Tag: Meyreuil

  • L’inquiétude des Maires de Provence

    L’inquiétude des Maires de Provence

    Tandis que le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan rappelait, dans nos colonnes ce vendredi, qu’il était « inacceptable » que sa ville porte « 70% des économies de cette Métropole », c’est à travers un communiqué, ce jeudi, que le groupe des Maires de Provence, le deuxième en taille dans l’hémicycle, a déclaré qu’il n’est pas question de toucher à l’argent reversé à ses municipalités.

    « Au nom des 42 communes que nous représentons, nous réaffirmons notre demande de maintien des attributions de compensation » (l’argent reversé par la Métropole sur la base de l’ancienne taxe professionnelle) écrit le président du groupe et maire (DVD) de Meyreuil Jean-Pascal Gournès, une semaine après le dernier conseil métropolitain. Il rappelle qu’il soutenait le choix du président (LR) de l’intercommunalité, Nicolas Isnard, de réduire de 53 millions la dotation de solidarité versée aux communes, dont 36 millions pour la seule ville de Marseille. Mais, avec l’échec de ce vote, puis l’adoption d’une modification du budget insincère, la chambre régionale des comptes doit reprendre la main. En attendant, l’arrêté initialement pris par le préfet, qui coupe dans les attributions de compensation, doit s’appliquer.

    « La remise en cause du versement des attributions de compensation entraînerait un déséquilibre immédiat des budgets municipaux et mettrait les communes concernées en danger », alerte donc le communiqué, qui soutient l’action du maire (PS) du Puy-Sainte-Réparade Jean-David Ciot de contester la copie préfectorale en justice.

    Aix veut sortir

    De son côté, dans un entretien accordé à La Provence ce vendredi, la maire (UDI) d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains, assume « sincèrement » que sa ville a intérêt à quitter la Métropole et qu’elle le ferait si elle le pouvait, « avec bien d’autres communes ». Pour réformer l’institution, il faut « s’autoriser tous les scénarios possibles, que ce soit sur le périmètre, sur le nombre de compétences… », explique-t-elle.

  • [Grand entretien] « C’est une renaissance de ma carrière »

    [Grand entretien] « C’est une renaissance de ma carrière »

    Larry McCray : Ayant été dans l’industrie musicale aussi longtemps que je l’ai été, ça ressemble à une renaissance dans ma carrière parce que j’avais été un peu hors des radars pendant un moment. Les collaborations avec Joe Bonamassa et Josh Smith m’ont redonné de la visibilité dans le milieu. Donc, c’est ma renaissance. Je viens de perdre mon frère aîné Carl et ce genre de choses est difficile à surmonter. Mais je prie pour avoir la force de continuer parce que j’aime toujours la musique et je suis heureux de la partager.

    De quelle manière l’Arkansas et votre ville natale de Magnolia ont influencé votre vie et votre carrière ?

    L. M. : Si je n’étais pas venu d’un endroit comme Magnolia, je ne serais pas le musicien que je suis aujourd’hui. Ça a totalement influencé mon écoute, mes goûts et ma compréhension de la musique. Je pense que les gens qui vivent ce genre de vie ont une connexion spéciale avec le blues à cause des luttes nécessaires pour survivre dans une telle situation. La musique est parfois le seul mode de vie pour faire face à l’oppression et à la dépression.

    L’Arkansas s’est fait remarquer, il y a quelques années, en interdisant l’avortement, même en cas de viol ou d’inceste. Quelles luttes sont à l’œuvre dans cet état ?

    L. M. : C’est difficile pour moi de parler de ce qui se passe actuellement dans l’État parce que je n’y vis plus depuis longtemps. Mais, en Amérique comme en Arkansas, beaucoup de choses sur lesquelles nous avons lutté il y a des années sont encore présentes : les préjugés raciaux, les injustices à cause de la haine, de l’abus de pouvoir et des guerres de classes. Certaines personnes ne veulent tout simplement pas voir les autres réussir et tant que le monde entier ne reconnaîtra pas que nous sommes tous égaux, les choses ne changeront jamais.

    Le blues est-il toujours, selon vous, un moyen de se dresser contre les injustices ?

