Tag: construction

  • Une villa du Roucas Plage devra être en partie démolie

    Une villa du Roucas Plage devra être en partie démolie

    Le tribunal judiciaire de Marseille a condamné un propriétaire à démolir partiellement sa villa. Le jugement fait primer le cahier des charges du lotissement du Roucas Plage, avenue des Alpilles, 8e, à Marseille. Ses règles internes à valeur contractuelle sont plus restrictives que le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi).

    Le propriétaire, Romain Teboul, défendu par Me Olivier Burthez-Doucede, devra supprimer le troisième niveau de la villa située dans le périmètre protégé des balcons remarquables du Roucas blanc et de la colline de la Garde. Comme le demandait l’association syndicale autorisée (ASA) du Roucas Plage, défendue par Me Alain Xoual, il devra ramener les surfaces de plancher créées de 226,5m2 à 150m2. Il devra replanter les six arbres de haute tige abattus et végétaliser en pleine terre au moins la moitié de la surface du terrain. Pour s’assurer de sa bonne exécution, le jugement du 14 septembre rendu par la 3e chambre civile prononce une astreinte de 300 euros par jour de retard passé le délai de 10 mois. L’exécution provisoire n’est toutefois pas prononcée.

    Un permis modificatif surprise

    Les juges ont pleinement appliqué le règlement du lotissement en considérant que les colotis ont entendu « de façon non équivoque » donner une valeur contractuelle à ces règles « afin de préserver le cadre de vie au sein du lotissement en limitant la hauteur des constructions, en favorisant la végétalisation et en limitant la densité de construction dans des proportions supérieures à celles prévues par le plan local d’urbanisme ».

    Sa construction en 2023 avait suscité la colère de l’ASA du Roucas Plage et d’un collectif de résidents (La Marseillaise, du 13 juin 2023). La villa moderne a été bâtie après démolition d’une maison provençale de deux niveaux. Le permis de construire accordé en juin 2022 autorisait une construction de 4 pièces pour 226,5m2, alors que la déclaration réceptionnée quelques jours plus tard en préfecture au titre du contrôle de légalité mentionnait 150m2, comme sur l’affichage… Puis cinq mois plus tard, un permis modificatif surprise, non transmis à l’ASA, autorisait une élévation à 9,8m, une surface de plancher de 226,5m2 et un niveau en sous-sol. L’affaire avait soulevé beaucoup d’interrogations sur le process d’instruction du dossier par le service de l’urbanisme.

    La construction doit être mise en conformité pour respecter le maximum de deux niveaux et de 7m de hauteur par rapport au sol naturel, une surface de plancher qui ne dépasse pas 33% de la surface du terrain et 50% de la surface du lot plantés de végétaux en pleine terre.

    Les juges ont retenu que Romain Teboul avait une « connaissance incontestable des règles applicables et son intention délibérée de ne pas les respecter en déposant une demande de permis modificatif sans en informer l’ASA du Roucas Plage ».

  • « Atom », 97 logements pour jeunes actifs en construction

    « Atom », 97 logements pour jeunes actifs en construction

    Première pierre officielle pour la résidence « Atom » ce vendredi 2 octobre même si sous la grue, le bâtiment a déjà bien avancé. Une satisfaction pour les co-promoteurs Oceanis et Immostone, le propriétaire, le bailleur social 3F, le gestionnaire Vivacité et la Ville de Marseille.

    Un programme de 97 logements, à 5 minutes à pied du Parc du 26e centenaire (10e) et vue sur le Prado Carénage, dont la livraison est prévue pour le quatrième trimestre 2027, à destination d’un public jeune, étudiants ou actifs. L’affaire n’a pas été sans obstacles « administratifs ou techniques » dans un contexte où le foncier se fait rare, a rappelé en préambule Marie-Françoise Prat de Garam, gérante et fondatrice d’Immostone.

