Il y a 82 ans… la naissance légale de « La Marseillaise »

Après des numéros clandestins diffusés au péril de la vie de nos fondateurs, traqués par l’occupant et ses complices de Vichy, notre journal sort enfin de l’ombre pour jouer pleinement son rôle d’information de la population et d’appel à la mobilisation, afin que notre région et la France tout entière recouvrent leur liberté. Les efforts conjugués de la Résistance et des troupes du débarquement de Provence permettront la libération définitive de Marseille le 27 août 1944.

Extraits du témoignage d’André Remacle, livré en 1979, résistant et principal artisan de ce numéro

avec sa femme Rosette.

La nuit du 23 au 24 août, Marseille est secouée par les bruits du canon. D’incessantes rafales troublent les rues du quartier. Dans l’imprimerie, l’agitation joyeuse bat son plein… Sur le « marbre » s’élaborent unis dans cette première victoire, comme ils l’ont été dans le combat commun, La Marseillaise et Rouge Midi.

Les « formes » sont serrées, pressées sous la prise d’empreinte, coulées, portées aux rotatives, et bientôt le premier numéro de La Marseillaise dans le papier tendu autour du rouleau jaillit de la rotative, avec sous une bande tricolore ce titre sur huit colonnes : « Marseille est libérée » et des photos du général de Gaulle, de Roosevelt, de Staline et Churchill. Elle dit la ville en armes, la prise de la préfecture racontée par un témoin, la disparition des journaux locaux, l’entrée à Marseille des troupes, un résumé de ce qu’avait été cette longue et dramatique semaine du mois d’août.

Au petit matin, dans les quartiers libérés, dans ceux qui sont encore au combat comme Endoume, le Roucas Blanc, les quartiers Nord, La Marseillaise et Rouge Midi sont littéralement arrachés dans les mains de ceux qui les vendent.

La Marseillaise a tenu son rôle… Tout son rôle, c’est une autre histoire ! Les illusions de ces journées où éclatait la liberté n’ont pas été perdues mais parfois rognées.

Nous roulions il y a quelques jours avec des amis sur les routes de l’Embrunais et un écriteau nous sauta aux yeux sur un de ces rudes chemins au flanc de la montagne : « route non déneigée, chaussée déformée ». Il y a encore devant nous beaucoup de routes non déneigées et de chaussées déformées, beaucoup de travail reste à faire et à refaire pour déblayer une voie qui, nous l’avons appris, n’est pas une voie royale.

Oui, mais je veux toujours et longtemps encore entendre les vers de Verlaine : « L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable. »

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