    L. M. : Le blues offre définitivement un boulevard pour s’exprimer politiquement. Mais je ne pense pas que le blues soit le seul moyen. Le facteur important, c’est que toute la musique nous donne une voix pour être entendus et pour nous exprimer, donc c’est vraiment à chacun de dire ce qu’il a en tête. Je pense juste que le blues est plus ciblé et direct sur ce qu’il se passe et semble être la manière la plus populaire pour parler.

    Vous êtes revenu sur le devant de la scène en 2022 après une longue absence. Pourquoi ?

    L. M. : Je suis un parfait exemple de comment, si vous ne correspondez pas à un certain protocole ou ne recevez pas l’approbation, malheureusement, faut-il le dire, de certains individus blancs qui contrôlent la musique et en grande partie tous les aspects de nos vies, il est facile d’être réduit au silence. J’ai donc eu une carrière de 30 ans à être réduit au silence jusqu’à ce que quelqu’un de beaucoup plus puissant que moi, comme Joe Bonamassa, décide de me tendre la main et d’aider le monde à savoir que je suis toujours là.

    Votre album s’ouvre par le titre « Try to be a good man » (Essaie d’être un homme bien). Comment essayez-vous de l’être au quotidien ?

    L. M. : à ce stade de ma vie, j’en suis venu à la conclusion que la chose la plus importante que je puisse faire est d’essayer d’enseigner aux jeunes hommes l’importance d’être un homme bien et de montrer un bon exemple, parce que les jeunes sont l’avenir. Donc, c’est à nous de faire notre part pour essayer de garantir que le genre humain survivra avec classe et civisme.

    Qu’est-ce qui vous a poussé à redonner vie à « Bright side », chanson écrite à l’origine pour le grand bluesman Bobby Blue Bland ?

    L. M. : Cette chanson m’était totalement inconnue, mais c’est Josh Smith qui me l’a fait connaître. Il pensait que je pourrais interpréter cette chanson à ma façon. Je pense que le titre lui-même en dit long : nous avons tous besoin de voir le bon côté des choses parce que la vie n’est pas jolie et n’est pas facile. Et selon votre situation financière, certains le ressentent beaucoup plus douloureusement que d’autres. Cette chanson parle de tirer le meilleur de ce que nous avons en nous et jouer avec les cartes qui nous ont été distribuées.

    Joe Bonamassa a dit à votre sujet : « Nous le connaissons depuis 30 ans. C’est l’un des derniers grands chanteurs de blues de la Rust Belt. Larry est parmi les meilleurs, dans l’esprit de BB King, Luther Allison et Little Milton. Il appartient maintenant au monde de le redécouvrir. » Que vous inspirent de tels éloges ?

    L. M. : Je ne sais pas si je peux être à la hauteur de ces éloges et de ces attentes. Mais venant de quelqu’un comme Joe, avec le statut qu’il a, c’est l’un des plus grands compliments que j’aie jamais reçus. Il est très important dans la carrière de chacun de savoir que l’on est respecté parmi ses pairs et de ressentir qu’on a gagné sa place plutôt que de recevoir quelque chose qu’on ne méritait pas. J’adore l’équipe de Bonamassa et je n’oublierai jamais ce qu’ils ont fait pour moi. C’est un peu comme l’histoire du lion et de la souris qui a retiré l’épine de son pied. Il ne l’a jamais oublié et moi non plus.

  • Un blues profond résonne à Meyreuil

    Un blues profond résonne à Meyreuil

    C’est sous les auspices complices de la Sainte-Victoire, montagne chère à Cézanne, que le blues fait exploser les couleurs de sa palette jusqu’au samedi 12 septembre, au Domaine communal de Valbrillant. Le feu frondeur de cette musique née et répandue dans les champs de coton au XIXe siècle en réaction à l’Amérique esclavagiste, puis ségrégationniste, se propage cette fois au pied du massif : sur ces mêmes terres où les gueules noires ont charbonné dans le Bassin minier de Provence, en activité jusqu’en 2003. Des braises musicales amorcées jeudi soir par des artificiers de choix, en la personne de la guitariste française Elise Frank, puis de Shemekia Copeland, « voix incontournable de la scène américaine » qui « mêle blues, soul et gospel avec une intensité rare », décrit André Carboulet, directeur artistique du festival.