    « Une offre de logements sociaux accessible à des personnes qui commencent un parcours professionnel et qui ont besoin de se loger à Marseille », se félicite Florelle Guisante-Klein, présidente d’Oceanis. Et de revenir sur le défi relevé : « Construire du logement, transformer un site existant, et permettre à des services déjà présents dans le quartier de continuer à trouver leur place. » Sont proposés des studios d’une vingtaine de mètres carrés répartis sur 5 étages. Au rez-de-chaussée, entre laverie et espace de co-working, l’atelier Saint-Eloi, 250m2 dédiés aux artistes, sera relocalisé. « L’ambition n’était pas de construire un bâtiment supplémentaire, mais de définir un projet qui réponde aux besoins du territoire », martèle-t-elle.

    Des résidents « acteurs » de la cité

    De quoi permettre aussi aux résidents « d’être connectés avec la ville et de pouvoir jouer un rôle dans la cité », estime Elisabeth Novelli, directrice de 3F Résidences. Audrey Garino (PCF), adjointe au logement, opine du chef. « Pour notre ville, c’est un enjeu fort que d’apporter une réponse aux jeunes qui se trouvent en difficulté pour se loger dans un moment charnière de leur vie », enchaîne-t-elle, avant de rappeler que plus de 600 logements en résidence sociale jeunes et plus de 1 700 places en résidence étudiante ont été ouverts ces dernières années. Et d’espérer que l’État autorise l’encadrement des loyers du parc privé à Marseille pour « réguler [leur] flambée qui touche particulièrement les petites surfaces, donc les publics les plus jeunes ».

  • Logement social : Toulon en passe de sortir de la carence

    Logement social : Toulon en passe de sortir de la carence

    « Chaque logement social que nous produisons, que nous finançons, nous éloigne de la carence et nous rapproche de l’objectif fixé par le contrat de mixité sociale », explique Serge Lhotellier 21e adjoint au maire, en présentant un projet de participation financière de la ville à la Société foncière d’Habitat et Humanisme pour une opération rue Picot.

    « Il nous arrive de nous abstenir sur la construction de logements sociaux dans des zones que nous estimons beaucoup trop denses », s’est cru obligé d’expliquer le conseiller d’opposition (RN) Amaury Navarranne, histoire de ne pas se montrer sous son plus mauvais jour, sabre au clair en hussard de son parti antisocial. Contrairement à sa collègue Laure Lavalette qui aura beaucoup moins de pudeur un peu plus tard.

    « Ce n’est pas notre politique du logement, puisque nous privilégions plutôt la réhabilitation ou la rénovation », lui répond la maire de Toulon Josée Massi (SE). La charge viendra un peu plus tard, menée comme annoncée par la députée d’extrême droite au moment du débat sur la modification du Plan local d’urbanisme (PLU). Avec en guise d’intro, pour « expliquer » son retard, une attaque du monde syndical et du droit de manifester, la caravane FO ayant fait escale devant l’hôtel de ville.

    L’ignominie du RN

    Cette modification du PLU vise entre autres à accompagner le projet de reconstruction de la résidence sociale Adoma installée à La Loubière, afin de garantir aux résidents des conditions de vie dignes et confortables explique Geneviève Lévy, l’adjointe à l’urbanisme.

    Ceci va être prétexte pour l’élue frontiste pour tirer à boulets rouges sur les contraintes d’urbanisme qui selon elle, « empêche de construire et loger les Français ». La solution pour le parti à la flamme dont elle a été la porte-parole : « Nous aimerions mettre fin, abroger cette loi SRU qui nous paraît tout à fait Jacobin ». C’est-à-dire supprimer l’obligation de faire du logement social pour avoir soi-disant plus de logements sociaux à la fin, juste en faisant confiance à la bonne volonté des maires. Un raisonnement fallacieux pour éviter de dire tout le mal que pense le RN du logement social et de ses habitants.

