Il ne s’agit pourtant ni d’une installation artistique ni d’un bâtiment temporaire. Cette gigantesque structure est une membrane gonflable destinée à recouvrir entièrement la fosse de fondation du futur Centre d’exposition de Baiyun.
Avec une superficie d’environ 25 000 mètres carrés, elle constitue actuellement l’une des plus grandes installations de ce type dans le sud de la Chine. La structure mesure environ 197 mètres de long, 110 mètres de large et atteint jusqu’à 45 mètres de hauteur.
Son principe est relativement simple : des ventilateurs injectent de l’air en permanence à l’intérieur afin de maintenir une légère surpression et de soutenir la membrane. Le chantier se retrouve ainsi enfermé dans un vaste espace indépendant, sans avoir besoin d’une lourde structure métallique.
L’objectif est avant tout environnemental. En isolant le chantier de l’extérieur, la membrane permet de limiter fortement la dispersion des poussières et de réduire le bruit, avec une baisse pouvant atteindre environ 60 %. Elle protège également les travaux contre la pluie et certaines intempéries, ce qui permet au chantier de se poursuivre dans des conditions plus stables.
À l’intérieur, la qualité de l’air est surveillée en permanence. Des dispositifs mesurent notamment la teneur en oxygène, le monoxyde de carbone et la concentration de poussières. Des systèmes de renouvellement de l’air et de pulvérisation d’eau sont également utilisés afin de maintenir un environnement adapté aux ouvriers et aux engins.
La question de la sécurité a également été prise en compte. Selon les responsables du projet, cette membrane a été conçue pour résister à des vents correspondant à un typhon de niveau 14, un élément particulièrement important dans une région régulièrement exposée aux phénomènes météorologiques violents. Cette solution présente aussi un intérêt en matière de calendrier. Grâce à la protection du chantier contre les aléas climatiques et à la possibilité de travailler de manière plus continue, le projet estime pouvoir gagner jusqu’à 171 jours sur certaines phases de construction.
Guangzhou n’est d’ailleurs pas la première ville chinoise à expérimenter cette technologie. À Jinan, dans la province du Shandong, une membrane d’environ 20 000 mètres carrés et de près de 50 mètres de hauteur a déjà été utilisée pour recouvrir un chantier. À Shenzhen, dans le quartier de Futian, des dispositifs comparables ont également été installés afin de réduire l’impact environnemental de grands travaux urbains.
Une fois les travaux terminés, la membrane peut être démontée, transportée et, dans certains cas, réutilisée sur d’autres chantiers. Derrière ce spectaculaire « coussin gonflable » se cache donc une question très concrète à laquelle sont confrontées les grandes métropoles chinoises : comment continuer à construire et à transformer la ville tout en réduisant les nuisances pour ceux qui vivent autour des chantiers ?
« Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

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