    Figures et relève

    « Pour cette édition », explique-t-il, « la programmation met en lumière la diversité du blues : des figures majeures qui en portent l’héritage aux artistes d’une nouvelle génération qui en prolongent l’élan ». Illustration supplémentaire, vendredi, avec le guitariste et chanteur made in Chicago Jamiah Rogers, qui conjugue l’ADN de sa ville natale avec « une flamboyance blues rock inspirée par Jimi Hendrix et Stevie Ray Vaughan ». Avant que l’artiste louisianais et « symbole du renouveau blues » D.K. Harrel ne prenne son relais à 22h. Charge, le lendemain, à l’harmoniciste britannique Errol Linton, puis au taulier du blues du sud des États-Unis, Larry McCray, de clore le festival.

  • Meyreuil : le maire sortant a de la concurrence

    Meyreuil : le maire sortant a de la concurrence

    Ancien policier municipal sur la commune, président du club de tennis pendant plus de vingt ans, Gérard Obert annonce partir en campagne face au maire sortant, Jean-Pascal Gournès (SE). Conseiller municipal d’opposition, il s’était engagé dans la campagne de 2020 aux côtés de Jean-Louis Geiger, candidat RN à Aix-en-Provence, avant de faire scission, lorsque ce dernier s’était engagé, dans les régionales, sous « l’étiquette d’un parti ». Tout comme Bruno Terrier, engagé en politique locale depuis 1995 et Hélène Barbier-Puskaric, désormais parmi les noms de Votre Projet pour Meyreuil. Composée de 29 colistiers, née d’une « démarche collective », celle-ci est sans étiquette. « C’est aller chercher au rassemblement le plus large », appuie Corentin Belmas, néo-Meyreuillais engagé sur la liste. « Il fallait donner une alternative aux électeurs de Meyreuil pour que vive la démocratie », justifie Gérard Obert, au sujet de la volonté de son engagement. Alors, l’équipe propose un projet articulé autour de sept axes. À commencer par le retour d’une « démocratie » locale, en laissant de la place aux référendums citoyens et comités de quartier, doublement nécessaires dans une commune composée en hameaux séparés. La question des mobilités internes, en « reliant les quartiers avec des mobilités douces », par exemple, comme vers le reste du territoire, occupe une place tout aussi importante. « On va y travailler avec l’aide de la métropole », promet Gérard Obert. Parmi les priorités de l’équipe figurent aussi le cadre de vie, avec la réouverture du bureau de poste, la dynamisation du lien social par la culture, le sport… Comme des projets pour l’urbanisme avec un objectif « zéro artificialisation nette pour être rationnels sur notre terrain ». Trois réunions d’échanges, à commencer par le 7 mars dès 14h dans le centre de l’Ecoquartier, permettront d’échanger sur le programme.

  • Le château du Centre Ressource est désormais acquis

    Le château du Centre Ressource est désormais acquis

    Il aura fallu deux ans de travail avant que l’équipe du Centre Ressource n’ai en main les clefs du Château de la Saurine. L’association, qui accompagne des patients atteints de cancer travaillait à transférer ses activités au cœur de cette bâtisse. C’est chose faite, depuis vendredi dernier, jour où les équipes de l’association ont signé l’acquisition du lieu. « Une étape essentielle dans le développement de notre projet et dans la concrétisation d’un lieu pensé pour accueillir, soutenir et accompagner les personnes concernées par le cancer, ainsi que pour former les soignants, dans une approche globale et humaine de la santé », réagit Stéphane Salord, président du Centre Ressource. Lors de précédentes rencontres, l’association envisageait une installation d’ici l’année 2027. Si la valeur du bien n’est pas communiquée, ce sont un financement bancaire, le soutien d’investisseurs particuliers et une opération de financement participatif qui ont, entre autres, permis l’achat du château.

  • GazelEnergie alerte le préfet de région sur les restrictions à la centrale de Gardanne

    GazelEnergie alerte le préfet de région sur les restrictions à la centrale de Gardanne

    À peine arrivé dans les Bouches-du-Rhône, c’est un sacré mot d’accueil qu’a reçu le nouveau préfet de région Jacques Witkowski. Dans un courrier daté de ce mardi et sur lequel La Marseillaise a pu mettre la main, le président de GazelEnergie s’alarme en effet des prescriptions imposées par l’arrêté préfectoral publié le 24 novembre pour régulariser l’autorisation d’exploitation, annulée par le Conseil d’État en mars 2023, au terme d’une nouvelle enquête publique (notre édition du 03/12).