    Elle pointe également le montant « hallucinant » de ce qu’elle appelle abusivement des pénalités. Et finit sa tirade en osant parler de justice sociale, en éructant que « la solidarité nationale devrait être réservée aux nationaux ».

    Préférant répondre par du concret plutôt qu’à ses fadaises, la maire de Toulon met en avant les 965 logements sociaux produits sur les trois ans, et la diminution de plus de moitié de la « pénalité ». Et de conclure : « Nous donnons la possibilité en effet aux Toulonnais d’être logés. Et nous avons bon espoir cette année de sortir de la carence ». De bons résultats salués par le préfet, dans ce secteur aussi, qui démontrent que non seulement Toulon a une capitaine mais qu’en plus elle sait plutôt bien barrer. N’en déplaise à son prédécesseur, Hubert Falco, qui s’est cru autorisé à faire référence au naufrage du Titanic, alors que le seul homme définitivement à la mer, c’est bien lui.

  • Les dogmes du RN défendus ou remodelés en conseil municipal de La Seyne

    Les dogmes du RN défendus ou remodelés en conseil municipal de La Seyne

    Parmi les surprises, un peu feintes, il faut bien l’avouer, le contenu du vœu exprimé par la majorité en fin de séance, concernant « un soutien indéfectible aux sapeurs-pompiers et la valorisation de leur engagement citoyen ». La conseillère municipale d’opposition Alternative progressiste, Brigitte Cheinet (PCF), se félicitant au passage avec ironie que le maire adopte cette position, glissant toutefois que le groupe RN en novembre 2025 a voté contre l’augmentation du budget des Service départementaux d’incendie et de secours.

    Recevant la pique, Dorian Munoz cherche un peu à se défendre, puis abdique : « On a voté contre un projet plus global. Mais ce n’est pas grave on ne va pas se reprocher des choses. Votre camp politique a bien appelé à voter pour les macronistes contre le Rassemblement national. »

    On ne va donc pas chipoter. D’autant que le texte précise : « À l’heure où les crises climatique, sanitaire et environnementale se multiplient… » Terminé donc aussi le climatoscepticisme du parti d’extrême droite, apparemment. Serait-ce une inflexion idéologique ou une navigation au gré des courants ? Concernant le rapport social 2025 présenté, le conseiller municipal d’opposition Cédric Turco a déploré la faiblesse de l’analyse accompagnant les chiffres et surtout l’absence de véritable perspective. « Nous serons donc très vigilants sur l’évolution des effectifs et la défense du service public communal », prévient-il.

    « On m’a un peu forcé la main »

    Parmi les points positifs de la séance, on peut retenir, le projet de construction Altavilla, qui prévoit 41 logements sociaux pour jeunes actifs. Avec une livraison théorique du programme en 2028-2030.

    Mais aussi les 26 autres qui vont être réalisés en centre-ville dans le cadre de la convention pluriannuelle de renouvellement urbain conclue avec l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru). Cela va se passer entre autres sur le site de l’ancienne école Eugénie Cotton. Mais difficile d’en attribuer un quelconque mérite au maire en place qui en refuse d’ailleurs catégoriquement la paternité en précisant qu’il a été contraint de soutenir au final leur réalisation après s’y être fermement opposé lorsqu’il était dans l’opposition. « On m’a un peu forcé la main », déclare-t-il. Au risque sinon de perdre les 50 millions de l’Anru.

    « Avez-vous chiffré la pénalité SRU que la Ville devra payer en 2027 », interroge Stéphane Sacco (GRS) pour Alternative progressiste. Elle devait diminuer de moitié et passer de 1,2 million à 600 000 euros, annonce le maire de la 2e ville du Var.

    Concernant la mise en place de la taxe plutôt vertueuse sur les locaux commerciaux vacants en centre-ville, c’est l’intervention de l’ancien maire de droite Joseph Minniti qui a surpris tout le monde. Ce dernier s’emparant du vocabulaire du RN pour appeler à ne pas sanctionner « les propriétaires qui protègent notre ville »… De quoi ? « De l’arrivée des barber-shops », selon lui. Affligeant.

