager les joueurs, l’Unité Spartiate reprend ainsi certains chants mythiques du Vélodrome, qu’ils adaptent « à la sauce hockey ». « On a enlevé tout le côté insultant. On n’a pas vraiment le droit, vis-à-vis de la Ligue, car cela peut entraîner des sanctions disciplinaires, financières ou sportives pour le club. Mais ça ne nous empêche pas de mettre une super ambiance », assure Sébastien, qui prépare déjà un déplacement à Grenoble avec son Unité Spartiate. Un Kop comme on les aime.