    Quatre points sensibles

    « Certaines de ces prescriptions soulèvent des difficultés majeures sur lesquelles la société GazelEnergie avait appelé à plusieurs reprises l’attention des services préfectoraux et de la Dreal [direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, Ndlr] Provence-Alpes-Côte d’Azur », écrit ainsi Frédéric Faroche. Et de demander « que les prescriptions en cause soient modifiées et adaptées par arrêté ».

    Il réclame ainsi que le texte ne parle pas de « charbon cendreux » mais de « produits cendreux de récupération », rappelant que ces cendres restent « indispensables à la protection de la chaudière », lorsque la tranche 4 n’aura plus le droit d’utiliser de charbon, au 31 décembre 2026.

    Le courrier s’inquiète également de valeurs limites de concentration « injustifiées et de nature à poser des difficultés significatives lors des contrôles de conformité »… certaines valeurs trop basses ne pouvant être mesurées, tandis que d’autres sont « très significativement inférieures, d’un facteur 5, voire 10 ou même 100, à celles définies par arrêté ministériel ».

    Le fait de considérer toute modification au plan d’approvisionnement en bois comme « notable » même lorsqu’elles sont minimalistes paraît « entaché d’illégalité » s’alarme aussi l’industriel, qui demande une rédaction moins ambivalente. Enfin, GazelEnergie rappelle que « la certification de tous les fournisseurs ou encore la mise en œuvre d’un outil fiable pour garantir la traçabilité des bois, le lendemain de l’édiction de l’arrêté, était impossible ». Réclamant un délai de six mois… et remerciant le préfet de son attention.

    Sollicité par La Marseillaise, GazelEnergie se borne simplement à confirmer que son président a saisi le préfet.

  • Centrale de Gardanne : des suspicions de partialité sur le rédacteur de l’arrêté

    Centrale de Gardanne : des suspicions de partialité sur le rédacteur de l’arrêté

    L’actualité avait fait grand bruit, lorsqu’en septembre 2018 près de 30 000 étudiants de 400 écoles d’enseignement supérieur s’étaient engagés « pour un réveil écologique », promettant d’« inciter tous les acteurs de la société […] à mener les changements nécessaires vers une société enfin soutenable ». Mais cet appel désormais structuré en collectif s’invite aujourd’hui au cœur du bras de fer autour de la centrale biomasse de Gardanne. Deux ans après l’annulation par le Conseil d’État de son autorisation d’exploitation, un nouvel arrêté a en effet été pris par la préfecture des Bouches-du-Rhône égrenant de nouvelles prescriptions sur quelque 80 pages. Des restrictions particulièrement dures, qui alarment aussi bien les salariés que l’exploitant (notre édition du 03/12). De quoi doucher les espoirs de relance durable, après la réembauche en préfecture des premiers salariés qui avaient été licenciés.

    Or, selon nos informations, l’auteur de cet arrêté, diplômé de polytechnique, est lui-même membre du collectif Pour un réveil écologique, pour lequel il a rédigé un rapport sur le bois-énergie. « Une bible qui permet de poser un regard nouveau, précis et sans concession sur le bois-énergie », décrit l’association Printemps écologique qui conseille les comités sociaux et économiques sur les questions de transition. Et avec laquelle il s’est opposé en 2022 à l’installation d’une chaudière biomasse pour l’entreprise Purina de Nestlé en Loire…

    « Cette note n’a pas pour objet de donner un avis tranché pour ou contre le bois énergie », tempérait son auteur. Mais selon ce responsable de la Dreal, l’usage du bois pour l’énergie n’est pertinent que s’il complète la demande en bois d’industrie, pour financer des coupes d’éclaircie en forêt. S’alarmant des subventions accordées par l’Ademe en faveur de la biomasse pour les chaudières. Et de dénoncer : « La centrale thermique de Gardanne, pour ne citer qu’elle, consomme des volumes considérables de bois énergie pour la production d’électricité alors que la filière bois d’œuvre est extrêmement faible voire inexistante dans la région. » Quant à la pyrogazéification, qui est portée par les salariés de la centrale, il juge son développement « irréaliste », sans fermer la porte à de la recherche industrielle.