  • [Justice] Trois plongeurs martégaux avaient pillé une épave

    [Justice] Trois plongeurs martégaux avaient pillé une épave

    Trois plongeurs martégaux ont été reconnus coupable , ce lundi, de « prospection et fouille sans autorisation et déplacement et prélèvement sans autorisation d’un bien culturel maritime découvert ».

    Joseph S., 62 ans, plongeur retraité de la Police nationale, est condamné à 3 000 euros d’amende avec sursis. Vincent P., 61 ans, conseil en construction, écope de 3 000 euros d’amende, dont la moitié avec sursis. Paul J., 66 ans, ingénieur retraité de chez Total devenu moniteur de plongée, est lui condamné à 3 000 euros d’amende. Le jugement retient qu’« il a persévéré dans ses dénégations, contre toute vraisemblance ».

    L’affaire avait été examinée, le 6 juillet, devant la 6e chambre présidée par la magistrate Margaux Kennedy. Pris de remords, un des plongeurs avait remis à l’audience le sextant récupéré sur l’épave du navire du XVIIIe siècle, au large de Salin-de-Giraud, près de l’épave du Louis, à 12 mètres de fond. Vincent P. avait conservé le sextant après la plongée du 30 août puis l’avait ensuite remis à l’eau une fois convoqué par la gendarmerie maritime. « On n’est pas des ignorants. Pour ma part, je sais qu’il ne faut pas remonter. (…) Ce jour-là, j’ai eu peur. J’ai compris que j’ai fait une grosse bêtise. » Avec cette restitution, il a été relaxé du délit de destruction de patrimoine archéologique.

    « Ils crient lorsqu’ils découvrent le sextant »

    Les trois sexagénaires sont amis de longue date et aguerris à la plongée en bouteille. Paul J., plongeur apnéiste expérimenté, avait pris attache avec le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm) pour déclarer la découverte d’une épave repérée non loin du Louis, un navire coulé en 1898. Des incohérences et des hésitations dans les déclarations avaient aussitôt mis la puce à l’oreille au Drassm.

    Des images d’une vidéo saisie montrait que Paul J. avait manipulé et prélevé le sextant ainsi qu’un plomb de sonde antique, tandis que Vincent P. reconnaissait avoir remonté des carreaux catalans. Joseph S. admettait avoir pris le fémelot (une ferrure de gouvernail) qu’il a remis ensuite au Drassm.

    Pour le tribunal, l’argument selon lequel ils n’avaient pas eu conscience de prélever un bien culturel maritime protégé ne tient pas, « en raison tant de leur expérience personnelle, y compris en tant que moniteur de plongée pour Joseph S., que du fait que les vidéos prises sous l’eau démontrent que les plongeurs crient lorsqu’ils découvrent le sextant, qu’ils avaient parfaitement conscience que de tel prélèvement ou déplacement était interdit, qu’il s’agisse d’éléments du “Louis” ou de la nouvelle épave découverte. »

  • [Passerelle interculturelle] Un gigantesque coussin gonflable en Chine

    [Passerelle interculturelle] Un gigantesque coussin gonflable en Chine

    Il ne s’agit pourtant ni d’une installation artistique ni d’un bâtiment temporaire. Cette gigantesque structure est une membrane gonflable destinée à recouvrir entièrement la fosse de fondation du futur Centre d’exposition de Baiyun.

    Avec une superficie d’environ 25 000 mètres carrés, elle constitue actuellement l’une des plus grandes installations de ce type dans le sud de la Chine. La structure mesure environ 197 mètres de long, 110 mètres de large et atteint jusqu’à 45 mètres de hauteur.

