C’est sous les auspices complices de la Sainte-Victoire, montagne chère à Cézanne, que le blues fait exploser les couleurs de sa palette jusqu’au samedi 12 septembre, au Domaine communal de Valbrillant. Le feu frondeur de cette musique née et répandue dans les champs de coton au XIXe siècle en réaction à l’Amérique esclavagiste, puis ségrégationniste, se propage cette fois au pied du massif : sur ces mêmes terres où les gueules noires ont charbonné dans le Bassin minier de Provence, en activité jusqu’en 2003. Des braises musicales amorcées jeudi soir par des artificiers de choix, en la personne de la guitariste française Elise Frank, puis de Shemekia Copeland, « voix incontournable de la scène américaine » qui « mêle blues, soul et gospel avec une intensité rare », décrit André Carboulet, directeur artistique du festival.
« Pour cette édition », explique-t-il, « la programmation met en lumière la diversité du blues : des figures majeures qui en portent l’héritage aux artistes d’une nouvelle génération qui en prolongent l’élan ». Illustration supplémentaire, vendredi, avec le guitariste et chanteur made in Chicago Jamiah Rogers, qui conjugue l’ADN de sa ville natale avec « une flamboyance blues rock inspirée par Jimi Hendrix et Stevie Ray Vaughan ». Avant que l’artiste louisianais et « symbole du renouveau blues » D.K. Harrel ne prenne son relais à 22h. Charge, le lendemain, à l’harmoniciste britannique Errol Linton, puis au taulier du blues du sud des États-Unis, Larry McCray, de clore le festival.

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