    Ces convictions personnelles ont-elles pesées pour rédiger l’arrêté préfectoral, avec ses fortes restrictions qui menacent l’activité de la centrale ? Sollicités, ni l’auteur ni la préfecture n’ont pu nous répondre ce jeudi.

  • La centrale biomasse sous le poids des restrictions

    La centrale biomasse sous le poids des restrictions

    Lors de la Révolution culturelle, la Chine maoïste avait eu, un bref temps, l’idée de remplacer les feux verts par des feux rouges. C’est manifestement le même type de feu vert que la préfecture a donné, le lundi 24 novembre dernier, pour la centrale thermique de Gardanne, en assortissant son autorisation d’exploitation de 80 pages de prescriptions particulièrement restrictives.

    Le document était pourtant particulièrement attendu. La précédente autorisation avait en effet été retoquée par le Conseil d’État le 27 mars 2023, la juridiction estimant que l’étude d’impact réalisée restait incomplète. Il avait alors fallu compléter cette étude et mener une nouvelle enquête publique sur un périmètre élargi de quelque 324 communes pour finalement déboucher, de nouveau, sur un avis favorable, nuancé par cinq réserves et quatre recommandations (notre édition du 16/08).

    Des limites bloquantes

    « L’instruction de la demande a montré que les impacts attribués au projet n’induisent pas de dangers ou d’inconvénients sous réserve de la mise en œuvre de mesures d’évitement, de réduction et d’accompagnement », confirment désormais les services de l’État dans leur arrêté, soulignant notamment la nécessité de limiter la consommation des ressources forestières locales « a minima sur les trois premières années ». Mais ils ajoutent aussi de nouvelles prescriptions, notamment à travers « un durcissement des valeurs limites d’émissions atmosphériques à la cheminée de la tranche 4 », assume la préfecture.

    De quoi rendre « restrictif » cet arrêté d’autorisation d’exploitation, déplore le secrétaire général de la CGT des travailleurs de la centrale, Jean-Michel Roccasalva. Alors même que le syndicat vient de remporter une victoire symbolique après sept ans de bataille, mercredi dernier, avec la signature en sous-préfecture des premiers contrats d’embauches pour les anciens salariés licenciés (notre édition du 27/11). « Pour nous, avec les éléments en notre connaissance, l’arrêté ne met pas en péril le fonctionnement à court terme, décrypte le responsable syndical. Mais à moyen terme, trois éléments nous interrogent, et nous allons prendre attache avec la préfecture pour connaître les modalités précises de mise en application. »

    La tranche de biomasse utilise en effet environ 10% de produits de récupération issus de l’ancienne exploitation minière, chargés en terre et en silice. « La préfecture a appelé ça dans son arrêté charbon cendreux, pointe Jean-Michel Roccasalva. Mais dans le contrat biomasse signé l’année dernière, nous avons l’obligation de sortir du charbon au 31 décembre ! »

    Les valeurs limites d’émissions autorisées interrogent aussi particulièrement. D’autant plus qu’elles ont été placées, sans justification, très en deçà des seuils fixés par arrêté ministériel. Jusqu’à cent fois moins, pour des métaux lourds. Avec un risque de bloquer le projet porté par les salariés. « Dans le cadre du projet Biométhane de Provence, la première phase, c’est la vente de plaquettes de bois en fin de vie à GazelEnergie pour être utilisées par la tranche de biomasse, détaille le syndicaliste. Mais les valeurs d’émissions sont trop basses pour les mettre en œuvre ! »

    Difficile traçabilité

    L’arrêté réclame aussi à l’exploitant de revoir sa copie pour assurer la traçabilité sur la biomasse locale, excluant le bois issu de zones protégées Natura 2000 et de coupes rases, avec un tonnage défini sur trois ans. « Nous estimons que c’est une bonne chose pour calmer les inquiétudes des citoyens, mais GazelEnergie indique qu’ils ont besoin de six mois pour cela », pointe Jean-Michel Roccasalva. Attentif à ce que le tonnage international soit bien maintenu pour assurer l’activité portuaire. « Certains éléments pourraient être modifiés par des portés à connaissance », espère-t-il. Avant d’insister : « Nous avons besoin de cet outil, pour les emplois et pour les besoins des usagers ! »

    « Nous avons besoin de
    cet outil ! »

  • Quel avenir pour l’écoplateforme de la centrale de Gardanne ?