    Son principe est relativement simple : des ventilateurs injectent de l’air en permanence à l’intérieur afin de maintenir une légère surpression et de soutenir la membrane. Le chantier se retrouve ainsi enfermé dans un vaste espace indépendant, sans avoir besoin d’une lourde structure métallique.

    L’objectif est avant tout environnemental. En isolant le chantier de l’extérieur, la membrane permet de limiter fortement la dispersion des poussières et de réduire le bruit, avec une baisse pouvant atteindre environ 60 %. Elle protège également les travaux contre la pluie et certaines intempéries, ce qui permet au chantier de se poursuivre dans des conditions plus stables.

    À l’intérieur, la qualité de l’air est surveillée en permanence. Des dispositifs mesurent notamment la teneur en oxygène, le monoxyde de carbone et la concentration de poussières. Des systèmes de renouvellement de l’air et de pulvérisation d’eau sont également utilisés afin de maintenir un environnement adapté aux ouvriers et aux engins.

    La question de la sécurité a également été prise en compte. Selon les responsables du projet, cette membrane a été conçue pour résister à des vents correspondant à un typhon de niveau 14, un élément particulièrement important dans une région régulièrement exposée aux phénomènes météorologiques violents. Cette solution présente aussi un intérêt en matière de calendrier. Grâce à la protection du chantier contre les aléas climatiques et à la possibilité de travailler de manière plus continue, le projet estime pouvoir gagner jusqu’à 171 jours sur certaines phases de construction.

    Guangzhou n’est d’ailleurs pas la première ville chinoise à expérimenter cette technologie. À Jinan, dans la province du Shandong, une membrane d’environ 20 000 mètres carrés et de près de 50 mètres de hauteur a déjà été utilisée pour recouvrir un chantier. À Shenzhen, dans le quartier de Futian, des dispositifs comparables ont également été installés afin de réduire l’impact environnemental de grands travaux urbains.

    Une fois les travaux terminés, la membrane peut être démontée, transportée et, dans certains cas, réutilisée sur d’autres chantiers. Derrière ce spectaculaire « coussin gonflable » se cache donc une question très concrète à laquelle sont confrontées les grandes métropoles chinoises : comment continuer à construire et à transformer la ville tout en réduisant les nuisances pour ceux qui vivent autour des chantiers ?

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • À Port-de-Bouc, l’urbanisme de demain se pense aujourd’hui

    À Port-de-Bouc, l’urbanisme de demain se pense aujourd’hui

    Les bâtiments qui vont tomber vont permettre de redéfinir deux îlots d’habitation à gauche et à droite de la route qui va relier les deux côtés de la mer », explique Séverine Mignot, architecte de Port-de-Bouc, au pied des immeubles des Aigues Douces. Vendredi matin, les membres de l’association Architecture et maîtres d’ouvrage (AMO) ont été invités à un tour d’horizon du renouvellement urbain de la ville.

    C’est entre terre et mer, à l’image de Port-de-Bouc, que les enjeux des années à venir se concentrent. De l’ancienne halle aux poissons devenue Maison des projets au bord de mer de la presqu’île, le parcours révèle plusieurs exemples. Devant la barre et la tour de la Lèque, la cheffe de projet, Fabienne Sanchez, indique qu’« ici, une fois la barre démolie et la tour rénovée, la Métropole refera les espaces publics en concertation avec les habitants », comme aux Aigues Douces. Séverine Mignot développe : « L’enjeu est de faire continuer le centre-ville jusqu’à la jetée » du Port. La démolition interviendrait début janvier, selon l’architecte, avant une dépollution à un million d’euros, financée par l’Agence nationale de renouvellement urbain, et promotion immobilière.

    Plus loin, place Lazzarino, Fabienne Sanchez parle de « désimperméabilisation » et de « doubler la plantation d’arbres » en plus de sécuriser la place face aux véhicules.

    « Créer des routes permet de redéfinir une ville »

    Idem aux Aigues Douces, où tout le quartier est voué à changer, comme il n’a cessé d’évoluer depuis sa construction : « L’État avait proposé huit tours pour protéger la ville du Mistral. Puis l’architecte Fuksas a arasé les tours et fait les trouées pour laisser passer le vent » dans les années 1990, détaille Séverine Mignot, « la création des parkings et des routes ont permis de redéfinir une ville » dans le quartier. Y compris pour les vélos. La nouvelle piste cyclable de la côte est expérimentale car « faite de matériaux réutilisés et de béton poreux », comme l’explique Fabienne Sanchez.

    « Toutes nos réflexions partent avec l’humain au centre », affirme l’adjoint aux finances Akrem M’Hamdi (PCF), face aux architectes, lors d’un échange pré-visite. À la veille d’enfin voir se réaliser le contournement autoroutier de Port-de-Bouc, l’adjoint évoque de « vraies opportunités à saisir » dans la requalification de la future ex-RN168, qu’il va falloir « réimaginer ». Son collègue délégué à l’urbanisme, Houssine Rehabi, complète : « Le PLUi en discussion depuis 2025 prévoit la création de 1 200 logements minimum à Port-de-Bouc. Nous aurons la possibilité de transformer la RN168 en boulevard urbain et de créer du logement autour, tout comme à la place du collège Éluard, qui va déménager au nord de la ville. »

    Après la visite, le vice-président d’AMO Gilles Féraud fait part d’un « grand intérêt », « les élus et leurs techniciens sont en train de contrôler un effort de reconstruction en travaillant l’art de vivre et la mixité sociale dans une très belle synergie », observe-t-il. « Port-de-Bouc a toutes les possibilités d’être une ville durable et nous, acteurs privés, devrons concentrer nos savoir-faire pour nous insérer dans cette idéologie urbaine généreuse », conclut-il. L’urbanisme de demain se pense donc aujourd’hui.

  • À Cournonterral, le lycée Badinter inauguré en dépit des embûches

    À Cournonterral, le lycée Badinter inauguré en dépit des embûches

    Mille quatre cents élèves et cent trente agents. Jeudi 10 septembre, quelques jours après la rentrée des classes, le lycée de Cournonterral a été inauguré en présence de la philosophe et essayiste Elisabeth Badinter, dont l’établissement porte le nom ainsi que celui de son défunt époux. Il s’agit bien sûr du célèbre garde des Sceaux, Robert Badinter, dont l’engagement humaniste avait conduit à l’abolition de la peine de mort en 1981, puis à la dépénalisation de l’homosexualité en 1982.

    Dans l’ouest de Montpellier soumis à la pression démographique, ce nouveau lycée est un soulagement pour les familles de nombreuses communes dont les enfants étaient contraints aux longs trajets en cars jusqu’à Montpellier. Pourtant, rien ne fut facile. Faire sortir de terre le 11e lycée (le second dans l’Hérault après celui de Gignac en 2020) depuis 2016 que Carole Delga est à la tête de la Région Occitanie, a eu des airs de parcours du combattant sur le plan juridique et administratif. « Ça a été un lourd combat avec 2 ans de retard et 6 millions d’euros de surcoût en raison de normes environnementales (coût total : 52 millions d’euros) », regrette Carole Delga qui a fini par hausser le ton auprès du préfet de Région. « Je lui ai rappelé l’essentiel : que le diplôme est le meilleur moyen de lutter contre l’isolement et le chômage. »

    « Un lourd combat »

    À l’instar de tous les nouveaux lycées, celui de Cournonterral est à énergie positive, c’est-à-dire qu’il produira plus d’énergie qu’il n’en consomme grâce à un système de géothermie et de panneaux photovoltaïques. Sur une surface de 17 200 m² sur un site de 6 hectares dont 60% d’espaces verts (un millier d’arbres ont été plantés), le lycée est doté d’un plateau sportif de 4 000 m², d’un internat (50 places) et d’une maison des lycéens. L’établissement propose des formations générales, technologiques et professionnelles vers les métiers du numérique et de l’informatique. Des métiers d’avenir à l’heure de l’intelligence artificielle.