    Quel avenir pour l’écoplateforme de la centrale de Gardanne ?

    Se dirige-t-on vers une transformation d’ampleur du site de la centrale thermique de Gardanne ? Après un mois de consultations des riverains et autres acteurs du territoire de Gardanne et Meyreuil, l’enquête publique sur le développement d’une « écoplateforme industrielle » s’est conclue, ce jeudi 23 octobre.

    L’objectif affiché est de réindustrialiser le site via l’exploitation des parcelles inutilisées, ou presque, de l’immense terrain ancienne centrale à charbon. « Il s’agit de dépolluer, déconstruire et viabiliser une dizaine de parcelles représentant environ 30 hectares sur l’ensemble des 73 hectares du site. Ces parcelles sont destinées à accueillir des industriels qui loueront leurs emplacements via des baux de longue durée », expose la note technique de l’enquête publique. « C’est une enquête publique sur le réaménagement du foncier, la réhabilitation du terrain. On allotit le site en faisant des parcelles dans une logique de zéro artificialisation des sols », précise Camille Jaffrelo, porte-parole de GazelEnergie. Dans le détail, la consultation du projet portait sur trois phases distinctes de travaux, avec un découpage en 18 parcelles à terme.

    La première phase se concentre sur « les travaux de viabilisation des parcelles » et la préparation des terrains avec raccordements des réseaux d’eau, télécoms… La deuxième porte sur « la démolition de la TAR (Tour Aero-Réfrigérée), un bâtiment de 65m de hauteur et 100m de diamètre, pour un coût estimé à environ 3 millions d’euros », toujours selon les documents de l’enquête publique. Même principe pour la troisième phase, avec le démantèlement de la Tranche 5, l’ancienne unité de production au charbon et de sa cheminée, estimée à plus de 30 millions d’euros. En bref, une « remise en valeur du site en vue de sa réindustrialisation et la création d’emplois », selon Camille Jaffrelo, qui table sur plus de 500 emplois directs créés à terme.

    Riverains et écolos mécontents ?

    Reste que les intentions affichées par l’industriel ne sont pas entendues de cette oreille par différents collectifs de riverains et associations de défense de l’environnement. À l’image de l’Association de lutte contre les nuisances et la pollution (ALNP, membre de FNE13) qui compte plus de 80 adhérents, dont les CIQ Ouest et Est de la cité, mais aussi le comité d’intérêt de quartier de Langarié, de Fuveau Ouest… « On craint qu’on installe une industrie et qu’une fois qu’elle est là, qu’on nous montre ce qu’elle génère, contents ou pas contents. Vous ne nous dites pas quelles industries vous mettrez, vous ne nous parlez pas des effets cumulés ? Moi, je dis non », martèle Olivier Beuret, président de l’ALNP, à l’adresse de GazelEnergie. Même ressenti du côté de Jean-Luc Le Mouel, co-président du CIQ Gardanne Est : « Si on remet 18 grosses usines par-dessus, on se tire, on s’en va ! » Et une pétition lancée en ligne contre le projet a récolté près de 1 240 signatures.

    Des inquiétudes pas légitimes aux yeux GazelEnergie : « Les critiques sur le manque de communication ne sont pas entendables… Rien n’a été fait en catimini, l’enquête publique s’est tenue normalement, avec du débat. » Et surtout, sur le fond, l’entreprise explique que le découpage en 18 parcelles n’implique pas l’arrivée de 18 projets industriels. Et encore moins l’installation de « 18 industries lourdes », selon Camille Jaffrelo. Qui insiste : « Chacun des projets qui pourrait venir s’implanter aura son propre dossier d’instruction avec les études d’impacts, de danger et effets cumulés. Mais d’abord nous devons commencer par le début : réhabiliter le terrain. » Elle évoque plus globalement des « arguments fallacieux » : « Certains expliquent que le projet de pyrogazéification porté par les salariés et l’ATCG [Association des travailleurs de la centrale de Gardanne, Ndlr.] serait un incinérateur, qu’il y aurait une scierie géante, ce sont des fake-news et ce n’est pas le sujet de l’enquête publique. »