  • Canicule, l’exemple espagnol à la loupe

    Canicule, l’exemple espagnol à la loupe

    En Espagne, Eloy Martinez Monegal

    En Espagne, pendant les épisodes de canicule, les entreprises ont l’obligation de protéger la santé des travailleurs. Adapter les horaires de travail, reporter les travaux les plus durs, réduire ou interrompre l’activité si nécessaire notamment dans l’agriculture ou la construction… Des mesures encadrées par la loi que le ministre français du Travail, Jean-Pierre Farandou, est allé observer lors d’un voyage, mercredi et jeudi, accompagné de leaders syndicaux et du patronat.

    Les mesures gouvernementales concernant la protection des travailleurs sont globalement prises en compte, ce qui constitue une avancée majeure dans le domaine de la santé au travail. Cependant, certaines entreprises tardent à les mettre en œuvre ou font preuve de mauvaise volonté. Dans la région de Castilla-La Mancha, par exemple, dans le centre du pays, quatre personnes sur dix sont exposées aux fortes chaleurs. Cela concerne 317 000 travailleurs et 264 décès liés à la canicule ont été recensés en 2025. Les syndicats sont donc particulièrement attentifs et exigent davantage de contrôles afin de faire respecter les mesures prescrites par le gouvernement.

    Certes, les journées, dans certaines professions, commencent à 6 ou 7 heures, les pauses sont plus nombreuses, les travaux les plus durs sont réalisés aux heures les plus fraîches et davantage de distributeurs d’eau potable sont installés. Mais les syndicats constatent souvent que, si les mesures existent bien sur le papier, de nombreux travailleurs continuent à exercer leur activité pendant les heures les plus chaudes.

    Carlos, 55 ans, conduit une bétonnière pour une entreprise de travaux publics à Cuenca. Pour lui, certaines journées sont insupportables : « Je me mouille la tête, je bois souvent de l’eau. L’entreprise applique bien la journée intensive, on est censé finir plus tôt, mais souvent, on travaille plus longtemps. Dans mon métier, je ne peux pas prendre trop de pauses : le béton n’attend pas ».

    Demande d’inspections

    Toujours à Cuenca, Elena est serveuse dans un bar. Elle dit ne « résister qu’en buvant énormément d’eau. Le patron a pourtant fait installer des asperseurs et laisse la climatisation en continu ». Si, globalement, les entreprises font le nécessaire pour améliorer les conditions de travail, les syndicats constatent souvent, soit une mauvaise application des mesures, soit une absence totale de celles-ci.

    Le syndicat Commissions ouvrières (CCOO) de la région Castilla-La Mancha réclame, pour sa part, un renforcement de la prévention face au stress thermique et davantage d’inspections sur les chantiers et dans les exploitations agricoles.

    Raquel Payo, secrétaire des CCOO, chargée de la santé au travail, explique : « Nous engageons les entreprises à évaluer les risques dérivés de la chaleur et qu’elles incorporent le stress thermique, souvent cause de mortalité, dans leurs plans de prévention. Il ne suffit pas de garder dans un tiroir les consignes imposées par la loi, il faut agir concrètement. La chaleur extrême est un risque grave qui peut provoquer déshydratation, fatigue, perte de connaissance et conduire au décès ».

    Le syndicat entend également attirer l’attention sur l’arrivée de nouveaux salariés dans l’entreprise. « Plus de 70% des accidents graves et mortels liés aux coups de chaleur surviennent au cours de la première semaine de travail, précisément en raison de l’absence d’une période d’adaptation progressive aux conditions environnementales. Faire entrer de nouveaux salariés dans l’effectif de l’entreprise au plus fort de la chaleur, sans protocole d’acclimatation progressive, ni suivi médical spécifique, revient à les exposer à un risque d’effondrement physique ou de coup de chaleur », a expliqué de son côté Valle Cervantes, secrétaire à la formation de CCOO Castilla-La Mancha.

  • Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Le plus grand port militaire d’Europe s’apprête à souffler les 400 bougies de la Marine. Depuis la décision du cardinal Richelieu de doter la France d’une véritable puissance navale jusqu’à la construction programmée du nouveau porte-avions nucléaire de nouvelle génération Le France libre, son histoire étant indissociable de celle de Toulon.

    Quatre siècles plus tard, la Marine nationale est toujours là. Elle a changé de navires, de technologies, de missions mais continuer d’influer sur le devenir de la ville et sa prospérité. La base navale du Port du Levant restant le premier employeur du département avec plus de 20 000 personnels civils et militaires, ce qui représente un habitant sur cinq de l’agglomération toulonnaise.

    L’arsenal de Toulon marque également l’histoire sociale de la ville avec de grandes luttes menées par les ouvriers de la sorbe pour la conquête de leurs droits et contre les guerres coloniales. Notre titre a d’ailleurs longtemps été interdit de franchir la porte de cette enceinte protégée, les syndicalistes le glissant en cachette sous leur veste pour faire prospérer les idées d’émancipation.

    Les rues mêmes de la ville conservent l’empreinte des soirées endiablées des marins en goguette le temps d’une escale très alcoolisée. Du petit Chicago, comme il était appelé, avec ses néons criards et ses entraîneuses auprès de qui beaucoup venaient chercher de la compagnie et lever le coude. Et même s’il ne reste plus grand-chose de ces bars de nuit malfamés depuis la rénovation du centre-ville, un hôtel a conservé le nom de la cité américaine et la mémoire s’est perpétuée au travers des anecdotes des anciens. Tout comme le dicton populaire qui prétendait que toucher le pompon des appelés portait bonheur aux filles les plus téméraires.

    Une mémoire vive

    Tout cela est bien derrière nous. Depuis le ministère de la Défense a hélas fait place à celui des Armées et les missions des personnels ont changé, plus centrées sur la construction d’armements que sur l’entretien de la flotte.

    Cette date anniversaire mérite donc qu’on se tourne vers l’épopée de cette institution dans la ville préfecture. Une omniprésence vécue par moments comme un peu étouffante, notamment par rapport aux accès à la mer qu’elle interdit sur une longue bande littorale. Même si une partie aujourd’hui a été restituée aux Toulonnais, de la Tour Royale à la Mitre. Une fête donc qu’on ne peut ignorer ne serait-ce que pour occuper le terrain et ne pas laisser le récit accaparé par la communication de la Royale et la militarisation des esprits.

    Ouvert à tous, cet événement a vocation de mettre en lumière la Marine pour en faire découvrir les missions et les équipages, tout en rassemblant le public dans une ambiance conviviale, explique-t-on. Ce samedi après-midi sur la place de la Liberté, les visiteurs pourront pour cela participer à des ateliers pédagogiques, rencontrer les marins et découvrir des expositions de maquettes.

    Et après la cérémonie militaire à 18h, la musique sera également au rendez-vous, avec à un concert de jazz, avant qu’un DJ prenne le relais de 20h à 22h.

    « Ces célébrations rappellent une réalité essentielle : si la Marine agit chaque jour sur toutes les mers et tous les océans du globe, son efficacité et sa capacité d’action reposent sur l’engagement et le soutien de l’ensemble de la Nation », en profite pour glisser le ministère.

    L’occasion de rappeler aussi, avec la CGT, qui dressera le 18 septembre sur la place d’Armes son Village de la paix, que pendant que des militaires défilent dans les classes et que des forums sont organisés pour vanter les métiers de la défense aux lycéens, les budgets de l’école fondent. « La jeunesse mérite une école qui apprend à penser, pas à obéir », réaffirme la CGT.