    La CGT favorable,

    mais nuancé

    En parlant du projet des salariés, Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site, est très clair sur la position du syndicat : « On est favorable au développement industriel du site et à la création d’emplois qui ont pour vocation la production d’énergie, tant qu’ils intègrent la prise en compte de l’environnement, de la réponse aux besoins et créateurs d’emplois statutaires. » Un avis nuancé donc, d’autant que le projet porté par les salariés, Bio-Méthane Provence, aboutira « que l’écoplateforme se fasse ou non ». « Nous ne rentrons pas dans le cadre de l’enquête publique actuelle, rien ne ralentira la faisabilité de notre projet », insiste le syndicaliste.

    GazelEnergie dit plancher sur l’installation potentielle de site en lien avec « des batteries électriques, datacenter et, en parallèle, la pose d’ombrières solaires sur les parkings actuels ». Si « rien n’est acté pour l’heure », l’entreprise vise des projets industriels « légers ».

  • Une cuisine centrale pour des plats d’écoliers vertueux

    Une cuisine centrale pour des plats d’écoliers vertueux

    À son arrivée, son emplacement a été baptisé « Impasse de la Cantine ». Dès cette rentrée 2025, première cuisine centrale de la commune a mis en route ses premiers fourneaux et distribué, dans chaque école de la commune, les premières assiettes préparées au sein de ce bâtiment de près de 600m². Promis pendant la campagne de 2020 par l’actuelle majorité, co-construit en partenariat avec le Département et le Fond Vert, les premiers travaux ont débuté en septembre 2024, pour une livraison de la cuisine en juillet 2025. Depuis, dans cet espace capable de produire jusqu’à 1 200 repas par jour, les produits dits de « circuit court » sont livrés quotidiennement, stockés dans les chambres froides dédiées, surveillées. Interviennent ensuite les cuisiniers, en charge de confectionner les menus du jour. « Pour l’instant, seulement 50% de cette capacité est utilisée », rappelle Sébastien Bacquet, directeur du service de l’éducation et de la petite enfance. La cuisine pourrait à l’avenir être utilisée pour des événements locaux ou structures sociales. « Les menus sont travaillés par une diététicienne et par rapport aux appétences des enfants. À partir de là, on produit les repas à partir de ces menus établis. On est tenus de proposer, au titre de la loi EGAlim, 50% a minima de produits durables [relative à l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole] », explique Julien Goussot, responsable de secteur pour Elior.

    Produits frais et locaux

    La société a été retenue par la municipalité, après appel d’offres, pour assurer prestation alimentaire de la cuisine. Ce lundi, pour les écoliers et personnels pédagogiques, le menu indique une salade en entrée, un sauté de bœuf label rouge, avec un duo de haricots, un camembert bio ou un fromage blanc frais aux fruits. Pas d’aménagements en revanche, sur les plats contenants de la viande, qui sera remplacée par un rajout d’accompagnement pour compenser, si l’élève, pour des raisons diverses, ne peut la consommer. Ici, selon les chiffres de la Ville, 100% des produits réceptionnés sont d’origine française, 20% des produits sont bio, 35% des produits sont bios et 57% des produits sont frais. « Les courgettes de la semaine dernière venaient des Milles, les pêches de Saint-Martin-de-Crau, on ne sait pas qui va nous livrer mais on sait que le rayon de livraison entre 50 et 100 kilomètres maximum », explique Sébastien Rubio, responsable d’exploitation de la cuisine centrale. En cuisine, le plat est conçu à partir de règles strictes, collées sur les vitres, incluant le grammage idéal de viande par enfant. « Il y a quatre personnes au quotidien : le livreur, notre employé de restauration qui s’occupe du ménage et de la cuisine froide, le cuisinier, et moi-même », pointe Dominique Dezagrodzkisyrokolmla, responsable du site de Meyreuil. Les postes ont été créées spécifiquement pour la mise en route de la cuisine. Finalement, il faut compter 3,55 euros pour un repas au tarif plein. Eva Bonnet-Gonnet